My mummy’s dead
 Ma maman est morte

I can’t get it througt my head Je ne peux le penser dans ma tête

Though it’s been so many years
 Bien qu’il y ait tant d’années
My mummy’s dead
 Ma maman est morte

It’s hard to explain
 Il est difficile d’expliquer

So much pain
 Tant de douleur

I could never show it
 Je ne pourrais jamais lui montrer
My mummy’ dead
 Ma maman est morte
Voici, de manière audacieuse mais aussi respectueuse que possible, une lecture d’une chanson du Beatles John Lennon. Ce texte peut nous permettre de trouver des éléments décodables de son histoire personnelle et affective. En effet, une oeuvre d’art est en quelque sorte un symptôme, et un symptôme, une œuvre d’art !
Toutes les maladies commencent par un événement extérieur : le bio-choc, ou DHS. Dans le cas de cette chanson il s’agit de : « ma maman est morte ».
Cette chanson est autobiographique : très jeune, John Lennon est séparé de son père puis de sa mère (Julia), il est recueilli par sa tante Mimi, la sœur de sa mère. Adolescent, il découvre que sa mère vit à deux pas de sa maison. Les retrouvailles sont joyeuses, sa mère l’encourage à faire de la musique, ils passent beaucoup de temps ensemble à se distraire, puis elle meurt soudainement, écrasée par une voiture.
L’auteur poursuit en exprimant :
« Je ne peux le penser dans ma tête ».
En effet, il y a drame lorsqu’il y a impossibilité :
de penser un événement ;
de le ressentir ;
de l’exprimer ;
de le transformer, c’est-à-dire de se transformer ;
de l’accepter, c’est-à-dire d’accepter le monde extérieur ;
de s’adapter à cette réalité en incluant tout ce qui est vrai, afin de pouvoir continuer à vivre dans le monde réel.
Cette chanson est écrite plus de 10 ans après la mort de sa mère :
« Bien qu’il y ait tant d’années ».
Au moment de tous les chocs, le temps s’arrête, une partie de nous arrête de grandir. Lennon écrit cette chanson au moment où il quitte les Beatles, une autre séparation.
Dans cette chanson lancinante, l’auteur ne peut parler que de l’événement extérieur : ma maman est morte, il n’arrive pas à parler de lui, de ses pensées, de ses émotions.
« Ma maman est morte »
« Il est difficile d’expliquer »
En effet, comment expliquer une émotion ? Comme le disait Jean-Jacques Lagardet, comment expliquer le goût des fraises ? Comment expliquer l’amour ? La tristesse ? Car il ne s’agit pas d’expliquer, mais d’exprimer ce que l’on ressent : par des mots émotionnels, des gestes, des cris, une maladie ou encore une chanson, de la musique. Et c’est ce que font les artistes, au fond : ils transforment les blessures du passé en musique, parole, sculptures, etc.
« Tant de douleur ».
Et c’est précisément ce que ressent John Lennon : de la douleur. Souvenez-vous que sa mère est morte suite à un choc brutal, physique, un accident, et qui correspond précisément au conflit de la douleur : je n’aurais pas voulu que ce contact existe, ce contact profond avec un objet ou une personne. Si je mets la main sur le feu, j’ai mal ; c’est un signal d’alerte afin que je retire ma main. Si je me cogne contre une vitre, j’ai mal. Et à chaque fois, plus tard, que je m’approcherai de cette vitre, mon corps s’en souviendra comme d’un allergène et évitera ce contact non voulu. Ici, nous pouvons parler de conflit par identification. Il se met à la place de sa maman.
Lors d’une agression, la plupart du temps les personnes quittent sensoriellement leur corps et se réfugient dans le mental, la tête. Cela, afin de ne plus souffrir physiquement et de contrôler ce qui a été incontrôlable.
Par ailleurs, la douleur a ceci de particulier qu’il s’agit d’un double conflit :
conflit d’agression, tel que je viens de le proposer ;
et conflit de séparation, avec une qualité de contact que je ne peux avoir. Je suis agressé par ce contact que je ne veux pas Je suis séparé de la sensation que je veux.
Il vient de retrouver sa mère, il ne veut plus la quitter. Souvent, à cette époque, il découche de chez Mimi pour être avec sa mère, ce qui n’est pas du goût de sa tante.
« Je ne pourrai jamais lui montrer »
Et voici le conflit de séparation : elle ne va pas me voir, je ne peux pas lui montrer puisqu’elle est morte. Le verbe montrer en anglais se dit show. Lennon va passer toute sa carrière à montrer, à se montrer, à faire des shows. C’est sa solution :
il ne peut pas expliquer la douleur,
il ne peut montrer à sa mère,
il fait des shows !
« Ma maman est morte »
Et, la même phrase revient en conclusion, car c’est la seule chose que John arrive à exprimer, comme une obsession qu’il veut chasser, comme une obsession impossible à accepter.

Lors de tout drame, notre conscience s’évade dans le lieu le plus confortable, ou le moins inconfortable :
il est plus facile de parler de l’événement extérieur que de soi-même ;
il est plus confortable de penser que de ressentir ;
ainsi, la conscience se réduit et se limite à ce que nous pensons.
Mais lors de tout drame, le temps s’arrête tant que nous n’avons pas accepté l’événement réel extérieur, et nos émotions viennent nous le rappeler : le temps n’existe pas pour notre vie émotionnelle. Et c’est pour cela que cet événement se prolonge dans notre comportement, notre langage, notre vie, nos chansons, notre activité professionnelle, et cela de façon incontrôlable, involontaire, inconsciente. Car, pour paraphraser Einstein, nous sommes libres de faire ce que nous voulons, mais pas de vouloir ce que nous voulons.

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