Il faut sauver l’armée Chimio !

« «La chimiothérapie échoue malheureusement dans 95% des cas » : c’est notamment en épinglant cette phrase prononcée par le Dr Alain Scohy en marge de notre symposium (lire par ailleurs) que la télévision belge a cru bon d’insinuer qu’il s’y tenait des propos dangereux à caractère sectaire. Pas de chance pour les brillants journalistes de la RTBF, car notre collaborateur et orateur du 2 juin ne faisait que résumer une vérité scientifique bien établie,
à savoir que la lutte chimique contre le cancer est globalement un échec.

Par charité confraternelle, nous n’allons pas reproduire ici les propos du chercheur Bernard Junod ( voir Néosanté 13) qui remet carrément en cause la définition classique de la maladie. Nous n’allons pas non plus nous attarder sur les travaux récents de deux chercheurs du célèbre Institut Dana-Farber contre le cancer, selon qui « les grands espoirs tardent à se concrétiser » malgré l’immense arsenal de médicaments anticancéreux. (1). En revanche, il n’est pas inutile de préciser l’origine des chiffres cités par Alain Scohy, qui émanent d’une étude australienne publiée en 2004 dans le journal Clinical Oncology. (2). Pour 22 types de cancer, les chercheurs ont calculé le pourcentage d’adultes dont la survie à 5 ans pouvait être attribuée à la prise de médications cytotoxiques. Les résultats sont très variables – de 0,7 % pour le cancer de l’estomac à 41,8% pour celui des testicules -, mais la moyenne se situe dérisoirement à 2,3 % ! Autrement dit, la chimiothérapie n’échoue pas dans 95%, mais bien dans 97,7 % des cas ! Pour l’anecdote – toutefois révélatrice -, un ami médecin est récemment entré en contact avec l’auteur principal de l’étude : ce dernier était ravi de commenter son travail car personne ne lui avait jamais posé de question ! Il est vrai que la presse est très occupée à publier les communiqués de « victoires sur le cancer » à chaque fois qu’un nouvelle molécule « prometteuse » fait son apparition sur le marché.

Je suis donc très curieux de voir comment les médias en général, et la télé belge en particulier, vont accueillir le livre qui vient de sortir et dont nous reproduisons ci-dessus la couverture (3). Ce n’est pas le brûlot d’une médecin radié ni le pamphlet d’un chercheur marginal, mais bien l’essai très documenté (plus de 600 références) de Jean-Pascal Capp, maître de conférences à l’institut national des sciences appliquées (Insa) de Toulouse. Et que nous dit ce docteur en cancérologie moléculaire ? Que peu de progrès ont été faits depuis 1970 et qu’il est temps de « sortir de la spirale de l’échec dans la lutte contre le cancer ». Comment ? « Par un changement de paradigme en cancérologie et une révolution des traitements » ! Dans une interview à la lettre Fous de science, l’auteur spécifie que cette nouvelle approche devra se situer « à l’opposé de celle consistant à tuer un maximum de cellules cancéreuses ». Plus critique que ça envers la chimiothérapie… tu meurs. C’est pourquoi cet ouvrage, à l’instar de l’étude australienne, fera probablement fort peu de bruit : faut pas casser l’illusion que la guerre contre le cancer puisse être gagnée. Il faut sauver l’armée Chimio !

Yves Rasir

(1) Bunnel CA, Shulmann LN : « Will we be able to care for cancer in the future ? » Oncology (2011) 24 (14
(2) Greame Morgan, Robyn Wardt, Michael Barton : « The contribution of cytotoxic Chemotherapy to 5-year survival in adult malignancies » – Clinical Oncology (2004) 16
(3) Jean-Pascal Capp : « Nouveau regard sur le cancer, pour une révolution des traitements », 2012, Editions Belin.

Cerveau & insecticide

Selon une étude américaine, le chlorpyriphos-éthyl, un insecticide organo-phosphoré très utilisé dans le monde, affecte sévèrement le développement cérébral des enfants ayant été exposés in utero. L’imagerie par résonance magnétique a montré une moindre épaisseur de leur cortex frontal et des tests ont prouvé que l’exposition fœtale altérait leurs performances cognitives sept ans plus tard.

Jogging & longévité

Selon l’étude Copenhagen City Heart, qui a débuté en 1976 et qui suit les habitudes sportives de quelque 20 000 hommes et femmes de tous âges, la pratique régulière du jogging a des effets très positifs sur la santé et un impact très net sur l’espérance de vie : les femmes y gagnent 5,6 ans et les hommes 6,2 ans !

Gencives & santé globale

Santé de la cavité buccale et santé globale sont étroitement liées. Une étude vient de montrer que les maladies parodontales étaient beaucoup plus fréquentes chez les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Et une autre que le déchaussement dentaire augmente considérablement le risque de dysfonction érectile. Les problèmes de gencives avaient déjà été identifiés comme facteurs de risque dans les maladies cardiaques et dans plusieurs formes de cancers. C’est dire l’importance des dents et de leur environnement.

Cancer & oméga 3

Deux nouvelles études démontrent l’utilité d’un supplément d’oméga-3 chez les patients cancéreux. La première a été réalisée aux Pays-Bas auprès de personnes atteintes d’un cancer du poumon, lesquelles se trouvaient en bien meilleure forme après supplémentation. Chez des Américaines souffrant de cancer du sein, la deuxième étude a montré que la prise d’oméga-3 s’accompagnait d’une diminution des inflammations et d’une baisse de la fatigue.

Du soleil pour le pancréas !

Le Dr Rachel Neale et ses collègues du Queensland Institute of Medical Research de Brisbane, en Australie, ont mené une étude comparative sur 704 patients atteints d’un cancer du pancréas et 709 patients en bonne santé. Résultats : les individus les plus exposés au soleil avaient 50% moins de risques de développer la maladie, ce qui suggère un rôle préventif crucial de la vitamine D.