Le mot « fibromyalgie » vient du latin fibra (« filament »), du grec ancien myos (« muscle ») et du grec ancien algos (« douleur »). On estime qu’environ 2 % de la population française est atteinte de fibromyalgie et que 90% sont des femmes. La fibromyalgie, après avoir été considérée comme un syndrome, est définie aujourd’hui comme une maladie caractérisée par un état douloureux musculaire chronique (myalgies diffuses), étendu ou localisé à des régions du corps diverses, et qui se manifeste notamment par une grande sensibilité du muscle à la douleur et une asthénie (fatigue) persistante.

Approche psychobiologique

Avant d’apporter notre regard personnel sur cette maladie encore mal connue, je voudrais revenir sur les informations très concrètes apportées par Ananda Meyers dans son article sur le même sujet (Néosanté n°1). L’expérience clinique de certains thérapeutes, qui porte sur de nombreux cas de femmes atteintes de cette maladie, montre l’existence d’un conflit récidivant portant sur les muscles striés. On retrouve fréquemment, dans l’histoire de chacune d’elles, des situations dramatiques comme des viols répétés, des attouchements, de l’inceste ou du harcèlement moral. Bien sûr, ces femmes ont vécu ces situations dans une forme d’impuissance (elles se sentent incapables de lutter) et ont à ce moment là refoulé une immense douleur morale. Celle-ci s’est alors cristallisée dans le muscle, lequel devient très douloureux au moindre mouvement. La douleur physique ressentie dans la fibromyalgie est proportionnelle à leur douleur morale. Ananda Meyers explique que ces femmes ne laissent rien transparaitre de leur souffrance. Peut-être qu’ayant perdu une certaine estime d’elles-mêmes, elles ne veulent pas donner l’image négative de la victime qu’elles sont (ou ont été) et ne veulent pas avoir à affronter la culpabilité de s’être laissées traiter ainsi. Ananda Meyers ajoute que le travail qu’ont à accomplir ces femmes est d’apprendre à dire non pour ne plus servir de paillasson, et retrouver suffisamment d’amour et d’estime d’elles-mêmes pour ne plus attirer inconsciemment leur bourreau.
Dans son livre, le Docteur Robert Guinée (1) explique que les muscles le plus souvent atteints chez ses patientes fibromyalgiques sont ceux permettant de réaliser des mouvements de protection : les trapèzes (pour rentrer la tête dans les épaules), les triceps et muscles abducteurs (pour écarter loin de soi) et le psoas (replier les jambes). Bien sûr, chaque douleur musculaire raconte une action précise, une histoire vécue exprimant l’impuissance à repousser ou simplement se protéger d’un agresseur ou d’une situation trop insoutenable. Il constate aussi de fréquents accès d’hypoglycémie témoignant du ressenti de répugnance. C’est comme si « j’étais dans l’incapacité de fuir ou de combattre face à un agresseur qui me dégoute et qui me harcèle ».

Remords par anticipation

Un peu de physiologie est nécessaire pour comprendre un autre décodage de la fibromyalgie, inspirée des travaux de Gérard Athias. Pour qu’un muscle puisse se contracter, il faut que l’influx nerveux circule le long du nerf jusqu’à la plaque motrice. Ce transfert d’information se fait dans l’espace synaptique (entre le nerf et le muscle) par la libération de neurotransmetteurs (sérotonine, noradrénaline, acétylcholine…). L’information devenue chimique dans la synapse redevient ensuite électrique lorsqu’elle se propage dans le muscle.
Dans la fibromyalgie, on observe une déficience de certains neurotransmetteurs (sérotonine, noradrénaline) qui produit une hyperalgésie par la réduction des systèmes inhibiteurs de la douleur. Ce défaut de stimulation du muscle par déficit de neurotransmetteur explique aussi la profonde fatigue musculaire chronique, prise à tort pour un état dépressif.
Le muscle est l’organe de l’action et de la puissance. Le nerf est relié aux peurs par anticipation. Chez le fibromyalgique, l’information est donc envoyée (elle circule dans le nerf) mais elle ne parvient pas au muscle (on ne peut pas agir). C’est comme si je désirais faire quelque chose (nerf) mais je me l’interdis car je sais d’avance que si je fais cette chose, je vais le regretter. Par exemple, c’est l’histoire d’une femme mariée qui a du désir pour un autre homme que le sien. Cependant, elle sait que si elle trompe son mari, elle culpabilisera. Cela s’appelle de la fidélité conflictuelle. L’acte que je prémédite (nerf), je ne le fais pas (muscle) parce que j’ai du remords rien qu’en y pensant ! C’est cela, avoir des remords par anticipation.
Lorsque j’ai un remords par anticipation, ma synapse n’envoie pas l’ordre (ou ne l’envoie que partiellement) à mon muscle pour qu’il se contracte. Le mouvement est alors en partie bloqué et douloureux, et la douleur est ici proportionnelle au remords ou à la culpabilité ressentie.
On résumera ce conflit comme étant « un mauvais jugement sur soi-même simplement à l’idée de commettre un acte contraire à la morale ».

Approche symbolique

An niveau généalogique, outre les mémoires associées à de grandes souffrances morales comme évoquées précédemment, on recherchera une problématique de communication entre le père et la mère. Dans le nerf, l’information est électrique. Or l’électricité est symboliquement du registre masculin et évoque le père. En revanche, lorsque l’information arrive dans la synapse, cette même information devient chimique (Les vésicules de neurotransmetteurs voyagent dans le liquide inter-synaptique). Les liquides parlent symboliquement du féminin et évoquent donc la mère. Quand le père ne communique pas avec la mère, la mutation de l’information électrique en information chimique est rompue. L’information est alors bloquée dans la synapse. On cherchera donc comment la personne atteinte de fibromyalgie a souffert de l’absence de communication entre son père et sa mère, et comment elle a essayé désespérément de faire du lien entre deux parents qui ne s’entendaient pas.
Dans une autre symbolique, c’est le rapport entre le masculin et le féminin, à l’intérieur même de la personne, qui ne s’équilibre pas. C’est ,par exemple, la femme qui n’arrive pas à accéder à son féminin et qui reste bloquée dans son masculin. Il peut s’agir d’une femme qui dans son travail, fonctionne complètement dans son masculin (elle occupe un poste à responsabilité, dirige, fait preuve d’autorité, …) et qui a du mal à sortir de ce statut lorsqu’elle rentre chez elle. Cela peut avoir des conséquences dans sa relation avec son mari ou ses enfants avec qui elle pourra par exemple éprouver des difficultés sur le plan affectif ou dans la communication. Ainsi, lorsque je n’arrive pas à accéder à mon féminin, l’information reste bloquée au niveau synaptique et le muscle n’est pas stimulé. La fatigue et la douleur musculaire peuvent ainsi s’installer.
En guise de conclusion…
Les femmes atteintes de fibromyalgie sont dans une logique de devoir plutôt que de plaisir. Toute leur problématique est d’arriver à sortir d’une culpabilité leur interdisant de s’octroyer du plaisir et de réapprendre à jouir de la vie. Elles sont comme prisonnières du conflit de « ne pas vouloir mais de devoir faire sans pouvoir refuser ».

(1) « Les maladies , mémoires de l’évolution »- Dr Robert Guinée, Editions Amyris.

Jean-Brice Thivent

jeanBriceThiventPraticien–naturopathe et consultant en bio-décodage, Jean-Brice Thivent dirige avec cette double approche la « Formation Alsacienne de Naturopathie et de Psychobiologie ». Conférencier- formateur, il anime aussi (dans l’Est de la France) des séjours de détoxination par le jeûne. Son ambition : donner les moyens à chacun de devenir acteur de sa santé. Il est aussi l’auteur du livre « De l’homme dévitalisé à l’homme vivant », aux éditions Néosanté. Infos : www.alsace-naturo.com