Dans le langage courant, la glossodynie est nommée « langue de feu ». La manifestation est décrite comme une brûlure de la langue qui augmente à partir du réveil, qui est calmée en mangeant, en se couchant, et en dormant. La composante psychologique est admise en médecine classique, avec la notion de dépression en fond de tableau. Cette manifestation touche les femmes après la ménopause, et un traitement hormonal de soutien durant cette phase biologique fait disparaitre la glossodynie. En dehors du phénomène de ménopause, cette pathologie est décrite comme touchant exclusivement les femmes. La caractéristique particulière qui est l’amélioration en mangeant permet de faire la différence entre une glossodynie et une glossite qui ne présente aucune phase d’amélioration. Le diagnostic précis est essentiel, afin de ne pas appliquer le décodage de la glossodynie à la glossite !

Qui dit bouche dit langage

Sur le plan du décodage de cette manifestation, donc à la recherche des sentis refoulés par l’attention consciente au niveau de la sphère mentale, il convient de comprendre la nature particulière de la bouche dans l’établissement de la cartographie neurale identitaire. Elle est l’orifice par lequel nous accouchons de notre « je » à chaque émission d’une parole nous impliquant. Le corps est ce « que » je suis, puis, avec la maturation, apparaît un « qui » je suis grâce aux fonctions propres aux aires corticales dédiées au langage. L’identité corticale, nommée « je », est une structure qui doit aussi être nourrie, et toute personne remplissant cette fonction sera perçue par le système comme du « père ». Cependant, la langue se trouvant aussi dans l’orifice permettant au corps de se nourrir, elle va pouvoir réagir à des stress mettant en cause la réponse aux besoins de la structure biologique qui sont essentiellement manger, boire, respirer et dormir. Ainsi, au niveau de la bouche, sont traités les ressentis touchant aux deux niveaux de structure : le corps (biologie animale) et le mental (identité corticale). Les symptômes manifestés par les tissus de la cavité buccale doivent être compris comme le résultat d’une situation conflictuelle de survie faisant intervenir le langage. Car, pour la structure animale, la vertu que représente le langage complet et articulé n’est tout d’abord qu’une griffe de plus à la patte du prédateur, un outil particulier du prédateur qu’est l’animal humain. Et le langage est un moyen de répondre aux questions essentielles soulevées par la survie.
Pour exprimer une glossodynie il faut un terrain identitaire élaboré sur la notion de dépendance à l’autre pour survivre. Nous retrouvons par ce biais les mémoires transgénérationnelles de serfs, de serviteurs, d’employés, et surtout le tableau de la soumission. Mais en plus, la sacro-sainte « dévalorisation » vient ici mettre son grain de sel, une fois de plus ! La langue est ce qui porte au monde la manifestation de « qui » nous sommes, avec des mots, et ces mots doivent permettre d’accéder à la survie. En échange des mots, il faut recevoir le gîte et le couvert. La structure identitaire a intégré qu’il faut témoigner de sa valeur pour recevoir satisfaction aux besoins basiques. « Témoigner » est, au niveau de la langue en tant qu’outil dédié à l’expression mentale identitaire, le stress majeur. Derrière cette attitude, se trouvent aussi l’obligation de « prouver », « démontrer », « certifier » et d’autres verbes qui décrivent le même vecteur de sens aux mots que nous allons utiliser pour arriver à nos fins. Chaque matin, il faut recommencer pour arriver à recevoir à manger, à boire et à dormir.

Recevoir pour survivre

La glossodynie va ainsi pouvoir être intégrée, dans nos temps modernes, comme le besoin d’établir un projet commun au sein d’un couple. Un projet assurant à la femme le maintien auprès du chasseur, auprès de l’homme qui a le pouvoir de la garder sous son toit. Par des mots, il lui faut convaincre qu’elle peut encore lui être utile, et un projet commun devient comme un contrat d’embauche. Profondément marqué par la dynamique des échanges (donner pour recevoir), la ménopause met fin à la possibilité de devenir « mère » qui était pour nos aïeules le seul chemin d’accès à la valorisation de la femme et à son maintien auprès d’un chasseur, d’un conquérant et d’un bâtisseur. Il suffit, de nos jours, que la femme ait au fond d’elle une peur liée au futur et une donnée transgénérationnelle adéquate pour manifester la glossodynie. Quant au conflit de dévalorisation, il est posé sur l’image de puissance établie au sein de la carte identitaire ( image de soi), ne laissant que le recevoir comme chemin de survie.
La détermination de la zone de la langue atteinte permettra aussi de définir si la lésion est sur la portion dédiée au nerf facial ou au nerf glossopharyngien, ce qui permettra une légère subtilité dans la mise en mots des maux. Et pour finir, les préférences gustatives du sujet (recherche de salé, d’acide, ou rejet de l’amer) nous orienteront vers des empreintes particulières laissées par les mémoires de migration présentes dans la généalogie.

Dr Christian Beyer

Remarque : dans mon ouvrage sur « Les élixirs de fleurs et le décodage dentaire », se reporter au traité des remèdes pour les canines, dents associées au mouvement vers un but , aux mémoires de soumission (dent 23) et de serfs (dent 33), le tout sous couvert du langage

Diplômé de la faculté de chirurgie dentaire de Strasbourg, conférencier et formateur, le Dr Christian Beyer a développé le décodage dentaire comme outil de connaissance de soi et comme adjuvant thérapeutique aux pathologies bucco-dentaires. Comme il le répète souvent, « C’est dans nos dents que se lit Le Grand Livre de la Vie ». Il est l’auteur des livres « Le décodage Dentaire (Tomes 1 et 2) », « Les dents de lait », « Elixirs floraux et décodage dentaire » et « Le développement psycho-émotionnel de l’enfant ou l’enseignement de la première molaire », tous parus aux éditions du Chariot d’Or.
Site  : www.dentsvivantes.net
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