Formé pendant plus de 20 années dans plusieurs écoles de psychanalyse, Thierry Gaillard est spécialisé (et passionné !) en herméneutique, phénoménologie, intégration transgénérationnelle et états de conscience modifiés. Il est l’auteur d’une relecture révolutionnaire du mythe d’Œdipe, qui ouvre la voie à une nouvelle psychologie des profondeurs. En remontant aux sources des sagesses ancestrales, il éclaire la connaissance par les Anciens des lois transgénérationnelles que l’on redécouvre dans les thérapies contemporaines. Rencontre avec un homme au confluent des courants de la connaissance de soi.

 

Certains noms sont prédestinés.  Voilà en tout cas un sacré… Gaillard ! À la croisée  des sciences dures et des sciences humaines, ce psychanalyste herméneute s’inscrit loin des dogmes psychanalytiques. Son site Internet affiche à son fronton version 2.0, la célèbre inscription du temple de Delphes : « Connais-toi et tu connaîtras l’univers et les dieux. » C’est là toute la raison d’être de ses recherches et de son accompagnement : la connaissance de soi, afin d’advenir pleinement comme sujet et interagir sainement avec les autres. Pratiquant le yoga, sensibilisé aux thérapies énergétiques, « voyageur » chamanique, cet homme à l’esprit curieux et ouvert est un jeteur de ponts féconds entre sagesses traditionnelles et connaissances contemporaines. Quintessence d’un échange foisonnant, qui m’a donné l’impression vivifiante d’assister à un enseignement. Transmission de pensée.

Quelles sont les pierres angulaires de votre formation ?

Après un bac scientifique et un premier propédeutique en sciences mécaniques à l’école polytechnique (EPFL), je suis passé des sciences « dures » aux sciences humaines pour faire d’une pierre deux coups, en associant réflexions existentielles et spirituelles avec des études en psychologie. Au sortir de l’université, c’est la découverte de la psychanalyse qui m’a m’ouvert aux réalités du psychisme que l’on n’étudie malheureusement pas dans les universités suisses. Ainsi, ai-je travaillé à mes débuts avec de jeunes psychotiques, au moyen d’outils psychanalytiques. Lorsqu’ils étaient en pleine décompensation, j’ai expérimenté que le mot juste permettait de les ramener « dans leurs pompes ». Du coup, ils étaient traités avec un minimum de médicaments. C’est tout un horizon qui s’est ouvert, dont on ne reçoit pas les clés dans les formations universitaires suisses.

À la lumière de vos ouvrages et de votre parcours, je dirais qu’il y a du philosophe dans le psychanalyste que vous êtes…

(Rire) Je dois cette ouverture et cette interpénétration de la philosophie à mes études post-grade réalisées à la City University de New York. J’y ai découvert une autre façon d’aborder la psychologie… et surtout la passion de la différence et de la nouveauté qui caractérise les grandes universités américaines. Contrairement à notre vieille Europe, on ne cherche pas à y dresser une école contre une autre. Le débat fait partie intégrante de leur culture ! Au travers des cours de philosophie, d’histoire des sciences humaines, de phénoménologie, de psychologie culturelle, d’éthique, on stimule la discussion constructive entre disciplines. Ce sont là les bases élargies d’avant la psychologie, sans lesquelles il est difficile, je trouve, d’avoir le recul nécessaire et d’avancer. On retrouvait cette diversité dans la psychanalyse, historiquement. Aujourd’hui, c’est nettement moins le cas, les écoles de psychanalyse étant assez fermées… quoi qu’elles en pensent ! Mon passage dans cette université américaine, véritable plateforme du monde, a été une période passionnante, où j’ai côtoyé des chercheurs américains, russes, japonais… J’en ai conservé une curiosité et une ouverture à la diversité. Je trouve qu’il y a toujours quelque chose d’intéressant dans les avis des autres…

Vous semblez évoluer comme un poisson dans l’eau dans cette posture de pont, à cheval entre sciences dures et sciences humaines, entre sagesses ancestrales et connaissances actuelles…

Je trouve que c’est intéressant d’avoir un pied de chaque côté… (Il réfléchit) Les sciences dures constituent, pour moi, un apport intéressant, par rapport à l’épigénétique et au transgénérationnel (les chiffres, en psychogénéalogie, occupent une place importante). Vous savez, on rencontre beaucoup de complexe « scientifique » chez les psy… et vice-versa. Une vision trop scientifique, trop médicale de la psyché, nous fait perdre la symbolique du sujet. Sinon, j’ai en effet beaucoup travaillé à la transition entre traditions et société moderne – vous retrouverez cette articulation dans mon livre, « Sophocle thérapeute ». Il y a un oubli flagrant de notre culture, de notre civilisation, des sagesses ancestrales, notamment en ce qui concerne la question des ancêtres et l’approche du transgénérationnel. Originellement, chercheurs et penseurs antiques avaient d’ailleurs un pied des deux côtés (penser, c’était panser…) : ils pratiquaient l’étude des choses scientifiques, mais ils avaient aussi des connaissances chamaniques, des dons de guérisseur. Le progrès, notamment sur le plan des bases médicales, allait bientôt opposer sciences et connaissances traditionnelles, qui seront alors refoulées. Cette sagesse sera récupérée, en quelque sorte, sous le vocable « mythologie » (Platon) – ce qui va contribuer à discréditer ces savoirs symboliques… À travers mes recherches et ouvrages, j’interroge ce point de rupture, loin d’être négligeable, notamment sur le plan transgénérationnel.

Voulez-vous dire que ce point de rupture a contribué à refouler l’héritage transgénérationnel ?

Absolument ! Les débuts de la démocratie marquent un changement politique. Jusque là, les décisions incluaient la parole des ancêtres, vivants et morts. Les mêmes vivants étaient les héritiers naturels de ce que leurs ancêtres avaient fait de bien et de mal – ce qui pouvait les mener, contraints et forcés, jusqu’à l’exil. On profite de ce changement politique pour assouplir la rigidité de ces lois. Cela permet d’effacer la dette et d’offrir une nouvelle chance de repartir à 0 – comme si tout le monde était égal. Ce faisant, on a refoulé une partie du bagage transgénérationnel des ancêtres. En effet, ces lois, certes rigides, reflétaient une certaine conscience de l’héritage et du bagage transgénérationnels. Avec ce refoulement, on perd une filiation aux origines. Cette coupure avec les racines a contribué à la construction d’un individu « Œdipiannisé » – c’est-à-dire qui a refoulé ses liens aux premières racines (père/mère). C’est pourquoi cette thématique Œdipienne est au centre de mes recherches et de mon approche transgénérationnelle.

De quelle manière ce changement de paradigme entre-t-il en résonance avec nos problématiques et défis actuels de société ?

L’émergence de cet individu « Œdipiannisé » coïncide avec la création du sujet citoyen. Auparavant, on était traditionnellement des enfants de la terre. Avec l’avènement d’Athènes, on assiste à un exode rural. Les sujets citoyens se plient aux lois de la cité et perdent de vue les lois de la nature. Ce changement de paradigme déploie des thématiques éminemment actuelles – liées à l’écologie, au climat, à l’instrumentalisation des ressources naturelles, etc.  

D’où est né votre intérêt de psychanalyste pour le transgénérationnel ?

J’ai découvert le transgénérationnel en étudiant l’ouvrage « L’écorce et le noyau » de Abraham et Torok, au cours d’un séminaire que proposait le psychanalyste lausannois, Claude Béran. J’ai été passionné par cette approche qui conjugue phénoménologie (vivre « ici et maintenant ») et psychanalyse, et permet ainsi un approfondissement salutaire, me semble-t-il, pour la psychanalyse. Le transgénérationnel réclame d’entrer dans la dimension symbolique, de sortir des limites du temps. Ce « hors-temps » nous place dans le présent. Or, toutes les histoires inachevées sont (et se rejouent) dans le présent – pas seulement nos propres histoires, mais aussi les histoires familiales et culturelles. On va donc plus loin que la notion d’inconscient individuel. L’évolution de la psychanalyse vers le transgénérationnel, c’est un peu comme l’évolution de la physique Newtonienne vers la physique quantique ! Cela permet, entre autres, de réintégrer les apports formidables des dissidents (de Freud), à commencer par Jung. 

Quel est le lien avec votre propre chemin de vie ?

Un thérapeute qui a voyagé du côté de ses ancêtres, vers ses origines, offre une oreille préparée qui soutient ses clients dans leurs propres explorations de leurs origines. Après quelques années d’analyse classique, avec la lecture de Abraham et Torok, j’ai ressenti le besoin de m’engager plus profondément, au-delà de mes parents, vers mes grands-parents et même plus loin (famille élargie…). Même s’il restait silencieux, je voyais bien que mon psychanalyste n’y comprenait rien, parfaitement imperméable à tout cela ! Alors, pour me guider dans cette aventure, je me suis appuyé sur Sophocle et les grands esprits de son époque. Sophocle est devenu mon psychanalyste (Rire) ! Car, entre les lignes de son mythe d’Œdipe, il nous a laissé un enseignement de très grande valeur, tout à fait pertinent pour aujourd’hui. Lui-même était l’héritier d’une tradition de guérisseur. Avec son mythe d’Œdipe, il présente certains principes de guérison employés à Épidaure, ce sanctuaire dédié à Asclépios (dieu de la médecine, dont le symbole, le serpent, est emblématique de nombreuses traditions chamaniques). Le processus thérapeutique d’incubation par les rêves n’est pas sans rappeler la cure (analytique). C’est Sophocle qui a introduit l’enseignement d’Asclépios à Athènes, ce qui n’est pas rien lorsque l’on se place dans la culture de l’époque. Comprendre tout cela m’a beaucoup aidé à mieux me comprendre moi-même. Cette étude de l’héritage antique m’aide à présent à saisir efficacement les dynamiques transgénérationnelles de mes clients.

En quoi votre « nouvelle interprétation d’Œdipe » est-elle différente ?

Mon interprétation réhabilite des messages traditionnels et spirituels de la grande l’époque Athénienne. Dans la perspective antique, il importe de tenir compte de la dernière pièce de Sophocle, « Œdipe à Colone » qui est son œuvre testamentaire – les Anciens accordaient beaucoup d’importance aux dernières œuvres et ultimes paroles d’un homme qui venaient éclairer toute sa vie. Il s’agit aussi de dédramatiser l’histoire d’Œdipe. Car il ne s’agit pas d’une histoire réelle, mais d’un mythe, d’une métaphore qui renvoie à des réalités psychiques et spirituelles hautement significatives. Le mythe met en scène des réalités de l’âme. Bien entendu, comme pour tout enseignement ou initiation, il faut savoir distinguer le vrai du faux et ne pas se laisser obnubiler par les tabous. La métaphore est un piège pour l’esprit, et historiciser un mythe s’avère donc périlleux. Ainsi, l’inceste avec Jocaste (sa mère) n’est-il pas un passage à l’acte, mais bien une métaphore de la relation à la Mère-Terre – du rapport océanique au monde (présence à nous-même et à ce qui nous entoure).

Quelle est votre lecture, alors, du mythe d’Œdipe ?

Lorsqu’Œdipe découvre qui sont ses véritables parents, il se découvre lui-même, et c’est cela le plus important. La crise qu’il traverse est surtout une catharsis thérapeutique. Cette traversée – véritable initiation, jalonnée d’étapes vers la guérison – va lui permettre de mourir à sa première identité, de renaître. D’advenir enfin. Ce passage symbolique par la Terre-Mère illustre sa renaissance ; le passage de l’enfant à l’adulte. Jusqu’ici, Œdipe n’était que l’ombre de lui-même, un roi qui s’ignorait et qui avait conduit son royaume à sa perte (peste à Thèbes). Un tel processus est courant dans les récits et mythes des cultures traditionnelles. Et c’est ainsi qu’Œdipe, à nouveau en grâce avec les dieux, deviendra le héros garant de la prospérité de Colone. On est à milles lieues des interprétations patriarcales qui ont traumatisé plusieurs générations de psychanalystes (et leurs analysants).        

Quel éclairage ce mythe apporte-t-il justement dans un travail personnel et transgénérationnel ?

Le premier niveau de compréhension (liens à la mère et au père) n’est pas faux, mais il est trop superficiel, dans le sens qu’il dramatise la situation au lieu d’aborder le fond du problème qui relève de ses héritages transgénérationnels en manque d’intégration. Avec Œdipe, Sophocle nous a laissé un formidable modèle d’intégration transgénérationnelle ! Il montre que ce furent ses aliénations transgénérationnelles qui ont conditionné sa première vie, et que ce n’est qu’une fois qu’il les aura intégrées, qu’il s’en trouve transformé et libéré. Derrière les liens Œdipiens, il y a des histoires familiales inachevées. Et ce sont elles qu’il faut réécrire pour s’émanciper de ces liens. Il ne sert à rien de les refouler ou de les sublimer (ça ne fait que revenir, sous une forme ou une autre, et transmis aux nouvelles générations), c’est une perte d’énergie, non une libération. Bref, tout cela m’a montré à quel point, lorsqu’on est dans une démarche de recherche personnelle, on rencontre automatiquement ses héritages transgénérationnels. Ça se rejoue pour être intégré ; ce n’est donc pas négatif (même si ça peut être dramatique, à l’image de la condition humaine) !

Cela nous mène tout naturellement à l’intégration transgénérationnelle, qui est au cœur de votre approche… Comment la définissez-vous ?  

Elle permet de décrypter les secrets problématiques d’une filiation. En fait, je parle d’intégration transgénérationnelle pour évoquer une sorte de traversée (comme Œdipe de Thèbes à Colone) – un véritable travail sur soi, qui ne se résume pas juste à mettre en place des explications qui seraient au service de l’ego et bloqueraient un développement personnel. La question de l’intégration passe par une compréhension, c’est-à-dire par quelque chose qui fait sens et qui permet d’archiver l’histoire (pour qu’elle n’encombre plus le quotidien). Ce travail de digestion permet une restauration de racines plus profondes. Au contraire, une explication seule ne permet pas de se libérer, elle ne fait qu’offrir une contrepartie qu’il faut constamment investir… Et l’explication justifie les coupures ! Notre civilisation souffre d’une maladie de la coupure ; on croit qu’on résout les problèmes en (les) coupant. 

Quelles sont les principales étapes de cette intégration transgénérationnelle ?

La première étape est d’apprendre à tourner son regard vers l’intérieur, de cesser de
se focaliser sur les difficultés extérieures pour aller vers d’autres origines. Comme le disent les psychanalystes, pour qu’il y ait du symptôme il faut à la fois une problématique réelle et une problématique inconsciente non intégrée. Tant que celle-ci n’est pas travaillée, elle reviendra sous une forme ou une autre. Le voyage hors du temps, symbolique, peut alors commencer. Il renvoie à ce qui, dans l’enfance et chez nos ancêtres, n’a pas été intégré. Contrairement à la psychanalyse qui en reste au liens parentaux historiques, l’approche transgénérationnelle va plus loin, évite de figer l’analyse dans une simple dualité pour appréhender une perspective plus complexe et plus significative. Il est ainsi possible de renouer avec ses origines, avec les parties saines de ses origines pour « digérer » les héritages problématiques qui n’ont pas manqué de nous affecter. Au final, l’intégration suppose d’être en paix avec ses origines. J’explique cela dans mon livre « L’intégration transgénérationnelle » et sa version grand public, « Intégrer ses héritages transgénérationnels ». 

Comment émerger de sa famille pour épouser une voie singulière, voire hors-norme ?

Je commencerais, a contrario, en disant que celui qui n’émerge pas est le porteur de l’héritage aliéné à sa famille. Cet individu aliéné, piégé dans un statu quo, peut se trouver en souffrance… mais il peut aussi très bien vivre une existence totalement normale ; la coquille est vide, mais il ne s’en rend pas compte. Nous sommes, par ailleurs, dans une société qui fait tout pour nous anesthésier dans cette vie « normale », en nous proposant à tout-va de consommer. L’important est de redonner la parole au sujet, car on émerge de sa famille en devenant sujet. Mais pour advenir comme sujet, et sortir des aliénations, chaque histoire, chaque processus est différent ; je ne tirerais donc pas de généralités.

Advenir comme sujet sous-tend de ne plus être celui que l’on était… N’est-ce pas d’office se marginaliser par rapport à sa famille ?

Il ne s’agit pas de se marginaliser. En réalité, ce sont les familles elles-mêmes qui souvent se marginalisent d’un mode de fonctionnement ouvert et sain. Lorsqu’une famille refuse d’affronter ses aliénations, que certains de ses membres restent dans le déni et rejettent le fait d’aborder certains sujets, c’est elle qui s’éloigne et se marginalise des autres. Advenir comme sujet et sortir des aliénations ne se produit pas dans un rapport de dualité, mais dans le renforcement d’une unité. Une unité de sujet qui nous met en rapport avec le sujet chez l’autre (c’est ce qui se produit entre Thésée et Œdipe). Cette possibilité d’interaction, donc de transmission, entre sujets, fait que l’on devient plus humain. Dans ces circonstances, il est possible de rejoindre la famille humaine plus élargie, de trouver une famille de cœur, qui n’est alors plus forcément celle de sang. Thésée qui accueille Œdipe en tant que sujet en train de naître (et non pas en fonction de sa mauvaise réputation) se voit récompensé ; il devient une sorte de fils spirituel et hérite du secret de la prospérité, comme un legs positif que l’on offre à un fils spirituel.

Éclore en tant que sujet n’est donc pas une démarche égoïste ?

Au contraire ! Restaurer ce lien permet, comme je le disais, de rejoindre la communauté. Il ne s’agit pas de cultiver un ego plus fort, ni de se blinder, mais bien de se fondre dans des qualités d’être d’une plus grande humanité. Là où la psychothérapie peut amener à renforcer les défenses, ce que je propose, via l’intégration transgénérationnelle, est davantage une traversée, dont l’optique est donc bien d’advenir comme sujet. En cohérence avec soi-même, mais sans entrer dans l’adversité – ce qui différencie ce travail également de certaines approches de psychogénéalogie qui ont pour effets secondaires de bloquer les choses. La traversée permet de bien comprendre le pourquoi du comment des questions transgénérationnelles et de s’en libérer. D’où l’importance de la contribution du mythe d’Œdipe revisité qui apporte un enseignement très utile pour le transgénérationnel aujourd’hui. 

Quel est alors l’impact concret de cette nouvelle interprétation du mythe d’Œdipe sur votre accompagnement ?

Après une douzaine d’années passées à étudier cet héritage antique, j’ai une facilité pour décrypter les arbres généalogiques. J’arrive maintenant à saisir les dynamiques transgénérationnelles de mes clients en quelques séances. C’est la raison pour laquelle je peux offrir des consultations-supervisions à distance. À la lumière de l’arbre généalogique, je suis à même de soulever des éléments essentiels, d’orienter le travail vers d’autres voies. C’est une approche complémentaire qui peut permettre de dynamiser un travail personnel et de relancer de nouvelles pistes. J’adore faire ça ! C’est comme une résolution de problème… Cela me ramène à mes premières amours scientifiques (Rire) ! Je dirais donc que, oui, cette initiation dans l’œuvre de Sophocle a porté ses fruits. Si j’ai beaucoup écrit sur ce sujet, c’est pour partager et rendre plus accessible la sagesse des Anciens concernant le transgénérationnel.
 
POUR ALLER PLUS LOIN

Thierry Gaillard, www.thierry-gaillard.com 
À lire : Parmi les ouvrages de Thierry Gaillard, voici les plus significatifs pour appréhender son approche : La renaissance d’Œdipe. Perspectives traditionnelles et transgénérationnelles ; L’intégration transgénérationnelle. Aliénation et connaissance de soi et la version grand public Intégrer ses héritages transgénérationnels. Et mieux se connaître ; L’autre Œdipe. De Freud à Sophocle ; Sophocle Thérapeute. La guérison d’Œdipe à Colone. Tous sont édités chez Écodition.

Célébrités et transgénérationnel
Outre ses ouvrages personnels, Thierry Gaillard coordonne des ouvrages collectifs, dont le dernier-né « Le transgénérationnel dans la vie des célébrités » (Écodition, 2015) relève les causes et significations de destins extraordinaires (Camille Claudel, George Bush, Jack Nicholson, Freud, Aragon, Van Gogh…), mises en lumière par des spécialistes de l’analyse transgénérationnelle. « Il y a beaucoup de manières de montrer comment fonctionnent les lois transgénérationnelles, mais en analysant la biographie de quelques célébrités déjà connues du grand public, cela facilite l’exercice », explique Thierry Gaillard. Pertinentes, lumineuses, inouïes, ces analyses démontrent de quelle manière notre présent et nos agissement sont parfois conditionnés par d’anciens événements qui n’avaient pas été intégrés par nos aïeux.