Reprenons la série de mes « trucs de santé »,  c’est-à-dire des méthodes et astuces naturelles que j’ai expérimentées dans ma vie personnelle et dont je pense avoir tiré profit pour conserver une  santé satisfaisante malgré une énergie vitale très basse à la naissance, plusieurs maltraitances médicales  subies dans l’enfance et le choix, à l’âge adulte,  d’un métier peu propice à une existence saine et équilibrée. Dans une prochaine lettre, je vous parlerai de mes habitudes alimentaires. Mais je souhaite d’abord vous partager ce qui est pour moi LA voie royale menant à la santé, à savoir l’activité sportive. Dans le mensuel Néosanté, nous avons maintes fois évoqué les multiples vertus du sport démontrées par de nombreuses études scientifiques. Vous pouvez notamment relire ici le dossier que nous avons publié en 2013 en collaboration avec nos amis du magazine Sport & Vie. Depuis cette publication, beaucoup d’eau a encore coulé sous les ponts et moult recherches ont amplement confirmé les bienfaits de l’exercice physique pour le corps et pour l’esprit. Pas plus tard que la semaine dernière, je vous relayais l’article d’une consœur montrant qu’une dépense corporelle intense telle que la danse stimule la fabrication de nouveaux neurones dans le cerveau et particulièrement dans l’hippocampe, zone capitale pour la gestion des émotions. Est-ce la raison pour laquelle le sport apparaît aujourd’hui comme un outil à part entière dans la thérapie du cancer ? Je n’en sais trop rien mais je constate  que la médecine oncologique recommande désormais aux patients cancéreux de s’activer pour augmenter leurs chances de guérison et diminuer le risque de récidive. En ce mois d’Octobre Rose, soulignons que c’est particulièrement vrai pour les cancers du sein, nettement moins récidivants chez les femmes les moins sédentaires.  Le sport n’est plus seulement un moyen de prévention car il fait maintenant figure d’instrument de cure dans toute une série de pathologies, comme l’avait déjà mentionné le regretté David Servan-Schreiber. À cet égard, je trouve que la France a pris une belle longueur d’avance en légalisant récemment le « sport d’ordonnance », autrement dit la prescription d’activités sportives remboursables au même titre que des médicaments. Pour une fois qu’on peut saluer  de bonnes décisions politiques, ne nous en privons pas !

Dans cette brève chronique, je ne vais pas vous détailler tous les mécanismes positifs enclenchés par la mise en mouvement du corps. On l’a déjà fait et on le fera encore dans notre « revue internationale de santé globale ». Par contre, je vais me permettre cinq conseils inspirés de mes expérimentations et des informations que j’accumule depuis longtemps sur le sujet. Après en avoir pris connaissance, vous  aurez compris pourquoi j’ai titré cette lettre hebdomadaire « le sport au pluriel ».

1er conseil : pratiquez plusieurs disciplines

Idéalement, le sport doit vous permettre d’améliorer trois choses : votre force, votre endurance et votre souplesse.  Mais quelle discipline peut se vanter d’offrir ces trois avantages ? À part peut-être la natation, je ne vois pas quelle activité sportive permet à la fois de développer la musculature,  rendre plus résistant à l’effort et  devenir plus souple. Généralement, la pratique d’un seul sport contribue même à contrarier deux des trois aspects. Prenons par exemple un haltérophile : il exhibe de gros biscottos mais si vous lui demandez de courir une longue distance ou de prendre une posture de yoga, ça ne va pas le faire. De même, le yogi va épater par son élasticité mais sans doute moins impressionner sur un tatami ou un terrain de rugby. Quant aux marathoniens ou aux champions cyclistes (voyez Chris Frome), il ne faut pas leur demander d’être bien bâtis et de performer en gymnastique. Même les adeptes du triathlon ou du décathlon ne gagnent pas sur les trois tableaux de la force, de l’endurance  et de la souplesse.  Il faut donc varier les plaisirs et les efforts pour tirer parti du sport. Personnellement, je pratique essentiellement le football, le jogging et un peu de tennis. Pour compléter question souplesse, je m’oblige à faire du stretching. Et pour renforcer les parties de mon corps peu sollicitées sur les courts et les terrains de foot, je m’astreins à du gainage, c’est-à-dire à l’exercice le plus efficace pour muscler les abdos et le dos. Si vous voulez apprendre à vous gainer, cliquez ici : http://www.leseclaireuses.com/bien-etre/10-exercices-pour-un-gainage-complet.html

2ème conseil : variez les degrés d’intensité

Déboulonnons d’emblée le dogme selon lequel le sport doit être pratiqué avec modération. Il est vrai qu’une activité modérée est déjà très favorable à la santé et à l’espérance de vie.  Mais ce qui ressort de maintes études, c’est que l’activité physique est d’autant plus bénéfique qu’elle est répétée et intensive. Ce n’est pas  un hasard si les sportifs professionnels (par exemple les anciens vainqueurs du tour de France et les médaillés olympiques) vivent plus longtemps que la moyenne : ils ont certes appris à mieux se soigner mais c’est surtout l’intensité de leurs efforts passés qui explique leur longévité. Preuve indirecte : on cherchera en vain un sportif pro qui soit décédé du cancer durant sa carrière ! On m’a déjà cité deux noms,  celui d’un footballeur américain et celui d’un joueur australien de water-polo, mais ce sont là deux exceptions confirmant  la règle : pas de tumeurs fatales chez les sportifs de métier en activité ! La capacité du sport intensif à stimuler le phénomène d’autophagie et l’apoptose des cellules cancéreuses est aujourd’hui bien étudiée. Un praticien de naturopathie ne sera guère étonné car l’activité soutenue est précisément ce qui permet la stimulation conjointe des 5 émonctoires, à savoir le foie, l’intestin, les reins, les  poumons et la peau. Pour les deux derniers, l’essoufflement  et la sudation  sont donc indispensables. Vous n’avez pas beaucoup de temps pour transpirer ? Pas grave, car vous pouvez alors adopter la méthode de pointe de « l’entraînement fractionné ».  En gros, les spécialistes de la performance sportive ont découvert qu’il valait mieux effectuer de courts efforts intenses que de s’entrainer longtemps en s’économisant. Par exemple, une série de sprints entrecoupés de trottinements est préférable à une longue course à faible allure. C’est plus rapide et ça rapporte plus à l’organisme !

3ème conseil : privilégiez les mouvements fonctionnels

Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs étaient de grands sportifs. On estime que leurs dépenses caloriques étaient 3 à 5 fois supérieures à ce qu’elles sont dans notre univers moderne contemporain.  Comme nous portons à peu de choses près les mêmes gènes que nos lointains aïeux,  nous sommes pourtant génétiquement adaptés à un mode de vie extrêmement actif et très physique. Mais attention : l’homme de Cro-Magnon ne passait pas son temps à soulever des bûches de la main droite ou à muscler son mollet gauche. S’entraîner assis sur une machine, en isolant un groupe musculaire, ce n’est pas du tout naturel. Aux États-Unis, les pionniers de l’alimentation paléolithique ont également cherché à reproduire une activité aussi « ancestrale » que possible.  Notre collaborateur Yves Patte  y a consacré un article dans le N°6 de Néosanté, que vous pouvez (re)lire en cliquant ici . Qu’elles s’appellent « Cross training », « CrossFit » ou « MovNat », leurs approches ont pour point commun de privilégier les mouvements fonctionnels, c’est-à-dire ceux qui imitent la vie courante paléo, qui sont propres à la morphologie humaine  et qui activent tout un ensemble de muscles et tendons, voire la totalité du corps. Une salle de Crossfit, ça n’a pas grand-chose à voir avec une salle de fitness classique ! Et les exercices à faire (sauts, suspensions, pompes, lever de poids…) sont sensiblement différents. Pour  vous initier aux mouvements fonctionnels, je vous recommande vivement l’ouvrage Paléofit , du Dr Fabrice Khun, aux éditions Thierry Souccar. Même un néophyte y trouvera de quoi s’auto-coacher.

4ème conseil : activez-vous dans la nature

Le défaut des salles de sport, c’est que ce sont précisément des salles. Rien de tel que le sport en plein air  et en pleine nature ! Lorsqu’il a inventé le fameux parcours qui porte son nom, Georges Hébert avait déjà saisi toute l’importance de s’adonner au sport sans le spécialiser outre mesure et en envisageant le corps dans sa globalité.  L’hébertisme n’est pas mort et mérite certainement d’être redécouvert car il tranche lui aussi avec une « éducation physique » avare en mouvements fonctionnels et fort peu holistique. Mais ce qui plaide encore plus en faveur de cette approche, c’est que la science a découvert depuis lors les bonnes raisons de s’activer au vert : dans un environnement naturel, et surtout forestier, l’être humain profite à fond d’une atmosphère chargée en molécules bienfaisantes ! Par exemple, la présence de plantes et d’arbres (en particulier les conifères) entraîne l’inspiration de terpènes, des composants de la résine et de l’essence de térébenthine produite par les végétaux résineux. Or ces terpènes agissent directement sur notre système immunitaire, lequel influence à son tour notre fonctionnement endocrinien et fait baisser la sécrétion d’hormones de stress. À la clé, une protection avérée contre le cancer ! Pour réaliser l’intérêt d’allier sport et chlorophylle, je vous suggère de (re)lire le dossier  sur « Les pouvoirs thérapeutiques de la nature » publié dans le numéro 69 de Néosanté (pas encore en ligne, sorry). De mon côté, sa lecture  m’a conforté dans mon goût pour les promenades en forêt ardennaise et pour le jogging dans les parcs arborés de Bruxelles.

5ème conseil : profitez de l’effet de groupe

Dernier conseil et non des moindres : optez de préférence pour un sport collectif, ou  pour un sport individuel pratiqué collectivement. Un jour que je faisais remarquer à ma fille cadette que son talent de hockeyeuse ne lui apporterait ni argent ni gloire alors qu’elle était également très douée pour le tennis, elle m’a rembarré de belle manière en me disant qu’elle se fichait bien de la thune et de la célébrité pourvu qu’elle continue à s’amuser avec ses copines. Sages paroles : il n’y a pas plus épanouissant que de faire partie d’un ensemble et de participer à une compétition dans une saine ambiance.  Gagner ou perdre en équipe, ça vous forge humainement  un homme ou une femme, sans compter l’émulation et le dépassement de soi propices à la performance. La convivialité et la sociabilité étant deux mamelles essentielles de la santé, il va de soi que cette forme de « sport au pluriel » sera également très profitable pour conserver ou retrouver la forme. De mon côté, je préfère de loin la pratique du foot à celle du tennis et surtout à la course à pied en solitaire.  Le jeu avec enjeu, c’est plus motivant.  Chaussé de crampons, je me dépense beaucoup plus et je me sens beaucoup plus détendu après le match. De plus, ce sport collectif exercé en amateur  offre l’énorme avantage de disputer une troisième mi-temps, autrement dit de s’accouder au bar pour « refaire le match » avec ses équipiers et avec les adversaires. Pouvoir lever son verre  à l’amitié, c’est probablement ce que le sport apporte de plus précieux à la santé.