Pour l’essentiel, notre mensuel Néosanté est alimenté par les quelques journalistes professionnels qui y collaborent et par des praticiens de santé, médecins ou (naturo)thérapeutes. Sa partie centrale, le Cahier Décodages, est généralement l’œuvre de notre auteur Bernard Tihon, tandis que Jean-Philippe Brébion anime sa chronique  l’Évidence du Sens . Mais il y a aussi plusieurs rubriques que j’ai le plaisir de rédiger moi-même. Notamment la rubrique Nutri-Infos, où j’évoque les recherches de pointe dans le domaine de l’alimentation,  et la rubrique Espace Livres, où je recense chaque mois les sept ouvrages les plus intéressants parmi tous ceux reçus en service de presse.  Il y a surtout la rubrique Santéchos, qui occupe deux pages à l’avant du journal, juste après mon éditorial.  Comme son nom l’indique, cette rubrique est constituée de brèves nouvelles sur la santé. En général, ce sont des résumés et des commentaires d’études scientifiques dont je glane les résultats via des publications médicales ou des sites spécialisés. La collecte des infos nécessaires à la rédaction de ces échos est très stimulante car j’y retrouve souvent la confirmation de ce que nous défendons, à savoir l’influence prépondérante du psychisme dans la genèse des maladies. Chaque jour davantage, la science apporte de l’eau au moulin de la médecine nouvelle du Dr Hamer et  de la biologie totale du Dr Sabbah.

Dans le prochain numéro, je vais par exemple vous parler d’une étude menée à l’Université de Boston (États-Unis). Basée sur le suivi de 32.000 hommes entre 1992 et 2010, cette recherche fait état d’une réduction significative du risque de cancer de la prostate proportionnelle à la fréquence d’éjaculation. Chez les hommes âgés entre 20 et 29 ans qui connaissent l’orgasme au moins 21 fois par mois, le risque de développer une tumeur prostatique est réduit de 19% par rapport à ceux qui éjaculent moins de 8 fois.  Pour la même fréquence de jouissance, la diminution du risque est de 22% chez les quadragénaires. Pour les auteurs, l’éjaculation régulière constitue donc un bon moyen de prévention qui pourrait réduire les traitements inutiles des tumeurs à faible risque.  Toutefois, les chercheurs n’apportent aucune explication sur le mécanisme protecteur. Ils ne pigent pas pourquoi éjaculer contribue à protéger la prostate des atteintes cancéreuses. La vision psychobiologique permet cependant de comprendre  de quoi il retourne. La fonction principale de la prostate, c’est de fabriquer le sperme. En augmentant de volume, elle peut contenir encore plus de spermatozoïdes. Or cet organe entre en souffrance suite à des conflits d’ordre génital, dans une tonalité d’anormalité  ou de répulsion. Parmi sa collection de cas cliniques, Claude Sabbah citait volontiers celui de l’  « accoucheur malgache », un homme contraint d’accoucher lui-même sa femme en pleine jungle de Madagascar. Ce stress intense a précédé de peu le démarrage de son cancer et la maladie récidivait à chaque fois qu’une des ses filles tombait enceinte. Le souvenir de sa nuit de cauchemar lui faisait revivre le choc. Il coule de source, si je puis dire, que l’éjaculation permet de « nettoyer » le terrain souillé par ce genre de ressenti. Faire souvent l’amour, c’est une véritable « détox » émotionnelle pour la prostate !

Dans la rubrique Santéchos, j’inclus également des informations relatives aux dérives et aux errements de la médecine classique, notamment le danger de certains médicaments  et les effets funestes d’une médicalisation abusive. Dans le numéro de mai, j’attire par exemple l’attention sur une nouvelle étude montrant que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofen, Diclofénac…) semblent augmenter le risque d’accident cardiaque. Songez-y avant de foncer à la pharmacie à la moindre inflammation ! Je mentionne aussi un travail très étonnant effectué à l’université d’Harvard par la biologiste Katie Hinde : d’après les études faites sur les animaux et sur l’être humain, la composition et la quantité de lait maternel diffèrent selon que le « consommateur » soit de sexe masculin ou féminin.  Les filles reçoivent davantage de lait, donc plus de calcium,  alors que celui offert aux garçons est moins abondant, mais plus riche en protéines et en graisse. Selon la chercheuse, cette trouvaille permettra peut-être de mettre au point des laits maternisés plus adaptés aux enfants malades ou prématurés.  Mais n’est-ce pas aussi le signal que l’allaitement artificiel équivaut déjà à jouer les apprentis sorciers ? Si je ne m’abuse, aucun fabricant de laits pour bébés ne personnalise sexuellement ses produits. On peut légitimement se demander si les poudres lactées ne sont pas impliquées dans des phénomènes modernes comme l’abaissement de l’âge de la puberté ou la multiplication des troubles de l’identité sexuelle. Si ça tombe, beaucoup de « transgenres » ont été nourris au biberon et personne ne s’en est encore rendu compte. On ne peut pas rivaliser avec la lactation mammaire et prétendre remplacer la nature,  elle est bien trop parfaite !

Toujours dans le prochain numéro, je vais évoquer deux autres éléments factuels qui concernent les femmes.  Le premier a trait aux statistiques d’accouchement par césarienne. En Scandinavie, la fréquence de cette délivrance chirurgicale est de 17%, alors qu’elle est passée à 27% dans l’ensemble des autres pays  dits développés. Pourquoi un tel écart ? Parce que les pays nordiques privilégient la naissance naturelle et que les obstétriciens y évoluent en retrait des sages-femmes. Moins les hommes sont mis à contribution, plus les parturientes échappent au bistouri. Le deuxième fait interpellant, c’est la déclaration de Benoît de Sarcus, chef de service de la maternité de Nanterre, selon lequel « l’épisiotomie ne sert souvent  à rien ». Alors que 44% des femmes françaises subissent cette incision de la paroi vaginale et/ou du périnée lors de leur premier accouchement, l’OMS évalue sa nécessité à  20% des cas. Or à Nanterre,  ce taux a été réduit à 2,5 % sans augmentation des déchirures intimes ! Voilà une preuve supplémentaire que la naissance est scandaleusement médicalisée dans nos pays prétendument civilisés où la barbarie médicale règne en maître.

Dans le Néosanté de mai, il y  aura encore d’autres surprises car ma rubrique contient chaque mois une douzaine de « santéchos ». L’ennui, c’est que je dois faire un tri et que je suis parfois obligé de supprimer des infos intéressantes. Leur quantité excède nos capacités éditoriales, particulièrement dans le domaine des vaccinations. Par exemple, je ne vais pas pouvoir imprimer que des chercheurs ont bon espoir de mettre bientôt au point un vaccin contre la peste. Dommage, car ça m’aurait permis de rappeler que cette effroyable maladie a disparu de nos régions sans l’aide d’aucun vaccin ni médicament. Son bacille est toujours omniprésent dans l’environnement (on a récemment découvert qu’il pullulait dans le métro de New-York)  mais les petites flambées épidémiques actuelles sont quasiment cantonnées aux bidonvilles de Madagascar. N’est-ce pas l’évidente démonstration que cette pathologie est synonyme de misère et d’absence d’hygiène élémentaire ? Au lieu de plancher  lucrativement sur un vaccin, Bill Gates and Co feraient beaucoup mieux de combattre la pauvreté et la malnutrition. Dommage aussi que je n’aurai pas la place pour mentionner une dépêche de l’AFP. Selon l’agence de presse française, il y a à peine 46% des professionnels de santé dans l’hexagone qui se sont fait vacciner contre la grippe cet hiver.  Les médecins ont été plus nombreux (75 %), mais leur couverture vaccinale n’atteint pas l’épaisseur requise pour contrer les épidémies.  Pourtant, arrêtez-moi si je me trompe, mais nos médias n’ont signalé aucune flambée épidémique hivernale chez les pharmaciens, les infirmiers ou les toubibs. Ce sont pourtant bien eux qui sont en première ligne et qui devraient redouter la circulation d’un virus réputé pour sa haute transmissibilité. Tiens donc, Pasteur se serait trompé et les maladies infectieuses ne se contractent pas comme ça ? Tu m’étonnes….

Au rayon des « santéchos » que vous ne lirez pas sur papier, j’ajoute pour conclure cette information sensationnelle pêchée dans un journal  belge: selon une étude égyptienne présentée début avril dans un congrès médical à Malaga,  la quantité de cheveux blancs serait un bon moyen de prédire les accidents cardiaques ! Des chercheurs de l’Université du Caire ont comparé chez 545 hommes les facteurs de risques cardiovaculaires (hypertension, diabète, tabagisme, dyslipidémie et antécédents familiaux de maladie coronarienne) avec  leur nombre de cheveux blancs objectivé par tomodensitométrie. Verdict : il y a bien  un lien entre le blanchiment capillaire  et la vulnérabilité du cœur. Selon les chercheurs, c’est parfaitement logique car l’athérosclérose et la tendance à grisonner procèderaient de la même cause, à savoir une perte d’élasticité des vaisseaux sanguins. Autrement dit, demain, la médecine va peut-être évaluer vos risques d’infarctus à la couleur de votre chevelure ! C’est une très bonne nouvelle pour les coiffeurs l’industrie de la coloration,  car imaginez que les assurances revoient leurs tarifs à la mine de votre toison ! Elles le font bien en discriminant les hommes, pourquoi pas en se méfiant des mâles prématurément dépigmentés ? Au passage, cette découverte jette un éclairage psychobiologique intéressant sur l’argument charme des chevelures grisonnantes : comme l’arrêt du cœur frappe préférentiellement les dominants en butte à des conflits de territoire,  on comprend mieux que beaucoup de femmes voient dans le cheveu argenté un argument de séduction masculine. Le hic, c’est que l’attribut viril dissimulerait une santé fragile : affaire à suivre par tous les passionnés de psychologie évolutionniste !

À propos de cheveux blancs, j’en termine en revenant brièvement à ma lettre de la semaine dernière. Beaucoup d’entre vous m’ont reproché de minimiser les vertus anticancéreuses de l’alimentation crue. Certes, j’avais attiré l’attention sur les faiblesses des études montrant l’absence de protection des fruits et des légumes. Elles ne font pas la distinction entre  les différents végétaux ni entre ceux obtenus par agrochimie ou par culture biologique. J’aurais dû ajouter qu’elles n’évaluent pas non plus les répercussions nocives de la cuisson. C’est comme pour la viande : on met toujours dans le même sac les charcuteries et les viandes séchées, les grillades et les carpaccios, les steaks poêlés et les steaks tartares. À ma connaissance, aucune recherche scientifique digne de ce nom n’a démontré les vertus anticancer du crudivorisme végétalien.  En revanche, on ne peut pas nier que des expérimentations empiriques plaident en ce sens, par exemple les cures pratiquées au célèbre Institut Hippocrate de Floride. J’ai relevé que la recommandation « fruits & légumes » n’influençait pas le taux de cancer mais je n’ai pas voulu balayer l’intérêt éventuel du « raw food » et de la « crusine ».  J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet : un de mes amis, maître-cuisinier de profession et fervent adepte de l’alimentation vivante, m’a raconté un jour comment il protégeait ses cheveux châtains des pâles intrus. Dès qu’il voit poindre quelques cheveux blancs, il se plie à  une cure 100% crue pendant quelques semaines et il constate que la couleur d’origine peut revenir grâce à ce régime drastique. L’année dernière, ce chef-coq renommé a été victime d’un grave accident de vélo.  Mais il peut se consoler en se disant que ses habitudes alimentaires l’ont probablement protégé des accidents cardiovasculaires.  Et peut-être du cancer.

 

Yves Rasir