Faut-il absoudre le sucre ?

 
 
Énormément. J’éprouve énormément d’estime pour le Dr Alain Scohy. Pas uniquement parce qu’il collabore sporadiquement à la revue Néosanté et lui a déjà fourni quelques articles retentissants, mais surtout parce que cet homme est  d’une droiture exceptionnelle et d’une fidélité rare à ses convictions. Jeune médecin de campagne ouvert d’esprit et respectueux du serment d’Hippocrate, il a d’abord intégré à sa pratique plusieurs approches parallèles (homéopathie, acupuncture, bio-électronique, vitaminothérapie…) pour mieux soigner ses patients sans leur nuire. Réfractaire aux obligations vaccinales, il a ensuite payé au prix fort cet engagement puisqu’il a été radié à vie et réduit à l’exil pour échapper aux persécutions. Enfin, il fait partie des pionniers qui ont accueilli sans préjugé et avec reconnaissance les formidables découvertes du Dr Hamer sur l’origine des maladies et leur sens biologique. Les trouvailles hamériennes figurent toujours au cœur de « la médecine somato-psycho-spirituelle » qu’il enseigne en France. Au passage, je signale qu’il est un des derniers praticiens capables de lire les scanners cérébraux comme le faisait le Dr Hamer, et qu’il est le seul à partager cette compétence menacée de disparition. Si la nouvelle médecine psychosomatique est un jour reconnue, elle le devra beaucoup aux efforts déployés par Alain Scohy !  Peu habitué à épouser le sens du vent, cet éternel rebelle rompt également avec la pensée unique en matière de nutrition.  Par exemple, il recommande chaudement de cuire les légumes deux ou trois fois à l’eau pour en expurger le potassium. Et quand tout le monde crie haro sur le sucre, lui  le considère comme un aliment de santé injustement décrié !
 
Personnellement, j’ai du mal à adhérer à ses conceptions de l’alimentation saine. Dans la Médiathèque Néosanté, je n’ai d’ailleurs jamais inclus son ouvrage « Une diététique pour gai rire »,  où il défend ses idées originales, et  notamment son appréciation positive du sucre. Après la lecture de l’article-plaidoyer qu’il nous a proposé et que nous publions ce mois-ci comme dossier, je n’ai pas changé d’opinion et je considère toujours que la consommation croissante de sucre est  un fléau moderne faisant le lit de nombreuses maladies. Comme nous le relevons régulièrement dans notre rubrique « Nutri-infos », des tas d’études d’observation montrent que l’orgie glucidique est associée aux pathologies de civilisation telles que diabète, obésité, athérosclérose, Alzheimer ou cancer. Il ne manque pas non plus d’expérimentations sur animal prouvant qu’un régime excessivement sucré peut provoquer les troubles métaboliques qu’on lui attribue. Et dans les protocoles qui réussissent à inverser le diabète ou le déclin cognitif, l’élimination des denrées (trop) sucrées joue un rôle décisif. Hormis le miel, les sucres simples n’existent pas comme tels dans la nature. Saccharose, fructose, glucose et autres « calories vides »  s’obtiennent par extraction et processus industriels. Dès lors que ces aliments transformés ne figuraient pas aux menus originels de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, ils sont peu adaptés à notre physiologie et il est sensé de s’en méfier. Étrange qu’Alain Scohy, fervent croyant fasciné par les merveilles de la création, ne soit pas de cet avis.
 
Mettant nos réticences de côté, nous avons pourtant décidé de publier sa contribution « prosucrière ».  Pourquoi ? Parce que nous sommes d’accord sur l’essentiel : corrélation n’est pas causalité et une éventuelle complicité ne fait pas d’un inculpé le principal coupable. S’il est un facteur de risque sanitaire,  le sucre n’est pas une substance intrinsèquement pathogène. Et certainement pas le poison mortel que certains voudraient surtaxer, voire prohiber ! Promoteur de cancers ? Ce n’est pas parce que les tumeurs en sont friandes que le sucre  doit être soupçonné de les engendrer. Quand on sait que les cellules cancéreuses obéissent à un programme « turbo », leur appétit de glucose est même un indice à décharge. L’obésité et le diabète ? En amont de ces solutions biologiques, on peut trouver des ressentis émotionnels poussant l’ordinateur cérébral à les adopter. Le sucre ne serait jamais que l’instrument, non pas du crime, mais d’une légitime défense.  Les caries dentaires ? Tout dentiste pourrait vous présenter moult patients dont la bouche est ravagée malgré une hygiène parfaite. Ainsi que des dévoreurs de sucreries à la dentition impeccable. Pour l’anecdote, Alain Scohy m’a un jour confié qu’il ne se lavait jamais les dents et qu’il a fait sa première carie à 40 ans passés. La vérité est que les  dents, comme tous les tissus osseux, sont vulnérables à d’intenses conflits de dévalorisation. (*) Seule la puissance du stress  peut  parvenir à perforer l’émail, aussi solide que le diamant. Bref, il conviendrait d’absoudre le sucre en poudre des méfaits qu’on lui impute. Mais le  Dr Scohy va beaucoup plus loin : pour lui, le glucose est un nutriment précieux permettant aux microzymas de réparer les tissus  lésés lors de la phase asymptomatique des maladies. Il conseille  sa consommation pour toute affection qui apparaît après la solution du conflit, au moment où le cerveau inconscient a donné l’ordre de restaurer l’organe atteint, ce qui est le cas le plus fréquent. Nous aurions donc des envies de sucre parce que nous solutionnons beaucoup de conflits. Et  si c’était vrai ?
 
                                                                Yves Rasir
 
(*) Parce qu’il l’a lui aussi découvert sans avoir lu Hamer, nous avons édité l’an dernier le livre démystifiant du Dr Jean-Michel Pelé : « Pour en finir avec la perte des dents »