Article n°81 Par Florence de Galzain

Êtes vous un sanguin, un bilieux, un nerveux ou un lymphatique ? Érigée par Hippocrate au IVème siècle avant notre ère, la typologie des caractères (ou des quatre tempéraments, ou encore des humeurs) a servi de base à de nombreuses médecines, de la naturopathie à l’anthroposophie en passant par la spagyrie ou l’homéopathie. Selon Florence de Galzain, cette science antique n’a rien de désuet et est au contraire en phase avec les découvertes de la physique quantique qui pénètrent actuellement le domaine médical. Dans le livre qu’elle lui a consacré (*), elle souligne que cet outil de connaissance de soi peut être grandement utile à la pratique du décodage et à ses suites thérapeutiques.

Avez-vous déjà remarqué les différences de poignées de mains échangées avec vos interlocuteurs? Une main sèche et qui fuit ? Une autre ferme et qui broie ? Une main chaude et qui s’accroche ? Ou encore une main molle et qui ne saisit pas?

Savez-vous pourquoi vous avez déjà passé l’aspirateur à 6 heures du matin quand d’autres émergent péniblement à 11 heures ?

En tant qu’outil de développement personnel et base de la médecine, la Caractérologie actuelle nous offre une interprétation cohérente à ces différences de comportement, qui s’inscrit dans la nouvelle approche quantique : en observant les liens entre les composantes morphologiques, physiologiques et les besoins psychiques des individus, elle met en effet en évidence les correspondances transversales entre des aspects physiques, des expressions de langage, des attitudes et la physiologie pour aboutir à une vision holistique de la personne.

Plus précisément, en étudiant la circulation des humeurs dominantes dans le corps, le sang, la bile, l’atrabile et la lymphe, d’où découle l’humeur de la personne, elle montre que les caractères sont largement dépendants du mode de fonctionnement des organes du corps les plus sollicités et en établit une typologie de quatre profils bien définis : les Sanguins, les Nerveux, les Bilieux, et les Lymphatiques.

Cette typologie des caractères, érigée par Hippocrate au IV ème siècle avant JC comme socle de la médecine, a servi également de base à de nombreuses disciplines médicales, comme l’homéopathie, la phytothérapie, la médecine Ayurvédique, ou encore l’Anthroposophie et la Spagyrie, médecine alchimique. Les caractères, dans ces différentes approches, correspondent aux quatre Tempéraments : le Sanguin, le Nerveux (assimilé au Mélancolique), le Bilieux (assimilé au Colérique )et le Lymphatique (associé au Flegmatique).

Mieux se connaître

Aujourd’hui enrichie des nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau et les interactions entre les différents organes, la Caractérologie fait partie intégrante de la Médecine Quantique.

La Caractérologie est un outil de développement personnel. Il ne s’agit en aucun cas de « cataloguer » les personnes, ou de mettre les individus dans des petites cases. On s’en sert au contraire pour corroborer des observations à tous les niveaux. Le but de la Caractérologie est avant tout de mieux se connaître afin d’évoluer, de s’améliorer et en aucun cas de porter des jugements. Comme pour d’autres disciplines, l’idée est de participer au mouvement dynamique de l’évolution entre l’inné et l’acquis, entre ce que l’on est à la naissance et ce que l’on devient consciemment ou non. Le visage et les mains se modifient, se modèlent au fil de la vie, pour s’épanouir ou se rétracter, selon le vécu et le travail personnel. Le caractère s’exagère ou se tempère de la même façon.
La Caractérologie permet d’y concourir avec une petite dose de conscience supplémentaire.
La Caractérologie se veut en effet un outil expérimental parmi d’autres, simple et facile à apprendre, qui offre des clés d’analyse et de compréhension de soi et des autres. Cet outil s’avère précieux dans une telle démarche, en apportant des éléments tangibles sur nos forces et nos faiblesses intrinsèques.
La Caractérologie présente un intérêt immédiat et pratique dans la vie quotidienne. Elle trouve par exemple un heureux terrain d’application dans le couple et avec les enfants. Un autre champ d’application mieux connu concerne le management. De l’embauche à l’optimisation d’équipe, la Caractérologie peut en effet fortement participer tant au développement de l’entreprise qu’au bien-être de l’employé.

Ce qui nous intéresse principalement ici, ce sont les liens entre les constitutions et la physiognomonie, c’est-à-dire l’art de détecter directement une maladie ou un mal-être grâce à l’aspect holistique d’une personne. Car pour le thérapeute, l’étude de la Caractérologie permet d’acquérir rapidement quelques réflexes de validation pour poser un diagnostic de biodécodage de sa problématique fondamentale.
Cette étude passe évidemment par quelques notions de base des différents caractères.

Le Nerveux (mélancolique)

Chez le Nerveux, toute la structure du corps paraît longiligne, comme étirée entre le ciel et la terre, attirée par des forces contraires, tiraillée entre l’ici et l’ailleurs, ce qui ne lui permet pas d’habiter l’espace dans sa largeur. La colonne vertébrale, les muscles, les ligaments, les intestins sont distendus, démesurément longs et étroits, ce qui peut, par exemple, provoquer une constipation chronique. Il a peu de ressources vitales et cherche à les conserver. Il peut répondre à l’idée de n’avoir que la peau sur les os et les nerfs à fleur de peau. Il est charmant, charmeur, et sensible à son look. C’est un inquiet. Un mélancolique. Il est terre. Il fonctionne par stimulation et par idéation. C’est un discret, un sensible facilement dépressif, qui raisonne par débrouillardise et exprime un grand besoin de liberté. Mais ce qui est le plus tendu chez le Nerveux, ce sont les nerfs. Ou plus exactement les organes sensitifs et les terminaisons nerveuses. Les nerfs, les os et la peau ne sont pas enrobés par la graisse et les muscles, la protection par rapport au monde extérieur est faible, le sang circule lentement et avec un volume peu conséquent, ce qui n’alimente la vie qu’avec parcimonie et peut donner lieu à de l’anémie ou encore des problèmes pulmonaires. De par sa physiologie, le Nerveux reste en alerte pour compenser ce manque de protection physique, il est sur le qui-vive et la défensive à travers ses organes sensoriels. Par conséquent, le Nerveux vit dans le monde des sensations. Sans cesse en train de vérifier sa liberté de mouvement et ses possibilités d’échappatoire, le nerveux est ébranlé dans ses sensations à chaque contrainte extérieure. Celle-ci le ramène à un questionnement constant quant-à sa survie et le met dans un état d’inquiétude fondamentale par rapport à la vie.
Ce qui le pousse à une activité a-rythmée et à rechercher des sensations nouvelles et stimulantes pour s’assurer en permanence qu’il existe. Il perd alors son sens des réalités, se nourrit de scénario catastrophe, jongle pour échafauder des issues de secours et se croit dévalorisé dans le regard d’autrui. Le Nerveux demande à être rassuré sur l’avenir, stimulé pour agir, reconnu dans sa quête d’identité. Sa devise : «se taire».

Le Bilieux (colérique)

Chez le Bilieux, toute la structure du corps paraît calculée et maîtrisée, dans un équilibre des proportions entre les forces terrestres et les forces cosmiques. Les pieds sont ancrés au sol, mais la tête se tient droite, avec une certaine raideur, hautement portée. Toute la colonne vertébrale est rigoureusement tendue.
La morphologie est marquée par des membres proportionnés à la taille, une tête carrée, les différents étages du visage en rapports isométriques. La charpente est solide, les muscles fermes. Les mains sont carrées, les émonctoires ouverts sans excès. La peau est sèche et chaude. Les traits sont peu marqués et peu nombreux, l’ensemble paraît strictement sous contrôle.
Mais, ce qui est le plus rigide chez le Bilieux, c’est la tête. Ou plus exactement les os du crâne et les vertèbres cervicales qui maintiennent la tête haute. La rigueur, jusqu’à la rigidité se ressent dans l’ossature, la droiture qui permet l’aller-retour entre le ciel et la terre, sans déperdition inutile d’énergie. La volonté de la pensée, sensible à travers l’hypophyse, est relayée en permanence par la réalisation constante au niveau du foie. La concrétisation est vitale à sa réflexion. La régénération de l’organisme est alors exagérée par une sollicitation trop forte du foie, qui ne cesse de renouveler les tissus et n’arrête pas de métaboliser les sucs pour alimenter le cerveau, ce qui peut provoquer par exemple des pathologies hépato-biliaires ou encore des troubles du cerveau. La régulation métabolisme-pensée ne se fait pas. Par conséquent, le Bilieux vit dans la tension de la pensée-action, dans le monde du Moi conscient.
Le dysfonctionnement au niveau du foie et de la vésicule biliaire renvoie à une atteinte de ses croyances fondamentales et appelle un besoin de remise en identité profonde, un renforcement constant de la personnalité, une recherche de sens de l’action comme de la pensée. Le Bilieux demande à être encouragé et reconnu pour ses efforts permanents.
Le Bilieux est feu, actif, plein d’énergie, décidé, sûr de lui, organisé et rigoureux. C’est un anxieux. Un romantique. Il fonctionne par devoir autant que par passion. C’est un leader, un ambitieux, qui raisonne par vue d’ensemble et exprime un grand besoin de sens. Sa devise : «oser».

Le Sanguin

Chez le Sanguin, toute la structure du corps paraît généreuse, charnue, comme ancrée au sol et joyeuse de se poser sur terre. Il habite bien ici, présent dans son corps physique et occupant volontiers son espace. Les os sont larges, comme les épaules et le torse, les muscles très proéminents, les organes larges et vigoureux.
La morphologie est marquée par des membres courts, un ensemble trapu, un cou large et court. La tête est ronde, les émonctoires larges, des yeux ouverts, des lèvres charnues. La peau est chaude et humide, très colorée.
Mais ce qui est le plus vivant chez le Sanguin, c’est le sang. Ou plus exactement le volume et le flux du sang, plus abondant et plus rapide. Le sang circule à haut débit, irriguant tous les organes autant qu’affleurant sur la peau et les extrémités. Il est très présent dans tout le corps, auquel il donne une coloration carnée marquée et peut être visible jusqu’à provoquer des zones de congestion ou des systèmes veineux fort sollicités, ce qui peut par exemple le rendre sujet aux pathologies cardio-vasculaires. La vie est alimentée avec grande générosité, voire avec excès. De par sa physiologie, le Sanguin bouillonne de vie, il a besoin d’activité soutenue pour se décharger de ce trop-plein d’énergie et de beaucoup d’air pour enrichir tout ce sang en oxygène. Le Sanguin vit dans le monde des émotions.
Le Sanguin est air, actif, débordant de vie, sociable, amical, extraverti. C’est un soucieux. Un épicurien, adepte de la «vie bonne», chère aux Grecs anciens. Il fonctionne par envie autant que par amitié. C’est un boute-en-train, un joyeux, qui raisonne par l’affectif et par rapport aux autres et exprime un grand besoin de contact. Sa devise «vouloir».

Le lymphatique (flegmatique)

Chez le Lymphatique, toute la structure du corps paraît molle et comme étalée horizontalement dans l’espace. Mais il donne en même temps l’impression d’être tourné vers lui-même, comme en force centrifuge. Il habite en lui-même, et peut sembler souvent dans la lune. Comme une bulle qui se déplace en faisant fi de l’espace-temps.
La morphologie est marquée par des membres larges et courts, le corps est trapu et plutôt à tendance enveloppée de graisse, mais les muscles sont absents. La tête est ovale avec un front lisse et bombé. La peau est pâle, froide et humide.
Mais, ce qui est le plus sollicité chez le Lymphatique, au-delà du système lymphatique à proprement parler, c’est le système rénal et la sphère splénique. Il a des fonctions physiologiques lentes, ce qui peut le rendre sujet à des pathologies lourdes et lentes, de type diabète par exemple. C’est un timoré. Un flegmatique. Il est eau. Il fonctionne par habitude et par profonde réflexion. C’est un casanier, un dubitatif, un intuitif, un contemplatif, qui raisonne par rapport à son bien-être et exprime un grand besoin de compréhension.
De façon générale, le Lymphatique sera très présent dans son psychisme, dans son ressenti, dans cette intensité de construction de forces intérieures qui lui permettent de se démarquer par rapport aux images de son environnement dont il se sent démarqué et isolé. Il est présent dans chaque recoin de son corps pour ressentir les effets internes des situations externes et les traduire instantanément en sentiments de bien-être ou de mal-être. Le dysfonctionnement au niveau des reins et du pancréas le renvoie à une atteinte de sa sécurité intérieure et appelle un besoin d’être rassuré en profondeur, dans ses choix et ses initiatives et dans son intégration au sein de son entourage. Le Lymphatique demande à être conforté, dorloté, rassuré intérieurement, accueilli dans le calme, la chaleur et la confiance. Sa devise : «savoir».

Un chemin d’équilibre

Les quatre caractères s’apparentent aux quatre côtés de la Pierre Polie des Alchimistes : l’homme est une pierre brute au départ, qu’il travaille, modèle et sculpte inlassablement et idéalement jusqu’à l’équilibre parfait.
La Caractérologie nous montre encore une fois l’incroyable et merveilleuse cohérence de l’être humain dans tous ses aspects et dans tous ses états.
Ainsi, il se peut que la personne se soit tellement bien équilibrée et tempérée, que les traits initiaux ne présentent plus aucun excès. On assiste aussi à des cas plus rares où le caractère de naissance s’est résolument dissipé après une épreuve pour laisser la place à un autre. L’évolution reste le propre de la vie.
Car, de même que la détermination d’un caractère de base, c’est-à-dire tel qu’il est présent dès la conception, ne peut se faire isolément de l’histoire personnelle et vécue de la personne, de ses données trans-générationnelles et de son milieu environnant, de même les modifications de caractères vont dépendre à la fois de la volonté et de la providence.
Mais tempérer les tempéraments nécessite de recourir à un ou plusieurs procédés à mettre en œuvre au quotidien. Ces procédés s’appliquent à soi-même dans le cadre d’une démarche consciente et volontaire de développement personnel, afin de profiter pleinement de ses qualités tout en modérant ses excès. Ils s’appliquent aussi dans notre rapport à autrui, dans le cadre de l’éducation des enfants ou d’une relation d’aide par exemple. On montrera, selon les cas, les attitudes préconisées au niveau de l’alimentation, de la médecine, de l’écoute des besoins. Le travail thérapeutique à la base de cette recherche de tempérance s’appuie sur les lois des analogies et des contraires : on soigne, selon les circonstances, le mal par le mal ou par son opposé.
La Caractérologie actuelle nous montre l’incroyable et merveilleuse cohérence de l’être humain dans les interactions subtiles de ses univers intérieur et extérieur, ce qui est précisément l’objet de l’approche de la Médecine Quantique.
Rappelons encore que la Caractérologie est avant tout l’étude des humeurs dominantes qui circulent dans le corps. Il en découle l’humeur, c’est-à-dire l’état émotionnel et le comportement. Or comme les mots «humeurs», «humeur» et «humour» partagent la même étymologie, on utilisera cet outil sur les humeurs avec bonne humeur et, surtout, avec humour…