Par Olivier Hibon et le Dr Nayla Cherino Para.
 

  1. Historique
  2. Constat
  3. Recherche
  4. Application : la méthode
  5. Découverte : Le Centaure
  6. Application concrète par le Dr Nayla Cherino Parra
  7. Conclusions et Perspectives

 
1 Historique – (de ce chemin)
Depuis toujours, les humains sont les marionnettes de leurs angoisses, phobies, agressivité inutile, peurs, stress, blocages et inhibitions, états dépressifs…
De nombreuses personnes se sont penchées sur ces sujets pour apporter des solutions. En passant par Freud et ses disciples, mais aussi toutes formes de « sorciers » ou « mages » avant que la science et les médicaments ne s’en emparent.
Une réelle et puissante dynamique s’est créée autour des thérapies psychocorporelles. Les thérapeutes avaient bien compris qu’on ne pouvait dissocier les corps de l’esprit.
Dès les années 30, Wilhelm Reich quitte le courant Freudien pour commencer à étudier les stress et ses effets corporels, Arthur Janov et sa Thérapie Primale se rapproche du travail corporel, etc.
Dans les années 1970, à la prestigieuse Université de New York, le professeur de médecine orthopédique et de rééducation, John Sarno, établissait des liens entre douleurs et dysfonctionnements émotionnels : colère, culpabilité, honte, peur, insécurité, vulnérabilité, en particulier dans le traitement du mal de dos. « Souvent, il suffit de reconnaître qu’un symptôme est d’origine émotionnelle pour qu’il disparaisse », nous dit le Pr Sarno.
Plus récemment, à partir des années 80, un Français, Didier Godeau, kinésithérapeute, a étudié et synthétisé les travaux et découvertes psychocorporelles de ses prédécesseurs, il en a formalisé la régulation des émotions. La plupart de ces travaux se rapportent au corps et à ses perceptions sensorielles lors d’une émotion, à ce qui se passe dans notre corps.
Ses conclusions, à partir des découvertes psychocorporelles de « La méthode Mézières », un travail corporel global basé sur les chaines musculaires, lui ont permis d’établir le lien entre « peur » et « tension musculaire ».
Ses intuitions lui sont confirmées lors de ses rencontres avec :

  • Jean Paul Résseguier et Lilli Grill : « L’harmonisation du corps sensible », une approche purement sensitive, l’a ouvert à la puissance de « la voie sensorielle », et reste une des bases de son travail actuel.
  • Anne Ancelin Schützenberger : « La psychogénéalogie »
  • Milton Erickson : « L’hypnose Eriksonienne » fournit des clés concernant la programmation du cerveau, et sa capacité d’autorégulation.
  • Et aussi : travaux du Dr Hamer, et en se formant auprès du Dr Sabbah en « Biologie Totale des Etres Vivants », les travaux de Stanislas Groff, de Georg Groddeck, les recherches de François Roustang et Gaston Brosseau.

Formé à la régulation émotionnelle (Tipi) par Francis Fraisse, c’est en juin 2011 que me venait l’idée de tenter la résolution émotionnelle chez les animaux.
Génétiquement proche de l’humain, les mammifères devraient réagir de manière similaire, mais comment leur poser la question « ça fait quoi dans ton corps ? » => Donc pas possible de donner des consignes verbales aux animaux.
Il doit quand même être possible de les aider à se libérer eux-mêmes de leurs peurs.
2 Constat
Les humains peuvent résoudre leurs perturbations émotionnelles, alors pour les animaux ?
Oui, certes, sans doute, vraisemblablement, peut-être… ? Mais comment s’y prendre pour qu’un animal ayant peur d’une poubelle bleue accepte de faire une « thérapie » ? Avec l’Être humain, on va parler, donner des informations, faire suivre un protocole de soin, etc.
Nous sommes pilotés, guidé (pour simplifier) par notre cerveau dit reptilien qui nous informe via ce système duel :

  • Je suis bien.
  • Je ne suis pas bien.

Ce système d’information est simple et clair, rapide, il fonctionne bien, temps de réponse 0.1 sec.
Si je suis bien, alors je fais tranquillement ce que j’ai à faire, je me nourris, j’ai de bonnes relations avec les autres et mon environnement et j’ai envie que cet état se perpétue et continue, que ma descendance en profite aussi.
Si je ne suis pas bien, je réagi pour que ce qui ne me met « pas bien » s’arrête afin de revenir à l’état de bien-être, de bonheur tant espéré.
Qu’est ce qui pourrait me faire réagir, perturber mon bien-être et donc le bien-être des animaux, si ce n’est la peur ?
Lorsqu’un animal (l’humain aussi) a peur, il réagit, et 3 réactions sont possibles

  1. La fuite
  2. Le blocage
  3. La lutte

La fuite : Ce cheval a peur de la poubelle bleue, il s’en écarte, il fuit la proximité de cet objet. En soi, ce n’est pas un problème pour l’animal. Il a toujours fait ainsi et ça lui convient bien, c’est économique en énergie dépensée et efficace. Il n’y a pas de risque (ou si peu).
Le blocage : Un gros problème se présente à l’animal lorsqu’il à peur et ne peut s’enfuir. Il est « coincé, bloqué » et c’est effectivement ce qu’il fait.
Lorsque ce cheval se rapproche de la poubelle bleue et qu’il ne peut pas s’enfuir, sa première réaction immédiate se manifeste par un blocage. Ses 4 membres sont raides, la tête se relève, les yeux sont écarquillés, les oreilles dressées, le souffle est court, le cœur s’accélère…
Il ne peut s’en aller, tout son corps dit « STOP » attention danger ! il attend que l’objet de sa peur s’en aille pour retrouver cet état tant désiré de tranquillité émotionnelle.
Quand un Être humain est sur ce cheval, il va tenter de le rassurer, lui expliquer que la poubelle n’est pas dangereuse, caresser l’animal, etc. Nous avons appris, comme pour nous même, à faire des choses pour que la peur de l’animal s’estompe. Est-ce efficace ? Non, pas vraiment (voir vraiment pas), n’est-ce pas.
La lutte : Si nous forçons l’animal à s’approcher de l’objet de ses frayeurs – la poubelle bleue, nous allons obtenir automatiquement une réaction vive. Le cheval va se cabrer, botter, mordre, trouver une solution sur le mode « lutte » pour pouvoir éviter cet objet. Nous risquons alors de prendre un mauvais coup, le cheval tente de sauver sa peau quoi qu’il puisse lui arriver par la suite : coups, lutte. Nous allons arbitrairement déclarer cet animal dangereux, et en vertu de notre toute puissance autoproclamée sur la nature et les Êtres vivants lui faire visiter les abattoirs.
Et si le principal problème de cet animal est qu’il a été domestiqué et qu’il ne peut plus s’enfuir librement lorsqu’il a peur ?
Le problème des animaux dits dangereux, c’est l’être humain. Il les empêche de vivre tel qu’un cheval vit depuis des millions d’années…
Un cheval n’est dangereux pour l’humain que lorsque l’humain place (à son profit) l’animal dans une situation inadaptée et qu’il force le cheval à faire ce dont il a peur.
Le paradoxe est que nous allons demander à l'animal de régler pour lui-même ce qui nous pose problème à nous !
 
3 Recherche
La première étape a été de trouver un « volontaire désigné d’office », mon chat (Ramsès), et d’observer chez lui son comportement, le mien, lors d’une peur et de tenter de l’aider à la résoudre, ou tout du moins d’adopter un comportement ne l’empêchant pas de résoudre lui-même une peur « non justifiée – de mon point de vue ». J’ai déposé les premiers commentaires et expérimentations, résultats et questionnements sur papier pour en suivre les évolutions.
En l’absence de consignes verbales, la transformation ne peut se passer qu'au moment de la peur perçue par l’animal. Je dirais que nous allons mettre en condition l'animal pour qu’il trouve et utilise sa capacité à réguler sa peur. Celle qui nous pose problème à nous dans l’utilisation ou notre relation avec l’animal, mais pas forcément à l’animal lui-même.
Je me suis mis à chercher un processus permettant la résolution émotionnelle animale.
Mon idée est que le processus doit être simple, très simple. Tellement simple que chaque praticien ayant bien intégré la résolution émotionnelle humaine devrait se dire : « bon sang, mais c’est bien sur, comment n’y ai-je pas pensé avant ? »
Fin 2011, je cherche à trouver de l’aide, un partenaire. Peut-être qu’un ostéopathe animalier serait intéressé par ce sujet ? Je prends contact avec Christophe Dreyer, nous faisons connaissance, je lui expose mes questions, puis nous commençons à expérimenter dans le centre équestre de Brou (28) où il exerce son métier d’ostéopathe.
4 Application, la méthode
Comment pourrions-nous procéder ?
Une idée nous vient, toucher, poser nos mains, sur les endroits qui semblent être « activés » lors d’une peur, les résultats ne sont pas à la hauteur de l’espoir. En l’absence de capteurs et matériels de mesure, il nous est très difficile pour nous de voir ou de ressentir ce qui réagit dans le corps d’un animal, surtout si c’est en profondeur…
Début 2012
Je continue à chercher des partenaires, des chercheurs et j’en parle à Francis Fraisse (spécialiste et formateur Tipi) qui est tout de suite très intéressé et se joint à nous. Nous nous retrouvons plusieurs fois par mois à Brou pour divers test et essais.
Je rencontre le Dr Nayla Cherino qui s’y intéresse aussi.
Nous recommençons alors une série de tests et d’essais chacun de son coté, soit à 2 ou 3.
Le Dr Nayla Cherino et moi à Athis (51) dans une clinique vétérinaire et aux alentours.
Nous choisissons de faire ces tests dans des centres équestres pour éviter ce que nous soupçonnons et que nous appellerons par la suite l’effet « Centaure », nous en reparlerons plus tard.
Synthèse des premiers essais.
 
Les 3 voies explorées :

  1. Toucher des zones du corps activé par un stress : Basée sur l’accompagnement émotionnel des enfants (mets ta main la où ça fait des choses dans ton corps). On essaie d’observer les zones visiblement activées que l’animal montre extérieurement lorsqu’on le met sous stress. Rapidement les signes s’apaisent et on n’observe plus de signes extérieurs, la peur n’est pas désactivée pour autant. Pas facile de suivre ce qui se passe à l’intérieur sans un matériel plus sophistiqué => méthode abandonnée.

 

  1. Faire une demande via le test musculaire de kinésiologie au cheval : pour qu’il nous indique quel sont les zones à toucher lorsqu’il est sous stress… le cheval nous balade le long de son corps, c’est long, très long. Pas de résultats flagrants => méthode abandonnée.

 

  1. Francis Fraisse recherche avec la kinésiologie une réponse universelle, que doit-on faire ? Où toucher pour aider et apaiser les peurs des chevaux. La réponse du cheval : « mettre une main au-dessus à 10 cm du garrot et une sur le sacrum et pomper un peu comme si on apprécie une élasticité » J’en parle ensuite à Nayla. Après une première expérience avec Quiproquo, il semble que ça donne un premier résultat intéressant. Au bout d’une journée d’essais et de « pompage » avec Quiproquo, celui-ci s’apaise et devient plus facilement montable. => méthode à continuer d’expérimenter, à vérifier et valider

 
Exploration de la proposition de Francis, 2 mains, au-dessus du garrot et du sacrum, à 10 cm en « pompant légèrement ».
Nous sommes à Athis (51) avec Nayla Cherino, je veux tester cette façon avec Hermès. Hermès est un grand et fort cheval qui ne se laisse pas approcher par un homme, c’est donc Nayla qui va faire ce test. Je reste à quelques mètres à observer la scène. Je suis là, simplement sans rien faire, ni bouger, ni parler, à la limite de ce qui est acceptable pour que l’animal ne réagisse pas trop, il semble légèrement tendu.
Nayla met une main 10 cm au-dessus du garrot, une autre 10 cm au-dessus de la croupe et pompe tranquillement pendant environ 3 min voir ce qui se passe. Au bout de quelques instants, Hermès semble se détendre, la tête est maintenant abaissée, les oreilles revenues en position de repos, il vient de mâchouiller, il a soufflé fortement et semble mieux disposé à mon égard. Je décide alors de m’approcher pour voir. J’avance vers Hermès et à ma surprise, je peux passer sous la tête du cheval qui ne réagit plus. Super, me dis-je nous avons trouvé qq chose qui fonctionne bien, rapidement et qui est assez simple.
 
Plus tard, je réfléchis aux résultats obtenus avec Hermès. Que s’est-il passé, comment cela a-t-il fonctionné ? je revois la situation, j’y repense… Finalement une idée me traverse l’esprit : je crois que nous avons fait varier deux paramètres en même temps. Quand on suit la méthode de Francis, il se passe deux choses en même temps alors que l’animal était légèrement stressé.
1) on a fait un pompage au-dessus du dos du cheval,
2) on laisse le cheval tranquille, sans intervenir, sans lui parler, ni le toucher.
Il est sous un stress léger, et serait-il en train de faire tranquillement tout seul son processus de résolution émotionnelle ? Nous n’avons finalement rien fait, nous ne sommes pas intervenus et c’est là que ça a fonctionné à notre insu ? C’est bien une capacité que nous possédons tous, comme pour l’Être humain ça fonctionne surtout si on ne fait rien dans certaines conditions ! Nous l’avons tous utilisé un jour ou l’autre sans y prendre garde pourvu que l’on n’intervienne pas et qu’on laisse faire ! C’est très certainement ce qui s’est passé avec Hermès, un léger stress, rien faire et hop… ça se fait tout seul. Je suis enchanté de cette trouvaille que nous devons vérifier et expérimenter encore et encore.
 
En fait, je crois que le problème de peurs des animaux, c’est tout simplement qu’on ne leur laisse jamais le temps de faire eux-mêmes leur processus interne de résolution du stress. Les êtres humains interviennent tout le temps, caressent, rassurent, donnent un coup de cravache, le poussent à franchir l’obstacle, ou le retirent prématurément de la difficulté. Il faut juste leurs laisser le temps d’intégrer ce qui se passe dans leur corps à ce moment-là, c’est cette capacité naturelle. Tout le monde l’a et seul l’être humain l’a plus ou moins abandonnée, égarée.
Imaginez-vous que je vous pose la question : « qu’est-ce que vous ressentez dans votre corps » ? Et qu’en même temps je vous caresse, que je vous touche, que je vous donne des coups et/ou que je vous parle ? Sera-t-il facile d’être à l’écoute des sensations corporelles ?
Développement du processus de l’accompagnement de la Transformation Instinctive de Peurs Innées de nos Animaux :
Nous décidons de poursuivre nos essais dans cette dynamique en se limitant pour l’instant aux centres équestres pour qu’il n’y ait pas trop l’influence du propriétaire sur l’animal. Nous soupçonnons des transferts du propriétaire sur l’animal. En effet du genre « syndrome de Stockholm ». Les chevaux sont réputés être des animaux « éponges à émotions », le « Centaure » ???
Travaillons avec méthode, que mes 30 ans d’expérience et de pratique dans l’ingénierie automobile, dans la recherche et le développement servent à nouveau. Observer, comprendre puis agir.
L’équipe est constituée : Nayla Cherino (Vétérinaire), Francis Fraisse (Formateur LEA et Tipi) et moi-même.

  1. Pour commencer, il nous faut bien identifier la problématique et repérer avec le responsable lorsque l’animal a peur, quel est le comportement perturbé, dans quelles conditions, la situation, les circonstances… En savoir un maximum. Ce qui suppose de la part du responsable une volonté et des observations précises.
  2. Cumuler et multiplier les essais pour vérifier si notre option de départ est juste et si on peut envisager de poursuivre à l’avenir nos essais sans dépenser inutilement nos ressources.
  3. Faire des réunions de synthèses régulièrement pour savoir comment on avance, et vers où l’on va.

Processus de transformation instinctive des peurs innées de nos animaux.
 
Les étapes d’une séquence, Qui fait quoi
Le propriétaire identifie précisément le problème, quels réactions inadaptées à notre environnement d'humain. Quelles sont donc les réactions à la peur : blocage, agressivité, fuite. Puis dans quelles circonstances précises, quel environnement. Discuter avec le propriétaire, la situation doit être trouvée rapidement sinon recommencer à observer les peurs et réactions de l’animal.     
Praticien + Propriétaire : Préparer la mise en scène, la situation dans laquelle on pourra remettre l’animal pour tester la réalité de la difficulté.
Praticien + Animal : Mettre à distance le propriétaire. Mettre l’animal au début du stress dans la situation repérée, c'est à dire à l’instant où le stress commence, qu'il peut le supporter sans réaction excessive et avant qu’une réaction de peur ne se déclenche. Si un cheval part en fuite ou en agressivité, c’est trop tard. Pour repérer ce moment, observer ce que l’animal manifeste, on sent une tension monter, il se bloque, il se méfie, les oreilles se redressent, la tête monte… Si on insiste, alors il y a une réaction de survie.
Praticien + Animal Trouver une façon douce d’immobiliser la situation pour maintenir l’animal dans ce léger stress supportable. Attendre 3 min maximum en comptant mentalement jusqu’à 180 (ça occupe et donne une bonne idée du temps), l’animal manifeste souvent avant les 180 qu’il a terminé son processus d’une manière ou d’une autre. Retirer l’animal de la situation.          L’animal transforme seul sa difficulté sans intervention extérieure.
Praticien + Animal Recommencer la mise en situation pour vérifier si le problème est toujours là, s’il est toujours actif, continuer le processus, s’il ne se passe plus rien, c’est terminé. Demander au propriétaire un retour par écrit pour vérifier au quotidien la résolution ou non du problème. Bien identifier si c’est le même problème ou un autre qui se manifeste

  1. Conditions de sécurité nécessaire pour qu’une séance puisse aboutir

L’animal doit être mis seul en situation problématique, en zone d’inconfort. Si le praticien ou le lieu est une source d’inconfort supplémentaire, la séance ne peut aboutir… Une deuxième situation s’est rajoutée, Il y a donc deux situations de départ qui ne peuvent être traitées simultanément.

  1. Les signaux indiquant la fin d’une séquence chez l’animal

Mâchouillage, Ébrouement, Bâillement, Soupir, Etirement, Détente soudaine, Désintérêt de la chose, Passe à autre chose, etc.
Et l’humain dans tout ça ?
Lors de nos différentes expérimentations, nous avons bien identifié une curiosité. Régulièrement, nous entendions que le cheval est une éponge à émotions, qu’il prend en charge les perturbations du propriétaire.
Nous avons fait quelques essais chez des propriétaires d’une ou deux bêtes. A chaque fois nous étions confrontés à des échecs. Comme si notre méthode ne fonctionnait plus dans un contexte de d’intimité cheval/propriétaire…
Alors, que s’est-il passé ?
Nous pensons qu’il se passe un phénomène ressemblant au syndrome de Stockholm.
Le syndrome de Stockholm est un phénomène psychologique observé chez des otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte d'empathie, de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, selon des mécanismes complexes d'identification et de survie.
Le terme « syndrome de Stockholm » a été créé par le psychiatre Nils Bejerot en 1973.
Les animaux de propriétaires ne sont-ils pas (à un certain niveau) retenus contre leur gré ??? en échanges de bons soins, de nourriture, de sécurité, etc… mais quand même retenus de force ! Sinon les chevaux iraient courir dans les champs et les forêts, non ?
5 Le Centaure :
Dans le cas de ce que nous appellerons le Centaure, nous avons expérimenté, que lorsqu’un cheval de propriétaire a un comportement « étrange », il ne fait que montrer à son propriétaire la problématique du dit propriétaire…
Exemple 1 : Une femme, (formée à la régulation émotionnelle chez les humains) est intéressée par nos travaux avec les animaux. Elle me parle de son cheval et me dit que pour elle tout va bien, qu’elle conçoit bien le centaure, mais que ce n’est pas pour elle. Soit !
Dans la discussion, elle me confie que son cheval est assez collant, toujours après d’elle, le museau collé à elle quand elle est au champ. Elle se raconte avec son cheval, me dit qu’elle est allée le voir hier et raconte les yeux bordés de tendresse :
– « Alors mon bébé, comment tu vas aujourd’hui ? » … C’est mignon et assez significatif de ce transfert. En la collant, le cheval répond à l’injonction inconsciente « mon bébé » Je lui ai fait remarquer gentiment ce qu’elle venait de me dire, elle en a convenu avec une émotion certaine. Je l’ai accompagné pour réguler cette émotion. Cette femme a toujours beaucoup de tendresse pour son animal, mais le comportement des 2 a changé et s’est même bonifié après avoir supprimé cette relation mal adaptée.
Exemple 2 :
Nous intervenons avec Francis, près de Valence. Une femme ostéopathe animalière est intéressée par notre recherche et veut nous soumettre un cas problématique. Ses 2 chevaux sont inséparables et doivent tout le temps et systématiquement être ensemble. Au pré, en balade, chez le vétérinaire, etc…
Après avoir essayé de multiples façons de les séparer sans réussite, Francis pose cette question à la propriétaire :
– « et vous, vous en êtes où de la séparation ? » Celle-ci s’effondre en larmes, son compagnon l’a quitté il y a quelques mois et elle n’arrive pas à s’en remettre. Nous aidons cette personne à réguler sa peine.
À la suite de cette intervention, nous pouvons sortir l’un ou l’autre du pré sans que l’autre ne manifeste la moindre réaction anormale. Avec le Centaure, les 3 êtres ont amélioré leurs relations, leurs états émotionnels.
Exemple 3 : Une amie praticienne en régulation émotionnelle me dit :

  • « Mon chat miaule beaucoup, peux-tu faire quelque chose ? »

Oui, lui dis-je.

  • « A qui cela pose-t-il un problème ? »

Elle me répond :

  • « A moi, ça m’énerve ! »

Alors régule ton énervement, tu vas rendre service à ton chat, à la relation et à toi. Ce qu’elle a fait !
Maintenant, le chat miaule toujours et ça ne l’énerve plus 😉

  1. Application concrète par le Dr Nayla Cherino Parra :

 
Depuis fin 2012, le Dr Nayla Cherino Para anime des formations acupuncture et résolution émotionnelle pour les éleveurs surtout bovins par l'intermédiaire de différents organismes, voici son témoignage :
Ces formations se déroulent dans toute la France et j'ai formé plus de 1700 éleveurs en 7 ans. Lors de ces formations, je transmets tout naturellement notre capacité à résoudre les émotions aussi bien pour l'éleveur lui-même que pour qu'ils puissent épanouir leurs relations avec leurs animaux. Pour introduire cette transmission, je pose la question suivante aux éleveurs :
« Que se passe-t-il quand vous êtes en colère dans la salle de traite ? Même si vous avez, avant de rentrer, essayé de vous calmer ! »
Les réponses sont unanimes : « les vaches bousent plus, elles sont plus nerveuses et peuvent se décrocher ou retenir leur lait, … ». Je demande alors s'ils veulent découvrir et intégrer notre Capacité Naturelle à Résoudre les Emotions (CNRE) ce qui me permet alors d'avoir des éleveurs demandeurs de cette découverte. Je leur explique en détail ce qu'est une émotion :

  • Son déclenchement organisé par le cerveau reptilien que l'on peut comparer à notre chien de garde, notre "Brutus", pour nous avertir si un événement est bon ou pas pour nous.
  • Sa résolution obtenue immédiatement en se plaçant en zone de sécurité et en laissant les sensations s'apaisées sans interagir.

Je leur permets de prendre conscience que ce mécanisme est identique pour les animaux car ils sont équipés du cerveau reptilien, à la différence prés que pour nous quand nous faisons une séance en direct, l'événement nous prend par surprise alors que pour un animal, les séances se feront en direct mais "programmées" car le praticien va confronter l'animal à un événement sur lequel le praticien peut interagir et qui déclenche le "Brutus" de l'animal.
Je leur détaille alors comment se déroule une séance qui commence dès les 1ers signes de tension que le praticien perçoit chez l'animal,

  1. Arrêtez toute action
  2. Laissez le temps à l'animal de ressentir l'apaisement (qui arrive chez l'animal en quelques secondes jusqu'à maximum 3 minutes) sans rien faire, ni lui parler, ni le caresser.

Il est important de respecter cette zone de 1ères tensions (qui correspond chez nous à la zone de SECURITE dans laquelle nous avons les manifestations physiques liées à l'émotion mais où nous ressentons l'apaisement car nous sommes en sécurité) sinon l'animal passe en zone rouge et il sera alors dans la réaction.
Dès que l'animal montre des signes de détente, le praticien continue la progression de la séance de libération jusqu'à une nouvelle zone de tension. Il est souvent nécessaire de faire 1 à 5 paliers de libération.
Un impératif majeur lors d'une séance avec un animal est que le praticien soit serein. Si son propre "Brutus" s'active, l'animal le ressent et l'animal ne se sent plus en SECURITE.

  • Si, quand l'animal manifeste les 1ères tensions, quel que soit le palier de libération, le praticien ressent son ˝Brutus˝ s'activer, il est important que le praticien s'occupe de son ˝Brutus˝ en trouvant une zone de SECURITE pour lui, pendant que l'animal s'occupe du sien.
  • Si le praticien n'est pas libéré de l'impatience (émotion difficile à reconnaître), attendre maximum 3 minutes que l'animal s'apaise, le temps d'attente peut, alors, réveiller le ˝Brutus˝ d'impatience du praticien. Dans ces conditions, l'animal n'est plus en sécurité. Dans ce cas-là, un moyen de se détourner de l'impatience est de compter jusqu'à 180 qui nous amène également une notion de temps.
  • Si le praticien a bloqué une(des) émotion(s) par rapport à l'attitude de l'animal, il est indispensable que le praticien résolve d'abord son état émotionnel avant de pouvoir aider l'animal à résoudre son propre état émotionnel.
  • Si le lieu n'est pas adapté, par exemple sol glissant (etc.), le praticien peut avoir peur pour l'animal et donc l'animal ne se sent plus en sécurité.

Nous mettons en pratique dès l'après-midi de la 1ère journée de formation d'initiation à l'acupuncture pour l'approche des vaches au cornadis (moyen technique d'immobiliser en douceur les vaches) en vue de montrer les points que les éleveurs vont repérer et s'entrainer à piquer pour la 1ère fois une aiguille d'acupuncture qui sont très fines et souples. L'éleveur qui nous accueille est toujours agréablement surpris que malgré le fait que nous restons un long moment autour des vaches celles-ci sont calmes et beaucoup ruminent voire changent de comportement pour des vaches "peureuses" avant, elles gagnent en sérénité en peu de temps. Je leur fais remarquer ce changement de comportement pour les encourager à intégrer cette nouvelle façon de faire qui même s'ils prennent du temps au départ, c'est du temps de gagner par la suite.
Un éleveur m'a témoignée lors du tour de table de la 2ème journée avoir gagné 3/4 d'heure par traite soit 1H30 par jour en résolvant sa contrariété qu'il soit obligé d'aller chercher les vaches pour qu'elles montent sur le quai de traite. Le soir de la 1ère journée, il a reconnu sa contrariété dès que les 1ères vaches sont restées dans l'aire d'attente et au lieu d'aller les chercher, il s'est assis sur un bidon, à fermer les yeux, observer comment sa contrariété se manifestait en lui et en quelques secondes, tout s'est apaisée. Il a alors ouvert les yeux et constaté que les vaches rentrait seules sur le quai. Dans ce cas, en s'occupant de lui, l'éleveur a libéré le comportement de son troupeau.
Je raconte régulièrement une séance que j'ai faite à une vache qui ne donnait pas son lait par peur du robot de traite. Comme l'éleveur m'accompagnait pour faire cette séance à sa vache, je l'ai guidé pour qu’il régule en différé son impuissance du fait que la vache ne donne pas son lait. Ensuite je me suis dirigée vers la vache prise au cornadis en commençant la 1ère séance dès l'entrée dans l'étable puis à chaque fois qu'elle manifestait des tensions. Une fois devant elle, je vais jusqu'à poser ma main sur son front et lui laisser le temps de ressentir l'apaisement. Nous l'avons relâchée et dirigée vers le robot. Après quelques pas, elle s'arrête, nous lui laissons le temps de ressentir l'apaisement sans rien faire. Dès qu'elle s'est apaisée, je l'invite à marcher de nouveau et à ce moment là, elle s'installe au robot sans difficulté. L'éleveur constate la différence par rapport au fait de la pousser pour y aller qui met beaucoup plus de temps au final pour qu'elle s'y installe. Quand le bras du robot arrive pour la brancher, la vache se tend et je demande d'arrêter le robot et par chance le bras reste sous le ventre de la vache. Après quelques instants, la vache se détend, l'éleveur remet le robot en route et la vache donne directement son lait. Dans ce cas, la peur appartenait à la vache mais par méconnaissance de notre CNRE, l'éleveur a entretenu involontairement cette peur.

  1. Conclusions et perspectives :

 
Ce qui appartient aux animaux :

  • Les résultats sont obtenus « à chaud », les plus probants et rapides sont les plus simples, quand on laisse la régulation du stress se faire par elle-même dans la situation précisément mise en scène. L’animal est capable de désactiver seul sa peur. La difficulté est de mettre l’animal au début de son stress et non au plus fort du stress ni dans la phase réactionnelle. Si on met l’animal au plus fort de son stress, nous obtiendrons automatiquement une réaction de survie type : panique, fuite, ruade, morsure etc. Si on place l’animal au début du stress, zone de début d’inconfort, juste à l’instant où « ça commence » alors l’animal le supporte, il est en alerte et encore en zone de sécurité. Il est en contact avec ses sensations corporelles. Là, il n’y a plus qu’à attendre que l’animal fasse l’inventaire de ce qui se passe en lui. Le laisser faire, pour qu’il y ait transformation instinctive.

 
Nota : le propriétaire doit avoir bien repéré quand le stress commence (et non quand il y a un problème, une réaction).
 
Ce qui appartient au propriétaire :
Le phénomène que nous avons appelé « le Centaure » semble bien une variante du syndrome de Stockholm. Les animaux se soumettant à leurs propriétaire (celui-ci a le droit de vie ou de mort sur l’animal), manifestent à leur manière la problématique du propriétaire. Nous avons remarque que 80 à 90% des problèmes comportementaux et réactionnels des animaux appartiennent au propriétaire ou à celui qui en a la charge.
 
Perspectives :

  1. Trouver des partenaires pour continuer d’explorer ce domaine de la transformation instinctive des peurs innées de nos animaux en liaison avec leurs propriétaires
  2. Développer cette approche d’une manière étendue et de plus en plus scientifique
  3. Former des praticien.nes à la Libération Emotionnelle Animale pour apprendre plus et partager ce savoir.

Les coordonnées des acteurs de cette étude :
Olivier Hibon, 0685965113 hibonoli@gmail.com
Dr Nayla Cherino Para, 06 98 80 23 77 les9fontaines@gmail.com
Dr Monika Wilke, +49-(0)7621-770 58 07 info@einfuehlsame-kommunikation.de
Et notre site https://tipi-animaux.fr/