LA REVANCHE DU SOLEIL

Gare au soleil ! Tous aux habits ou aux crèmes protectrices ! Chaque année à pareille époque, on a droit aux mêmes mots d’ordre médico-médiatiques. En guise d’info saisonnière, la presse nous sert la même intox qui consiste à exagérer la menace solaire tout en occultant les nombreux bienfaits d’une exposition raisonnable. Pourquoi notre étoile vitale est-elle ainsi noircie ? Pourquoi les vertus de l’héliothérapie sont-elles systématiquement passées sous silence ? Tout simplement parce que les sources auxquelles s’abreuvent les médias conventionnels sont contaminées par les intérêts commerciaux des fabricants de produits solaires. Exemples : la campagne « soleil malin » menée en Belgique par le CRIOC (1) est financée par l’industrie des cosmétiques et celle émanant des dermatologues européens (2) par plusieurs laboratoires pharmaceutiques. C’est un peu comme si les marchands de condoms nous informaient sur le sida ou comme si le lobby pétrolier causait énergie et climat : aucune chance d’objectivité !
S’appuyant en partie sur le livre démystifiant du Dr Brigitte Houssin (3), le dossier de Pryska Ducoeurjoly (lire page 4 et suivantes) nous éclaire utilement sur les mécanismes de cette manipulation. Son but, c’est de susciter la peur et de générer une psychose antisoleil en déformant les données chiffrées. Quand ils annoncent « qu’un Européen sur six va développer un cancer de la peau », les dermatos sous influence oublient par exemple de dire que 95% de ces emballements cellulaires sont de forme peu agressive et qu’ils représentent moins de 2% de la mortalité par cancer. Ils augmentent ? Normal puisqu’on les dépiste frénétiquement et que la population générale vieillit. Les mélanomes ? C’est 5% des cas à peine, ils apparaissent le plus souvent sur des parties du corps non exposées au soleil, et le manque de vitamine D fait maintenant partie des facteurs de risque identifiés. Autrement dit, le soleil prémunit probablement davantage de ce cancer qu’il ne contribue hypothétiquement à son développement. Avouez qu’il y a plus effrayant, comme épouvantail….
D’autant que le grand méchant astre accumule les preuves de sa bonté. Aujourd’hui comme hier, on le sait profitable à la vitalité globale, à la vigueur des os et à la santé des peaux atteintes d’eczéma ou de psoriasis. On sait aussi que sa lumière visible agit positivement sur l’humeur et que sa longueur d’ondes infrarouge nous fait du bien partout. Mais maintenant, on sait également que les ultraviolets, pourvoyeurs de vitamine D, sont des réducteurs naturels de tension artérielle, des empêcheurs de diabète, des alliés de l’immunité et des amis du cœur. Mieux : la « vitamine du soleil » est à présent soupçonnée de prévenir la plupart des cancers, comme ceux du sein, du côlon et de la prostate. Il est donc réconfortant d’apprendre que la consommation de vitamine D est en nette augmentation dans les pays occidentaux, qu’elle y aurait même triplé en quelques années. Mais il n’y a pas de quoi pavoiser puisque, selon les statistiques récentes de l’Enquête Nationale Nutrition Santé (ENSS), près de 80 % des Français demeurent carencés. Peu de carences sévères, mais une grande majorité de déficits modérés dans toute la France métropolitaine, alors même que les apports journaliers recommandés sont jugés trop bas par de nombreux spécialistes. L’alimentation et la supplémentation ne pourront jamais remplacer la façon la plus directe, la plus efficace et de surcroît gratuite d’obtenir ce précieux nutriment, à savoir sa synthèse par l’épiderme soumis au rayonnement solaire.
Bien sûr, on ne va pas vous recommander le bronzage sans retenue. La nature a bien fait les choses car les peaux pâles sont les plus performantes, qui peuvent se passer d’exposition intense et prolongée. Bien que trompant l’instinct et donnant un faux sentiment de sécurité, les filtres solaires ne sont pas totalement inutiles pour les peaux les plus fragiles, à condition qu’ils soient naturels puisque les produits de formulation chimique contiennent nombre d’ingrédients potentiellement cancérigènes et de perturbateurs endocriniens tellement polluants qu’il sont accusés de blanchir le corail des océans ! Il faudrait par ailleurs, selon la plupart des études, se méfier des coups de soleil subis dans l’enfance. Quoique ! Dans ce numéro de Néosanté, on évoque aussi la recherche insolite indiquant que les érythèmes forgeraient au contraire une résistance accrue aux cancers de la peau. Dans la perspective biologique qui est la nôtre, voilà qui ne serait guère étonnant et qui confirmerait l’intelligence cachée des maladies et des symptômes. La revanche du soleil sur ses détracteurs n’en serait que plus éclatante !

Yves RASIR

(1) Centre de Recherche et d’Information des Organisations de consommateurs
(2) Euromelanomena
(3) « Soleil, mensonges et propagande » (Editions Thierry Souccar)