DÉCODER N’EST PAS GUÉRIR

Dans sa chronique mensuelle (lire page 45) , Jean-Jacques Crèvecoeur écrit qu’il faut « mettre fin au mythe du décodage biologique comme seule source de guérison ». Cette sentence ressemble à un gros caillou déposé dans le jardin de Néosanté, mais elle apporte au contraire de l’eau à notre moulin : à maintes reprises, nous avons déjà mis en garde contre la croyance selon laquelle il suffirait de comprendre l’origine psycho-émotionnelle de ses maux et d’en saisir le sens biologique pour s’en débarrasser miraculeusement. Comme le soulignait déjà le Dr Hamer, guérir impose d’agir pour résoudre la situation conflictuelle qui a contraint le cerveau à déclencher le programme spécial de survie appelé maladie. Pour le médecin allemand, la guérison survient lorsqu’une solution concrète est apportée au choc déclencheur, par exemple retrouver l’amour après une trahison sentimentale ou recevoir de l’argent en cas de revers financier. Pour ses anciens élèves, le chemin de la guérison complète est plus ardu et réclame de désamorcer les conflits « programmants » tapis dans la petite enfance, la période périnatale ou même la généalogie. Pour d’autres encore, la guérison exige d’accomplir un « travail sur soi » destiné à modifier le ressenti des événements stressants ou à changer d’attitude psychique (lâcher-prise, recadrage, deuil, pardon , etc.). Avec son approche d’alchimie jungienne, Jean-Jacques Crèvecoeur se situe clairement dans une optique transformatrice tournée vers l’intériorité, bien qu’il insiste aussi sur la nécessité d’échapper à l’inhibition de l’action et de poser des actes concrétisant le changement intérieur.

Cet alliage d’évolution psychologique, de gestion émotionnelle et de passage à l’acte se retrouve aussi dans le parcours de Johanne Roubetaille Manouvrier (lire page 12 et suivantes). Cette Canadienne a identifié « 7 prises de conscience » auxquelles elle attribue un rôle certain dans la guérison de son cancer du sein. Mais encore une fois, il serait hasardeux de faire confiance au seul pouvoir de la conscience. La maladie émanant du subconscient, n’est-ce pas sur cette terra incognita qu’il convient surtout de semer la graine du changement ? A notre connaissance, peu de thérapeutes « décodeurs » utilisent la fastidieuse voie analytique, dont le potentiel guérisseur est d’ailleurs mineur. En revanche, nombre de praticiens ont recours à des « thérapies brèves » (PNL, hypnose, EMDR…) qui ont fait leurs preuves dans la modification des scénarios non conscients. Et d’autres font appel à la médiation du corps (bioénergie, rebirth, libération des cuirasses… ) pour déjouer les résistances mentales. A mes yeux, le courant des thérapies psychocorporelles est très complémentaire du décodage, précisément parce que le corps est le siège de l’inconscient : le soma est donc la voie royale pour agir sur la psyché ! C’est d’ailleurs pourquoi un bon psychothérapeute n’est pas forcément psy. Chez les kinés, les ostéopathes ou les chiropracteurs, on fait aussi de la médecine globale ! Dans une prochaine édition, je raconterai mon expérience vécue de la chiropraxie. Bientôt également, Néosanté publiera un grand dossier sur les immenses vertus du massage. Et un autre sur la puissance curative du sport. Dans ce numéro-ci, ce sont les bienfaits du jeûne auxquels nous offrons un coup de projecteur (lire article page 16 et suivantes). Car l’appareil digestif, vous le savez, est le terrain sur lequel se bâtit une santé optimale. La diète et la diététique occuperont toujours une place de choix dans notre vision holistique, où le corps soigne autant l’esprit que l’esprit soigne le corps.

Cela dit, rendons au décodage biologique un peu de son aura perdue. S’il n’est pas une thérapie en soi, ce dernier peut générer d’étonnants effets thérapeutiques. Lors de conférences et séminaires, j’ai observé plusieurs fois l’émotion intense éprouvée par un participant « décodé » en direct. Or le trouble et les larmes sont les signes courants d’un « basculage » en guérison. Médecins et thérapeutes m’ont aussi raconté des consultations se soldant par le rétablissement quasi instantané de leurs patients. Quelques sites internet, certains livres et le « Cahier décodages » de Néosanté (page 21 à 28) contiennent également des récits montrant que la seule compréhension du sens d’une maladie peut déboucher sur sa disparition. Enfin, j’ai vérifié à plusieurs occasions sur moi-même et sur mes proches l’efficacité d’une interprétation pertinente. Je pense notamment aux verrues envolées de ma fille cadette et à un abcès dentaire qui a littéralement fondu lorsque j’ai lu à quel conflit il renvoyait. Le décodage est parfois tellement parlant et le message du mal-a-dit tellement évident qu’il se produit alors « quelque chose » de quasiment magique : les symptômes s’atténuent ou s’évacuent pour ne plus revenir ! C’est d’ailleurs par conviction que le partage des décodages est un terreau propice aux guérisons spontanées que nous avons créé la rubrique « Le plein de sens » (page 27 ). Pour le bien d’autrui, n’hésitez pas à y laisser vos témoignages !

Yves RASIR