Des fleurs, beaucoup de fleurs, mais aussi des épines et quelques pots.  Parmi les nombreux messages d’encouragement et de félicitations que nous a valu le numéro 1 de NéOSANTé,  se sont effet glissées plusieurs réactions hostiles et dénigrantes de la part de nos premiers détracteurs. Le fil rouge de ces vertes critiques, c’est évidemment  notre référence assumée au Dr Ryke Geerd Hamer, dont le  seul nom suffit à déclencher l’hystérie des chasseurs de sectes, la fureur de l’establishment médical et l’agitation inquisitrice des médias conformistes.  Si les bûchers brûlaient encore, sûr que le médecin allemand et sa « médecine nouvelle » n’y échapperaient pas.  Heureusement que la presse est encore libre et que nous allons pouvoir expliquer,  dans les prochains mois, pourquoi le Dr Hamer ne mérite pas, selon nous,  l’opprobre quasi générale. Ou, en tout cas, pourquoi ses théories  sont suffisamment dignes d’intérêt pour figurer au cœur de notre démarche éditoriale.

Avant d’opposer des arguments à ceux qui nous ont d’emblée trainés dans la boue– c’est notre façon à nous de riposter pacifiquement – , nous voudrions d’abord  répliquer à ceux de nos sympathisants qui ont tiqué à la   lecture du « Cahier Décodages », partie centrale de la revue. Pour résumer leurs reproches, il n’y aurait pas d’autre sens possible à la maladie que celui trouvé par le malade lui-même.  Toute tentative de décoder les maux serait  vouée à l’échec puisqu’une âme n’est pas l’autre  et que seul le patient sait. Ce n’est certes pas faux : chaque être humain a son parcours, chaque histoire est unique, et rien ne peut faire sens qui ne remonte à la conscience. En conséquence,  personne ne  peut prétendre guérir  autrui et aucun « décodeur»  ne peut prétendre détenir la vérité. La science du sens est encore bien trop jeune pour se montrer péremptoire et notre seule ambition est de proposer des pistes d’interprétation. Ceci dit, la vie a ses lois , universelles et intangibles.. Et les symptômes ont leur logique, comme l’écrit Laurent Dallie ( lire article en page  30 et suivantes ).  C’est sur le sens biologique des maladies que NéOSANTé entend se focaliser. Le mois prochain, je reviendrai sur cette notion capitale et tellement mal comprise.

Mais avant cela, j’aimerais répondre à ceux qui ont fustigé le titre de la revue, parfois même avant sa naissance. Nul n’ignore que le préfixe « néo » signifie « nouveau », comme dans néonatal , néologisme ou …néoplasme. Ce dernier terme est utilisé en médecine pour désigner le développement d’une masse tissulaire, autrement dit  une tumeur.  Dans leur jargon, les toubibs usent même de  l’abréviation « néo » comme synonyme de cancer. C’est pourquoi plusieurs lecteurs ont trouvé incongru de fusionner ce mot avec « santé »,  donnant  ainsi raison  à un ami médecin qui trouvait ça impensable et me conseillait instamment de renommer le projet. Je ne l’ai pas fait et en suis fort aise. D’abord parce que le  commun des mortels  saisit bien notre intention d’annoncer une nouvelle conception de la santé, et ensuite parce qu’un autre médecin de mes amis a tiré profit de cette collision sémantique. Durant les séminaires qu’il anime pour femmes atteintes du cancer du sein, il s’est mis en effet à expliquer que leur tumeur n’était jamais, étymologiquement parlant, qu’ « un nouveau tissu » apportant « du neuf » dans leur organisme.  Tout comme  Marie Mandy  découvrant le côté salutaire de sa maladie ( lire interview en page 10 et suivantes ),  il paraît que  plusieurs de ces femmes ont alors adopté un regard différent sur leur affection mammaire, puisant même dans cette information une confiance renouvelée dans leurs chances de guérison.

De là à dire que le cancer fait bon ménage avec la santé, il y a un pas… qu’il n’est pas forcément sot de franchir. Car une tumeur, on le sait aujourd’hui, c’est tout le contraire d’une prolifération cellulaire anarchique. Loin d’être  insensé,  le processus tumoral  ressemble bien  souvent à la création d’un nouvel organe  doté des compétences et de toute l’intendance  nécessaires à son  fonctionnement.  Notamment un réseau de vaisseaux  lui assurant  une bonne irrigation sanguine. En langage savant, on appelle ça la néoangiogenèse, contre laquelle les plus puissants médicaments ont échoué jusqu’à présent. Et on voudrait nous faire croire que cette prouesse du corps est destinée à le détruire  ? Foutaise : c’est  bel et bien, en dépit des apparences,  une solution de survie  mise au point par la nature aux premiers temps de l’évolution. On y reviendra. D’ici là, portez-vous bien et n’hésitez pas à embellir vos cerveaux d’idées neuves.

Yves RASIR