La carie dentaire est une atteinte de la structure cristalline de la dent (émail, dentine, couronne ou racine). Lorsqu’on étudie du tissu carieux au microscope, on y trouve de nombreuses bactéries que l’on a déclarées responsables de la carie. Leur présence à la surface de la dent a été reconnue comme consécutive à l’accumulation de la plaque bactérienne favorisée par un mauvais brossage (absence de brossage, fréquence insuffisante, technique inadaptée). De nombreuses singularités cliniques m’ont suggéré que ceci n’était pas une loi !

La bactérie et le sucre hors de cause

Certaines caries se positionnent en effet à des endroits improbables, comme la pointe de la canine. A cet endroit, pas d’accumulation de plaque, pas de débris alimentaires résiduels, pas de contact interdentaire serré, bref, aucun des arguments classiques qui puisse « justifier » une carie à cet endroit. Une autre particularité de la manifestation carieuse est son occurrence symétrique. Le plus souvent, cette symétrie est droite-gauche. Une carie se déclare sur une dent à droite, en un endroit précis de cette dent, et une seule autre carie apparait dans la bouche : sur la même dent, au même endroit de la dent, mais du côté gauche ! De temps en temps, la symétrie est haut-bas, de manière homolatérale (du même côté). Et exceptionnellement, elle se présente en symétrie croisée : une dent en haut à gauche, la même dent en bas à droite(*). Toutes ces manifestations saugrenues de la carie m’ont conduit, par souci de probité scientifique, à déclarer inexacte la loi bactérienne sur la carie . Il en a été de même au sujet de la consommation de sucre, tant j’ai pu observer de grands consommateurs qui n’avaient aucune carie !
En fait, j’ai découvert qu’il se produisait un « appel » à la carie sur une zone d’une dent. Il m’aura fallu pas moins de 25 années de travail, d’observations, de recherches, de lectures, le tout corroboré par la clinique et par l’expérience, pour en arriver au décodage de la carie dentaire.

La nature particulière de la dent.

La dent est l’organe le plus dur du corps humain. Constitué à 90 % d’hydroxyapatite, l’émail est plus dur que l’acier ! Mais ce qui est remarquable dans cet organe, c’est justement sa nature cristalline, qui en fait une centrale électrique. L’autre système du corps humain fonctionnant avec de l’électricité est le système nerveux central, et le cortex en particulier. C’est grâce à son activité électrique que nous « pensons » ! Les connections neuronales créent des assemblées qui génèrent des mots, des images, bref, l’activité de la pensée… Autre point commun entre ces deux niveaux : ils se fabriquent après la naissance !
L’organe dentaire est situé en un endroit du corps – la bouche – qui a une double vocation :
Elle est la porte d’entrée à toutes les réponses aux besoins du corps. Manger, boire et respirer (les cavités nasales rejoignent le fond de la bouche), tout ce qui assure la survie du corps animal entrent par l’orifice buccal.
Elle est l’endroit par lequel sort le verbe, tous les mots qui nous permettent d’interagir avec le milieu environnant et de recevoir réponses à nos manques. Lesquels ne sont plus biologiques mais soit affectifs, soit égotiques (nourriture au niveau mental).
Lorsque le « je » parle, c’est la bouche qui lui sert d’orifice d’accouchement au monde. Les muqueuses buccales ont d’ailleurs des pathologies très similaires aux organes génitaux de la femme, lieu par lequel notre corps est venu au monde… Ainsi, parler de soi, de ce qui est intime, attendre par des mots de recevoir nourriture affective ou nourriture mentale, met le système en état de stress. Pour gérer ce stress, le cerveau utilise sa cartographie établie du « soi », et toutes les stimulations sensorielles périphériques désignent la bouche comme le lieu corporel associé au stress d’expression du « je ».

L’identité corticale.

L’identité corticale est ce « je » qui prend place à l’âge de trois ans dans la structure incarnée, qui se déploie à partir de 6 ans au service de son corps, et qui est couronné « chef » à partir de 12 ans pour affirmer son individualité. Cette dimension de nous est verbale. Elle doit réaliser l’adaptation au sein du milieu et apprendre à éviter de souffrir, là où l’animal a « seulement » le stress de survivre (donc de ne pas mourir). Notre « je » a comme mission de nourrir notre cœur, cet espace de nous affamé d’affectif. Mais très vite, ce « je » prend position dans un autre théâtre : briller, réussir, être plus et/ou mieux. C’est l’ego au sens pur du terme. L’adaptation ne devrait être que recherche d’équilibre, et pour ce faire, n’utiliser que les mots. Lorsque nous refusons de ressentir une émotion (qui a pourtant été sentie par le milieu cellulaire), nous lui fermons la voie d’équilibre que les mots auraient dû lui offrir. La charge émotionnelle reste enfermée au-dedans, loin de notre conscience attentive, sans mots posés pour la dire. Mais cette charge émotionnelle crée un déséquilibre qui doit trouver une solution.

Un échec d’adaptation verbale

C’est dans ce théâtre de non-conscientisation des émotions et de non-mise en mots que la carie va prendre place. Pour le système de la pensée, une telle émotion est comme un nuage d’orage, une surcharge électrique dans le ciel de notre esprit. Il faut soulager cette surtension ! Le déséquilibre est consécutif à la perception d’un manque qui n’est pas solutionné. Lorsque le corps manque d’eau, nous apportons la réponse en buvant. Mais lorsque notre cœur manque d’affection, sans parler d’amour, notre nature humaine attend la nourriture affective. Les mots devraient se porter au devant de la scène pour exprimer ce manque. Mais, parce que aucun mot ne vient exprimer le manque intérieur, et parce qu’aucun mot n’est émis pour demander la réponse, nous manifestons l’échec d’adaptation verbal au monde par une carie. La destruction des cristaux d’émail offre au ciel de l’esprit une détente électrique, comme une soupape de sécurité…

192 caries mises en mots.

Le dernier travail du décodage dentaire que j’ai entrepris a été la mise en mots de 192 caries différentes sur les trente-deux dents de la bouche. Ce travail considérable sera prochainement disponible sous la forme d’un livre : « La nouvelle interprétation de la carie » (**), aux éditions du Chariot d’Or. Il n’est pas un outil qui va remplacer la dentisterie. Il vous restera toujours à consulter votre dentiste pour réparer la perte de substance. Il vous appartiendra toujours de vous brosser les dents, mais pas avec la hantise de la carie, plutôt avec amour de soi. Se brosser les dents, c’est comme offrir de l’air frais pour l’esprit et une caresse pour le cœur. Les dents sont la partie émergée noble de notre identité humaine, laquelle est de nature spirituelle.

Dr Christian Beyer

(*) La notion de « même dent » fait référence à son numéro compris entre 1 et 8. Le chiffre placé devant celui-ci désigne le cadran dans lequel la dent est placée : 1 pour en haut à droite, 2 pour en haut à gauche, 3 pour en bas à gauche et 4 pour en bas à droite. La dent 46 est ainsi la dent n°6 en bas à droite, cadran 4.

(**) Prochainement disponible dans la Médiathèque de Néosanté.