Dans mon billet du 17 mars dernier, je  vous parlais de l’ « incroyable mise en garde » adressée à l’humanité par le virologue belge Geert Vanden Bossche. Via une lettre ouverte destinée à l’OMS et aux autorités de santé du monde entier, ce  consultant indépendant en vaccination  a en effet  lancé un cri d’alarme extrêmement angoissant : selon lui, la campagne actuelle d’immunisation contre le covid-19 préfigure une véritable catastrophe planétaire pouvant carrément mener à  l’extinction de l’espèce humaine ! Dans  sa lettre traduite par France Soir et dans une vidéo qui a enflammé la toile, cet ancien employé de plusieurs géants pharmaceutiques et ex-collaborateur de la  Fondation Bill &  Melinda Gates avance qu’il est terriblement risqué de vacciner massivement en pleine pandémie car cela contribue à sélectionner des variants très virulents et conduit à  engendrer un phénomène d’ « évasion immunitaire » privant les individus de leurs moyens de défense. Démunie face à ce qu’il appelle un « monstre irrépressible », la population mondiale serait  alors promise à une gigantesque hécatombe, voire à la disparition pure et simple de la surface du globe. Pour contrecarrer ce scénario apocalyptique,  Geert Vanden Bossche préconise l’arrêt immédiat de la vaccination en cours et en appelle à  la mise en place urgente d’une stratégie internationale à même d’ enrayer l’engrenage  infernal. Comme il fallait s’y attendre,  les médias mainstream n’ont que peu évoqué ce lancement d’alerte tonitruant. Et les rares qui l’ont fait, comme ici l’Agence France-Presse, l’ont fait pour en désamorcer la portée et  en réfuter la pertinence. C’est uniquement sur certains sites et  blogs « antivax » que les  invraisemblables propos du vétérinaire vaccinaliste ont été pris  au sérieux !
 
Un prophète  douteux 
 
Pour ma part, ce Dr Vanden Bossche ne m’inspire pas trop confiance. Primo parce que c’est précisément un « homme du système », un bon soldat de Big Pharma qui n’a jamais manifesté la moindre velléité de mutinerie avant de sortir  du rang et de nulle part pour balancer ses prophéties cataclysmiques. On cherchera en vain la trace d’un texte  ou d’une étude où le virologue flamand se serait déjà inquiété qu’on injecte des vaccins prophylactiques en pleine flambée épidémique. Ses problèmes de conscience semblent tout neufs et son argumentaire parait n’avoir émergé dans son esprit que très récemment. Secundo, cet ancien conseiller de Bill Gates et du GAVI (L’Alliance mondiale de promotion des vaccins) ne remet nullement en question le récit  d’un nouveau virus abominable parti de Wuhan pour s’attaquer au monde entier  et menacer le genre humain. Alors que des milliers de médecins et de scientifiques de par le monde contestent ce narratif officiel d’une maladie dangereusement mortelle justifiant la mise en place d’une dictature sanitaire, l’expert belge en est plutôt le héraut et une chambre d’écho. Il suggère du bout des lèvres que le confinement général n’était pas la solution idéale et admet volontiers que l’hygiène de vie permet habituellement de mieux affronter l’adversité virale, mais il n’a pas bougé depuis un an pour s’opposer à la déferlante totalitaire basée sur la fable d’un terrifiant fléau dévastateur.  Pour moi, ce Vanden Bossche sorti du bois n’a pas grand-chose d’un Robin des Bois. C’est  davantage l’agent des puissants et l’allié des élites qui nous oppriment sous prétexte que la grippe annuelle est un peu plus sévère et  un peu plus atypique qu’à l’accoutumée. Tertio, ce drôle d’oiseau est tout le contraire d’un apostat vis-à-vis des dogmes vaccinaux.  Dans sa lettre, il lance des brassées de fleurs à ses confrères « brillants et compétents » qui ont conçu les vaccins  anticovid actuels et il ne pipe mot ni de leur  efficacité contestable ni de leurs nombreux effets indésirables. Pire encore : l’annonciateur  du grand malheur vaccinal prescrit en guise de remède … un autre vaccin. Selon son analyse, la seule issue au désastre provoqué par l’évasion immunitaire est en effet la  mise au point rapide  et l’inoculation massive d’un autre produit capable de stimuler  les cellules  NK (Natural Killer), celles qui détruisent spontanément les « agresseurs » viraux. Pour lutter contre une tragédie d’origine vaccinaliste, ce vaccinaliste prescrit donc une stratégie vaccinaliste de stricte obédience vaccinaliste. Coïncidence curieuse, la société pharmaceutique Kiadis vient d’être rachetée par Sanofi pour trois fois sa valeur boursière. Or cette firme britannique basée à Amsterdam est spécialisée dans le développement de médicaments innovants à base de … cellules NK. Rappelez-moi, on parle quelle langue encore aux Pays-Bas ?  Ah, oui le néerlandais, langue maternelle de Geert Vanden Bossche. Ce sera pratique quand il s’agira de communiquer sur la découverte  inespérée du divin vaccin susceptible d’empêcher le génocide suscité par les premiers vaccins…
 
 
Terreur à la Pasteur
 
Attention : je n’évacue pas la possibilité que mon compatriote flamand  soit un lanceur d’alerte honnête et sincère, convaincu du scénario qu’il redoute et animé du désir désintéressé de nous en protéger.  Ma réticence à lui faire confiance tient plutôt aux postulats pasteuriens qui sont les siens et au paradigme médical sur lequel il fonde ses avertissements anxiogènes.  Il nous incite d’abord à paniquer parce que les  nouveaux variants  seraient à la fois plus dangereux et plus  contagieux. Les nouvelles souches semblent effectivement plus transmissibles mais rien ne prouve que leur virulence soit supérieure.  Ce serait surprenant car c’est généralement l’évolution inverse qui est observée lors des épidémies: passée une première vague relativement létale, le fléau s’affaiblit et les nouveaux agents infectieux perdent en dangerosité. Le virus assure sa survie en épargnant ses hôtes les moins fragiles. Certes, on déplore actuellement des victimes plus jeunes. Mais c’est le cas pour toutes les grippes « normales » et la maladie attribuée au coronavirus a déjà emporté son contingent de (très) vieilles personnes. La baisse de la moyenne d’âge des hospitalisés et des décédés  n’a donc rien d’insolite et je suis persuadé que les statisticiens lucides à la Pierre Chaillot pourront bientôt dézinguer cet alarmisme halluciné dans de  prochaines publications. Vanden Bossche nous dit aussi que la vitesse de mutation du virus  engendrée par la vaccination est tellement rapide qu’il pourrait bientôt échapper à  toutes les tentatives pour arrêter sa propagation. Et alors, en quoi est-ce  horrifiant ? Que je sache, la vaccination de masse annuelle contre la grippe ne permet pas non plus de contrôler la circulation des Influenzae  et ça n’a jamais abouti à une hécatombe d’ampleur biblique. Rien ne permet de penser que la population mondiale va être décimée par les particules mutées, quand bien même leur mutation serait la rançon de la vaccination.  Enfin, il est clair que la terreur ressentie par le sieur Vanden Bossche est inspirée par la magistrale erreur de Louis Pasteur faisant des microbes des agresseurs cruels pouvant envahir tous les terrains.  Le virologue estime que  l’immunité  innée va s’effondrer et  que les nouveaux agents viraux vont pouvoir sévir en toute impunité chez tous les êtres vivants. L’immunité acquise naturellement serait également impuissante à endiguer les assauts des assaillants couronnés et le salut viendrait des vaccins NK qui , à l’instar de la cavalerie dans les westerns, viendrait sauver les assiégés désarmés. Et si tu arrêtais de jouer à la guerre, cher Geert ?  La vie ne fonctionne pas comme ça et elle n’a rien à voir avec un combat de méchants germes contre de gentils Terriens. Beaucoup plus  subtile et sophistiquée que tu le crois, l’immunité est essentiellement individuelle et tout un chacun  peut parfaitement s’accommoder d’un microcosme prétendument hostile. Si l’ennemi n’est pas un ennemi, on se fiche de savoir qu’il  a changé d’uniforme ou que sa baïonnette est plus pointue !  Une fois n’est certainement pas coutume, je rends hommage à l’AFP (voir lien plus haut)  pour son « débunkage » de la théorie  vandenbosschienne car ce travail de vérification nous rappelle utilement que l’immunité artificielle conférée par la vaccination n’annule nullement l’aptitude naturelle à côtoyer les microbes sans fâcheuses conséquences. Un vaccin imite imparfaitement la nature mais ne la remplace pas. Et il y  a bien d’autres moyens d’améliorer la santé, comme le rappelle très justement  la biologiste et journaliste scientifique  Rosemary Frey. Dans un article que je vous invite à  lire, celle-ci résume les bonnes raisons de ne pas accorder crédit à Geert Vanden Bossche,  auquel elle prête  même  la poursuite d’un agenda caché. Moins soupçonneux,  un article de The Defender, la publication de l’organisation  Childrens Health Defense (Robert Kennedy Jr ), vous aidera également  à distinguer le vrai du faux.
 
 
 Opération de camouflage ?
 
Au terme de ces diverses lectures (et d’autres encore), je suis pour ma part  assez rassuré : il n’y a guère lieu de craindre que le film d’épouvante imaginé  par VDB  se déroule dans la réalité. En particulier, je ne crois pas que les non-vaccinés doivent se laisser apeurer par l’irruption hypothétique d’un variant Terminator. C’est aussi ce que j’avais écrit lorsque j’avais recensé l’étude montrant que les personnes recevant  le vaccin contre la grippe excrètent 6 fois plus de particules virales : je ne vois pas ce que cela   a d’effrayant pour les gens non vaccinés et  en bonne santé qui les fréquentent. Six fois plus de danger nul, ça ne fait jamais que zéro danger.  Je voulais juste pointer que le réquisitoire assimilant les non-vaccinés à des bombes virales ambulantes était idiot et pouvait être retourné aux procureurs. Avec ou sans  vaccin, personne n’est un danger pour son prochain.   Par contre, je suis très énervé de constater que la sortie de  Geert Vanden Bossche  a réussi à « camoufler » de véritables motifs d’inquiétude pour les personnes vaccinées, à savoir le phénomène d’interférence virale et le mécanisme des anticorps facilitateurs. Depuis un an, Néosanté informe ses lecteurs que la vaccination antigrippale fait très probablement le lit des infections coronavirales. Question de niches écologiques et de déplacements épidémiques.  Cet automne, nous avons encore souligné l’évident parallélisme temporel entre la campagne de vaccination contre la grippe  et la survenue de ce qui a été appelé « la deuxième vague » de covid.  Cette année, c’est la troublante corrélation entre la vaccination anticovid et la  soi-disant « troisième vague » qui mobilise notre attention rédactionnelle. Dans son numéro d’avril, notre mensuel donne la parole à une virologue qui abonde dans notre sens et qui soupçonne les vaccins actuellement inoculés de faciliter et/ou aggraver les infections. Ce discours-là  n’était déjà pas très audible et  il l’est encore moins depuis qu’est agité l’épouvantail d’une catastrophe sanitaire globale frappant indistinctement la population, quel que soit son statut vaccinal. Et comme par hasard, celui qui brandit ce spectre a lancé sa mise en garde en demeurant muet sur  notre  principal suspect. Intentionnellement ou non,  mu  par de bonnes ou de mauvaises intentions, Vanden Bossche agit de sorte à  détourner l’attention et à disculper le vrai coupable, à savoir l’acte vaccinal lui-même et non son usage intempestif à contretemps. S’il y a tactique, elle nous semble machiavélique car elle pousse des  anti-vaccins à se ranger derrière un pro-vaccin rabique et des covido-sceptiques à se convertir à la mascarade pandémique. Vigilance ! M’est avis qu’à Davos ou ailleurs, les orfèvres de cette colossale opération d’enfumage doivent se frotter les mains.