Ravi de vous retrouver après les cinq semaines de congé que s’est arrogée cette infolettre hebdomadaire. Vous avez  passé un bel été ? Le mien aurait pu être gâché  par un pépin de santé que je vais vous raconter car ce fut une expérience instructive et  enrichissante. Tout commence début juin, lors d’un match de minifoot, quand un jeune adversaire impétueux me shoote dans le mollet en croyant taper sur la balle. La douleur est vive mais je m’en sors avec un gros hématome et une plaie superficielle qui ne m’empêchent pas de reprendre part au jeu. Quinze jours plus tard, je suis également d’aplomb pour jouer le dernier match de la saison. Sauf que le lendemain, mon mollet et ma cheville se mettent à gonfler anormalement et à me faire très mal.  En 24 h, la partie inférieure de ma jambe gauche avait quasiment doublé de volume ! Incité par mon entourage à consulter, j’ai  obtempéré et j’ai consulté… internet pour comprendre ce qui m’arrivait. Vu que j’avais tous les symptômes d’une phlébite profonde (œdème important,  fièvre, douleur sourde, sensation de brûlure, peau dure et brillante…) j’ai visité plusieurs sites médicaux animés par des phlébologues et j’ai découvert que cette maladie, appelée également thrombose veineuse, pouvait effectivement résulter d’une blessure sportive. Suite au choc, un caillot s’était manifestement formé dans une veine et ce bouchon y bloquait partiellement la circulation sanguine.
 
Et c’est grave, ça, docteur ? Oui, si l’on en croit ce qu’on peut lire sur la toile. Non content d’obstruer la veine et de l’enflammer, le vilain caillot peut en effet migrer jusqu’aux poumons et y provoquer une embolie mortelle. La seule solution, nous disent les doctes spécialistes, est de prendre des médicaments anticoagulants pendant plusieurs mois. Et de les prendre à vie en cas de récidive. Problème : ces molécules fluidifiant le sang ne sont pas sans risque puisqu’elles peuvent causer l’inverse de la thrombose, à savoir une hémorragie interne. En voulant éviter chimiquement l’embolie pulmonaire, on s’expose donc  à un accident de santé tout aussi grave, d’origine iatrogène cette fois. Rien qu’en France, ce genre de médicament entraîne 17.000 hospitalisations et 4.000 décès par an. On nous dit que la balance bénéfices/risques reste favorable, mais est-ce bien vrai ? En creusant un peu, j’ai trouvé que moins de 10% des phlébites non soignées conduisent à l’embolie, et  aussi que seulement 10% des embolies s’avèrent fatales au patient. Au final, je n’avais donc  qu’une « chance »  sur 100 de mettre ma vie en péril en renonçant aux anticoagulants et à leurs effets secondaires redoutables. Mon choix a été vite fait, d’autant que les statistiques médicales sont forcément établies sur une population médicalisée, c’est-à-dire avec des gens qui ont probablement l’habitude de combattre des symptômes tels que la fièvre, la douleur et l’inflammation. C’est un biais qui fausse complètement l’évaluation de l’abstention thérapeutique, d’autant que ce renoncement aux soins classiques n’est pas  nécessairement synonyme d’inaction. J’étais d’autant moins inquiet que j’ai personnellement connu quelqu’un ayant résolu un problème similaire par des voies alternatives.
 
C‘était il y a une bonne trentaine d’années, lorsque j’ai fait la connaissance du naturopathe André Passebecq. Pour illustrer le reportage que je faisais sur lui et sur son école de naturopathie, il m’a présenté plusieurs de ses patients guéris, dont une dame belge ayant souffert d’artérite des membres inférieurs. Ses artères étaient tellement obstruées  par les plaques d’athérome que les médecins avaient cédé le relais aux chirurgiens, lesquels voulaient l’amputer d’une jambe. Ils ont dû ranger leur scie car leur patiente s’en est remise aux traitements naturels du Dr Passebecq. Lesquels ? Je n’ai pas retrouvé son récit parmi les cas cliniques que ce dernier présentait dans son bulletin périodique, à travers une rubrique intitulée « les incurables que j’ai connus ». Mais je me souviens très bien du protocole principal suivi par la  miraculée : l’application répétée d’un cataplasme d’argile verte que la malade devait faire sécher au soleil avant de recommencer.  Au bout de quelques semaines,  le risque d’amputation était écarté et ma compatriote avait retrouvé des jambes  de jeune fille, bien qu’elle n’ait pas cessé de fumer et que le tabagisme soit un facteur favorisant notoire de l’artérite. Photos et examens médicaux à l’appui, j’ai pu  vérifier  à l’époque la réalité de cette guérison inespérée.  Et trente ans plus tard, j’ai puisé dans ce souvenir la conviction que ma phlébite pouvait pareillement se résoudre naturellement,  sans pis-aller allopathique.
 
 Avant d’oser la traversée,  il m’a cependant fallu affronter un obstacle de taille : la peur de mon entourage. Il est vrai que la vue de mon mollet hypertrophié, virant au bleu foncé et comme gangrené par endroits, avait de quoi susciter quelque appréhension. Les craintes de ma famille étaient d’autant plus compréhensibles que je devais prendre l’avion mi-juillet pour partir en vacances et que  le transport aérien est totalement décommandé en cas de caillot sanguin. Histoire de rassurer mes proches, j’ai donc acheté des gélules de Ginkgo biloba, la plante la plus couramment prescrite pour les problèmes circulatoires. Elle n’a  pas  le pouvoir de dissoudre les caillots ni de récurer les vaisseaux, mais ça  sécurise ceux qui vous aiment de vous voir avaler quelque chose. Le vol fut un peu pénible pour ma jambe Bibendum mais je suis arrivé en Espagne sans encombre et ma cure naturopathique pouvait débuter dès le lendemain. Au menu : détente au grand air, baignades en mer, bains de soleil et applications récurrentes de la pâte d’argile verte en tube emmenée dans ma valise. Sans oublier les longues promenades  et le jogging car l’immobilité et la sédentarité sont de très mauvais conseils prodigués aux phlébiteux. Au bout d’une semaine, le mollet avait quasiment retrouvé sa taille normale mais la puissance de l’argile s’accompagnait d’un dessèchement prononcé de l’épiderme. Au terme de la quinzaine, tout était rentré dans l’ordre, ma peau ne pelait plus et ma phlébite était totalement guérie. À ce jour, je n’ai pas rechuté et j’ai déjà repris le football sans éprouver la moindre gêne. Là où il est, André Passebecq a dû apprécier ma traversée et ma confiance bien placée dans ce qu’il appelait « les facteurs naturels de santé ».
 
Comme vous vous en doutez, j’ai également cherché le sens de cet ennui de santé. Même quand elle résulte d’un choc physique et bien réel,  toute maladie procède d’un traumatisme immatériel d’ordre psycho-émotionnel. L’état du corps reflète l’état d’esprit au moment de l’accident et la pathologie développée est porteuse d’une solution biologique en termes de survie. Dès que j’ai identifié le mal dont je souffrais, je me suis empressé  de lire ce qu’écrit Bernard Tihon à propos de la phlébite, d’abord en version concise dans LE BIODICO, puis dans un texte plus détaillé publié dans son ouvrage LE SENS DES MAUX (tome II). En gros, les problèmes liés au sang sont toujours en rapport avec une problématique de clan (familial). Et comme le système veineux a pour mission de purifier le sang oxydé en le ramenant au cœur, les varices ou la phlébite indiquent que  ce processus d’épuration a subi une sérieuse avarie, laquelle peut être en relation avec une « dévalorisation dans la filiation », un conflit de frustration sexuelle sous-jacent et/ou  des mémoires de grande séparation. La formation d’un caillot révèle clairement que la boue doit être remuée et qu’un vigoureux débouchage s’impose.
 
Dans mon cas, je ne suis pas sûr d’avoir bien décodé le mal-a-dit, d’en avoir compris le message et d’avoir corrigé ce qui devait l’être dans mon intimité, dans mes relations  à mon clan. Mais ça n’a guère d’importance car je savais de toute manière, grâce  à la médecine nouvelle du Dr Hamer, que mon organisme avait déjà bien travaillé à mon insu. En effet, selon la loi biphasique des maladies, la plupart d’entre elles  se manifestent  lors de la deuxième phase, celle qui succède à la résolution du conflit causal. C’est particulièrement vrai pour les maladies  infectieuses et inflammatoires se terminant en « ite » et dont les symptômes accompagnent la réparation des tissus nécrosés durant la phase conflictuelle active. La fièvre, l’inflammation  et les douleurs expriment une guérison en cours et c’est pourquoi il est malvenu de les réprimer tant qu’elles sont supportables et que les organes ou systèmes essentiels ne sont pas menacés.  N’ayant pas pris de fébrifuge, d’analgésique ou d’anti-inflammatoire, j’étais pleinement confiant que le caillot n’allait pas faire de vieux os et que mon sang allait retrouver sa fluidité provisoirement perdue. C’est ce qui s’est passé et je suis bien content d’avoir effectué cette traversée naturelle de la phlébite. Une odyssée téméraire ? Non pas : je pense avoir bravé un bien moindre danger que si j’avais cédé à la peur et  confié mon sort aux docteurs. Dimanche dernier, le compagnon de ma belle-mère s’est vilainement ouvert le coude en se cognant très légèrement à une portière de voiture. En voyant nos  mines ahuries devant ce début d’hémorragie, il nous a confié être sous anticoagulants…