Vous ai-je déjà raconté mon étonnante rencontre avec  un taximan qui voyait des cancers métastasés sur la route ? Je ne crois pas. La scène se passe il y a une quinzaine d’années à Bruxelles. Je venais d’assister à un séminaire du Dr Claude Sabbah sur « la biologie totale des êtres vivants », journée au cours de laquelle le médecin marseillais avait gratifié l’auditoire d’une phrase provocatrice dont il avait le secret. « Le cancer, nous avait-il lancé, ce n’est pas plus grave qu’un rhume ! ». Son intention n’était pas de choquer les malades ni de banaliser leur grave maladie, mais bien de montrer que les processus pathologiques d’une tumeur cancéreuse et d’une simple rhinite étaient semblables, qu’elles procèdent toutes deux d’un conflit psycho-émotionnel dont la somatisation est identiquement décidée par le cerveau archaïque  à des fins de survie. Ce sont deux programmes adaptatifs prévus par la nature et l’un ne devrait pas susciter l’épouvante et le désespoir alors que l’autre passe pour une péripétie. Ce soir-là, j’étais pressé de rentrer à la maison et j’ai renoncé au tram pour m’engouffrer dans un taxi. Mais après quelques hectomètres à peine, le véhicule « tombe » dans un embouteillage causé par des travaux sur la chaussée. Fataliste et un brin râleur comme la plupart des taximen, mon convoyeur me lâche alors qu’ « à Bruxelles, les chantiers routiers sont comme le cancer : quand il y  en a un qui commence, il y a des métastases partout ». Et moi de lui répondre à brûle-pourpoint, sans réfléchir une demi-seconde,  que « le cancer, ce n’est pas plus grave qu’un rhume »….

Je ne vous dis pas la tête du chauffeur dans le rétroviseur. Sur le coup, il m’a sans doute pris pour un fou et a dû regretter de m’avoir embarqué. Mais il a repris contenance et m’a demandé ce que j’entendais par là. En quelques phrases, je lui ai alors résumé les découvertes du Dr Hamer sur la genèse des maladies et sur leur sens biologique, y compris en matière de cancer. Là-dessus, le conducteur me confie que ça l’intrigue beaucoup parce qu’un de ses neveux a déclaré une leucémie et que ce drame familial lui fait énormément de peine. Grâce aux files immobilisant l’automobile, j’ai poursuivi sur ma lancée en lui racontant comment ma propre nièce  s’était guérie du même mal suite à la prise de conscience parentale initiée par un ami toubib. C’est une guérison que j’ai déjà relatée aux lecteurs du mensuel Néosanté  dans un éditorial intitulé « La leucémie, c’est de la vie ». Comme il est en ligne sur notre site, vous pouvez le (re)lire en cliquant ici . Non seulement le taximan n’a pas été dérouté par mon récit (l’intuition que les maladies ont un sens est beaucoup plus répandue qu’on ne le pense), mais il m’a encore pressé de questions jusqu’à la fin de la course. Et avant que je descende, il m’a demandé des références de livres et des noms de thérapeutes pratiquant cette approche. Malheureusement, je n’ai pas eu la présence d’esprit de prendre ses coordonnées et je ne connais pas la suite donnée à cette conversation. Elle m’a cependant beaucoup marqué car elle n’aurait pas eu lieu sans une série de coïncidences défiant les lois de la statistique. La probabilité que je converse précisément ce soir-là avec un type comparant des chantiers routiers au cancer et qui soit très concerné par le problème, me semble en effet très mince. J’y ai vu pour ma part une synchronicité, c’est-à-dire un hasard qui n’en est pas un, qui est chargé de signification et qui apporte une information  importante à qui est disposé à l’accueillir. Ce jour-là, j’ai véritablement compris que mon projet d’orienter ma carrière vers la divulgation des travaux du Dr Hamer n’était pas voué à l’échec. J’avais providentiellement rencontré des oreilles ouvertes à ce bouleversement du paradigme médical officiel…

Pour l’inventeur du vocable, le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Tout le monde en fait couramment l’expérience, par exemple quand on reçoit un appel ou qu’on rencontre inopinément la personne à laquelle on est en train de penser. Pour les cartésiens obtus, ce ne sont là que des coïncidences fortuites imputables au hasard. Ils oublient un peu vite que ce mot d’origine arabe signifie en fait « providence divine ». Plus exactement, le « al-zahr » était jadis un jeu de dés par lequel les joueurs musulmans interrogeaient les desseins d’Allah à leur égard. C’est en Occident que l’étymologie s’est perdue et que le substantif désigne  aujourd’hui quasiment le contraire de ce qu’il veut dire.  Dans la psychologie analytique jungienne, le hasard renoue avec son sens originel, à la différence près que la notion de dieu est remplacée par celle d’inconscient collectif agissant mystérieusement sur les destins individuels. À peu près à la même époque, la physique quantique et ses expériences sur la non-séparabilité sont venues démontrer que la science contemporaine rejoignait les traditions spirituelles plus qu’elle ne s’en écartait. La matière étant en réalité de l’énergie et celle-ci une vectrice d’informations, on sait désormais que les êtres vivants sont interconnectés sur un plan vibratoire et que cette interconnexion est affranchie des contraintes de l’espace, voire de celles du temps. Dans ses séminaires, Claude Sabbah  se fondait  à la fois sur les travaux de Jung et sur les recherches des physiciens quantiques pour postuler que les êtres vivants communiquent « de cerveau à cerveau » en dépit de la distance qui les sépare. Et qu’en dépit des apparences, il n’y a rien qui se produise fortuitement dans la vie d’un individu. Pour illustrer cette thèse, il s’amusait à interpeller « au hasard » deux personnes assises côte-à-côte dans la salle. Au bout de quelques minutes, ces deux participants se découvraient tellement de points communs (dates, lieux, enfance,  métiers…), de parcours similaires et d‘attentes complémentaires qu’il ne faisait plus de doute que leurs cerveaux inconscients  avaient poussé leurs corps à s‘asseoir l’un près de l’autre. L’éloquence de ces synchronicités provoquées avait de quoi convaincre les plus sceptiques.

À ma connaissance, Elisabeth Horowitz n’a jamais assisté à un cours de biologie totale. Elle est une spécialiste en  psychogénéalogie – une autre discipline intégrée par le Dr Sabbah dans son enseignement – mais c’est par un  autre itinéraire qu’elle est devenue une experte reconnue du transgénérationnel, c’est-à-dire de l’influence du vécu émotionnel des aïeux sur le parcours de vie et sur les maladies de leur descendance. Nous l’avions  interviewée en juin 2013 à propos de son livre sur « Les nouveaux secrets de famille ». Il y a quelques semaines, j’ai demandé à Carine Anselme de rencontrer à nouveau cette psychothérapeute et auteure passionnante. Sous le titre « Quelle coïncidence !», celle-ci a en effet récemment publié un nouvel ouvrage entièrement consacré au phénomène des synchronicités et des « hasards étranges » qui jalonnent toute existence humaine. Pour elle, ce sont des signes qu’ « une supra-conscience nous envoie des informations à décoder » pour nous aider à évoluer et à accomplir notre destinée. Ce serait le langage par lequel l’univers nous encourage à suivre une voie ou au contraire à rebrousser chemin. Un peu comme les panneaux de signalisation  guident l’automobiliste sur la route, à condition qu’il les aperçoive.  Bien sûr,  Carine  a demandé  à Élisabeth Horowitz si elle jugeait important de tenir compte des signes dans le domaine de la santé. Plus qu’affirmative, sa réponse a été formelle : il y aurait de nombreux feux oranges qui s’allument avant l’apparition d’une maladie, et même des feux rouges qui nous avertissent d’un péril mortel. Parmi ses conseils de prudence, elle donne  celui de ne pas se faire hospitaliser dans des lieux où des membres de sa famille sont décédés, ou celui d’éviter les médecins portant le même nom que certaines personnes du cercle familial. Par-dessus tout, l’écrivaine recommande d’être attentif aux coïncidences survenant à l’entame d’une relation amoureuse. La vie sentimentale conditionne tellement le bonheur et la santé que la « supra-conscience » semble multiplier les messages approuvant l’engagement ou alertant sur une mauvaise direction. C’est à ces moments-charnières qu’il convient d’être particulièrement  à l’écoute des synchronicités.

La bonne nouvelle, c’est que cette écoute peut être exercée et améliorée. Dans son livre et dans l’interview qu’elle nous a accordée,  Élisabeth Horowitz partage plusieurs trucs et astuces permettant d’aiguiser sa réceptivité et de distinguer les panneaux malgré le brouillard généré par la vie moderne stressante et trépidante. Elle suggère par exemple de tenir une sorte de « carnet de coïncidences » pour y noter les événements troublants ou surprenants de la journée, et pour les relire le soir à tête reposée. On y notera également les phrases que l’on surprend au vol en marchant dans la rue, les caractéristiques des personnes croisées, les numéros qui se présentent spontanément à notre vue.  « En y consignant les événements quotidiens, évitez de vous laisser influencer par des pensées telles que : ce n’est pas assez important ou cela n’a pas d’importance. Tous les événements concordants ne sont pas forcément extraordinaires, mais il s’agit de les examiner et de n’en rejeter aucun », conseille Élisabeth Horowitz. Au moment de classer et analyser les données de la journée, la psychothérapeute recommande de regrouper et de juxtaposer les faits, de sorte que les répétitions, simultanéités et micro-coïncidences  commencent à surgir de manière évidente. « Un autre exercice peut vous aider à faire des liens : chaque soir, avant de vous endormir, relaxez-vous et déroulez le film de votre journée, repassez en mémoire les événements du matin, ceux de l’après-midi et de la soirée, scène par scène, dans l’ordre chronologique. Vous remarquerez une somme de petits éléments passés inaperçus, nombre de détails importants que votre conscience n’a pas retenus sur le moment. Faites aussi l’exercice en sens inverse : de la fin de la journée vers son début. » préconise encore Élisabeth Horowitz. Selon elle, n’importe qui peut devenir rapidement capable de distinguer les vraies synchronicités des synchronies insignifiantes. « Plus on observe les signes, plus on est en osmose avec ce langage de l’univers ». Vous initier  ainsi à la magie de la vie et à une dimension de la santé dissimulée par une médecine par trop rationaliste et matérialiste, c’est ce que je peux vous souhaiter de mieux en cette année 2018 aussi riche en menaces qu’en promesses de renouveau. Durant ces douze prochains mois, Néosanté sera toujours là pour vous aider à décoder ce qui peut l’être.

Yves Rasir