Antibiotiques : chronique d’une cata annoncée

« Les antibiotiques, c’est pas automatique ». il est bien beau, le slogan des campagnes visant la réduction du recours abusif aux antibiotiques. Mais ces louables intentions suffiront-elles à éviter la catastrophe qui se profile ? Le mot « catastrophe » n’est pas excessif puisque c’est celui choisi par Sally Davies, directrice des services de santé britanniques, dans un rapport à son gouvernement. Dans ce document très alarmiste, la Chief Medical Officer estime que le phénomène de résistance bactérienne aux médicaments est une « menace catastrophique » pour le monde, au moins aussi importante que le terrorisme ou le changement climatique. Elle parle encore de « scénario apocalyptique » et de « bombe à retardement » pour l’ensemble du globe. Selon elle, voici ce qui pourrait se passer : les germes vont devenir tellement résistants aux médicaments qui les combattent que, d’ici 20 ans maximum, plus aucun antibiotique n’aura la moindre efficacité. Ce qui signifie, entre autres, que toute intervention chirurgicale, même la plus légère, deviendra impossible ! Contractées à l’hôpital ou en dehors des structures de soin, les infections intraitables pourraient faire, selon Sally Davies, « des dizaines de millions de morts ». Au CDC (Center for Disease Control) américain, le Dr Brad Spelberg a renchéri en comparant la situation actuelle au naufrage du Titanic : « le bateau a heurté l’iceberg, il prend l’eau et nous comptons déjà les victimes ». Aux États-Unis, on estime déjà à 20.000 par an le nombre de patients qui décèdent parce qu’ils ne répondent plus du tout aux antibiotiques. Et ce n’est qu’un début.
Car on voit mal comment on va éviter l’échec total de la guerre aux microbes. Les antibiorésistances, on le sait, se transmettent aussi par les animaux d’élevage. Une bactérie invulnérable dont le porteur est un animal peut être transmise par contact direct ou par la consommation de viande. Des travaux ont même décrit des phénomènes d’aller et retour des bactéries entre l’homme et les animaux, avec un renforcement de leur coriacité à chaque trajet. Or, la moitié des antibiotiques consommés dans le monde sont à usage vétérinaire ! Leur mésusage en santé animale est donc un enjeu capital qui ne laisse pas d’inquiéter, mais qui n’est pas véritablement pris au sérieux. Par exemple, le plan national français de réduction des risques d’antibiorésistance mis en place en 2012 par le ministère de l’agriculture prévoit une réduction d’à peine 25% des antibiotiques vétérinaires d’ici 2017, alors qu’un pays comme le Danemark a déjà réduit sa consommation de moitié. De toute façon, le problème est planétaire et sa solution ne pourrait venir que de Chine. Ce pays est le premier producteur et consommateurs d’antibiotiques au monde. La moitié de cet arsenal thérapeutique est administré au bétail pour traiter des maladies ou comme facteurs de croissance. Dans le fumier des élevages intensifs chinois, des chercheurs américains ont recensé près de 150 gènes de résistance microbienne ! Vu que l’Empire du Milieu devient de plus en plus carnivore et que son éveil écologique tarde à venir, on imagine donc mal la situation s’améliorer avec la rapidité qui s’impose. Bientôt, les bactéries auront remporté la victoire et les armes antibiotiques seront devenues totalement inutiles. C’est alors que la médecine conventionnelle sera bien obligée d’interroger ses fondements pasteuriens et d’entamer sa mutation. En attendant, la meilleure chance de salut consiste à anticiper la disparition prochaine de l’antibiothérapie et à se tourner, sauf danger mortel, vers les médecines naturelles.

Yves Rasir

Prostate & dépistage

Les experts de l’USPTF (United States Preventive Services Task Forces), un organisme travaillant sous l’égide du ministère américain de la santé pour formuler des recommandations de santé publique, viennent de rendre un avis conseillant aux médecins comme aux patients de ne plus pratiquer le dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA. Après avoir analysé l’ensemble des données disponibles, les experts ont conclu que cette méthode prévient à peine 1 décès par cancer pour 1000 hommes dépistés et qu’elle n’apporte aucun bénéfice sur la mortalité totale.

Vaccin H1N1 & SGB

Il n’y a pas que la narcolepsie (voir dans votre boîte mail le Néosanté Hebdo du 20 mars dernier). Des chercheurs américains ont annoncé dans The Lancet que la vaccination contre la grippe A/H1N1 avait augmenté aux États-Unis l’incidence du syndrome de Guillain-Barré (SGB). Cette maladie auto-immune affecte la gaine de myéline qui recouvre les nerfs et elle peut mener à la paralysie. On dort toujours bien, mesdames Onkelinx et Bachelot ?

Ondes & santé

Une nouvelle étude française sur l’animal conclut aux effets biologiques des ondes électromagnétiques. De jeunes rats ont été exposés pendant 6 semaines à des ondes d’une fréquence de 900 MHz et d’une intensité de 1 volt par mètre, soit beaucoup plus faible que les seuils légaux généralement en vigueur pour les antennes-relais de la téléphonie mobile. Les chercheurs ont observé des troubles de la régulation thermique, une tendance à manger davantage et une perturbation du sommeil paradoxal.

Allergie & paracétamol

Menée aux Cliniques Universitaires St Luc (Bruxelles), une recherche vient de montrer une très nette corrélation entre la fréquence de l’allergie infantile et la consommation de paracétamol, le principe actif de nombreux médicaments antidouleur et antifièvre. Parmi les 300 enfants suivis pendant 5 ans, 40% des allergiques avaient reçu plus de deux fois le médicament, contre 13% chez les non-allergiques. Un triplement du risque !.

SEP & Vaccin hépatite B

Confirmant un jugement du tribunal de Quimper, la Cour d’Appel de Rennes a reconnu le lien de causalité entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques dont est atteinte une infirmière. Défendue par l’avocat Jean-Pierre Joseph, la plaignante avait développé ses premiers troubles neurologiques 11 jours après la première injection.

Tueries sur ordonnance

Andrew Golden et Mitchell Johnson, Matti Saari, Steven Kamierczack Pekka-Eric Auvinen (photo), James Holmes : quel est le point commun entre ces jeunes « mas murders » américains qui ont ensanglanté l’actualité ces dernières années ? Ils étaient tous sous l’influence de médicaments psychotropes. C’est Dan Roberts, un fervent militant de la liberté de port d’armes aux États-Unis, qui a soulevé ce lièvre. Il a enquêté sur toutes les tueries de masse et les tragédies familiales de ces 20 dernières années chez l’Oncle Sam et découvert que la quasi-totalité d’entre elles étaient le fait de jeunes gens à qui on avait prescrit des antidépresseurs (Prozac, Zoloft, Effexor, Paxil…) des anxiolytiques (Xanax) des sédatifs (Ambien), ou des amphétamines (Ritalin). Pour Roberts, ce ne sont donc pas les armureries qu’il faut vider pour éviter de tels drames, mais les pharmacies. Les deux, ce serait sans doute bien mieux.