Nous lui devons l’Empreinte de naissance… Ce cycle biologique cellulaire de 27 mois correspondant à nos programmes personnels de naissance. Pour lui, la vie est une « reconnaissance permanente de notre vérité profonde ». Une voie d’expérimentation… Ce que l’on sait moins de Jean-Philippe Brébion, concepteur de la Bioanalogie, c’est le parcours qui l’a mené à la rencontre du bouddhisme. Avec humour, il dit qu’il n’est pas bouddhiste… mais qu’il est poursuivi par les bouddhistes ! Ces rencontres lui ont fait prendre conscience de la corrélation entre le premier sermon du Bouddha – dit « des Quatre Nobles Vérités » – et les quatre dates fondatrices de l’Empreinte de naissance. Il y consacre un petit (grand) livre (1) qui nous permet d’accéder à un chemin vers la cessation de la souffrance.

Propos recueillis par Carine Anselme

Dès l’enfance, vécue dans une famille croyante, Jean-Philippe Brébion déroule un chemin spirituel. Ses lectures de chevet, à 7 ans, ce sont les best-sellers de Saint François d’Assise ! À cet âge précoce, il se destine à une vocation ecclésiastique. C’est sans compter sur la puberté… qui a tôt fait de l’éloigner de cette voie ascétique, mais pas de cette quête de sens. Humaniste. Incarnée. Vers 16 ans, la lecture de (l’hérétique) Teilhard de Chardin provoque chez lui un électrochoc : « La vie est expérimentation. » Il y trouve la pierre angulaire de son cheminement : l’important n’est pas le résultat, c’est ce qui se vit dans l’expérience.
Entre autres lectures initiatiques, une citation de Schwaller de Lubicz l’éveille à lui-même : « Il ne faut rien imaginer : il faut se taire… et écouter… il faut regarder dans le silence sans vouloir voir et accepter le Rien, car ce que l’homme appelle ‘rien’, c’est cela la réalité. » Il n’aura de cesse d’aller à la rencontre d’éveillés : Mâ Ananda Moyî, Gitta Mallasz, Nisargadatta Maharaj… Non par fascination, mais pour voir comment ces êtres, qui incarnent la nouvelle conscience, témoignent de leur expérimentation du ciel, du spirituel. La suite, il nous la raconte de vive voix… I shin den shin, comme on dit dans le Zen – de son être à notre être.

Comment peut-on vous présenter, à l’aune de votre parcours pluriel ?

Au départ, je suis kinésithérapeute, ostéopathe, praticien en médecine traditionnelle chinoise et, depuis toujours, je me suis intéressé au sens des événements de notre vie, de nos pathologies… C’est ce qui m’a amené à créer la Bioanalogie, qui aborde la vie de façon non-duelle.

Cette non-dualité campe au cœur du bouddhisme, avec lequel vous faites le lien dans votre ouvrage (1). Votre approche est-elle avant tout spirituelle ?

Je n’ai pas choisi ma rencontre avec le bouddhisme : elle m’a été proposée par la vie ! Ma démarche est avant tout humaniste. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre le fonctionnement humain, afin qu’il puisse réaliser cet être unique qu’il est. Dans ce cheminement propre à la Bioanalogie, l’objectif est de sortir de la fonction animale – la survie – pour passer à la conscience, qui est la vie. Ainsi, lorsque je rencontre la Biologie Totale de Claude Sabbah, je l’ai vite intégrée, car c’est évident, pour moi, que la maladie a du sens. Par contre (et je dis ça sans aucun jugement), le conflit ne m’intéresse pas ; la dualité ne m’intéresse pas. Le rapport à la cause – « Pourquoi je suis malade ? » – est justifié, mais cette cause mène à une cause qui mène à une cause, etc. Pour moi, travailler sur la cause permet la réparation, qui n’est pas la guérison.

Qu’est-ce alors que la guérison ?

C’est quand on prend le risque de faire vivre l’être unique que l’on est. Sans aucune attente, sans chercher un résultat, ni vouloir modifier l’extérieur.

L’expérimentation est centrale dans votre approche. Outre, la découverte précoce de la citation de Teilhard de Chardin, il y a-t-il eu un autre événement déclencheur à ce paradigme sous-tendant votre parcours ?

Oui… et il est essentiel ! Il faut savoir que dans ma famille, les références ont toujours été de brillants universitaires. Or, j’avais une scolarité difficile. J’ai donc longtemps cherché à rivaliser, en faisant plein de choses. Lors du premier séminaire que j’ai co-organisé (vers 1980) avec un ami prof de yoga, je suis venu avec des sacs pleins, au propre comme au figuré. Et le savoir, c’est lourd (Rire) ! Or, à ce séminaire était présente une agrégée de sciences orientales. Cela a été un cauchemar, car elle me reprenait quasi à chaque mot. J’avais la réponse dans les livres… mais on était loin de l’époque de Google qui permet de tout trouver en un instant. Cette expérience a été tellement forte que je me suis juré de ne plus jamais animer un séminaire avec un papier. Autrement dit : si je ne suis pas capable de m’appuyer sur ma propre expérimentation, mieux vaut que je me taise ! Cela m’a fait faire un bond quantique. La clé est qu’il n’existe aucune vérité extérieure, il n’y a qu’une vérité : c’est ce que nous expérimentons. D’où ma découverte, notamment, de l’Empreinte de naissance.

Vous nous avez dit que c’est la vie qui vous a proposé cette rencontre avec le bouddhisme… Comment cela s’est-il passé ?

Alors que j’ai « coursé » les maîtres sur toute la planète, il y a eu cette rencontre décisive à… 100 mètres de chez moi, chez un ami médecin, de Lochen Tulku Rinpoche (chef spirituel de la vallée de Spiti), dont la marraine réside à Clermont-Ferrand. Je ne suis pas bouddhiste, mais cette rencontre a été ma porte d’entrée dans l’expérimentation du bouddhisme. Ce Tulku était là pour une semaine et, en-dehors de voir sa marraine, il n’avait rien prévu. J’avais alors un cabinet ; j’ai décommandé tous mes rendez-vous. Lors de cette semaine, j’ai eu l’impression de rencontrer un frère, malgré nos univers différents. Considéré comme la XIXe réincarnation de Lotsawa Rinchen Zangpo (dit le « Grand Traducteur », car il a voyagé jusqu’en Inde pour recueillir et traduire les enseignements du Bouddha, et a construit les premiers monastères bouddhistes tibétains), Lochen, en dépit de son statut, est un homme simple. Il s’est confronté à la vie en partant, à 26 ans, sans sa robe de moine, deux ans aux États-Unis, où il a travaillé dans un restaurant. Ce sage incarne cette expérimentation. Suite à notre rencontre, il m’a invité l’hiver suivant dans son monastère. Jusqu’en 1947, cette vallée himalayenne de Spiti était Tibétaine. Lors de l’indépendance de l’Inde, elle est passée sous gouvernement indien. Lorsque les Chinois ont annexé le Tibet, ils n’ont pas envahi cette vallée, berceau du bouddhisme tibétain. Fermée jusqu’en 1995, enclavée, elle est restée préservée.

Vous lui devez la rencontre – symbolique, réparatrice – avec le dalaï-lama…

Il faut savoir que mon histoire familiale est marquée par la mort de mon grand-père à l’âge de 30 ans. Toute la famille a toujours vécu avec cette injonction : « Si seulement il avait été là ! ». Sous-entendu, on n’aurait pas eu tous ces problèmes… Au ciel, donc, l’être manquant ! C’est là qu’intervient ma rencontre avec le dalaï-lama, en 2000, lors d’une grande cérémonie (« Kalachakra ») dans cette vallée de Spiti. À l’époque, je pratiquais beaucoup de thérapie sur le déroulement du pied au sol. J’ai donc demandé au dalaï-lama s’il accepterait que je fasse son empreinte. C’était un acte hautement symbolique : analogiquement, je prenais les empreintes de pieds d’un des hommes les plus élevés spirituellement, à l’un des endroits les plus hauts de la planète – là où la terre est la plus proche du ciel.

Je crois que cela vous a « marqué » tous deux, en miroir…

Le dalaï-lama m’explique alors vouloir comprendre pourquoi, habitué pourtant à l’altitude, il a mal à la tête lorsqu’il arrive à Kunzum pass. Ce col à +/- 5000 m est un passage obligé pour atteindre Spiti. Or, de là, on voit le Tibet… Je lui explique que s’il a mal à la tête, c’est parce qu’il « se rapproche du père ». Enfant, il a été arraché à sa mère pour ses fonctions spirituelles (donc analogiquement au père), puis il va être forcé de quitter sa terre-mère, comme vous le savez. De Kunzum pass, il voit sa terre-mère natale. Quand je lui dis ça, il me prend dans les bras, avec une accolade qui vibre encore dans mes cellules. Je vais même pousser l’histoire… Mon grand-père, lors de la guerre 14-18, a reçu un éclat d’obus sur son casque. Il est mort, le 3 mars 1933, d’une tumeur cérébrale causée, a-t-on dit, par l’impact de l’obus…

Ça alors… nous sommes le 3 mars !?

(Blanc) Quoi ? Je n’avais pas réalisé ! Le 3 mars, c’est aussi la date de sortie de l’Empreinte de Naissance, il y a 11 ans. C’est extraordinaire…

Mais je vous ai coupé…

Je reviens à l’empreinte de pieds du dalaï-lama. Sur mon site, vous verrez une photo où il s’appuie sur ma tête. Sur le moment, j’ai l’impression qu’il tombe et qu’il se rattrape. J’ai alors ressenti une douleur pariétale, sur le côté droit de la tête. Mais, en observant la photo, on voit qu’il est tout sourire. En fait, il s’appuie exactement là où mon grand-père a été blessé par l’obus, et où il a été opéré d’une tumeur cérébrale. Incroyable histoire ! D’autant qu’en l’an 2000, on célébrait la date anniversaire du décès de ma grand-mère… Pour couronner le tout, de retour en Europe, nous faisions, avec la mère de mes filles, des travaux dans une petite maison. Dans la cave, les entrepreneurs ont trouvé… un obus. Les démineurs ont dit : « Ce n’est rien, il est désamorcé. » Quand on se laisse guider par la vie, ça devient un monde incroyable !

Encore faut-il accepter, comme vous le suggérez, que tout est proposition d’évolution…

J’ai une phrase-clé : il s’agit d’avoir la certitude absolue que chaque chose a un sens au service de la conscience. Ce n’est pas à nous à donner du sens à la vie. Chaque fois que je veux donner du sens, je fais marche arrière, car je ne peux que donner le sens que je connais. Je retourne dans le passé. Ce que nous avons à faire, c’est de laisser la vie faire son œuvre en nous. C’est de se laisser ÊTRE dans cette expérimentation. Être l’expérience et l’observateur de l’expérience.

Vous avez rencontré bien d’autres bouddhistes (Arnaud Desjardins, Guendun Rinpoche…). Comment cela a-t-il impacté votre approche de la Bioanalogie ?

Là où c’est venu percuter ma pratique professionnelle, c’est que j’ai toujours eu la conviction que, pour que la santé physique puisse évoluer grâce à un travail sur le sens de la maladie, il faut d’abord avoir la certitude absolue que la maladie a bien un sens. Donc, qu’elle n’est pas un « coup de malchance », comme on le pense souvent dans notre culture. Or, j’ai eu la confirmation de cette conviction en recevant en consultation des habitants de la vallée de Spiti. Pour eux, il est évident que la maladie a un sens ! Lorsqu’on leur expose le sens de la maladie qui les touche, ils le reconnaissent, ils l’accueillent et l’intègrent immédiatement. Ils « savent » être malades ! On peut alors constater un réel changement dans leur état de santé.

Comment expliquez-vous que les Occidentaux ne sachent pas être malades ?

Pour ces habitants de la vallée de Spiti, la maladie est liée à leur karma. S’ils sont malades, ça leur appartient. Ils en prennent la responsabilité. En ce qui nous concerne, nous sommes trop dans le mental, coupés de notre dimension spirituelle et de notre responsabilité. On est davantage dans notre fonction animale de survie – acquérir, donner du sens à notre vie, etc. Ce qui fait que, face à la maladie, perçue comme venant de l’extérieur et ne pouvant donc pas nous informer, il faut lutter (contre elle) ! Si je suis malade, cela ne me concerne pas. J’ai une tumeur, il faut l’enlever. Souvent, nous ne sommes pas prêts à faire le lien.

Cette déresponsabilisation frappe certains patients qui vont consulter des praticiens du « sens » comme il le ferait avec des médecins classiques…

C’est juste ce que vous dites ! Certains se disent : on va me donner le sens… et je n’aurai rien à faire. C’est la limite de notre culture : on cherche une solution miracle, quelle qu’elle soit. Sous-entendu, c’est au praticien de me guérir. Or, selon moi, on a beau donner le sens, ce n’est pas le sens qui guérit. C’est l’intégration qui guérit. « Est-ce que je me reconnais dans ce sens-là ? ». Telle est la clé. Seule la reconnaissance de soi guérit. Soigner ne peut pas se faire en force. Le thérapeute n’est pour rien dans la guérison du patient. Il est un accompagnant qui ouvre des portes.

Comment en êtes-vous venu à la découverte de l’Empreinte de naissance ?

Lorsque j’entends Claude Sabbah, créateur de la Biologie Totale, dire : « Notre biologie est issue de la mémoire animale ; la fonction de l’animal, c’est la survie », cela résonne en moi ! Nous reproduisons ce que nous connaissons par survie. Nous ne savons pas faire autre chose. C’est ce qui m’a permis de comprendre cette Empreinte de naissance. L’embryon enregistre ce que vivent le père et la mère. Notre Empreinte est faite du vécu/ressenti de nos parents, autour de notre naissance (2). Cela ne peut se comparer : ce que vos parents et les miens ont vécu est unique, original et singulier. Mais à vrai dire, ce n’est pas cette empreinte-là qui m’intéresse… Certes, elle permet de comprendre nos fonctionnements. Mais en remontant dans le transgénérationnel, on s’aperçoit que le vécu de nos parents dépend de l’histoire de nos grands-parents, et ainsi de suite… Notre vécu/ressenti contient l’histoire de notre généalogie proche, mais il porte aussi la mémoire de l’origine de l’humanité. Plus nous remontons dans notre arbre généalogique, plus nos ancêtres sont communs – notre arbre généalogique se referme comme un losange. On arrive à l’inconscient collectif de Jung (avec ses archétypes), que j’appelle « l’inconscient universel ».

Quelle est la caractéristique de cet inconscient universel ?

C’est un principe neutre, ni positif ni négatif. Il EST. Le monde tout entier s’exprime à travers cette Loi. La première manifestation de l’univers, c’est une rencontre entre le temps et l’espace. On ne sait pas concevoir l’univers, sans qu’il y ait du temps et de l’espace. Or, quand nous sommes dans la dualité, nous restons accrochés, soit au temps – donc, analogiquement, à la reconnaissance (le « moi », la descendance, la pérennité), soit à l’espace : l’acquis, le matériel, etc.

Comment incarner cette non-dualité ?

Le temps et l’espace est une rencontre. La vie est dans cette expérimentation. Nous avons l’habitude de dire que le monde est duel, mais il ne l’est pas ! Pour marcher, il faut deux jambes qui fonctionnent et un sol. Si les pieds ne touchent pas le sol, je ne marche pas ! S’il y a un haut et un bas, c’est qu’il y a un milieu. S’il y a un positif et un négatif, c’est qu’il y a un neutre. Cette notion, insaisissable, immatérielle, n’est plus accessible par le mental… Cela nous renvoie à la physique quantique.

En quoi ce principe neutre impacte-t-il notre vie ?

Pour moi, notre Empreinte de naissance est neutre – ni positive ni négative. Elle est faite du vécu/ressenti des parents, qui est ce qu’il est. Nous allons reproduire cette empreinte, parce que nous ne savons pas faire autre chose. Or, si nous sommes 100 % programmés, nous sommes 100 % libres de le vivre autrement ! Soit nous allons rester dans la même tonalité que nos parents. Soit on vivra cette empreinte à partir de ce Principe neutre d’un événement (le troisième plan dont je parle), au travers d’une expérimentation libre, point d’appui de notre créativité.

Un exemple ?
Imaginez : au moment où mes parents m’attendent, ils sont en voiture et ils font une sortie de route. Ma peur sera de « sortir de la route ». Partant de là, soit je reproduis le programme et je suis toujours « en sortie de route » (un marginal) ou je suis quelqu’un qui sort de la voie, en innovant. Sortir de la route, en soi, n’est ni positif ni négatif.

Notre empreinte n’est donc pas un fardeau ?

C’est essentiel ! Aujourd’hui, nombre de personnes travaillent sur cette empreinte, mais beaucoup ne l’utilisent pas dans le sens que je propose… Sur leur site, on lit : « Déprogrammez les empreintes négatives de votre naissance. » Comme notre empreinte n’est ni négative ni positive, il n’y a rien à déprogrammer ! Il serait plus juste de dire : « Venez révéler la créativité de cette empreinte. » Dans cette ère de la conscience, nous ne sommes plus dans le positif ou le négatif, nous sommes dans l’expérimentation. Dans cette rencontre neutre. Inédite.

Comment cela s’exprime-t-il au travers des quatre dates-clés de notre Empreinte de naissance ?

Ces quatre temps fondateurs de notre naissance nous donnent des informations sur la façon dont nous expérimentons le temps et l’espace, et ce que nous retirons de cette expérimentation. Pour schématiser (plus de détails dans les ouvrages de Jean-Philippe Brébion, NDLR), avec l’Empreinte de naissance, nous pouvons déterminer les quatre Lois ontologiques de notre incarnation. Ce sont quatre temps particuliers qui sont des injonctions de vie. C’est-à-dire qu’elles représentent un ordre absolu que chacun de nous a à vivre dans le principe, mais qu’il peut vivre soit en dualité (dans la souffrance), soit en conscience (dans la lumière). Résumons ces quatre énergies qui structurent notre vie : 1/Il s’agit d’abord et avant tout de se situer, 2/Ensuite, d’agir – cela vient nous parler d’action juste (pas en réaction, ni en entretenant l’idée que l’événement est la cause de notre malheur/bonheur), 3/On en arrive au « constat », à la concrétisation – c’est ce qui me laisse en paix et qui demande de ne pas vouloir une autre réalité que celle qui se présente, 4/Enfin, tout l’enjeu est de « se respecter ». Cette quatrième loi est liée à ce que je sais au fond de moi de par mon expérimentation, qui doit être ma seule et unique référence. Or, regardez comment, dans notre vie, nous ne respectons pas ce que nous savons au fond de nous, par peur d’être rejetés, de ne pas être aimés, d’être incompris. Le principe ontologique de ces quatre dates fondatrices m’a amené à découvrir 36 Clés de naissance (ou archétypes), qui sont incroyables pour comprendre le fonctionnement de l’humain – je ne parle pas, ici, de psychologie humaine.

Comment en êtes-vous venu à faire le lien entre ces quatre temps fondateurs de notre naissance et les Quatre Nobles Vérités du bouddhisme ?

Lors d’un voyage dans la vallée de Spiti, on m’a parlé du premier sermon du Bouddha, réalisé à Sarnath (près de Bénarès), après qu’il eût trouvé l’Éveil sous l’arbre de la Bodhi (à Bodhgaya). La légende dit que le prince Siddhârta Gautama, en se promenant hors du palais, rencontra un vieillard, un malade et un enterrement ; ce qui l’a mené à méditer durant six ans sur la souffrance de l’homme. Dans ce sermon des Quatre Nobles Vérités, le Bouddha traite : de la reconnaissance de la souffrance, de son origine, de sa cessation et du chemin qui mène à cette cessation (de la souffrance). Pourquoi l’homme souffre ? Premièrement, cette lumière qu’il voit à l’extérieur de lui, il s’en croit coupé. Deuxièmement, face au monde, aux événements, il souffre parce qu’il réagit : il veut attirer les choses bonnes pour lui ou rejeter ce qu’il considère comme mauvais. Troisièmement, il n’a pas la certitude absolue que, dans le monde tel qu’il est, il peut être en paix. Enfin, la quatrième Noble Vérité, c’est ce que les bouddhistes appellent « Le chemin qui mène à la cessation de la souffrance » (« Noble Octuple Chemin »). Il s’agit de respecter son Dharma. Le Dharma, c’est sa vérité… que nous ne respectons souvent pas. Là, je fais illico le lien : c’est exactement la définition que je donne à propos des quatre dates fondatrices de l’Empreinte ! En faisant cette connexion, on peut voir comment la biologie rejoint les lois ontologiques, sacrées de la vie. Lorsque je suis à Spiti et que je vais lire aux personnes que je rencontre les Quatre Nobles Vérités du bouddhisme, à travers leurs clés de naissance, c’est comme si, tout à coup, ce texte traditionnel, millénaire, leur parlait personnellement ! Ils en pleurent. J’ai des émotions rien que d’en parler… Ils sont si touchés de se reconnaître. De comprendre leur fonctionnement. D’où ce livre.

L’équation mystérieuse de la vie ne peut donc se résoudre que par l’expérimentation ?

Oui, et c’est pour ça que toute mon histoire de vie a été d’être incompris. Ce cheminement ne peut pas être compris, on ne peut que l’expérimenter. D’où la conclusion du livre : « Ne croyez rien de ce qui est écrit, expérimentez… Car il n’est qu’une vérité : la vôtre ! »

Votre cheminement témoigne de cette expérimentation libre. Expérimenter, c’est prendre un risque. On comprend les réticences…

J’ai 65 ans et aucun capital, parce que j’ai toujours tout remis en question. Mais la vie me donne à chaque instant ce dont j’ai besoin. Même s’il faut un grain de folie pour vivre ainsi, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Il suffit de se situer. Quand on se situe, la vie nous amène ce dont nous avons besoin. Vous savez, nous sommes dans une ère extraordinaire ! À l’aube de l’ère de la conscience, dans ce passage de la survie à la vie. Dans les balbutiements de l’humain. Une ère pionnière, un peu comme la conquête de l’Ouest (Rire) !