Trembler pour guérir

La scène a déjà été filmée par des cinéastes animaliers : une gazelle court à toute vitesse pour échapper à un lion qui la pourchasse ; lorsqu’elle a réussi à semer son prédateur, la proie s’immobilise et son corps tout entier, de la tête aux pattes, se met à trembler : cela ne dure que quelques secondes et la gazelle rejoint ensuite le troupeau pour s’abreuver tranquillement, comme si rien ne s’était passé. Mais que s’est-il passé ? En fait, ce mécanisme de tremblement peut s’observer chez tous les mammifères soumis à une menace vitale et qui parviennent à sauver leur peau. Chez eux, c’est clairement une manière d’évacuer la tension générée par la panique. Pareil chez l’être humain qui, contrairement à l’expression courante, ne tremble jamais de peur mais se met à frémir et grelotter lorsque celle-ci retombe.

En fin observateur de ces réactions animales, le Dr Ryke Geerd Hamer y a puisé la confirmation d’une de ses intuitions géniales, à savoir que la solution d’un choc émotionnel suffisamment fort pour convoquer un conflit biologique s’accompagne de tressaillements nerveux ressemblant beaucoup à une crise d’épilepsie. Il a appelé cette phase la « crise épileptoïde », du grec « epilepsia »(« attaque surprise ») et du suffixe « oïde » signifiant « qui ressemble à ». Selon le médecin allemand, ce grand frisson se produit lors de la deuxième phase des maladies, celle de la réparation, quand l’œdème cérébral est à son maximum. Ce « sursaut » du système nerveux signale que l’organisme va retrouver son équilibre d’avant le choc. C’est pour ainsi dire l’avant-dernière étape – cruciale et périlleuse – du processus de guérison, juste avant la cicatrisation finale. Dans une de ses versions les plus critiques, ça donne par exemple des infarctus du myocarde.

Et si la commotion cérébrale était également une forme paroxystique de crise épileptoïde ? Cette hypothèse pour le moins audacieuse m’a été glissée par le Dr Eduard Van den Bogaert, élève de la première heure du Dr Hamer, que je consultais sur le sens de cet événement que j’ai moi-même subi fin de l’année 2013. En l’examinant posément, j’ai trouvé cette idée assez fabuleuse et j’ai acquis la conviction que ce type de traumatisme crânien n’est pas la somatisation d’un surstress ingérable, mais au contraire l’expression spectaculaire d’un vieux conflit en train de guérir. Ce mois-ci, je me suis invité dans le « Cahier Décodages » pour partager mon opinion que la commotion cérébrale – en tout cas la mienne – pouvait se comparer à un « tremblement de tête salutaire » (Article page 24). Dans notre prochain numéro de septembre, j’apporterai encore des éléments qui m’ont conforté dans cette analyse de mon accident. Tout comme la commotion, la crise épileptique est aussi la manifestation que le cerveau est le siège d’une véritable tempête électrique. C’est un séisme accompagné de violents orages et d’éclairs qui, en partant de l’encéphale, peuvent « zébrer » l’ensemble des nerfs. Or, précisément, les principales séquelles de ma mésaventure sportive furent des atroces névralgies faciales qui m’ont régulièrement foudroyé le visage, de la tempe à la mâchoire, et ce plusieurs heures par jour pendant des semaines. N’ayant trouvé aucun secours dans la médecine classique ni dans plusieurs approches parallèles pour atténuer ce symptôme, j’ai fini par découvrir et par suivre une thérapie appelée « Neurofeedback ». Dans un prochain numéro de ma newsletter hebdomadaire(*), je présenterai plus avant cette technique venue d’Amérique. Mais en attendant, sachez que cette méthode consiste justement à réguler l’activité électrique du cerveau. Dans mon cas, le résultat a été immédiat et quasiment miraculeux puisque, dès la première séance, mes névralgies ont disparu pour ne jamais revenir. Ce qui m’a très impressionné, c’est que cet effet antalgique n’est qu’un échantillon des nombreux bienfaits ressentis. Et aussi que les séances, plusieurs fois, ont provoqué chez moi des épisodes épileptoïdes. J’étais incroyablement bien, apaisé comme je n’ai jamais été, mais je me mettais à trembler comme une feuille pendant quelques secondes. Je me demande sérieusement si le Neurofeedback n’est pas la médecine complémentaire idéale, celle qui favoriserait sans effort les mécanismes naturels d’autoguérison.

Et si c’était aussi le cas de la méthode T.R.E (Trauma Releasing Exercises) ? Dans un article que nous avons sollicité (lire pages 16 à 18) , le psychothérapeute Yves Wauthier-Freymann nous explique les principes de cette autre technique conçue aux Etats-Unis pour soigner le stress post-traumatique. Il est frappant qu’elle a été inventée pour imiter la réaction de la gazelle échappant au lion, et donc pour reproduire ce tremblement naturel aux allures curatives. Simples et indolores, les exercices ont pour objectif de relâcher les contractions musculaires occasionnées par les traumatismes psycho-émotionnels. La méthode a toutefois comme spécificité de recréer le tremblement depuis le bassin pour lui permettre de se propager dans le corps entier. Toute comme la pratique préventive des « 5 Tibétains » (Lire article page 41), la T.R.E nous semble particulièrement propice à une gestion globale de sa santé. Bonne lecture et bel été !

Yves RASIR

(*) Si vous n’êtes pas encore abonné(e) à cette lettre électronique gratuite, voyez page 15.