Ces trois derniers mois, nous avons vu que le Réel, fondamentalement, sera toujours inconnaissable (Néosanté n° 27), que toute démarche scientifique, parce qu’elle est réductrice et simplificatrice, ne décrira jamais le Réel tel qu’il est (Néosanté n° 28) et qu’il y a de multiples raisons pour lesquelles un diagnostic n’est pas fiable (Néosanté n° 29). Trois arguments qui plaident en faveur de la nécessité du doute systématique dans le domaine de la santé et de la médecine. Ce mois-ci, j’aimerais attirer votre attention sur la faillibilité des pronostics que nous pourrions recevoir en tant que patient !

Des phrases assassines…

« Il n’y a plus rien à faire pour vous… » « Vous finirez un jour dans une chaise roulante, c’est inéluctable… » « Votre maladie est incurable… » « Les chances de survie pour un cancer de l’œsophage sont nulles ! » « Au mieux, on pourra stabiliser votre diabète, mais jamais le guérir… » « La sclérose en plaques est une maladie neurodégénérative. Ça ira en empirant, vous verrez… » « Vous ne remarcherez plus jamais. Faites-vous à cette idée ! » « Si vous refusez la chimio, vous allez mourir, c’est certain ! » « Comme vous êtes séropositif, vous risquez de développer le SIDA » « La ménopause entraîne nécessairement une perte de masse osseuse, c’est fatal… » « Une femme sur trois aura le cancer du sein avant l’âge de 55 ans. Sera-ce vous ? » « Vous en avez tout au plus pour trois mois à vivre ! »
Lequel d’entre nous n’a jamais entendu ce genre de phrases ? Dans l’immense majorité des cas, ces énoncés sont reçus comme une sentence, comme une véritable condamnation à vie (ou à mort, c’est selon) ? J’aurais pu en écrire toute une page. Et si vous en voulez d’autres, suivez les séries médicales à la télévision. C’en est plein ! Mais si vous relisez chacune de ces phrases attentivement, vous remarquerez qu’elles ont toutes un point en commun. Elles présentent un caractère définitif et absolu. Autrement dit, le doute n’a aucune place dans l’esprit du spécialiste qui les prononce.
D’ailleurs, qui penserait à remettre en question ces pronostics ? Certainement pas les spécialistes, convaincus qu’ils sont de détenir la Vérité avec un grand V… Et encore moins les pauvres patients, déjà terrassés par l’annonce du diagnostic. Mais peut-on vraiment croire aveuglément aux pronostics qui nous sont présentés comme des vérités infaillibles ? Examinons cela de plus près…

Les nombreuses failles de la pratique du pronostic

Un bref coup d’œil dans le Petit Robert nous indique qu’un pronostic est « le jugement que porte un médecin sur la durée, le déroulement et l’issue d’une maladie. » Ainsi, quand un médecin spécialiste formule un pronostic, non seulement il annonce au patient à quoi ressemblera son avenir en matière de santé et de maladie, mais il lui précise même la date de sa mort ! En termes épistémologiques, on pourrait dire qu’à partir de la connaissance d’un état présent « A », il fait une inférence, une prédiction sur l’état futur « B » du patient. Dans la majorité des cas, cette prédiction est linéaire et univoque.

État présent « A » —————> État futur « B »

Si votre état est « A », alors nécessairement il évoluera de manière prédictible vers un état « B ». C’est mathématique. C’est scientifique… Fin de la démonstration ! Est-ce si simple que cela ? Est-ce si vrai ? Ne pourrait-on pas imaginer d’autres scénarios ? Par exemple, que l’évolution future de la maladie rétroagisse sur la cause qui l’a créée ? Avec du coup, une flèche qui n’est plus linéaire du tout, mais en boucle ? Ne pourrait-on pas imaginer qu’à partir d’un état « A », certains patients évoluent vers un état « B », d’autres vers un état « C », d’autres vers un état « D », et cœtera ? Tout le monde doit-il connaître le même déroulement et la même issue ? Rien n’est moins sûr… D’après moi, nous devrions douter des pronostics que nous recevons pour au moins cinq raisons.
Première faille des pronostics : la qualité des diagnostics ! Vous le savez, tous les pronostics sont basés sur des diagnostics. Or, nous avons vu le mois dernier que ces derniers étaient, dans un certain nombre de cas, sujets à caution, je ne reviens pas là-dessus. Donc, si un diagnostic est faux, comment peut-on faire confiance a un pronostic basé sur lui ? Impossible !
Le cas de Sam P. Londe est très célèbre dans la littérature médicale. Cet Américain de 72 ans s’était fait dire par son médecin, le docteur Clifton Meador (St Thomas Hospital de Nashville), qu’il était atteint d’un cancer incurable de l’œsophage. Quelques semaines plus tard, Sam Londe décéda, conformément aux attentes de tous. La surprise fut grande lorsque l’autopsie révéla que Monsieur Londe n’avait aucune trace de cancer à l’œsophage ! Voilà un exemple où le pronostic était fondé sur un diagnostic complètement faux. Mais voilà aussi une illustration de la puissance nocive du même pronostic, lorsqu’on y croit dur comme fer ! Quand je parlais de phrases assassines, le mot n’était pas trop fort. Si Sam Londe avait mis en doute le pronostic de son médecin (en qui il avait confiance), probablement n’aurait-il jamais connu une mort aussi rapide.
Deuxième faille des pronostics : l’imprédictibilité des systèmes complexes. Dans le numéro 28, je vous avais dit que l’évolution d’un système complexe est imprédictible. Souvenez-vous : quand vous attachez ensemble trois pendules oscillants, non seulement, il n’est plus possible d’écrire l’équation de leur mouvement combiné, mais il est même impossible d’en prédire le comportement. Ilya Prigogine, professeur à l’Université Libre de Bruxelles, un des prix Nobel dont la Belgique est fière, a démontré que les systèmes complexes loin de l’équilibre ont tendance à s’autoorganiser, mais de manière totalement imprévisible et imprédictible. Si déjà trois simples pendules sont trop complexes pour qu’on puisse faire un pronostic, qu’en est-il de l’être humain, infiniment plus complexe ?
Troisième faille des pronostics : la non-prise en compte de l’histoire du patient. Les pronostics sont établis sur l’hypothèse que le patient ne prendra aucune initiative personnelle, qu’il n’essayera aucune autre thérapie et qu’il suivra religieusement le protocole prévu par la médecine officielle. Ils supposent aussi que les patients n’ont aucune connaissance médicale sur les processus de santé et de maladie et que le psychisme de ceux-ci n’est, en aucun cas, en mesure d’influencer le déroulement naturel d’une maladie… Or, nous connaissons tous des individus qui ont refusé la fatalité du pronostic, qui se sont pris en main, qui ont fait un travail sur eux et qui se sont guéris, contre toute attente du monde médical ! À cet égard, la guérison de Guy Corneau est exemplaire !
Je me souviens également de Nicole, une femme remarquable parmi mes amies, qui s’était guérie d’un cancer du sein par un travail exclusivement spirituel. À l’époque, elle ne connaissait même pas les travaux du docteur Hamer. Pourtant, intuitivement, elle savait qu’elle s’était fabriqué son cancer à la suite d’un licenciement abusif ! Quand elle a refusé tout traitement, son oncologue lui prédit (encore un pronostic) des souffrances atroces et une fin horrible. Lorsque, quelques mois plus tard, elle s’est présentée à nouveau chez lui, guérie sans aucun traitement classique, il s’est écrié, furieux, en tapant du poing sur son bureau : « VOUS N’AVIEZ PAS LE DROIT DE GUÉRIR AINSI ! ! ! » Si une telle phrase peut faire sourire un observateur extérieur, je la trouve surtout révélatrice de l’absence de doute qui caractérise le monde médical. La réalité doit obligatoirement se plier à la théorie… Sinon, les fondements mêmes de la médecine s’effondrent !
Quatrième faille des pronostics : l’influence du traitement. Cette faille est assez aisée à comprendre. Dès qu’on pose un diagnostic (qu’il soit vrai ou faux), on détermine également un traitement, basé souvent sur la prise de médicaments. Or, dès qu’ils sont administrés au patient, on sait que ceux-ci vont influencer les symptômes, l’évolution et le déroulement de la maladie, et pas toujours dans le sens d’une guérison. Par ailleurs, lorsqu’un patient refuse de suivre le protocole officiel, il arrive parfois que l’évolution de son état suive une trajectoire tout à fait différente. Autrement dit, les pronostics officiels se vérifient quand les patients suivent le protocole officiel, et ils ne se vérifient pas dans le cas inverse. Devant un tel constat, on est en droit de se demander si, finalement, les pronostics ne reflètent pas tout simplement la dégradation de l’état du patient provoqué par les médicaments. Dit autrement, les pronostics seraient plus l’explicitation des effets secondaires des traitements que la description de l’évolution naturelle d’une maladie donnée. Une raison de plus de douter de l’infaillibilité des pronostics !
Cinquième faille des pronostics : les postulats des théories médicales. Cette faille est peut-être la plus fondamentale et en même temps, la plus invisible. En effet, ce qui permet aux spécialistes de formuler des pronostics, ce sont les théories médicales construites et validées par les pratiques et la recherche biopharmaceutique. Ces théories sont fondées elles-mêmes sur ce qu’on appelle des postulats, c’est-à-dire des énoncés de base indiscutables. Le problème, c’est que ces postulats reflètent une vision très déformée de la santé, de la maladie et de l’être humain.
Le mois prochain, je vous propose de poursuivre notre réflexion et de passer en revue les postulats de la médecine dite scientifique. Nous verrons que, dans ce domaine aussi, il est nécessaire et vital de douter !

sentier-de-santé-photoPhysicien et philosophe de formation, Jean-Jacques Crèvecoeur promeut une approche pluridisciplinaire de l’être humain pour redonner du sens à ce que nous vivons, mais aussi et surtout pour favoriser chez chacun de nous la reprise en main de notre propre vie, de manière autonome et responsable. Formateur et conférencier de renommée internationale, il est auteur d’une dizaine d’ouvrages, réalisateur de documentaires et producteur de nombreux outils pédagogiques au service de l’ouverture des coeurs et des consciences. Son site Internet : http://www.jean-jacques-crevecoeur.com