Comme promis la semaine dernière , voici le témoignage d’un « vrai » cas de maladie de Lyme, c’est-à-dire d’une perte de santé clairement associée à une morsure de tique et accompagnée des symptômes typiques de la borréliose, notamment un épisode de forte fièvre et une énorme fatigue. Ce témoignage m’est parvenu suite à l’infolettre où je dénonçais l’hystérie actuelle contre les acariens forestiers et les bactéries dont ils sont les vecteurs. Dans son message, une prénommée Madeleine me signalait que ses ennuis avaient indubitablement débuté après voir été piquée et que la cure d’antibiotiques l’avait considérablement soulagée. Elle précisait également que les deux sérologies effectuées se sont avérées négatives, et qu’elle fait donc partie des patients non reconnus  parmi les victimes « officielles » de Lyme. À ce propos, je tiens à dissiper un quiproquo : autant je suis persuadé que les tests sanguins produisent beaucoup de « faux positifs », autant je peux admettre que leurs failles conduisent parfois à de « faux négatifs ». Ce qui permet de trancher, c’est l’anamnèse et l’examen clinique auxquels procède le médecin traitant. Dans le cas de Madeleine, il ne fait guère de doute que ce dernier a eu raison de formuler un tel diagnostic. En présence d’une brusque montée de température, de fortes démangeaisons, d’un érythème circulaire et de signes d’atteintes neurologiques, le verdict d’infection vectorielle s’imposait. Dans l’optique psychosomatique chère à Néosanté,  il me fallait cependant vérifier que ce tableau « collait » à l’invariant biologique de la maladie de Lyme, c’est-à-dire à un intense ressenti de « parasitage » (*). Dans ma réponse à Madeleine, et en prenant soin de ne pas l’influencer en orientant son témoignage, je lui ai simplement demandé de me raconter ce qu’elle vivait au moment où elle s’est fait mordre. Ci-dessous, je copie-colle intégralement le récit qu’elle m’a transmis. On se rejoint plus bas pour en tirer les enseignements.

« Très intéressée par votre question… car je m’en pose pas mal par rapport à cette piqûre !
Vous l’avez demandé, je vais vous raconter…

Je suis accompagnatrice de voyages, spécialisée sur l’Inde et pendant des années, j’ai accompagné des voyages d’introduction à la spiritualité indienne. J’emmène des petits groupes (maxi 12) pour faire connaitre les différentes religions de l’Inde et nous allons également dans des ashrams passer quelques jours et rencontrer le maître du lieu et si possible écouter ses enseignements. Les voyageuses-rs ont donc la possibilité d’exercer leur jugement entre tout ce qu’elles-ils écoutent, posent des questions, voient les différences entre les grands "gurus" vénérés, les inconnus qui sont excellents, etc. Ceci pour vous poser le décor, l’ambiance et la nature de mon environnement, plutôt convivial.

Nous étions dans un petit ashram indo-chrétien au Tamil Nadu en Inde du Sud. On m’avait proposé comme hébergement "privilégié", en tant que leader du groupe, une petite maison-hutte en bordure de forêt mais avec beaucoup de végétation. Le problème était que le lieu était sombre et sale, un rat énorme venait m’y rendre visite toutes les nuits et fouiller dans mon sac, il y avait des araignées partout, (j’ai ça en horreur), bref je passais mes nuits à balayer et allumer ma torche pour faire fuir le rat ! Donc des nuits agitées et peu reposantes. C’était plutôt la fin du voyage donc fatiguée. Le groupe était sympa mais sans plus et une personne m’agaçait tout particulièrement et me contredisait très souvent, n’acceptant jamais mes propositions. J’ai eu beaucoup de mal avec elle et pas mal de colères rentrées ! Mais je suis toujours restée très cool quand même.

Je n’ai aucune idée du jour où j’ai été piquée, juste qu’une après-midi, j’ai senti quelque chose qui me démangeait et j’ai sorti tous mes vêtements que j’ai lavés et j’ai pris une douche dans ma petite salle de bain, pas éclairée et toute sombre et je n’ai pas cherché si je voyais quelque chose sur mon corps, n’ayant aucune idée de ce que pouvait être une tique…Je pense que c’est le lendemain que j’ai pris une violente fièvre, j’avais mal partout, j’ai trouvé bizarre de me prendre une grippe pareille à cette époque ! Mais je n’ai fait aucun rapprochement. J’ai plus pensé à une maladie qui aurait pu être donnée par le rat. Ça devait être autour du 24 février 2014. J’ai été extrêmement fatiguée pendant quelques jours, des fois à la limite de l’évanouissement, je me traînais littéralement. Je suis rentrée à la maison le 2 mars. Mais une fatigue vraiment inhabituelle m’envahissait, je n’étais plus capable de prendre une décision, je me sentais "bizarre".

J’ai consulté le 12 mars ma médecin traitante pour cette fatigue inhabituelle en lui montrant un gros rond rouge sur mon ventre et elle s’est exclamée "mais c’est la maladie de Lyme !" et hop ! 15 jours d’antibiotiques directs (Doxy 100) même si elle sait que je ne mange pas de ce pain-là ! Analyses bien sûr, sérologie de la maladie de Lyme (résultat : infection peu probable), leptospirose (absence d’anticorps). Juste la thyroïde un peu touchée : TSH effondrée et comme dit ma médecin "goître multi-hétéro-nodulaire ». Refus de prendre du Levothyrox, je me soigne avec des algues, je suis toujours à la limite de l’hypothyroïdie mais je préfère rester comme ça et ne pas prendre de médicaments.

Je refais le même voyage en mars 2015, rechute en mai juin, même fatigue incroyable, et de nouveau un demi-rond rouge sur le ventre… alors que je ne pense pas avoir été piquée cette fois mais juste une résurgence, un petit "souvenir" de l’an dernier ??? Mais je devine ce que c’est ! Deuxième cure du même antibiotique, toujours aussi efficace, je retrouve la forme après deux semaines d’antibiotiques. Je demande à faire un autre test que le test Elisa pour la maladie de Lyme mais toujours négatif. J’ai pris de la spiruline, fait un traitement avec des huiles essentielles. À ce jour tout semble bien aller à part ce petit problème de thyroïde qui reste à surveiller régulièrement. »

Ici se termine le témoignage de Madeleine dont, je vous le rappelle, je n’ai nullement tenté d’influencer le récit. Qu’est-ce qui saute aux yeux ? C’est bien sûr sa nuit de cauchemar dans une hutte répugnante infestée d’araignées et visitée par un rat. Pour les personnes sujettes à l’arachnophobie, la présence d’araignées est déjà un bon motif de se sentir parasité. Mais le « pompon », si je puis dire, c’est l’incursion nocturne d’un rat. Cet animal est le symbole par excellence de la relation parasitaire. Dans la mémoire collective, ce rongeur est un porteur de peste et un profiteur qui vient manger les récoltes. Quand ils cherchent à déshumaniser leurs boucs émissaires (juifs, immigrés…), les gens racistes les comparent volontiers à des rats vivant aux dépens d’autrui. Chez une occidentale, une bête assimilée à la saleté et censée habiter les égouts ne peut qu’inspirer le dégoût et la sensation d’être envahie. La deuxième chose qui saute aux yeux, c’est que Madeleine était impuissante à gérer ce conflit de parasitage. La case à l’écart près de la forêt, c’est un honneur que lui faisaient ses hôtes indiens reconnaissant en elle une « leader » et un être spirituellement avancé. Au lieu de manifester sa détresse et de verbaliser ses peurs, l’accompagnatrice de voyages s’est tue et a passé ses nuits à épier la venue du rat. On imagine bien les heures et les heures d’horreur ! Lorsqu’il a découvert l’origine psycho-émotionnelle des maladies, le Dr Hamer a très vite constaté que le stress aigu ne suffisait pas à les déclencher mais qu’il fallait de surcroît que les émotions pathogènes soient vécues « dans le silence et l’isolement ». Ici, nous sommes en plein dans ce cas de figure puisque Madeleine n’a partagé son vécu avec personne. Enfin, il transparaît de ce témoignage que la morsure de tique intervient dans un contexte déjà marqué par un ressenti négatif. Avant d’être confrontée au rat et de taire sa hantise, Madeleine a étouffé sa colère envers une voyageuse particulièrement agaçante qui remettait en cause son rôle d’organisatrice. On peut se demander si les gestionnaires de l’ashram l’auraient fait séjourner avec le groupe s’ils n’avaient pas perçu une ambiance tendue et la nécessité d’isoler l’accompagnatrice. Avant le « conflit déclenchant » du rat, il y avait en tout cas une atmosphère prédisposant à se sentir parasitée.

Cette interprétation vous laisse sceptique ? Normal : pour adhérer au décodage biologique des maladies, il faut pouvoir accepter que le hasard n’existe pas et que rien ne survient fortuitement, pas même la rencontre avec un mammifère, la piqûre d’un insecte et la contamination par une bactérie. En médecine nouvelle et en biologie totale, les événements qui nous arrivent ne sont pas vus comme le produit d’actions extérieures mais comme la résultante de nos états d’âme intérieurs. Dans ce paradigme médical, les microbes ne sont pas les causes des maladies mais les conséquences d’un « mal à dire » antérieur. Mieux : l’intrusion de germes dans l’organisme est considérée comme un processus naturel de guérison et non comme une attaque à finalité funeste. En l’espèce, la bactérie Borrélia serait l’alliée et non l’ennemie des personnes atteintes de Lyme. Et la tique serait une « seringue vivante » procurant l’auxiliaire infectieux ad hoc. Certes, les antibiothérapies fonctionnent par répression des symptômes. Mais outre le fait que leurs effets antalgiques et anti-inflammatoires masquent souvent leur inefficacité anti-infectieuse, il est amplement prouvé que les médicaments biocides provoquent des biorésistances et n’empêchent pas les récidives. Dans le cas de Madeleine, il est frappant que la rechute intervienne sans nouvelle morsure mais dans le même contexte spatial et temporel. Le cerveau humain enregistre des millions de données à la seconde et celles-ci peuvent constituer les « rails » d’un conflit, c’est-à-dire des paramètres extérieurs qui font replonger dans une problématique psychique non résolue. C’est l’exemple célèbre du patient allergique aux roses et qui se met à éternuer à la vue d’un bouquet de roses… artificielles. En l’occurrence, il est à craindre que Madeleine refasse une « poussée » de Lyme chaque fois qu’elle visite l’ashram et qu’elle se remémore ses nuits cauchemardesques. La guérison en profondeur sera acquise lorsqu’elle aura conscientisé les peurs et les colères enfouies l’année où elle s’est brutalement sentie parasitée. Puisse ce décodage, quelque peu sauvage mais bien intentionné, y contribuer…