Notre société pointe de plus en plus les comportements problématiques des enfants : hyperactivité, déficit d’attention, agressivité, difficultés scolaires… Un phénomène assorti d’une augmentation massive de la médication : en cinq ans, le nombre d’utilisateurs de la Ritaline (Rilatine, en Belgique) aurait bondi de 114% chez les moins de 20 ans ! Et si les problèmes d’apprentissage ou de comportement ne relevaient pas forcément d’une déficience de l’organisme, mais bien de l’expression d’un mode de survie personnel ou familial ? Dans Libérer votre enfant (1), Angela Hoffmann invite à comprendre, à la lumière du décodage biologique et des neurosciences, comment ce schéma corporel s’est mis en place et développé. Pour pouvoir, ensuite, déchiffrer le code personnel et familial de l’enfant. Ainsi, lui donner les bonnes informations qui le feront accéder à sa liberté. Un travail systémique, transgénérationnel, qui ouvre d’autres voies de solution aux problèmes que peuvent présenter nos enfants. Propos recueillis par Carine Anselme

Aujourd’hui est un jour spécial. Nous sommes le 7 janvier 2015. L’interview avec Angela Hoffmann est programmée en fin d’après-midi. Soit quelques heures après l’attentat terroriste meurtrier chez Charlie Hebdo… Stupeur et sidération, noyées de tristesse. Envie d’annuler l’entretien. Comment trouver les mots justes et se concentrer, entre les larmes ? Puis, sursaut de dernière minute : reprendre la plume (le clavier), qui plus est en évoquant des voies de mieux-être (du soi à l’autre) et d’équilibre psychique, est mon humble réponse à l’absurde, à l’ignorance qui tue. D’autant que le sujet touche aux fondements de l’être : aux blessures de l’enfance, à l’éducation. Terreau, on le sait, du « (non) vivre ensemble »… Un terreau qu’il est possible d’amender, afin de le rendre fertile, nous partagera Angela Hoffmann. Dans son ouvrage, émaillé de cas pratiques, Angela Hoffmann nous montre qu’il est possible, aujourd’hui, de comprendre les comportements problématiques de l’enfant. « En prenant conscience des origines profondes d’un mal-être, nous nous donnons les moyens de changer quelque chose à ce comportement », dit-elle. Un entretien éclairant. Comme une petite lumière dans la nuit…

Comment vous êtes-vous intéressée aux enfants en difficulté ?

Après une carrière de kinésithérapeute, je me suis formée à la médecine chinoise (que je n’ai jamais vraiment appliquée) et à la kinésiologie. J’ai alors reçu en consultation des enfants et adolescents présentant des problèmes comportementaux et des symptômes dus au stress. Tout naturellement, je me suis mise à chercher les causes de ces problématiques. Au fil des rencontres, j’ai découvert et je me suis initiée au décodage biologique. J’ai alors compris que le cerveau suit toujours une logique simple : le besoin de survie. Il va donc trouver la meilleure solution (bio-logique), enclencher le meilleur comportement pour la survie à chaque instant… même si les réactions et solutions qu’il peut trouver nous paraissent parfois embêtantes, gênantes et souvent difficiles à comprendre, comme, par exemple, les difficultés scolaires.

Dans votre livre, vous pointez le fait que si un enfant présente des problèmes scolaires ou comportementaux, ce n’est pas par hasard, ce n’est pas parce qu’il est moins intelligent, ni moins doué…

Absolument. S’il présente ces problèmes, c’est parce qu’il y a dans son cerveau une information venant du passé qui lui impose de fonctionner de cette manière-là. Ces difficultés font partie d’un comportement qui est là, en quelque sorte, pour assurer sa survie. L’enfant n’a pas d’autre choix. S’il y a apparemment un dysfonctionnement, le cerveau a ses raisons précises en rapport avec des expériences passées pour le déclencher et l’entretenir.

Cette hypothèse doit être difficilement entendable par les pédagogues, qui sont par définition très investis dans leur vocation. C’est quelque part faire le constat de leur impuissance…

En ce qui concerne plus spécifiquement les enseignants, je suis consciente du fait qu’ils sont très mal placés pour accompagner les enfants en difficulté, présentant des problèmes comportementaux. Ils ne sont pas thérapeutes ; ils ne sont donc pas habilités, si je puis dire, à pointer du doigt ou à parler aux enfants d’éventuelles problématiques. J’ai eu des témoignages d’enseignants qui s’étaient fait remonter les bretelles par des parents en colère, leur ayant dit : « Vous n’avez pas le droit de parler comme ça à notre enfant ! » Il m’est arrivé d’avoir en séminaire (principalement en Allemagne) des enseignants et surtout des thérapeutes-pédagogues qui travaillent précisément avec des enfants en difficulté, mais leur présence signifie qu’ils sont déjà ouverts à cette réflexion et à ce type d’approche…

En informant et en permettant de comprendre les causes profondes du mal-être, vous souhaitez également modifier la perception que peuvent avoir les enseignants de ces problèmes, pouvant mener à une stigmatisation et à une dévalorisation de l’enfant, très délétères pour l’estime de soi…

En effet, si les enseignants (et les parents aussi, d’ailleurs) comprennent que les enfants ne se comportent pas « ainsi » (hyperactivité, déficit d’attention, difficultés scolaires…) par méchanceté, ni pour les ennuyer ou parce qu’ils sont nuls – qu’ils les voient donc autrement-, c’est déjà gagné ! Au Québec, où le décodage biologique est davantage connu et répandu, j’ai été invitée dans une école, lors d’un colloque du personnel, pour parler de mon expérience. Ce sont surtout les logopèdes (orthophonistes) qui sont restés bouche bée ! En tant que thérapeutes, ils s’avèrent en effet bien placés pour intervenir. Ils sont en contact avec les parents, à qui ils peuvent demander des renseignements sur le passé (de l’enfant, de la famille…). Avec ce décodage-là des problèmes, leur traitement peut aller beaucoup plus vite. En quelques séances à peine, l’enfant change.

Comment se passe le travail thérapeutique ?

Succinctement, il commence par l’observation du schéma comportemental que l’enfant a dû mettre en place, qu’il a dû apprendre. Ensuite, il s’agira de trouver l’expérience, l’information qui vient du passé et qui donne sens à ce problème scolaire ou comportemental précis. Quand nous trouvons ce lien, l’enfant ou l’adolescent peut en prendre conscience, s’en libérer, et ainsi, avoir accès à un autre mode de fonctionnement.

De quelle nature sont ces informations du passé ?

Nous trouvons en fait les liens, les explications, en cherchant dans tout ce que le cerveau a pu enregistrer auparavant, en sachant qu’il y a essentiellement trois sortes d’informations, selon leur origine temporelle. D’une part, il y a tout ce que l’enfant a vécu depuis sa naissance ; la somme de ses expériences personnelles. D’autre part, il y a ce que nous appelons l’imprégnation prénatale : il s’agit de ce qui a été vécu par les parents lors de la conception, de la grossesse et de la naissance. Enfin, il y a tout ce qui s’est passé dans la famille avant la conception de cet enfant, le transgénérationnel ; ce que les ancêtres ont vécu, leurs expériences de vie.

Voulez-vous dire que les comportements problématiques peuvent déjà trouver leur origine en amont de notre naissance ?

Nos comportements sont appris. Cet apprentissage commence déjà in utero, où l’embryon, et plus tard le fœtus, partage au niveau hormonal le ressenti (les émotions) de sa mère qui elle, à son tour, partage le vécu émotionnel du père. Chaque émotion de la mère est accompagnée d’un « cocktail d’hormones » spécifique. Des hormones sont libérées dans le sang maternel et passent à travers le placenta pour influencer alors les mêmes systèmes physiologiques chez le bébé en « construction » que ceux influencés chez la mère. Ainsi, les comportements et les réactions de la mère face à des situations stressantes vont avoir une influence sur le comportement ultérieur de l’enfant et du futur adulte. Si, par exemple, la mère a été très anxieuse pendant la grossesse et qu’elle avait beaucoup d’appréhensions et de peurs, l’enfant va s’adapter à cet état hormonal et être, par la suite, un enfant peureux et angoissé. Et même avant la conception, le spermatozoïde et l’ovule sont influencés par les circonstances de vie des parents.

Vous évoquez également l’influence des neurones miroirs, découverte-clé des neurosciences, dans l’« élaboration » des comportements de l’enfant…

Selon les travaux du scientifique italien Giacomo Rizzolatti et de son équipe de chercheurs, le bébé miroite les émotions et les réactions de ses parents, plus précisément de sa mère. Face à un stimulus nouveau, inconnu, qui ne peut pas être relié à un comportement déjà appris, le bébé s’oriente à l’expression et la réaction de sa mère pour savoir comment réagir. Chez les mammifères supérieurs et notamment chez les êtres humains, ces expériences de la (toute) petite enfance sont très importantes et très prégnantes. On peut donc faire un lien pratique et facilement compréhensible entre ces découvertes scientifiques et les problèmes que nous pouvons observer chez nos enfants et adolescents.

Quelle spécificité avez-vous retiré, dans votre approche, de vos formations avec le Dr Claude Sabbah, le Dr Gérard Athias, mais aussi avec le Dr Jean Lerminiaux (Thérapie par l’Inversion du Ressenti) ?

Sur le plan général, ils m’ont appris à comprendre les enfants (et les adultes) dans leurs fonctionnements. Et ils m’ont procuré la connaissance des mécanismes biologiques qui régissent notre corps et notre survie. Plus spécifiquement, Claude Sabbah m’a apporté les bases théoriques du décodage biologique et une vision globale des choses. Gérard Athias, par nature très intuitif, m’a appris à faire confiance à mon intuition. Et il m’a enseigné une façon spécifique d’utiliser l’arbre généalogique. Quant à Jean Lerminiaux, il m’a transmis un outil pratique pour accompagner, avec succès, les familles où le scénario est plus complexe (2). Ces différents apports permettent d’avancer très vite. Par une observation fine, je peux voir rapidement ce qui est à l’œuvre dans la dynamique familiale et agir sur le psychisme de l’enfant. Par ailleurs, j’ai beaucoup appris avec les enfants, eux-mêmes, sur le terrain.

Qu’entendez-vous par « scénario plus complexe » ?

Chez la plupart des enfants, si on trouve l’imprégnation ou l’information qui donne sens aux problèmes présentés, la majorité du temps, ça marche. Une fois qu’on lui a expliqué ce qui était à l’œuvre, l’enfant change et abandonne le comportement problématique. À condition que le ou les parents aient contacté l’émotion présente à l’époque (pendant la grossesse ou dans l’arbre généalogique) qui, parfois, n’est même pas la leur ! Donc, généralement, si on prend conscience de la logique et que l’on contacte l’émotion, cela libère l’enfant, mais parfois sans mener au changement. Il faut alors aller voir de plus près les autres mécanismes en jeu : de vengeance chez l’enfant, de culpabilité chez les parents, frères et sœurs qui manipulent les parents… Dans ces cas un peu plus compliqués, la technique de Jean Lerminiaux est très utile, car elle permet de prendre conscience du scénario délétère et de pouvoir l’inverser.

S’il y a des résistances chez les parents, est-il possible malgré tout de libérer l’enfant de ses problématiques ?

Oui, l’enfant est capable d’entendre au-delà des parents. Mais cela dépend de son âge. Plus il est petit, plus il va suivre les convictions de ses parents. Mais à partir de 7 ans (environ), l’enfant est à même de se dissocier des idées et des croyances des parents. Toutefois, si je sens des résistances, je vais les travailler chez les parents. Je vais chercher avec eux, pourquoi il y a ces résistances… De quoi ont-ils peur ? Pourquoi ne peuvent-ils pas aller toucher certaines émotions présentes à l’époque ? C’est donc important que les parents (voire la fratrie) soient dans le coup ; il est d’ailleurs très rare que je travaille avec l’enfant seul.

Les résistances sont-elles courantes ?

J’accueille de plus en plus d’enfants très compliqués, présentant de gros problèmes… bien plus qu’un léger souci de lecture ! Du coup, certains parents croient (ou aimeraient croire) que je possède une baguette magique qui, d’un coup, ferait changer leur enfant ! Ils s’étonnent, alors, qu’il faille aller creuser dans leur passé, dans leur enfance, dans leur généalogie. Ils résistent en disant que cela n’a rien à voir, qu’ils ne veulent pas ou plus en parler. Et les résistances sont d’autant plus importantes quand cela vient toucher à des questions délicates (inceste, addiction, secret de famille…). Il y a donc des parents qui ne veulent pas « prendre » ce qui leur est dit, parce que cela signifierait qu’ils seraient amenés à culpabiliser. Or, ce n’est absolument pas la question !

Comment leur parlez-vous pour qu’ils n’entrent pas dans cette culpabilité ?

L’enjeu est de faire passer les mots justes. La culpabilité, je leur explique à quoi ça sert. Se sentir coupable est une « friandise ». Beaucoup de gens aiment, inconsciemment, se sentir coupables.

Pourquoi ?

Si je me sens coupable, c’est que je m’illusionne sur le fait que j’aurais pu faire autrement. Alors que ce n’est pas le cas ! Nous sommes imprégnés, que nous le voulions ou non, par nos parents, par nos ancêtres… On ne pouvait pas faire autrement ! Je m’explique plus précisément : il faut savoir que peu de décisions sont prises consciemment. Dans la plupart des cas, l’inconscient « décide » de façon autonome en se basant sur des souvenirs, inconscients, d’expériences passées qui n’arrivent pas à notre conscience. Cela veut dire que le plus souvent nous ne disposons pas d’une liberté de choix. Nous ne pouvons acquérir ce libre choix qu’en trouvant la raison profonde de notre comportement, une situation du passé associée à une certaine émotion, et en la conscientisant. C’est là l’essence de mon travail thérapeutique.

Les enfants que vous avez « déprogrammés » seront-ils davantage libres dans leur comportement, avec un impact sur leurs propres enfants à venir ?

Bien sûr ! Ce sont toujours les enfants qui, quelque part, par leurs problèmes, amènent leurs parents chez moi. Et ce sont finalement les parents qui libèrent non seulement leur(s) enfant(s), mais aussi les petits-enfants et les générations suivantes. Les enfants qui ont fait ce travail auront des enfants davantage équilibrés. En tout cas, leur progéniture ne portera plus les mêmes blocages. Cependant, ne nous leurrons pas : il y a toujours des stress que l’on transmet à l’enfant, notamment pendant la grossesse. On n’aura jamais tout nettoyé ! Néanmoins, ce qui est amené à la surface et libéré le sera aussi pour les générations futures. On aura donc peut-être moins de problèmes… ou d’autres problèmes. Parce que d’autres mémoires vont se réveiller, dans d’autres générations. Mais on n’a pas encore assez de recul pour savoir quel sera l’impact sur les génération suivantes.

On entend de plus en plus parler d’enfants difficiles. Pensez-vous que ce phénomène soit réel ou en parle-t-on plus, en raison de l’hyperparentalité actuelle qui cultive une vision idéalisée de l’enfant et fait peser des injonctions contradictoires sur ses épaules (être dynamique, performant… mais calme et attentif) ?

Je pense que les parents ont de plus en plus de difficultés à éduquer leur enfant. Pourquoi ? Parce qu’ils ont très mal vécu leur propre éducation. Ils ne veulent pas la reproduire et ils ne savent plus comment s’y prendre… Le monde a tellement changé, ces dernières décennies : les stress ont considérablement augmenté. On vit une époque paradoxale : d’un côté, les parents, débordés, ne prennent souvent plus le temps de s’asseoir une demi-heure avec leur enfant et, pour se dédouaner, ils vont le gâter, tout lui laisser passer, de peur de ne plus être aimés… Les enfants sont de plus en plus imprégnés de stress (des parents), mais les parents ne savent plus spontanément résoudre un problème que présente leur enfant. Ils vont très vite consulter : des pédopsychiatres, des PMS, des pédagogues de tous genres… Et ils sont presque soulagés quand ils trouvent quelqu’un qui dit pouvoir résoudre le problème en donnant des médicaments à l’enfant. Les parents sont « contents » (même si d’un autre côté ils ne sont pas contents, évidemment) quand on leur atteste que leur enfant a une « maladie ». Cela les dédouane : ce n’est pas eux qui ne savent pas comment faire pour que l’enfant soit « convenable » et adéquat…

Ces problèmes comportementaux ont d’ailleurs été épinglés au catalogue des troubles mentaux…

Oui, ainsi le déficit d’attention est-il aujourd’hui considéré comme un dysfonctionnement du cerveau. J’en profite pour souligner un point capital, que je n’ai pas mentionné dans mon livre. Peu avant sa mort, le pédopsychiatre Léon Eisenberg s’est confié, en entretien, à l’un des grands quotidiens allemands, la « FAZ » (Frankfurter Allgemeine Zeitung). Ce psychiatre s’est démené, en son temps, pour que le syndrome appelé « Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité » (TDAH ou TDA/H), caractérisé par des problèmes de concentration et d’impulsivité, figure au catalogue des troubles mentaux. Dans cette interview-testament, il confesse avoir fabriqué ce syndrome pour pouvoir vendre un médicament… qui s’appelle la Ritaline. Il regrettait de l’avoir fait, juste pour faire tourner le commerce. Et personne ou presque n’en parle ! Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, de 5 à 10% des enfants de 9 à 12 ans prennent de la Ritaline (des garçons, en majorité), aux effets secondaires non négligeables. Cette maladie n’est pas une maladie, elle n’existe pas ! De l’importance, dans l’approche que je propose, de bien se faire expliquer le comportement de l’enfant et, de là, en déduire logiquement, à travers l’histoire familiale, quelle situation de stress donne sens à ce comportement précis. Si nous en connaissons les origines profondes, nous pouvons changer consciemment quelque chose à ce comportement.

Si le cerveau suit toujours une logique de survie, en enlevant le programme, certes problématique, l’enfant n’est-il pas en danger sans ce mécanisme de protection ?

Pour enlever ce mécanisme de protection, il faut déjà donner l’information nécessaire au cerveau, lui signifiant qu’il n’y a pas ou plus de risques dans des situations semblables. Un exemple : je me trouve face à un enfant qui, de manière problématique, n’ose jamais dire la vérité, ni avouer ce qu’il a fait. Or, en remontant son histoire familiale, on observe que le grand-père, durant la guerre, a été questionné, torturé. Quand il a avoué, on l’a quand même fusillé… Il faut alors expliquer à l’enfant : « Si tu dis la vérité, si tu avoues (avoir fait des bêtises, par exemple), on ne va pas te tuer, ni te faire de mal. » Pour libérer l’enfant de ce mécanisme de survie, il faut vraiment donner – comme on programmerait un ordinateur – l’info au cerveau, que le danger n’existe plus. Imaginez un cheval que l’on conditionne. On agite une sonnette et, dans la foulée, il reçoit une décharge électrique sous son sabot droit. Au bout de quelque fois, il a compris : il soulève son sabot dès qu’il entend la sonnette, pour ne plus recevoir la décharge… même s’il n’y a plus de courant. La thérapie que je pratique consiste à expliquer au « cheval » qu’il peut risquer maintenant de laisser son sabot par terre, parce qu’il ne recevra plus de décharge. C’est une image, mais elle est parlante ! Mon travail fait comprendre au patient pourquoi il « lève le sabot ». Une fois que ce sens est trouvé, on (lui) donne l’information que ce qui donnait sens à ce symptôme est, entre-temps, devenu un non-sens. Cela n’a plus de sens maintenant de maintenir ce comportement problématique, puisque les conditions de vie ont changé.