Après 66 numéros du mensuel  Néosanté  et près de 220 numéros de la lettre hebdomadaire, tout reste encore à faire : une grande majorité de gens reste accrochée au paradigme médical officiel et demeure persuadée que les maladies ne sont que très rarement d’origine psycho-émotionnelle. Que la plupart des médecins pensent de la sorte, je peux très bien le comprendre.  Comme je l’ai déjà souligné, les étudiants en médecine  ne reçoivent que quelques de cours sur la psychomatique. Non pas quelques heures par semaine, par mois ou par an, mais à peine quelques heures sur l’ensemble de leur cursus ! On ne peut donc guère compter sur l’allopathie classique  pour être ouverte à la causalité psychique des pathologies somatiques. Et comme les patients font naturellement confiance à leur toubib, on peut également comprendre que l’influence de l’esprit sur le corps soit encore si négligée en ce début de 3ème millénaire. En revanche, je suis toujours surpris et un peu déçu que certains de nos lecteurs continuent d’adhérer à la vulgate matérialiste et dualiste selon laquelle le stress et les émotions n’ont pas, ou à peine, le pouvoir de rendre malades. Régulièrement, je reçois du courrier ou du courriel critiquant cette « théorie » et faisant valoir que d’autres fauteurs de troubles sont à blâmer : les gènes, les microbes, la pollution et bien sûr l’alimentation moderne.

Ces objections saturent surtout ma boîte mail lorsque j’aborde le sujet du cancer, une maladie dont la médecine académique exclut effectivement qu’elle puisse être causée par le seul psychisme et qu’elles attribue tantôt aux mutations aléatoires de l’ADN, tantôt à des facteurs environnementaux et à un mode de vie funeste. Suite à l’infolettre intitulée « Le crabe n’est pas dans l‘assiette », je me suis évidemment ramassé une nouvelle volée de griefs et de messages désapprobateurs. C’est un peu usant mais c’est aussi très chouette, car ça me permet d’identifier ce qui est mal compris dans mes propos et de repérer les objections les plus courantes. C’est à trois d’entre elles que je désire aujourd’hui répondre afin, si je puis dire, de plaider pour ma chapelle psychosomatique.  Les voici résumées en gras avec, à leur suite,  mes arguments développés brièvement :

  1. Beaucoup de personnes vivent des situations très stressantes sans faire de cancer.

    Si elle semble coulée dans le bronze du bon sens, cette objection manque pourtant de la plus élémentaire logique. Par exemple, si je vous dis que « tous les hommes sont barbus », vous saisissez immédiatement que cette phrase est fausse tant les individus glabres et imberbes courent les rues. En revanche, si j’inverse la proposition en déclarant que « tous les barbus sont des hommes », vous admettrez volontiers qu’elle a 99% de chances d’être correcte. Quand ils dénigrent la médecine nouvelle ou la biologie totale, leurs détracteurs leur font dire que tous les hommes sont barbus (le stress rend malade) alors que ces deux disciplines se contentent d’affirmer que tous les barbus sont des hommes (les maladies proviennent du stress). En clair, le fait que beaucoup de gens résistent au stress sans le somatiser n’empêche pas que toute somatisation soit imputable au stress. Pour le dire autrement et selon une formule fréquemment employée en science, « l’absence de preuve n’est pas une preuve de l’absence ». Pour sortir de cette confusion, il faut être bien informé que la pierre angulaire de la psychobiologie, c’est la notion de ressenti.  Même très intense, un choc émotionnel ne sera pas pathogène s’il n’est pas ressenti comme tel. Par exemple, vous serez complètement indifférent au décès de votre belle-mère, voire plutôt content(e), si celle-ci  était une veille harpie grincheuse. Si elle était au contraire une femme charmante et que vous la considériez comme votre deuxième maman, vous en serez affecté(e) au point de ressentir la perte très douloureusement. Tout dépend de l’émotion ressentie et non de l’événement en lui-même. Et quand bien même le choc émotionnel est durement ressenti, encore faut-il qu’il prenne complètement au dépourvu, qu’il  laisse désemparé, et qu’il soit vécu dans le silence ou l’isolement. Ajoutés dès le début ses travaux par le Dr Hamer, ces deux autres critères pathogéniques  sont  également toujours oubliés par ceux qui le pourfendent. Le médecin allemand a trouvé que l’écrasante majorité des barbus sont des hommes et les raisons pour lesquels tous les mentons ne sont pas poilus. C’est une trouvaille capitale mais qui ne peut être appréciée à sa juste valeur si on persiste à lui faire dire que la pilosité est une fatalité virile. Tout cancer, ou presque, est déclenché par un conflit ressenti comme un drame. Ce qui ne signifie nullement que toutes les tragédies humaines donnent lieu à des conflits psychiquement ingérables. J’espère que la nuance est désormais bien assimilée…

  2. Le cancer est plus fréquent aujourd’hui alors que nos aïeux n’avaient pas la vie belle.
  3. En apparence, cette objection est tout aussi pertinente que la précédente : si le cancer était une maladie psychosomatique,  on n’assisterait pas de nos jours à une telle aggravation de son incidence. Au contraire, les pathologies cancéreuses auraient dû se raréfier car nos parents et grands-parents ont vécu une vie plus stressante que la nôtre avec deux guerres mondiales, la grande crise de 1929 sans protection sociale, la misère et même la disette pour beaucoup de familles. Jadis, le travail était encore plus précaire, la violence plus répandue, les morts par homicide  plus nombreuses, bref,  la vie était plus dure à tout points de vue. Que répondre à cela ?  D’abord qu’il ne faut pas se laisser duper par les statistiques.  Si le cancer est un fléau en pleine croissance, c’est d’abord et avant tout parce qu’on en diagnostique davantage. D’une part parce que les seniors vivent plus longtemps et d’autre part parce que la médicalisation à outrance et le dépistage  systématique alimentent les compteurs. Qui cherche trouve : le dicton vaut aussi pour les tumeurs. Ensuite, ne perdons pas  de vue la pierre angulaire évoquée ci-dessus : seul le ressenti est pathogène et non les événements intrinsèquement. Que nos ancêtres aient eu une vie moins confortable et moins rose ne signifie pas nécessairement que les occasions de  somatiser  étaient plus courantes. Au demeurant, cet argument « psycho-sceptique » peut aisément être retourné en scepticisme environnemental : les guerres d’antan furent synonymes de privations alimentaires et les carences nutritionnelles étaient autrefois  omniprésentes sans impacter le taux de cancer. Au contraire, plus le contenu de l’assiette s’est amélioré, plus le crabe s‘est invité dans les chiffres de mortalité. Enfin, soyons assez sages  pour ne pas comparer les contextes psycho-émotionnels d’époques incomparables. Par exemple, il  y a peine plus d’un siècle, le mariage d’amour était plus l’exception que la règle.   Et il y a seulement cinquante ans,  le divorce était rarissime.  En termes de relations sentimentales, il n’y a donc pas photo. Au lieu de postuler qu’une société banalisant la séparation des couples et le déchirement des familles soit plus enviable et moins stressante, on peut imaginer exactement l’inverse. Pour ma part, je suis convaincu que la prévalence affolante des cancers du sein  et de la prostate a bien plus à voir avec l’évolution de la vie intime qu’avec de quelconques conditions extérieures matérielles. Plus globalement, je crois que le « bon vieux temps » était moins propice aux somatisations cancéreuses du fait que le seuil d’émotivité y était plus bas et – cela expliquant peut-être ceci –  qu’on y accordait moins d’importance aux sentiments. Selon une lecture qui m’est personnelle, le contraste entre nos exigences romantiques contemporaines et la crue réalité des moeurs  forme un cocktail autrement plus  cancérigène que les guerres et les crises économiques.

  4. Contrairement au stress, dont le potentiel cancérigène demeure à démontrer, d’autres causes sont capables d’engendrer la maladie.
  5. Cette troisième objection est tout aussi légitime si l’on s’en tient aux  rengaines de la médicine officielle reprises en chœur par les journaux de médecine naturelle. Je m’inscris cependant en faux : ce qui est prouvé, c’est que de multiples facteurs de risque favorisent les emballements cellulaires qu’on appelle cancers. Le tabac, l’alcool, la pollution et le déséquilibre de l’alimentation sont clairement impliqués dans l’expansion des maladies cancéreuses. Pour ma part, je suis surtout inquiet  des perturbateurs endocriniens, je redoute que les vaccins  et leurs effets sur l’immunité soient sous-estimés, et j’attire régulièrement l’attention sur le facteur iatrogène, à savoir la toxicité  des médicaments et thérapies chimiques. Mais des facteurs de risques, ce ne sont pas  des causes. Une cause, c’est ce que vous devez retrouver dans  presque 100% des anamnèses chez presque 100% des patients.  Par exemple, au 19ème siècle,  on s’est aperçu que la quasi totalité des personnes atteintes du cancer du scrotum exerçaient le métier de ramoneur. Il fut facilement établi que le frottement de la suie sur le tissu péritesticulaire était responsable de sa cancérisation. Ce serait divaguer que d’invoquer un conflit émotionnel sous-jacent chez les nettoyeurs de cheminées. De même, tous les premiers pompiers accourus à Tchernobyl après l’explosion du réacteur sont certainement décédés d’irradiation massive. En revanche, je ne vois quels autres cancers peuvent être attribués à leurs facteurs de risque. Même le cancer  de la thyroïde n’a pas explosé en Biélorussie ; même le cancer de la plèvre concerne une petite minorité de gens en contact avec l’amiante ; même le cancer du poumon affecte 15% de personnes qui n’ont jamais fumé. Ce qui est par contre démontrable, c’est que 100% des cancéreux pulmonaires ont ressenti une violente peur de mourir avant de déclarer leur maladie. Bien sûr, il faut tenir compte de l’accumulation multifactorielle. Si vous fumez comme un turc, buvez comme un trou, mangez n’importe quoi, ne faites aucun sport,  habitez en bord d’autoroute et jardinez vos plates-bandes à coup d’herbicides,  le niveau d’intoxication peut être suffisant pour vous expédier chez l’oncologue. En dehors de ces cas exceptionnels, ce dernier sera cependant bien en peine de distinguer un facteur méritant l’épithète « causal ». La cause du cancer,  c’est dans le cerveau que le Dr Hamer l’a cherchée et qu’il l’a trouvée, scanners cérébraux à l’appui ! Certes, cette avancée médicale extraordinaire est encore loin d’être scientifiquement reconnue. Il n’empêche que des centaines de thérapeutes à travers le monde en ont vérifié la validité en retrouvant, chez des milliers de patients, un surstress psychiquement ingérable ayant précédé de peu l’apparition de la maladie. Ils n’y arrivent pas à tous les coups ? Ça ne veut pas dire que la causalité émotionnelle ne flirte pas avec le plafond des 100%. Absence de preuve n’est pas preuve de l’absence….

     

Yves Rasir