Ce qui ne s’exprime pas s’imprime… Et Montaigne de préciser : « Rien n’imprime si vivement quelque chose à notre souvenance que le désir de l’oublier. » La dent, véritable mémoire vive de notre existence, n’y échappe pas ! À travers ses multiples problématiques, elle révèle les méandres obscurs de notre inconscient, réservoir de nos souffrances intimes. Dans son dernier ouvrage, La nouvelle interprétation de la carie(1), le Dr Christian Beyer – qui n’a de cesse de présenter le Décodage dentaire comme outil de connaissance de soi autant qu’adjuvant thérapeutique aux pathologies bucco-dentaires – explique, à l’issue de nombreuses années de recherche, que « la carie est un échec d’adaptation verbale au monde ». Elle aurait donc des origines psycho-émotionnelles et serait un signal de ressenti non entendu, non exprimé. Au travers d’un entretien « mordant », le Dr Beyer nous convie à la rencontre de ce que nos dents ont à nous dire…

Propos recueillis par Carine Anselme

La carie a longtemps été attribuée à un excès de sucre, une mauvaise hygiène dentaire ou au poids de l’hérédité. Or, je ne sais pas vous, mais moi je fais partie de ces nombreuses personnes qui ont des caries, malgré une alimentation équilibrée et une hygiène adaptée, depuis l’enfance… Pensez, je n’ai même jamais aimé les bonbons, ni aucune sucrerie (ce dont doutait furieusement mon dentiste d’enfance) ! ! Alors, comment comprendre la carie ? Diplômé de la faculté de chirurgie de Strasbourg en 1988, le docteur Christian Beyer s’est largement penché sur la question, constatant in vivo un hiatus entre la thèse qui prévaut chez les professionnels de la santé bucco-dentaire et ce qu’il observait dans la bouche de nombre de patients. Il vient d’y consacrer un ouvrage éclairant¹.
Avec le décodage dentaire, Christian Beyer a révélé les liens sensibles qui se tissent entre l’organe dentaire et l’inconscient. « C’est dans vos dents que se lit le Grand Livre de la Vie », aime-t-il à répéter. Outil de lecture des mémoires transgénérationnelles autant que des souffrances liées à notre propre existence, le décodage dentaire mène à des prises de conscience salutaires et permet de se réapproprier notre responsabilité face à la santé dentaire et au phénomène de la carie, afin de ne plus la vivre comme une punition ou une malédiction, et, au-delà, face à la vie toute entière. Lors de notre entretien, qui a eu lieu par une grise journée d’automne, j’ai été frappée par l’attention lumineuse, bienveillante, portée par Christian Beyer aux différents niveaux de l’être humain, à ses souffrances psycho-émotionnelles. Il nous propose une approche humaniste autant qu’holistique. Pour pouvoir croquer la vie à pleines dents !

Quel a été le déclencheur de vos recherches, qui vous ont mené à établir l’approche du décodage dentaire ?

C’est l’observation de la symétrie de la carie. Ça eut lieu lors de ma troisième année d’études à la faculté, où nous avons enfin eu accès à de vrais patients. Les trois premiers patients qui ont ouvert leur bouche devant moi avaient une carie sur une dent en haut à droite et une seule autre carie, en haut à gauche, sur la même dent et au même endroit. C’était comme dans un miroir. Ça a été trois fois de suite… de trop, pour être un hasard, sans sens. Cela m’a d’autant plus interpellé que je n’avais pas de réponses de mes professeurs. Personne n’avait jamais vu ou remarqué ça, ni même cherché à comprendre ce phénomène.

Il faut avouer que la question du sens est assez éloignée des principes de l’enseignement dentaire…

Absolument. On m’a enseigné que la carie apparaissait au croisement de trois ensembles : une dent, une bactérie et du sucre. Mes professeurs m’ont appris à faire en sorte que le premier soit renforcé, le second combattu et le troisième diminué. Pourtant, des patients m’ont présenté des caries qui ne respectaient pas cette loi. En effet, et sans avoir matière à en douter, certains de mes patients qui se brossaient assidûment les dents, donc éliminaient la plaque bactérienne, présentaient des caries, qui plus est à des endroits où les aliments ne pouvaient ni s’accrocher ni former de plaque bactérienne.

Vous êtes donc parti en quête de réponses…

Oui, et ma première exploration a été la médecine énergétique chinoise. Elle m’a apporté une assurance sur la réalité de cette symétrie, puisqu’elle place des méridiens sur la partie droite et la partie gauche du corps, en miroir. Qu’elle les différencie dans une notion de Yin et de Yang, donc de deux dynamiques différentes. Elle me donnait ainsi une raison de croire qu’il y avait un sens caché à la symétrie de la carie. Après, les correspondances dans les méridiens d’acupuncture sont nombreuses. Aucune n’est fausse, puisque cela va essentiellement dépendre de la façon dont le thérapeute aborde son patient. Personnellement, j’en ai utilisé une (correspondance), qui place les douze méridiens sur la face interne des joues ; les mêmes méridiens à droite qu’à gauche. Là aussi, il était quelque part normal qu’une carie affecte la dynamique masculine et la dynamique féminine. J’ai remarqué qu’il y avait toujours un décalé entre la taille des caries. J’ai très vite appris : la première carie est la carie mère, puis il y a la carie fille.

Mais cela ne vous expliquait pas le pourquoi du comment… Comment avez-vous été plus loin dans vos recherches ?

Je suis allé voir du côté de l’homéopathie, à laquelle j’ai été formé. Puis, j’ai étudié la morathérapie qui m’a emmené dans cet électromagnétisme du corps humain. Tout ça, je l’ai fait en même temps que ma formation de base. Pour ma thèse, j’ai proposé : « Les médecines énergétiques et l’art dentaire. » C’était une première.

Est-ce que la médecine énergétique chinoise s’était intéressée aux dents ?

Non, elle s’intéresse à la langue. Elle l’utilise comme lieu de diagnostic : la forme, la couleur… Au niveau de la bouche, elle tient compte de l’haleine qui révèle les déséquilibres métaboliques. Et elle va aussi utiliser la salive, dans sa consistance. Mais la dent, non.

Alors, comment en êtes-vous venu plus précisément au décodage dentaire ?

En fait, je crois que j’ai été insatisfait de toutes les réponses ou, en tout cas, non comblé par les réponses que j’avais, même si elles étaient satisfaisantes sur certains plans. La suite est passée par une histoire personnelle ; une hernie discale récidivante, qui m’a fait rencontrer le décodage biologique. Le premier jour de participation au premier séminaire, je n’ai pas dormi de la nuit ! J’avais le corps qui bouillait. Et le lendemain matin, j’avais simplement changé la façon de questionner les dents. J’avais juste changé la question.

Que voulez-vous dire ?

Auparavant, je croyais que la carie était à la fin d’un déséquilibre, qu’elle en était l’expression pathologique. Or, la carie n’est pas une expression pathologique. Du tout. Elle est une tentative d’équilibre, de retour à l’équilibre. Avant, je me demandais : Qu’est-ce qui s’est mal passé ? Quelle est l’erreur commise ? La pathologie en cours ? Alors, qu’en fait, la bonne question est : Quel est l’intérêt, pour mon système, d’avoir une carie ? À partir de là, il s’est passé quelque chose : dès que je posais cette question par rapport à une dent, par rapport à une carie, par rapport à une douleur, j’avais la réponse. Le cristal est reconnu comme pouvant mémoriser et transmettre des milliards d’informations. La dent, cristal vivant, se révèle comme l’instrument à même de nous délivrer les secrets d’une vie enfouie sous des voiles de souffrance. On est alors en 2000 et, dans la foulée, mon premier livre a été écrit en trois semaines… alors que cela faisait cinq ans que j’essayais de le boucler. J’avais le syndrome de la 49e page : quatre fois, j’ai buté sur cette page et j’ai tout recommencé ! Et, là, le livre s’est écrit en trois semaines…

Quelles « fondations » avez-vous posées à votre décodage dentaire ?

À la base, tout le décodage a été très intuitif, puisque ça venait de ma perception propre. Ça ne me permettait pas de prétendre que ce soit pour tout le monde la même chose, que ce soit universel. Que ce soit quelque chose d’autre qu’une réponse pour moi. Alors, j’ai étudié : la neurologie, la psychologie, la neuropsychologie, l’anthropologie, l’éthologie, l’ethnopsychologie… Dans ma formation scientifique, j’avais besoin d’une assurance. Avant d’aller vers le monde en disant, « j’ai trouvé quelque chose », il fallait d’abord que je sois sûr que ce ne soit pas juste une psychopathologie personnelle, une simple projection (Rire) !

Il existe, je crois, plusieurs lectures dentaires…

En effet, il y a des décodages biologiques qui se sont intéressés à la bouche. Il y a aussi des symboliques dentaires.

Quelle est la spécificité de votre approche ?

Ce que je voulais, c’était une mise en mots, capable de soulager la dent, de la soustraire du processus d’équilibre dans lequel elle était enclenchée. Quand des gens ou des amis m’appelaient parce qu’ils avaient subitement mal à une dent, je leur donnais quelques mots au téléphone et dix secondes après, ils n’avaient plus mal. C’était ça l’objectif pour moi. Ce n’était pas d’avoir une lecture psychologiquement intéressante. Ce n’était pas d’avoir une interprétation médiatiquement intéressante. C’était d’avoir une lecture de la dent qui parle à la dent. Qui fasse réagir la dent. Parce que je suis dentiste ! Que j’ai donc une vocation thérapeutique.

Continuez-vous à pratiquer votre métier de dentiste, à proprement parler ?

Non, plus avec mon fauteuil. Mais je pratique mon métier avec les dentistes. Mon vœu, dès le départ, était de travailler en trilogie : le dentiste, capable de toucher la matière dentaire, le patient qui arrive avec une problématique et le décodage dentaire qui aide les deux.

Vous parlez de mots qui soulagent… Comment ?

Sans ignorer (ce serait folie pure !) qu’en observant du tissu carieux on y découvre des bactéries, le décodage dentaire révèle une problématique préexistante à l’apparition des bactéries et du tissu carieux : un trouble psychologique dans la gestion du monde environnant. Je m’explique… Il y a une dent, il y a une émotion. L’émotion, elle-même, n’est pour moi que la signature de la rencontre d’un élément du monde : c’est la façon dont cet élément du monde vient me toucher. Dans la structure individuelle, personnelle, cette émotion a un sens. La sphère mentale est une sphère d’adaptation. Nous devrions nous adapter à ce monde avec des mots. Ce qui signifie que je dois être capable de poser les mots justes sur l’émotion vécue. Et pas de dire simplement : « Je vais mal. » Ça ne veut rien dire ! De quel mal, précisément, est-ce que je souffre ? Tout mon travail était d’arriver à trouver les mots, reflets parfaits de l’émotion vécue. Puis, de trouver les autres mots qui donnaient un plus grand sens à la chose vécue ; c’est-à-dire plus uniquement pour ma sphère personnelle, mais pour plus large que cela.

C’est d’ailleurs le thème central de votre nouvel ouvrage, La nouvelle interprétation de la carie(1)…

Effectivement. J’y souligne que la carie est un échec d’adaptation verbale au monde. S’il y a trente-deux dents dans une bouche, la carie peut débuter en plusieurs points distincts d’une même dent, menant à plus de 190 caries « classiques » possibles sur la denture humaine. Chaque localisation est donc aujourd’hui établie comme étant en lien avec un aspect précis de la psychologie humaine (voir à ce sujet son dernier livre, La nouvelle interprétation de la carie, NDLR) ; ce filtre par lequel un individu entre en relation avec son environnement. Je rappelle que la dent se place à l’orifice de l’extériorisation de la parole, du verbe. Certes, lorsque « je pense, je suis » ! Mais si « je ne parle pas, je n’existe pas » au sein du monde… Ce « je » qui ne cesse de parler dans notre tête veut exister, être entendu, se dire ! Dans cette logique, chaque carie est un signal de ressenti non entendu, non exprimé.

Mais il n’est pas toujours facile de dire, de trouver les mots justes quand on est en contact avec une émotion…

En effet, quand on vit une émotion, il est difficile de ne pas se laisser emmener dans la réaction. De garder un temps d’attention, jusqu’à ce que cette boule, qui n’est qu’une sensation, s’accouche en mots. Lorsque les mots sont justes, cette boule d’énergie en quelques minutes se dissipe, parce qu’elle est mise au monde. Les mots sont d’une précision extraordinaire ! Les dents m’ont appris ça ; on ne peut pas se permettre de prendre un mot pour un autre, en prétendant « mais tu sais ce que je veux dire ». Non, je ne sais pas. Je ne suis pas Dieu !

Avez-vous un exemple, en lien avec votre approche du décodage dentaire ?

L’expérience la plus parlante, si je puis dire, ce sont les gens qui parlent de souffrance de non-reconnaissance. C’est quasiment la maladie du siècle… « Je ne me sens pas reconnu(e). » C’est une perception qui s’accouche avec ces mots-là, parce qu’apparemment ce sont ceux que tout le monde utilise aujourd’hui. Sauf qu’ils ne sont pas vrais ; ce ne sont pas ceux-là ! La vraie souffrance de l’individu est de ne pas se sentir considéré. Ce sont les dents qui me l’ont montré. Ces deux mots – reconnaissance et considération – s’expriment par deux caries totalement différentes, mais très étrangement une à droite et une à gauche (de la mâchoire), sur la même dent, au même endroit. En miroir.

Sur quelles dents, précisément ?

La non-reconnaissance, c’est sur la 36, la première molaire inférieure gauche. Et la considération, c’est sur la 46, la première molaire inférieure droite. Et c’est exactement ça ! Il y en a une (la 36) qui touche notre féminin, notre structure intérieure ; celle qui a été nommée lorsqu’on est venu au monde. Et la considération, elle, touche notre structure masculine qui s’exprime et qui attend que l’on dise qu’on est fier de ce que l’on a fait. Qu’on fasse de nous un chevalier ! Qu’on nous donne la capacité de vivre notre vie. Je dis toujours aux gens : même le spermatozoïde le plus parfait, en tant que tel, ne sert à rien. Il est obligé de subir une mutation biochimique : en langage médical, c’est la « capacitation », qui fait que subitement il se met à bouger. Eh bien, nous, c’est pareil : nous avons tout, mais il faut un acte pour le dynamiser. Et c’est la considération ! Considération qui fait que l’on sait qu’on est capable, puisqu’on nous a décrétés capables. Alors, on peut se mettre en mouvement. C’est l’instant où le roi vous fait chevalier. Après et seulement après, vous avez le droit d’accomplir votre mission ! Si vous voulez devenir un être autonome, capable de vivre sa mission, c’est un passage obligatoire. Notre structure psychique est ainsi faite que si, ça, n’est pas ouvert, on restera vassal, on fera le serf, mais on ne sera jamais chevalier… de sa propre vie.

Là, vous avez parlé de la considération. Mais qu’en est-il de la non-reconnaissance ?

Le chemin de la reconnaissance, en fait, a une entrée biologique, inconsciente, profonde qui est la mémoire des enfants abandonnés. Cet enfant-là est le seul à avoir le droit d’aller voir un thérapeute en disant : « Je ne suis pas reconnu. Je n’ai pas le nom de mon père. On ne m’appelle pas de mon vrai prénom… » Durant toute sa vie, il sera appelé d’une fréquence vocale qui n’est pas celle qui était posée sur son étincelle de vie, au moment de sa naissance. Lui, il a le droit de dire, « je ne me sens pas reconnu ». Lui, il aura sa carie sur sa dent numéro 36.

Je pense à une personne de mon entourage qui a vécu cet abandon, qui souffre de ne pas porter ni son prénom ni son nom de naissance, mais qui n’a aucune carie ; comment expliquez-vous cela ?

La gestion de l’émotion. Cette émotion-là, soit je l’enfouis, soit je la parle ou je lui trouve un dérivatif pour l’exprimer : je joue aux Playmobils, je mets en scène des choses qui me permettent de parler de ça, d’une manière ou d’une autre… Certes, je parle à des jouets, mais je parle ! Et en jouant, je les fais mettre en scène des solutions. Le jeu est tellement thérapeutique, tellement curatif !

Comment s’opère concrètement l’alchimie au sein de cette trilogie : dentiste/patient/décodage ?

Quand je décode, j’ai la radio panoramique qui me permet de poser des observations. Le patient, lui, a un motif de consultation ; soit il est choisi de concert avec le dentiste, parce qu’un problème se présente pour soigner une dent, soit le patient vient avec un motif qui lui est très personnel, de l’ordre de l’intime, de la relation humaine. Mon habitude est d’entendre, de reconnaître, derrière ce qu’on me dit, ce qu’on ne me dit pas, la partie en jeu. Et d’utiliser les dents comme indicateur de chemin de dialogue.

Vous arrive-t-il, pour aller encore plus loin, de travailler main dans la main avec des psys ?

Oui, ça m’est notamment arrivé à Saint-Etienne, en France. Les psys sont ravis ! Parce qu’ils ont un patient qui, enfin, se met en mouvement, « ré-agit » à la thérapie. La dent me donne un atout. Si vous venez me parler d’une problématique, je vous écoute et je vais voir votre bouche. Si vous utilisez un mot qui n’est pas « signé » dans votre bouche, je vous dirai : « Non, ce n’est pas ce mot-là. » Si vous me parlez de reconnaissance et que vous n’avez pas la carie sur la 36, non, ce n’est pas ça… En fait, avec le décodage dentaire, on va dans les souffrances profondes, en-dessous de la sensation.

Le décodage est une chose – les mots, vous l’avez dit, soulagent, soignent, mais y associez-vous d’autres approches curatives ?

Certaines personnes réagissent très positivement, très rapidement, au seul parler. Par très positivement, j’entends l’arrêt des manifestés, des déséquilibres physiologiques. Il y a réappropriation d’une sorte d’autonomie existentielle ; ce qu’on appelle des changements de structure. Et d’autres ont besoin d’un support physique. C’est-à-dire qu’il faut leur parler, mais qu’il faut aussi donner une information au corps, autre que le verbe. Soit on fait du massage, soit on donne des supports phyto, des huiles essentielles, de l’homéopathie. On envoie ainsi une information à la cellule qui ne soit pas verbale. Si on prend le corps, le verbe rentre par l’hémisphère gauche, le corps calleux transmet les informations à l’hémisphère droit qui les descend en sensations et en informations, via le parasympathique ou l’orthosympathique. Et il y a l’autre route de guérison : on informe le corps, les sensations sont remontées, traversent le système limbique, donnent une image qui va donner un mot et qui sort… Ça va dans les deux sens. J’ai appris, par la pratique, qu’il y a des personnes à qui il suffit de parler : ils sont suffisamment souples ici (il montre la tête, NDLR), pour que cela déclenche la cascade en bas. Pour d’autres, cela ne suffira pas. On va leur parler, ils vont entendre, mais il faut avoir l’impulsion montante qui va faire la jonction. Peu importe le chemin, l’important pour moi, c’est que la personne dise au final : « Mon corps est en paix, en équilibre. » C’est ça le but. Je ne suis pas psy : c’est le corps, le signal pour moi !

Mais comment réparer concrètement les dégâts, dans le cas d’une carie ?

On peut arriver à une guérison de la dent, mais ce n’est pas satisfaisant, parce que la carie a fait un trou. (Christian Beyer me fait alors un dessin schématique, NDLR) L’émail, c’est la couche protectrice externe. En-dessous, il y a la dentine et le nerf. La carie a enlevé un bout ici (il me montre l’émail, NDLR). La guérison de la dent, elle, existe : tous les dentistes le savent, on nous l’apprend à la fac. Mais le petit bout manquera toujours. Quand on a une carie qui est arrêtée, on a une couche de dentine qui est très dure, vitrifiée, quasiment aussi dure que de l’émail. Et l’étanchéité « intérieur/extérieur » est retrouvée, en tout cas la frontière, la limite est refaite. La chose qui manque, c’est le volume. Pour un tas de raisons – techniques, mécaniques, structurelles – j’estime encore aujourd’hui qu’il faut rebâtir ce qui a été détruit. On a besoin de la technicité, qui peut très bien laisser place à l’humain (nécessaire quand on touche à des souffrances qui ont atteint votre cœur, votre psyché). Regardez : dans les œuvres d’art, vous avez du cœur ! Une fois que vous avez appris à manier le pinceau, il y a de la place pour l’être !

POUR ALLER PLUS LOIN

À lire : Le Dr Christian Beyer a publié plusieurs ouvrages aux éditions Chariot d’Or. Le plus récent, sorti en novembre dernier, est La nouvelle interprétation de la carie, Les origines psycho-émotionnelles par le décodage dentaire (2013), mais aussi développement psycho-émotionnel de l’enfant, Ou l’enseignement de la première molaire (2012) ; Les dents de lait, Caries, douleurs, malpositions, absences : mode d’emploi (2011) ; Elixirs floraux et décodage dentaire (2010) ; Décodage dentaire (Tome 2), Les maladies buccales et les mots pour le dire (2009) ; Décodage dentaire, Ce que disent les dents des hommes (2001) – NB : Pour ce dernier livre, qui est le plus ancien, l’auteur conseille de passer directement à la deuxième partie.
Plus d’infos (conférences, ateliers, séminaires…) : www.dentsvivantes.net

SUR LES DENTS…

Selon le décodage dentaire, on peut retrouver les traces des mémoires transgénérationnelles dans les racines et les agénésies (les dents qui ne poussent pas – elles ne sont pas incluses, elles n’existent pas). Mais aussi dans les dents incluses, qui sont couchées dans l’os. Les caries, elles, sont beaucoup plus le reflet de l’existentiel : elles concernent l’interaction entre moi et le monde. « Il m’est déjà arrivé d’avoir entre les mains une radio panoramique où je pouvais lire toutes les souffrances de la mère de la patiente, qui n’étaient pas ses propres souffrances… La personne, alors, est l’expression des souffrances de sa mère (ou de son père). »