Un étude intéressante est parue récemment dans The American Journal of Epidemiology. Menée en France par Cédric Lemogne, psychiatre à l’hôpital Georges Pompidou, cette recherche consistait à analyser les données médicales de 14.203 personnes pendant 15 ans et à étudier l’éventuelle corrélation entre la survenue d’une dépression et celle d’un cancer. Il en résulte clairement qu’il n’existe aucune association significative entre le fait d’avoir connu des symptômes dépressifs au cours d’une vie et le développement d’une pathologie cancéreuse. En Belgique, la RTBF (chaîne de télévision publique francophone) s’est emparée de ces travaux pour lancer une énième charge contre la médecine nouvelle du Dr Hamer et la biologie totale du Dr Sabbah. Selon la séquence du journal télévisé, ces « dangereuses dérives sectaires » auraient fait croire à leurs victimes que la dépression était cancérigène et qu’il suffisait de revoir la vie en rose pour guérir d’une tumeur. Grâce à l’étude parisienne , le public sait maintenant que c’est faux et que les deux maladies ne sont pas liées.

Mais qui a jamais dit le contraire ? Moi qui ai rencontré le Dr Ryke Geerd Hamer et qui ai lu ses livres, moi qui ai suivi plusieurs séminaires du Dr Claude Sabbah, qui l’ai longuement interviewé et qui possède ses syllabi de cours, je n’ai jamais lu ni entendu que le médecine nouvelle ou la biologie totale établissaient une relation causale entre dépression et cancer. Tout au contraire , ces deux disciplines professent que chaque maladie est la solution biologique d’un conflit psycho-émotionnel bien précis. Ou, plus exactement, que le « surstress » ingérable par le psychisme se somatise simultanément dans un organe et dans une aire du cerveau selon une remarquable logique. Mieux encore : que le ressenti conflictuel peut se solder par le dysfonctionnement d’un seul feuillet embryonnaire du même organe ! Bref, que la nature ne fait rien au hasard et que toute maladie, physique ou mentale, possède sa propre explication en termes de survie. Pour illustrer le propos, rappelons l’exemple archiconnu du renard qui avale une poule de travers. Si goupil ne parvient pas à digérer la masse d’os et de plumes qui bloque son estomac, il va certainement mourir. Son cerveau inconscient adopte alors la meilleure solution vitale : il déclenche un cancer gastrique parce que les cellules cancéreuses sont beaucoup plus acides et qu’elles vont permettre de faite sauter le bouchon stomacal. Une fois la volaille dissoute, le cancer peut se résorber et Maître renard vaquer tranquillement à ses occupations. Chez l’être humain, le processus est exactement semblable, sauf que le morceau très indigeste peut être virtuel, imaginaire ou symbolique. Par exemple, si un individu ressent un événement stressant comme quelque chose d’impossible à digérer, son ordinateur cérébral va également opter pour le programme cancéreux au niveau de l’estomac. Ce patient ne va pas développer une sclérose en plaques, une pneumonie, une leucémie, ou une dépression, car cela n’aurait aucun sens ! En revanche, la dépression nerveuse peut être une bonne solution de fuite dans un contexte existentiel qui exige d’aller au combat pour défendre un territoire. Le dépressif solutionne sa peur de la pression en la fuyant. Pour la médecine nouvelle et la biologie totale, la dépression et le cancer sont donc bien deux maladies indépendantes l’une de l’autre, avec des tableaux cliniques très différents puisque leurs fonctions biologiques sont fondamentalement différentes. Ce que les chercheurs français ont mis à jour n’a absolument rien d’étonnant, ni de contradictoire avec les approches défendues par Néosanté !

Le quiproquo – car je voudrais croire qu’il ne s’agit que d’un quiproquo – vient du fait que l’humeur dépressive et la maladie cancéreuse ont souvent été intuitivement liées. Hippocrate déjà associait la présence de bile noire, qui a donné le terme mélancolie, au développement des tumeurs malignes. Certains textes littéraires ont également contribué à accréditer la corrélation, comme par exemple le début du célèbre essai autobiographique « Mars », de l’écrivain suisse Fritz Zorn : « Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul.(…). Naturellement j’ai aussi le cancer, ce qui va de soi si l’on en juge d’après ce que je viens de dire. » En cherchant dans cette direction, la médecine psychosomatique classique a également entretenu l’hypothèse du rapport entre dépression et cancer. L’a-t-elle démontré ? A l’inverse de la recherche française, plusieurs autres études scientifiques tendent à faire penser qu’il existe bien un lien. Mais bien évidemment, la causalité apparente va plutôt dans le sens cancer/dépression que dans le sens inverse. C’est déprimant d’être malade, ce n’est pas forcément « maladisant » d’être déprimé. Dans Néosanté, nous n’avons jamais prétendu qu’être déprimé exposait à un risque accru de cancer. En revanche, nous soutenons fermement que cette seconde pathologie se déclenche le plus souvent à la suite d’un choc psycho-émotionnel, ce qui n’est pas du tout la même chose ! Le sommet du ridicule – et de la désinformation – est atteint lorsque la séquence du JT conclut grosso modo que l’absence de lien dépression/cancer prouve l’absence de toute composante psychosomatique dans la pathologie cancéreuse. Comme si la dépression était la seule expression possible du mal-être et la seule rançon possible d’un excès de stress !

Une autre étude récente aurait dû faire la une des journaux : parue dans The Journal of Psychosomatic Medicine, cette recherche anglo-américaine consistait a examiner si la santé cardiovasculaire avait un impact sur le développement de symptômes dépressifs. Les chercheurs ont suivi 5 110 participants pendant 6 ans et ont conclu que l’incidence de la dépression était inversement proportionnelle à la santé du cœur et des vaisseaux. Pour le dire autrement, il y a beaucoup moins de tendance dépressive chez les personnes dont les indicateurs de santé cardiovasculaire (poids, cholestérol, tension, glycémie…) sont bons. Curieusement , cette étude est quasiment passée inaperçue alors qu’elle apporte beaucoup d’eau au moulin de la médecine nouvelle et de la biologie totale ! D’après ces deux visions, en effet, la dépression et les troubles cardiovasculaires ont en commun de tirer leur origine d’un « conflit de territoire ». Selon le ressenti de la personne, un stress émotionnel vécu comme une atteinte territoriale peut affecter le cœur, se traduire en dépression, ou les deux à la fois. Il y a donc bien un lien entre les deux pathologies que la science confirme. Mais ça, les médias n’en ont cure…