Pour illustrer le pouvoir pathogène des chocs émotionnels,  les praticiens de médecine nouvelle ou de biologie totale évoquent volontiers la cécité de Ray Charles. Le célèbre chanteur noir américain décédé en 2004  est devenu aveugle après avoir vu son jeune frère se noyer dans une bassine d’eau. Sans être un expert en décodage biologique, on comprend facilement que la maladie ayant condamné  le génie de la soul à ne plus voir est la « solution parfaite du cerveau» à un grand stress visuel. Pour survivre à un tel drame, l’inconscient choisit d’annihiler le sens de la vision meurtri par un sévère  « conflit de souillure ». S’il s’agit d’une maladie génétique héréditaire, l’événement s’est produit  dans la généalogie et le gène défectueux du descendant exprime la souffrance inexprimée d’un de ses ancêtres. Selon une hypothèse psychogénéalogique,  l’exploration de l’arbre familial et la découverte du traumatisme originel pourraient cependant interrompre la transmission transgénérationnelle  et mettre un terme à la fatalité pour les futurs enfants. Voire atténuer les symptômes du malheureux héritier chez qui l’anomalie est détectée. Il se raconte que le Dr Hamer a même amélioré une patiente trisomique en situant l’origine de ce défaut chromosomique dans un stress auditif extrêmement traumatisant pendant la grossesse. Grâce à  une thérapie de type « Tomatis » (voix de la mère filtrée),  les signes de mongolisme se seraient estompés jusqu’à devenir à peine visibles.  C’est une information que je n’ai jamais pu vérifier mais que je tiens de plusieurs sources fiables. 
 
C’est ce que j’ai raconté la semaine dernière à une de mes nièces, dont le premier garçon est atteint de rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative de l’œil évoluant généralement vers la cécité. Le pauvre bout de chou voit déjà très mal dans l’obscurité et  il commence à se cogner partout malgré ses épaisses lunettes. Les spécialistes sont pessimistes et craignent qu’il ne devienne rapidement aveugle. Je croyais allumer une lueur d’espoir mais la fille de ma sœur  m’a rembarré en refusant tout net d’investiguer  dans la famille de son père et en tournant les talons devant la piste psycho-émotionnelle. « D’ailleurs,m’a-t-elle écrit, Ray Charles a commencé à perdre la vue un an avant le décès tragique de son petit frère ». Là, je vous avoue être tombé des nues.  Où allait-elle chercher ça ? D’où tenait-elle cette histoire de maladie oculaire ayant précédé la noyade ?  En surfant un peu sur le net, j’ai rapidement compris l’origine de son raidissement dubitatif :  la toile est effectivement remplie de notices biographiques indiquant que Ray Charles aurait souffert d’un glaucome congénital le privant progressivement de l’usage des yeux. Pour ne prendre qu’un exemple, la page Wikipédia consacrée au génial jazzman situe le départ de son affection à l’âge de 4 ans,  soit 2 ans avant la tragédie, en qualifiant néanmoins ce diagnostic de « non officiel ». D’autres sites y vont  franco en affirmant que la  graine de star était déjà malvoyante à la naissance et qu’elle a aggravé son cas en prenant la funeste habitude de regarder le soleil en face, sans protection solaire. Une autre mini-biographie, probablement celle consultée par ma nièce,  soutient que ses problèmes de vision  ont démarré un an avant le dramatique accident. 
 
C’est très curieux car le film « Ray », sorti en 2004 et salué par la critique (Oscar du meilleur acteur pour Jamie Foxx) est considéré comme très fidèle aux faits, et notamment à l’enfance de Ray Charles. Or si mes souvenirs sont bons, ce biopic n’évoque à aucun moment une maladie des yeux  antécédente  au spectacle atroce du petit frère adoré mort dans la bassine. Pour en avoir le cœur net, je me suis procuré illico les trois livres parus en français sur le musicien de légende, dont deux sont des traductions de l’américain basées sur  des témoignages de première main.  J’ai lu les chapitres consacrés à l’enfance du futur monstre sacré et je n’y ai trouvé aucun élément suggérant qu’il souffrait déjà des yeux avant l’accident. Au contraire, ces biographies nous racontent que le petit prodige avait si bonne vue  qu’il courait tous les jours pour aller suivre les leçons de piano que lui donnait le pianiste d’un bar voisin. Le  petit élève impressionnait par sa capacité à observer son mentor et à reproduire les accords joués sur le clavier. Les trois livres nous racontent que cette vie insouciante s’est brutalement interrompue un après-midi de 1935 lorsque Ray n’a pas réussi à sauver  son  frère chéri en train de  se noyer sous ses yeux. Et les trois livres précisent que les problèmes oculaires de Ray ont commencé quelques mois après le drame, sous forme d’un épais mucus qui  lui collait les paupières et lui ulcérait la rétine. Le diagnostic de glaucome juvénile congénital n’a été posé que plusieurs mois plus tard, lorsque le médecin local a envoyé Ray chez un ophtalmologue de la ville voisine. C’est ce dernier qui, ignorant tout des événements antérieurs, aurait émis l’hypothèse de la maladie héréditaire imputable à la fatalité. Et c’est à partir de là que la rumeur a commencé à circuler jusqu’à être prise pour argent comptant. Établi à posteriori, le diagnostic ne repose sur aucune preuve  médicale et n’est rien d’autre qu’une supposition avancée par un toubib en mal d’explication rationnelle.  Selon la biographie signée Michael Lydon, la plus détaillée,  le brave ophtalmo de la clinique n’est même pas l’ « inventeur » du postulat génétique :  c’est « des années plus tard que  les médecins supposèrent l’existence d’un glaucome congénital ». Bref, cette fable repose sur  du sable et ne fait qu’illustrer l’incapacité de la médecine officielle à prendre en compte le facteur émotionnel dans la genèse des maladies. Si ce terme n’était pas  galvaudé, on pourrait carrément parler de négationnisme puisqu’il y a eu falsification des faits et de leur enchainement chronologique au profit d’une thèse difficilement défendable. Sur les causes de la cécité de Ray Charles, la corporation médicale s’est littéralement auto-aveuglée ! Le problème, c’est que la fake-news a fait carrière et qu’elle s’est reproduite partout sur le web. Même si l’adverbe « probablement » n’a pas complètement disparu, la toile et ses biographes amateurs déforment la réalité et trompent les internautes trop pressés  et trop crédules comme ma nièce. 
 
 Celle-ci et toutes les personnes concernées par un pronostic de cécité  feraient bien de méditer cet autre passage relevé dans la biographie de Ray Charles  par Michael Lydon : « Adulte, Ray Charles décrira cette épreuve d’une manière très détachée. « Ce n’est pas aussi terrible qu’on le pense, dira-t-il, je n’ai jamais eu vraiment peur ». Pourtant, quand les larmes épaisses commencèrent à couler de ses yeux, RC était encore sous le choc de la mort de son frère. RC était une proie facile pour la douleur, qui mêla les deux tragédies en une seule et même étape, un tournant décisif dans la vie de Ray. Après avoir perdu son frère, RC vécut peut-être sa cécité comme la suite logique de ses malheurs. « J’ai vu le mal, à présent je ne vois plus. J’ai fait le mal, et à présent le mal est en moi ». Tels étaient les murmures indicibles, comme nous en entendons tous, qui hantaient le petit RC ».Cet extrait est un trésor à sortir de l’oubli parce qu’il renferme la clé de la cécité de Ray Charles : celui-ci ne se considérait pas seulement comme le secouriste impuissant de son frangin très aimé mais comme le responsable et le coupable de sa mort ! Et il vivait véritablement sa maladie comme la punition de sa négligence impardonnable. Voilà qui donne entièrement raison à des psychosomaticiens comme le Dr Jean-Claude Fajeau ou le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte. Tout en souscrivant aux découvertes du Dr Hamer, ceux-ci estiment qu’une maladie non-guérie n’est pas seulement l’expression d’un conflit non résolu mais qu’elle serait aussi la « compensation symbolique » d’un insoutenable sentiment de culpabilité. Peut-on trouver plus éclatante confirmation de cette interprétation ? Dans le même ouvrage , j’ai également trouvé un détail qui vaut son pesant d’or : c’est APRÈS le drame que, d’après ses souvenirs,  Ray Charles s’est mis à contempler le soleil les yeux ouverts. Imprudence aggravante ? Autopunition inconsciente ? On pourrait aussi imaginer que, mû par un mystérieux instinct, le garçon malade ait cherché un outil de guérison à la mesure de son malheur, cette étoile bienfaitrice qui est le symbole immémorial du Père ! Je vous invite à (re)lire le dossier « Regarder le soleil, les atouts santé d’une méthode risquée » que nous avons publié dans Néosanté ( N° 58, juillet-août 2016) et je vous laisse réfléchir à cette conjecture vertigineuse. Que se serait-il passé si Ray Charles avait supporté la douleur et si les médecins ne l’avaient pas amputé des yeux ? 
 
Mais avant de vous quitter, j’aimerais vous rappeler le décodage de la vie de Ray Charles que nous avons également publié dans Néosanté et que vous pouvez en partie retrouver sur le net en cliquant ici. Dans ce texte, Christian Flèche note avec à-propos que le plus grand tube de Ray Charles est sans conteste « Georgia on my mind » (Georgia dans ma tête). Bien sûr, c’est une chanson d’amour adressée à sa Georgie natale,  l’État dont le chanteur noir était originaire et qui l’avait banni pour infraction à la ségrégation raciale avant de le réhabiliter en le faisant citoyen d’honneur. Mais on ne  peut évidemment  pas s’empêcher  de penser que son petit frère décédé s’appelait… George. Et qu’à chaque fois qu’il interprétait ce grand standard, le chanteur aveugle devait forcément associer dans sa mémoire son cher frère disparu et sa chère Georgie. Le refrain lui-même (« Je ne trouve aucune paix, juste une vieille chanson douce qui garde Georgia dans mon esprit ») n’est-il pas transparent ?  Consciemment ou à l’insu de son cortex, « The Genius » a fait de son indicible souffrance, du drame de sa vie,  une magnifique chanson et une authentique œuvre alchimique transmutant son enfer intérieur en beauté artistique. Hasard et coïncidence ? Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir….