La maladie
La frilosité est une sensibilité anormalement forte au froid. Elle est souvent liée à une dysfonctionnement thyroïdien, et plus particulièrement à une hypothyroïdie. Il sera donc utile aux personnes frileuses de vérifier si leur thyroïde fonctionne normalement et, le cas échéant, travailler sur les conflits relatifs à la thyroïde. La sensibilité est une fonction du système nerveux lui permettant de recevoir et d’analyser des informations. La peau est particulièrement réceptive à la température extérieure. Pour que les informations arrivent au cerveau, elles doivent passer par les fibres sensitives des nerfs, la moelle épinière et la substance blanche, pour arriver au cortex pariétal où la sensation devient consciente. Une exagération de la sensibilité est appelée hyperesthésie.
L’allergie est une réaction anormale, dans le sens d’exagérée et inappropriée, de l’organisme au contact d’une substance étrangère (allergène), qui n’entraîne pas de trouble chez la plupart des sujets, une substance inoffensive qui est identifiée à tort comme étant dangereuse. Pour que l’allergie survienne, il est nécessaire qu’un premier contact ait eu lieu entre l’allergène et l’organisme du sujet (= sensibilisation). Nous avons déjà parlé de l’allergie dans d’autres articles auxquels nous renvoyons, nous nous intéresserons ici particulièrement à l’allergie au froid.
L’étymologie
Le mot frilosité désigne un comportement frileux, pusillanime, ce dernier mot venant du latin « pusillus animus » = esprit étroit. Etre pusillanime, c’est manquer d’audace, de courage, avoir peur des responsabilités. Qui a manqué d’audace dans la famille et cela a été une solution de survie ? A l’inverse, qui a fait preuve d’étroitesse d’esprit et cela a donné un grand drame, au point que l’inconscient collectif de la famille a retenu la leçon ?
Le mot frileux vient du latin « frigorosus » et définit quelqu’un qui craint le froid. Au sens figuré, un frileux est un craintif : une piste à explorer est de rechercher de quoi ou de qui il a si peur.
Le mot froid vient du latin « frigidus », qui a donné aussi le mot « frigidité » : il y a donc un lien avec la froideur sexuelle, la froideur amoureuse. Une piste à explorer, c’est la frigidité d’une ancêtre dans l’arbre généalogique, l’absence de chaleur dans un couple, qui aurait pu inscrire dans le code familial de survie un programme de frilosité, qui touchera l’un ou l’une descendant(e).
Intéressons-nous aux divers sens figurés du mot « froid » qui sont autant de pistes conflictuelles possibles :
– froid = qui ne s’anime ou ne s’émeut pas facilement, par suite de son tempérament ou du contrôle qu’il exerce sur soi ;
– froid = dont la réserve marque de l’indifférence ou une certaine hostilité ;
– froid = qui est dépourvu d’élément affectif, qui manque de sensibilité, de générosité, de ferveur ;
– froid = qui ne suscite aucune émotion ;
– froid = manque, absence de chaleur, de sensualité dans les relations humaines.
Comme dit si joliment Musset : « la mortelle froideur qui a remplacé tant d’amour ».
L’écoute du verbe
Allergie = à l’air / gît = mémoire d’un gisant à l’extérieur, ce qui veut dire un mourant, mais aussi quelqu’un qui a froid. On en voit beaucoup dans nos rues, des personnes sans abri qui dorment dehors. Recherchez dans la mémoire familiale qui a failli mourir de froid dehors.
Froid = f / roi = femme roi. Quand l’homme n’est plus là, parce qu’il est parti loin, longtemps, ou parce qu’il est mort, c’est la femme qui doit prendre sa place, être dans son masculin, pour assurer la survie du clan familial. La femme devient le roi. Les enfants survivent, mais ils sont séparés de deux éléments essentiels : le père qui n’est pas là et la mère féminine, la mère maternelle, aimante et chaleureuse. Puisque la mère est obligée d’agir, de défendre, de résister et d’ordonner, elle n’a plus le temps de les prendre dans ses bras. C’est ce qu’on appelle une séparation centrale : un seul être vous manque et tout est dépeuplé.
Le sens biologique
Claude Sabbah régalait ses élèves avec l’histoire de Mister Frileux, un de ses anciens patients qui venait aux consultations en plein été habillé comme en hiver et dont l’histoire est la suivante. Son père tombe gravement malade quand il est encore tout jeune. Sa mère est donc toute seule, elle doit s’occuper de tout. Lui, il est envoyé chez ses grands-parents. Il vit donc en peu de temps une grave et double séparation : séparation de son père, et puis séparation de sa mère. Plus tard, il apprend que son père est mort et qu’ « il est reparti au ciel » (= le représenté des choses dans sa tête d’enfant). Il revient vivre chez sa mère et il devient l’homme de la maison, ce qui est très lourd à vivre pour un enfant. Il devient un grand frileux parce qu’il n’a pas jamais fait le deuil de la mort de son père. Son père est au ciel. Or au ciel, il fait froid, très froid. Comme il n’a toujours pas fait le deuil de son père, son cerveau le rend frileux, comme ça il est au ciel, avec papa, là où il fait très froid, solution biologique parfaite. La frilosité est donc reliée, non pas à la température extérieure réelle, mais à l’état conflictuel inconscient qui est représenté dans la tête du patient. Dans le cas d’une allergie au froid, pour rappel l’allergie est liée à une séparation et c’est le conflit du souvenir de la première fois : lors de la séparation initiale qui crée la souffrance, le cerveau enregistre la présence aussi de l’allergène ; par la suite, chaque fois qu’il recevra l’information, par les sens, de la présence de l’allergène, il mettra en route les symptômes allergiques. La première piste à suivre, c’est donc de rechercher dans son propre passé quand il y aurait eu une séparation alors qu’il faisait froid (en hiver, sous la neige, aux sports d’hiver,…). Par exemple, pour les bébés nés peu avant l’hiver, la première grande séparation de leur vie, celle avec la mère qui doit le quitter pour recommencer à travailler, pourra être associée au froid de l’hiver. Autre piste : l’hiver, c’est aussi Noël, les fêtes de fin d’année, les grandes réunions familiales, un moment chargé de beaucoup d’émotions négatives dans les familles qui ont connu peu de temps auparavant, la mort d’une personne proche ; à partir de ce moment-là, chaque hiver risque d’être associé au froid de la mort. Apprenons à ré-aimer l’hiver et à prendre plaisir à chacune des quatre saisons.

Bernard Tihon