Evénement : à l’initiative du Dr Olivier Soulier, se tient à Paris les 24 et 25 mars un congrès intitulé « Sclérose en plaques : comprendre pour guérir ». Après avoir suivi plus de 300 patients atteints de cette maladie, le médecin homéopathe lillois s’est en effet décidé à partager son expérience de la SEP et de sa causalité psycho-émotionnelle. Grâce à une approche pluridisplinaire qui tient compte également de la santé intestinale et des carences
vitaminiques, il obtient de nombreuses rémissions durables.
Plusieurs personnes viendront témoigner de leur parcours de guérison.

Olivier Soulier, comment avez-vous commencé à travailler sur la sclérose en plaques (SEP) ?

Il y a 25 ans, j’étais installé depuis peu de temps et une de mes amies m’a demandé si j’acceptais de recevoir une jeune fille qui venait de Bretagne et qui avait une sclérose en plaques. Connaissant le pronostic difficile de la SEP et l’absence de traitement par la médecine à cette époque, je lui ai dit que je voulais bien la recevoir, mais plutôt pour l’aider, pour l’accompagner. Par empathie, mais sans lui faire miroiter une espérance de guérison. Nous avons beaucoup discuté. Je lui ai donné un remède homéopathique et nous avons surtout abordé beaucoup de sujets dans notre discussion à bâtons rompus.. Je n’ai pas de souvenir précis de notre dialogue, mais le fait est, que dans les jours qui ont suivi, ça a commencé à aller mieux. Et puis les symptômes, les signes de SEP, ont complètement disparu et il n’y a plus eu de poussées.

Et vous ne vous souvenez pas de ce que vous avez dit de si important durant cet échange?

Il y avait un certain nombre de thèmes présents dans son histoire personnelle, mais rien qui m’ait particulièrement frappé. Après ça, j’ai eu l’occasion de soigner une autre personne qui avait une SEP. Une SEP avec une poussée d’emblée assez grave avec troubles urinaires, troubles visuels et paralysie. Une première poussée aussi importante est relativement rare chez un adulte jeune. Nous avons discuté et, dans les semaines qui ont suivi, son état s’est nettement amélioré. Et depuis 23 ans, cet homme n’a plus connu de poussée. Je l’ai revu il n’y a pas longtemps et il va très bien. Il est en pleine forme. La SEP a une évolution imprévisible. Une amélioration n’est donc pas significative, surtout dans un petit nombre de cas. Mais les améliorations que j’ai obtenues dépassent largement celles connues par la médecine, sur des durées extrêmement longues. La SEP reste imprévisible tant qu’on n’en a pas compris les mécanismes. Quand on comprend le processus, le caractère imprévisible de cette maladie disparait. Le lien de cause à effet devient évident, le patient ne vit plus les choses comme une fatalité, mais comme la conséquence logique d’une dynamique sur laquelle il retrouve une possibilité d’action. Pour vous donner une image, ce serait un peu comme des livres sur les étagères d’une bibliothèque. Ces livres sont abimés. Tant qu’on n’en connait pas la cause, la détérioration est imprévisible. Si on prend en compte le facteur humidité, la détérioration des livres devient prévisible. Je me suis donc mis à réfléchir à la sclérose en plaques . Et ma patientèle atteinte de SEP a explosé…

Les nouveaux patients sont venus spontanément ?

Oui, par le bouche-à-oreille. J’en ai eu 1, 2, 10, 20 puis 50. Et j’ai commencé à obtenir un certain nombre de résultats. Pas systématiquement, pas toujours, mais j’ai cherché, j’ai tâtonné. J’ai mis une dizaine d’années avant de conceptualiser un mode de traitement. Ça a d’abord été au coup par coup. Puis j’ai commencé à voir des points communs entre les situations, des schémas psychologiques particuliers et récurrents. Peu à peu, il s’est dégagé un schéma psychologique de la SEP, des circonstances particulières qui précèdent son apparition. Mais il y avait aussi des aspects alimentaires et toxicologiques qui revenaient régulièrement. A l’époque, on a aussi beaucoup parlé du vaccin hépatite B. Avec toute l’expérience accumulée, j’ai assemblé un tas d’éléments qui m’ont permis d’élaborer une théorie générale multifactorielle de la SEP, son mécanisme, ses facteurs psychologiques déclenchants et ses cofacteurs biologiques d’ordre immunitaire et nutritionnel. Il m’a fallu entre 100 et 150 cas de SEP pour commencer à conceptualiser précisément ce qu’est la SEP. La théorisation est toujours difficile et risquée. Mais en même temps, pour transmettre, c’est une nécessité .

Il y a donc des caractéristiques qu’on retrouve dans les scléroses en plaques ?

Oui, il y a des caractéristiques, des spécificités qui reviennent régulièrement. Aujourd’hui, je pense qu’il faut pouvoir transmettre des schémas de travail aux professionnels de la santé, de façon à ce que, quand ils se trouvent en présence d’une SEP, ils aient la possibilité d’avoir des systèmes de compréhension pour pouvoir aider leurs patients. Bien sûr, on ne peut jamais généraliser, et un thérapeute compétent devra toujours adapter ce schéma de compréhension au ressenti particulier de chaque malade. Si la « musique » d’une maladie est universelle, ses paroles appartiennent à chacun. Toute situation est différente. Il y a cependant des thématiques et des modes de fonctionnement qui reviennent quasi systématiquement, tant au niveau psychologique qu’au niveau organique. Parmi les désordres biologiques favorisant la SEP, la carence en vitamine D et les troubles de la perméabilité intestinale sont sans doute les plus fréquents. .

Pourquoi est-ce important aujourd’hui de partager vos découvertes ?

Je me suis beaucoup posé la question : faut-il diffuser ce genre d’information ? Ou faut-il me taire et attendre que la science avance ? J’ai eu l’occasion d’écrire quelques articles sur la sclérose en plaques. Et régulièrement, des gens m’ont écrit en me disant : « Vous parlez de moi. Comment se fait-il que vous connaissiez mon histoire ? » Je leur ai répondu : « Mais je ne connais pas votre histoire. Je parle seulement des SEP que je connais. Mais si vous me dites que ça correspond tout à fait à votre ressenti de la maladie, vous m’encouragez à continuer. » C’est pourquoi je pense aujourd’hui qu’il est important de communiquer ce que j’ai appris.

Et le meilleur moyen, c’est un congrès ?

Oui, pour pouvoir expliquer la SEP à la fois aux professionnels et aux particuliers. Pour que les personnes avec un profil à risque, les médecins qui les soignent, les psychothérapeutes et les psychologues, aient en main des éléments pour aider à guérir.

Il y a 30 ans, Catherine Kousmine (2) – médecin suisse remarquable – a révolutionné notre diététique. Elle obtenait d’excellents résultats dans la SEP. Elle a d’ailleurs écrit un livre « La sclérose en plaques est guérissable – le choix de vivre » (éd. Delachaux et Niestlé – 1983) où elle relate les résultats très intéressants qu’elle obtenait uniquement par la réforme alimentaire. D’après les gens qui l’ont connue, Catherine Kousmine n’était absolument pas orientée vers le versant psychologique des maladies. Au contraire, elle y était même presque allergique. Mais elle obtenait de très bons résultats. Son travail témoigne bien du versant biologique, sous ce terme j’entends auto-immun et diététique, de la SEP. Aujourd’hui, je pense qu’en utilisant l’approche diététique de Catherine Kousmine et l’approche immunologique du docteur Michel Geffard , de L’I.D.R.P.H.T (3), ainsi qu’une approche de type psychothérapeutique, on aborde la maladie dans ses trois aspects principaux. La SEP n’est pas une fatalité incurable, on peut faire beaucoup de choses. Et le moment idéal pour agir, c’est la phase initiale de sclérose.

Justement, quelles sont les différentes phases ?

La SEP est une maladie considérée comme auto-immune. Elle attaque la gaine de myéline qui protège les fibres nerveuses, ce qui va entraîner des paralysies, par phases successives. Il y aura d’abord une première poussée, puis ça va régresser, puis ça va revenir. Au début, les poussées ne laisseront pas de séquelles, les suivantes laisseront des séquelles et celles-ci vont se cumuler jusqu’à amener un handicap majeur. C’est une maladie chronique qui peut être, dans certains cas, très invalidante. Des gens vivent avec des SEP pendant 20 à 30 ans. Elle représente souvent, pour ceux qui l’ont, une sorte « d’arrêt de vie » programmé. C’est une maladie qui est surtout vécue par les gens comme quelque chose de sournois et d’incompréhensible. Or, les gens qui ont eu l’occasion de lire mes articles sur la psychologie de la SEP me disent : « Je me retrouve complètement là-dedans. J’avais bien senti que quelque chose n’allait pas, mais personne ne me l’avait jamais dit et je ne comprenais pas vraiment bien ce qui se passait. Maintenant, je vois mieux.»

Vous insistez beaucoup sur la première étape de la maladie.

Oui, car c’est au tout début qu’il est important d’agir. Quand il y a encore des phases avec des rémissions. Lorsque les lésions neurologiques s’accumulent, elles entraînent des processus qui vont verrouiller les possibilités de guérison. Selon mon expérience, les handicaps qui s‘ensuivent sont relativement irréversibles. Sur l’échelle de cotation de la SEP, qui va de 1 à 10, Catherine Kousmine disait – et je pense qu’elle a raison – qu’on pouvait remonter de 2 points. Quand on est au stade 2, on peut revenir au stade 0. Mais quand on est au stade 6, on remonte seulement au stade 4. C’est donc en la prenant à temps qu’on peut obtenir de très bons résultats. La SEP est une maladie avec un schéma psychologique très particulier. Et il y a des bénéfices secondaires à être enfermé dans le schéma de la maladie. Plus on attend, plus ceux qui en souffrent se retrouvent bloqués dans cet état. On peut toujours obtenir des améliorations, freiner l’évolution à n’importe quel stade, mais c’est surtout aux premiers signes de sclérose qu’il est urgent d’intervenir. Malheureusement, la médecine tarde souvent à émettre le diagnostic de SEP, de peur de se tromper et… de faire peur aux gens. D’un côté, cela se comprend dans la mesure où elle n’envisage pas de réelle possibilité d’en guérir. Mais dans une perspective de guérison, c’est très dommage car cela compromet les chances de s’en sortir.

À quoi ressemblent ces profils psychologiques typiques de la SEP ?

La phrase qui pourrait résumer la sclérose en plaques serait : «prendre une direction qui n’est pas la sienne.» Pour en guérir et surtout pour prévenir l’apparition de cette maladie, on pourrait dire :«Echappez à cette vie sclérosante qui vous rend malade !
Changez de direction et retrouvez la forme de vie qui vous convient.»

Il y a une très belle métaphore de la SEP dans le film d’animation « L’âge de glaces 2 ». C’est l’histoire d’une femelle mammouth qui se prend pour un opossum et qui dort accrochée dans les arbres par la queue. Elle dit à un autre mammouth qu’elle rencontre : «Tu sais, nous, les opossums nous dormons accrochés par la queue… mais pour certains opossums, c’est plus difficile que pour d’autres. » En fait, dans l’ histoire, elle perd sa maman et se retrouve toute seule. Elle marche perdue dans la neige. Elle voit un arbre couvert de glace qui ressemble de loin à un profil de mammouth. Elle va se coucher en dessous et elle s’endort. Le lendemain, au réveil, elle voit des opossums qui descendent de l’arbre et elle s’identifie à eux. Elle va vivre avec eux pour survivre. Sa solution de survie, c’est donc de s’adapter à un fonctionnement qui n’est pas le sien. Très humoristiquement, ce film est une allégorie assez précise de la SEP : « Je vis une vie qui n’est pas la mienne.»

Quels sont les autres intervenants du congrès que vous organisez à Paris ? Et en quoi complètent-ils votre approche ?

Nous serons quatre à prendre la parole. Tout d’abord le professeur Jean-Louis Christians, qui était chef de service de neurochirurgie et titulaire de la chaire de neurochirurgie au CHU de Lille. Aujourd’hui, il s’intéresse à la dimension psychique des maladies et aux processus de somatisation. C’est important qu’un spécialiste comme lui apporte sa caution morale et scientifique au type de travail que nous proposons. Willy Barral est psychanalyste, il fut élève de Françoise Dolto et de Pierre Solié. C’est lui qui avait organisé à l’UNESCO le grand séminaire sur Françoise Dolto. Il a écrit « Françoise Dolto c’est la parole qui fait vivre » et «Le corps de l’enfant est le langage de l’histoire de ses parents». Il a lui-même développé une SEP quand il avait 60 ans. Une sclérose dans une forme grave d’emblée, et il en a guéri. Ce n’est pas moi qui l’ai soigné, mais quand il a vu comment j’envisageais la SEP il a dit : «C’est exactement ce que moi, en tant que psychanalyste, j’ai retrouvé dans mon histoire.» La troisième personne qui interviendra, c’est Michel Geffard qui est docteur en médecine, docteur ès science et directeur de recherche à l’INSERM. Je peux vous dire que son approche immunitaire est d’une grande efficacité, en particulier dans les SEP les plus avancées, dont il parvient à freiner l’évolution, voire qu’il arrive à stopper totalement Son «endothérapie multivalente». (3) consiste à neutraliser les réactions auto-immunes anormales. Lui et moi avons établi toute une série de corrélations entre ce que lui trouve dans ses analyses biologiques et ce que moi je trouve sur le plan psychologique. Nos deux approches sont parfaitement complémentaires et cohérentes. Enfin, je partagerai mes 25 ans d’expérience sur plus de 300 cas de SEP. J’expliquerai en détail les processus de déclenchement de la maladie, son fonctionnement et les pistes de guérison possibles.

Certaines personnes viendront témoigner de leur parcours personnel. Le but de ce congrès est de confronter trois ou quatre approches différentes avec un leitmotiv : « il est possible de faire quelque chose , la sclérose en plaques est guérissable ». N’attendons pas qu’elle en soit à une phase avancée pour intervenir. N’en ayons pas peur et donnons à chaque patient – dès le début – la possibilité d’avoir toutes les chances de guérir.

(1)Olivier Soulier est l’auteur de deux ouvrages:
« Histoires de vies – messages du corps »
« La digestion – les clefs du poids – les formes – les dépendances »
Ces ouvrages sont disponibles sur le site www.lessymboles.com, auprès des points de vente référencés sur le site, ainsi que dans la médiathèque de Néosanté.

(2) Décédée il y a 20 ans à l’âge de 88 ans, le Dr Catherine Kousmine nous a laissé 3 ouvrages :
« Soyez bien dans votre assiette jusqu’à 80 ans et plus » Tchou, 1980
« La sclérose en plaques est guérissable » Éditions Delachaux et Niestlé, 1983
« Sauvez votre corps » Éd. Robert Laffont, 1987

(3) L’I.D.R.P.H.T est une association qui a pour vocation la promotion et le financement des recherches menées par le Dr Michel Geffard et son équipe sur les maladies chroniques invalidantes ( sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique, maladies auto-immunes, arthropathies, maladies de Parkinson et d’Alzheimer, cancers, myasthénies, etc.). Par une approche multidisciplinaire faisant appel à la chimie organique, à l’ immunologie, à la biologie moléculaire et à la neurobiologie, l’équipe du Dr GEFFARD a mis au point une nouvelle méthode de soins appelée endothérapie multivalente. Celle-ci repose sur la régulation de la perméabilité de la muqueuse intestinale et l’amplification ciblée des capacités naturelles de l’organisme à se défendre, à l’aide de traitements adaptés à chaque patient et établis à partir d’un suivi immunologique spécifique.
Info :http://idrpht.free.fr/contact.html

Info congrès
« Sclérose en plaques : comprendre pour guérir »
Paris 24 – 25 mars 2012
Forum 104 – 104 rue de Vaugirard – 75006 Paris
Tél. : 02 51 82 47 25 / 06 25 83 12 87
Contact : lessymboles@nordnet.fr
www.lessymboles.com

« Ecoutez votre voix intérieure »

Grand admirateur de Steve Jobs, le Dr Olivier Soulier a épinglé quelques phrases dans un discours prononcé par feu l’ex-patron d’Apple à l’Université de Stanford le 12 juin 2005. Pour lui, ce passage résume assez bien ce que pourrait être la solution d’une sclérose en plaques : « Il faut découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Et si vous n’avez pas trouvé, continuez à chercher. Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier de la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire… »

Psychosociologue de formation, Corinne Grumberg exerce le métier de journaliste dans des radios associatives. Elle s’est spécialisée dans la réalisation d’interviews approfondies et innovantes sur la santé, l’environnement et le développement personnel. Elle a créé en 2007 l’association « Montagne verte » qui a pour objectif de promouvoir une nouvelle culture pluridisciplinaire respectueuse du vivant. Cette défricheuse de talents et d’idées nouvelles a réalisé à ce jour près de 200 interviews qui peuvent être consultées sur le site www.lavoiximpertinente.com