« Peau de chagrin » est une femme de 62 ans (née en 1940), qui a déjà « survécu » à un cancer du colon et à un cancer du sein. Elle fait partie des bons résultats et des bonnes statistiques ( !) de la médecine. En effet, tout cela date de plus de vingt ans ! Par une recherche en Psycho-Bio-Généalogie, nous avons pu constater que si elle avait guéri de ses cancers, c’est que les conflits correspondants (crasse abjecte impardonnable et danger pour l’enfant du nid , j’y reviendrai à l’occasion) à ses deux maladies, avaient été solutionnés en pratique. Quand elle me consulte en 2002, « Peau de chagrin » est atteinte depuis quelques années d’une polyarthrite rhumatoïde (PR) ou Polyarthrite chronique évolutive. Les douleurs articulaires ont commencé en 1999 au niveau des doigts, suite à une chute à vélo. On se demande bien quelle peut être la relation entre une chute à vélo sans aucune gravité et le début d’une maladie chronique ! Les douleurs vont gagner peu à peu les mains, puis les poignets, les coudes, les pieds et les épaules. Les traitements de corticoïdes, d’anti-inflammatoires et même de chimiothérapie ( !) se sont succédés, en vain.
Le conflit de la PR est un conflit de grande dévalorisation par le geste. C’est une affection auto-immune. Comme toutes les maladies auto-immunes, c’est la vie au conditionnel, sous condition. Conditionnel négatif de vie ! Le geste qui peut tuer, pas toujours brutalement, parfois à petit feu. La personne détruit ses propres tissus par des auto-anticorps. Cela veut dire que pour ne pas faire le geste qui tue, le Cerveau Biologique doit détruire les articulations. Comme pour toute maladie acquise je cherche le conflit déclenchant (CD) qui précède, de quelques jours à quelques mois, le début des symptômes. En 1997, soit 18 mois avant les premiers symptômes, elle apprend que son mari, âgé de 60 ans, a une liaison amoureuse avec une jeune femme de 35 ans. Après quarante ans de mariage ! C’est une femme que « Peau de Chagrin » connaît bien, en qui elle avait toute confiance. De plus, elle juge que tant qu’à faire, il aurait pu trouver mieux ! Elle subit cette situation comme un choc émotionnel intense, tant c’est brutal et inattendu. Cela réveille en elle la cassette programmante BIOLOGIQUE. Comme elle me le dit spontanément, elle aurait voulu leur « faire la peau ». En lieu et place, elle entre dans un grand chagrin. Nous verrons pourquoi, lorsqu’elle est en danger, elle relit la cassette : « Il faut lui faire la peau ». Un an et demi après ce choc, elle fait sa chute à vélo, chute symbolique d’amour (« vélo : love »), avec léger traumatisme au genou (soumission au mâle dominant). Comme de coutume, je passe ensuite à la recherche d’un conflit programmant. Celui-ci se situe toujours, à mon humble avis, entre 1 an et 6-7 ans. A six ans, en 1946, son père revient de captivité en Allemagne. Il n’avait plus donné de nouvelles. A son retour, c’est le drame. La mère est enceinte d’un deuxième enfant et accouchera trois mois après son retour ! Le mari voudrait savoir qui est le père, pour lui faire la peau. Alors que « Peau de chagrin » est heureuse de retrouver son héros de père idéalisé (elle a été élevée dans la mémoire du père, avec une photo), il ne la reconnaît pas et la rejette, elle aussi. Il n’a jamais pardonné à la mère (le côlon), et doutera même rétroactivement de la paternité pour la première. En effet, « Peau de chagrin » ne ressemble à aucune autre sœur. Elle est la seule blonde aux yeux bleus !
Tout le reste de son enfance et adolescence, Peau de chagrin, dans sa souffran ce, en a voulu à son père qui la maltraitait. Elle aurait voulu lui « faire la peau », pour se défendre. Dans la Nature animale, comme chez les lions, le mâle dominant tue un petit qui ne serait pas de lui.
Evidemment cette femme a une peur et une dévalorisation qui lui ont été transmises lors de la période du Projet-Sens. « Peau de chagrin » est l’aînée des enfants du couple. Elle a été conçue avant mariage et le père va partir à l’armée peu après, et ensuite il est mobilisé pour la guerre. Il a eu une permission pour venir se marier. Il s’est senti obligé d’épouser cette femme parce qu’elle était enceinte, mais il ne l’aime pas vraiment. Il ne sera pas là pour la naissance. Le couple avait prévu de donner à l’enfant le prénom du père, au cas où il mourrait à la guerre. Il est fait prisonnier et envoyé en Allemagne. La famille n’a plus de nouvelles. Nous comprenons mieux qu’après la trahison de sa femme, il vit dans le regret de l’avoir épousée. Et c’est l’enfant qui est devenue le bouc-émissaire. Si elle n’était pas née, il n’aurait pas eu à se marier ! Lorsque « Peau de chagrin » avait trois mois, la famille a fui en exode. Elle a fait une broncho-pneumonie et elle était au plus mal, mourante. Un remède de « grand-mère » va la sauver. On la couvre avec la peau d’un lapin dépecé vivant ! C’est là qu’elle a enregistré la cassette : « Il faut lui faire la peau pour que je vive ». Quand elle est en danger, elle relit la cassette de lui faire la peau pour sauver la sienne. Conflit par le geste qui tue. Elle se souvient que toute son enfance, les parents élevaient des lapins et que c’est son père qui devait les tuer, et c’était elle qui les tenait.
Dans cette famille, les enfants n°1 sont de père inconnu ou d’un autre homme que le mari. La grand-mère paternelle, très jeune, est enceinte d’un homme qui fuit pendant la grossesse. La grand-mère maternelle, élevée par des religieuses dans un couvent, est abusée très jeune et se retrouve enceinte. Elle épousera plus tard un homme beaucoup plus âgé qu’elle. Elle avait été abandonnée à sa naissance à la porte d’un couvent, un matin d’hiver, avec pour toute protection contre le froid, une peau de lapin ! Dans la Nature, la fuite d’un mâle est un signe de faiblesse. Le nouvel occupant du territoire doit faire des petits forts pour la survie du clan et de l’espèce.
« Peau de chagrin » a totalement guéri de sa polyarthrite rhumatoïde invalidante par la compréhension de son histoire. Elle a basculé au mot dérouiller. Elle a reçu tant de « dérouillées » de son père, que, pour ne pas lui faire la peau, il faut qu’elle reste « rouillée », avec un blocage des articulations. Elle s’est rendu compte que ,dans sa vie, il y a eu plusieurs lapins symboliques sacrifiés pour lui sauver la vie. Elle a lâché la rancœur par la connaissance de son histoire et des Lois Biologiques. Elle a beaucoup d’Amour en elle, car elle est une enfant de l’Amour.

Dr Jean-Claude Fajeau (suisse)