Le léopard
Beaucoup d’animaux utilisent leur urine pour marquer leur territoire. Le chien par exemple va faire pipi aux quatre coins de son jardin, exprimant par ce geste aux autres animaux de son espèce qu’à l’intérieur de ce périmètre c’est chez lui, on ne peut pas entrer, c’est lui le maître des lieux. J’ai connu aussi un marcou (chat mâle non châtré) du voisinage qui venait systématiquement faire un jet sur ma terrasse en faisant sa promenade vespérale. Mais l’animal le plus emblématique du marquage de territoire est sans doute le léopard qui chaque jour délimite son terrain de chasse de 30 km² avec son urine.
La maladie
La cystite est une inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse de la vessie. Les symptômes sont un besoin urgent et fréquent d’uriner, avec émission d’une petite quantité d’urine, malodorante, et des douleurs à la miction (brûlures). L’énurésie est une émission inconsciente et involontaire d’urine, généralement nocturne, sans lésion organique de l’appareil urinaire, due à une absence de contrôle des sphincters vésicaux. Elle est dite primaire quand il s’agit d’un enfant qui n’a jamais été propre, ou secondaire si cela arrive après une période où la propreté était acquise. L’origine de l’énurésie reste une hypothèse pour la médecine, qui l’attribue à une cause psychosomatique ou hormonale.
L’étymologie et l’écoute du verbe
Le mot cystite vient du grec « kystis » = vessie. Le mot énurésie vient du grec « en » = dans, et de « ourein » = uriner. En latin, « urere » veut dire « brûler ». La cystite fait mal au point de créer une sensation de brûlure. Comme si on s’était approché trop près du feu ou du soleil.

Énurésie = haine/eu/air/ai/si/eux = j’ai eu de la haine et maintenant j’ai de l’air, j’ai ma place, si eux… si eux quoi ? S’ils me respectent, me défendent, m’acceptent, me remarquent… Toujours une condition, une attente des autres, une peur.
Le sens de la cystite
Le sens du marquage de territoire est de pouvoir uriner suffisamment pour imprégner les limites de son territoire de son urine. Si une personne est en conflit de marquage de territoire, c’est que sa vessie ne contient pas assez d’urine. En phase de conflit actif, la muqueuse vésicale se creuse, des ulcères se forment, pour accroître la contenance de la vessie et rendre le marquage plus efficace. La cystite apparaît après la solution du conflit, lorsqu’il s’agit de reconstruire la muqueuse, avec les phénomènes habituels d’œdème et d’inflammation.

Le conflit peut être ressenti de manière masculine ou féminine. Un mâle veut marquer le territoire de l’extérieur, pour éviter l’entrée de congénères. En termes humains, on dit : mettre des limites et se faire respecter. « Je suis envahi (e). » « Ça dépasse les bornes. » Il y a aussi bien sûr un envahisseur qui sommeille en lui et qui voudrait conquérir le territoire d’autrui. C’est le cas par exemple d’un petit garçon qui veut conquérir maman, ou le « territoire » (réel, symbolique ou imaginaire) de sa grande sœur : il est temps qu’il s’y mette pour rivaliser avec la capacité urinaire de son père  !

Une femelle ressent le conflit plus de l’intérieur : elle a besoin de pouvoir reconnaître son territoire, d’y définir sa position, et elle entend régner dans le domaine délimité par son homme, y mettre sa patte, sa marque, sa griffe. C’est l’histoire d’une femme d’ouvrier qui, contrairement à ses voisines, est privée par son mari du rôle de maîtresse de maison : c’est lui qui décide de tout, les achats, l’aménagement de l’appartement, et il lui donne de l’argent au compte-gouttes. Elle finira par faire une cystite chronique mensuelle le jour où son mari reçoit sa paie. Un autre exemple est celui d’une mère qui, depuis le retour au foyer de sa fille divorcée, a une infection urinaire, car elle avait installé son bureau dans l’ancienne chambre de sa fille et, depuis qu’elle est revenue de façon imprévue, elle ne peut plus organiser son territoire comme elle veut.

Étant donné que l’urine sert à éliminer du corps certains liquides, il y aura une connotation de crasse à éliminer dans le conflit. L’urine donne aussi des informations sur les chaleurs, la coloration du conflit pourra donc être semi-sexuelle. Et chacun sait que le sexe est un fameux territoire, à conquérir, à délimiter, à défendre, à faire respecter.

Il est facile de reconnaître une personne qui est sensible aux conflits de marquage de territoire. Elle a toujours besoin de se faire remarquer. Lorsqu’elle n’est pas chez elle, qu’elle est sur le territoire d’autrui, elle essaie vainement de marquer le territoire, elle fait des réflexions sur la décoration, elle veut faire les choses à sa manière, elle fixe des limites qui sont immédiatement dépassées par le maître des lieux, bref elle va à un combat qui est perdu d’avance, dans le but inconscient d’être en affinité avec son programme biologique de survie : toujours être en défaut de marquage de territoire. Par contre, quand elle est chez elle, sur son territoire, elle « oublie » de le marquer  ! Elle doit sans doute la vie à un père ou une mère qui ont été dans ce conflit et c’est comme si elle était obligée de prolonger ces conditions de vie.
Le sens de l’énurésie
L’énurésie est l’expression biologique d’une constellation de conflits : à la fois un double conflit de marquage de territoire, masculin et féminin, auquel s’ajoute une séparation centrale, dans le sens d’une séparation de quelqu’un de très proche ou de très intime. C’est une situation fréquente chez les enfants dont les parents divorcent brutalement et qui ne savent plus quelle est leur position dans la famille. Le rein est relié à l’émotion PEUR en médecine traditionnelle chinoise. Si le territoire tout-à-coup n’est plus suffisamment sécurisé par le père, par exemple si celui-ci a lui-même peur, cela crée un sur-stress chez l’enfant et son sphincter s’ouvre. Dans beaucoup de cas d’énurésie, on retrouve dans l’histoire conflictuelle de l’enfant, un père « absent », réellement absent ou présent-absent, un père qui ne prend pas sa place, qui ne fixe pas les limites, qui n’assure pas la sécurité du territoire : il y a absence de protection du père. Ce qui met l’enfant dans l’obligation de rester en permanence en contact avec la mère pour avoir la vie sauve et crée donc un gros conflit de séparation, car elle ne peut être à côté de lui 24 heures sur 24 : ce sont des enfants qui demandent à être couverts en permanence, mais si la couverture glisse, c’est la sensation de froid, le besoin de fuite… Et c’est la fuite organique.
Bernard Thon

Partager