Sans être un grand fan, j’ai beaucoup écouté le groupe Queen dans les années 80. Ce sont surtout ses mélodies sublimes, servies par la superbe voix de Freddie Mercury, qui me ravissaient les tympans. C’est donc avec l’assurance de passer un bon moment que je suis allé voir le film Bohemian Rhapsody, le « biopic » qui retrace l’aventure des quatre musiciens britanniques et de leur leader emblématique décédé du sida en 1991.  Je tenais d’autant plus à voir ce film que j’avais lu une critique très négative dans un journal. D’après ce quotidien, le long-métrage ferait injure à la mémoire du chanteur disparu en insinuant que ce dernier n’assumait pas son homosexualité et en avait honte alors qu’il la revendiquait sans ambiguïté. Ce reproche est curieux car le film décrit fidèlement ce que les biographes de Mercury ont toujours dit : il était sincèrement épris d’une femme  (dont il fit d’ailleurs son héritière) et il n’a jamais, sauf une fois peut-être,  déclaré publiquement qu’il préférait les hommes. Selon les sources les plus sérieuses, c’est dans la chanson Bohemian Rhapsody que l’artiste  ferait allusivement son « coming-out ». Mais les paroles de ce morceau sont tellement étranges que personne ne peut affirmer qu’elles renferment ce message. À mon avis, l’œuvre de cinéma  fait œuvre de vérité en montrant que le personnage principal était tiraillé, voire tourmenté par une orientation sexuelle hésitante.  Critiquer le film sur ce point, c’est adhérer au dogme politiquement correct selon lequel on naît homo et ne le devient point. Or le caractère prétendument inné et immuable de l’homosexualité résiste peu à des parcours comme celui de Freddie Mercury : outre son amour indélébile envers  Mary Austin, la star vécut aussi une relation passionnée avec l’actrice allemande Barbara Valentin, ce que le biopic passe  bizarrement sous silence.  Est-ce si dérangeant d’admettre que le chanteur de Queen naviguait tant que bien que mal en oscillant entre voile et vapeur ? Que ses attirances homophiliques n’étaient pas permanentes ? 
 
Ce qui ne fait pas de doute, c’est que ses périodes « gay » furent marquées du sceau de la débauche.  On sait que Mercury affectionnait les grandes fêtes  copieusement arrosées,  enneigées de poudre blanche  et sexuellement débridées. Avec un sens de l’ellipse qui l’honore, le réalisateur  du film évoque avec pudeur ces nuits de folie où l’alcool et la cocaïne coulaient à flots dans les veines de participants avides de jouissance. Pas besoin d’images « trash » pour faire comprendre  comment se déroulaient ces bacchanales sordides. C’est pourtant là que la fiction s’écarte de la réalité en l’édulcorant exagérément. En sortant de la salle, les spectateurs mal informés ne peuvent pas savoir ce qui se passait réellement à New-York et à San Francisco dans les années 70 et 80. Dans ces villes fréquentées par Freddie Mercury, les partouzes entre homos étaient de véritables marathons sexuels qui duraient parfois plus d’une semaine et pendant lesquels les hommes avaient de multiples rapports intimes  avec des partenaires multiples. Pour prendre part à ces orgies, il fallait forcément consommer beaucoup de stupéfiants et de médicaments stimulants.  Et pour se protéger ou se soigner des MST, il fallait nécessairement se gaver d’antibiotiques à large spectre.  Sans oublier que  pour se sodomiser  à la chaîne (désolé pour la crudité du propos, mais il faut appeler un chat un chat), les fornicateurs fous  sniffaient des fioles appelées « poppers » et contenant du nitrite d’amyle, un produit chimique potentiellement très toxique.  C’est là-bas, dans ce contexte-là, qu’est apparu le sida, primitivement appelé le GRID (Gay Related Immune Deficiencyou déficience immunitaire associée à l’homosexualité). Les premiers malades  appartenaient au « club des 10.000 », c’est-à-dire au groupe de gays américains se vantant d’avoir déjà eu  au moins 10.000 partenaires sexuels différents. L’un d’entre eux,  Michael Collen, a même écrit en 1982 un article retentissant intitulé « Nous savons qui nous sommes »,  dans lequel il confesse cette promiscuité hallucinante et la relie au syndrome dont lui et ses amis souffraient. C’est seulement avec la découverte du HIV, en 1984, que cette prise de conscience de l’influence du mode de vie s’est effacée au profit d’une explication pasteurienne. Et c’est alors que les malades ont été soignés avec l’AZT,  un remède anti-cancer délaissé en raison de sa haute toxicité et de ses puissants effets … immunosuppresseurs. Tout cela, « Bohemian Rhapsody » n’en parle pas. Et plus aucun média n’en parle.  Au contraire, le film et les commentaires qu’il suscite consolident le mythe de l’origine virale du sida et de sa contagiosité. L’occasion était pourtant belle  de rappeler des faits que Néosanté vous a racontés dans ses tout premiers numéros, les n° 2 et n° 6 précisément.
 
Si vous lisez notre mensuel depuis longtemps, vous savez  que nous sommes fermement engagés aux côtés des « repenseurs du sida », ces médecins et scientifiques qui ont le courage de proposer une autre vision de la maladie et de ses causes. Nous avons notamment fait honneur au plus célèbre d’entre eux, le virologue  californien Peter Duesberg, en publiant en 2012 (Néosanté n° 17)des extraits de son livre « L’invention du virus du sida ». En 2016, nous avons également publié une « Enquête chez les sérodissidents » (Néosanté n° 53), ces séropositifs qui ne suivent pas de traitement, s’en portent plutôt  bien et mettent ainsi à mal la théorie officielle sur la charge virale et le taux fatidique de lymphocytes CD4. Dans mes éditoriaux et divers articles de la rubrique « Santéchos », je souligne aussi régulièrement combien l’hypothèse infectieuse est entachée d’absurdités et d’incohérences. Dans le numéro de décembre, je  reviens par exemple sur cette affaire qui a récemment  défrayé la chronique judiciaire au tribunal de Nancy : un quadragénaire y a été condamné à deux ans de prison, dont 10 mois fermes, pour avoir caché sa séropositivité à ses deux ex-compagnes. Or aucune des deux n’a contracté le virus malgré des années de rapports non protégés, un « détail » qui n’a même pas intrigué les chroniqueurs du procès ! À force d’être matraqués de propagande, il semblerait que certains cerveaux  soient totalement hors-service.  Vous allez voir que d’ici samedi,  journée internationale du bourrage de crâne, toute la  presse imprimée et audiovisuelle va encore  nous rabâcher que le salut vient des antiviraux mais que l’épidémie continue à progresser  par la faute des  dizaines de milliers de porteurs du VIH ignorant leur état. Or si c’était vrai, les hôpitaux continueraient à se remplir de sidéens déclarés au lieu de se vider, comme c’est le cas depuis plusieurs années ! Affirmer simultanément que l’infection est jugulée par des médicaments mais qu’une foultitude d’infectés non médicalisés ne s’aperçoit de rien, voilà le genre de débilité antilogique qui va encore se débiter sans sourciller le 1erdécembre. Mon conseil : sortez couverts et bouchez-vous les yeux et les oreilles pour échapper à ce rituel  annuel de désinformation.
 
Pour en revenir à Freddie Mercury, ce serait lui rendre meilleur hommage d’éclaircir les véritables raisons de son décès : victime de ses excès, de l’AZT ou d’un virus ? Vu qu’il menait une vie rangée avec son dernier compagnon, je penche évidemment pour la deuxième solution. Mais contrairement à la frange la plus radicale de la « sidadissidence », je ne suis pas persuadé que le rétrovirus soit purement hypothétique. Contrairement également à Duesberg,  qui admet son existence mais en proclame l’innocence, je pourrais même imaginer que l’agent infectieux soit impliqué dans l’effondrement immunitaire appelé « sida ». Comme on le découvre de plus en plus, TOUTES les maladies sont associées à une présence bactérienne et/ou virale et je ne vois pas trop  pourquoi l’immunodéficience ferait exception. L’important n’est pas tant de débattre du VIH et de son rôle éventuel que d’interroger le sens du symptôme immunologique. Au risque de lasser,  rappelons que  l’immunité est au corps ce que l’identité est au psychisme. La première est le reflet physique de la seconde.  En amont d’une chute immunitaire, on retrouvera  dans l’histoire du patient  une grande souffrance identitaire. À cet égard,  le film « Bohemian Rhapsody » met en lumière le drame secret du chanteur de Queen : il reniait à peu près  tout ce qu’il était ! Né Farrokh Bulsara, ce fils d’émigrés indiens d’origine persane s’était déjà choisi un autre prénom avant  même de troquer son patronyme pour un nom de scène. Il était si peu fier de ses racines et de sa famille qu’il avait  quasiment coupé les ponts. La religion zoroastrienne de ses parents, il ne l’a adoptée que  sur son lit de mort en demandant que ses funérailles en respectent les rites. Mais plus que tout, c’est son sexe masculin que  Freddie Mercury a eu toutes les peines à endosser. Non pas en devenant transgenre  – ce n’était pas encore à la mode –,  mais en pourchassant le fantasme d’être homme et femme à la fois. En spectacle, ses tenues et ses attitudes jouaient clairement sur l’équivoque. Avec ses copains de beuveries orgiaques, ils s’appelaient entre eux de surnoms féminins. Le sommet de la confusion intentionnelle  est atteint dans le clip de « I Want to break free », interdit aux États-Unis, où il apparaît travesti en poupée sexy mais sans masquer sa pilosité et toujours affublé de sa virile  moustache. Cette chanson résume en quelque sorte la soif de liberté qui dévorait Freddie Mercury, jusqu’à vouloir s’émanciper des contraintes chromosomiques. Quand d’autres ont provoqué par la gestuelle (Jagger, Bowie, Prince..), lui s’est rêvé affranchi des frontières sexuelles. Ce n’était pas, il me semble,  un homo honteux, mais un homme qui ne se résignait pas à n’être que ça. Le problème, c’est que l’être humain n’est pas un escargot : hormis les rarissimes cas d’hermaphrodisme, il est conçu avec un sexe irrémédiablement déterminé. On vient au monde mâle ou femelle et c’est irréversible, quoi qu’en dise l’idéologie du genre. Qui s’oppose à cette fixité identitaire s’expose à un désordre immunitaire que viendra déclencher une accumulation de comportements risqués (coke et autres drogues dures, poppers, antibiothérapies répétées, malnutrition,  manque de sommeil nocturne, sexualité anale démentielle…).  Que le fléau ait émergé en Amérique sur fond de luxure sans entrave est tout sauf un hasard. Qu’il ait frappé une idole du rock en proie à ses démons transgressifs ne l’est certainement pas non plus. Pour appréhender les vraies causes du sida, il  faudrait que les films bien-pensants  ne nous cachent plus les circonstances exactes de sa naissance.