L’espoir qui venait du froid

Un bon bain brûlant, un sauna ou un hammam : quand il gèle dehors, on songe naturellement à la chaleur pour se réconforter et se refaire une santé. Et c’est vrai que le chaud, essentiellement grâce au processus de sudation, est une manière éprouvée de se détoxiner et de chouchouter son immunité. Mais saviez-vous que son contraire, le froid, est également prodigue en bienfaits, non seulement pour le corps, mais aussi pour l’esprit ? Naguère, beaucoup se sont moqués de Rika Zaraï et de ses fameux bains de siège. N’en déplaise aux railleurs, la chanteuse convertie aux médecines naturelles ne faisait pourtant là que divulguer un remède populaire très efficace transmis par ses amis naturopathes. Car le recours à l’eau très fraîche, n’en déplaise toujours aux persifleurs, est une méthode de santé ancienne qui a allègrement démontré ses vertus thérapeutiques. Dans le dossier qu’elle a rédigé (lire pages 6 à 10), Pryska Ducoeurjoly est remontée aux sources de cet usage du froid en hydro- et en balnéothérapie. Mais l’objet de son enquête, c’était surtout le développement moderne de cette approche qu’on appelle « cryothérapie » et qui consiste à soumettre le corps, ou certaines de ses parties, à un froid sec et intense. Vous allez voir que cette technique, déjà adoptée par le milieu du sport professionnel, génère de grands espoirs dans le traitement de nombreuses pathologies.

Sans descendre jusqu’à des températures extrêmes, la cryothérapie a une application plus simple que vous connaissez bien : la poche de glace qui sert à soulager instantanément les contusions en résorbant la formation d’œdèmes. A ce propos, je dois vous raconter une aventure assez extraordinaire qui m’est arrivée il y a quelques années. Mais d’abord, vous devez savoir une chose : en concevant sa « médecine nouvelle », le Dr Hamer a découvert que le déroulement d’une guérison s’accompagne également d’un processus oedémateux dans le cerveau, et que ce passage obligé est une étape potentiellement critique. C’est pourquoi il suggérait à ses patients remis de leurs conflits psycho-émotionnels de ralentir leur rétablissement en gardant la tête froide, si besoin au moyen d’une cagoule remplie de glaçons. Sachant cela, quand je ne me sens pas bien, j’ai pris l’habitude de m’appliquer une compresse glacée sur le crâne. Généralement, je repère rapidement la zone douloureuse que le froid atténue progressivement. Un soir, cependant, j’ai senti que ça cognait très fort dans ma tête et j’ai été pris de vertiges au point que j’ai failli tourner de l’œil. Le lendemain matin, sans aucun signe annonciateur, je ne pouvais plus marcher car j’avais la plante de mes deux pieds couverte de cloques purulentes ! Étrange, non ? Je ne peux pas croire qu’il s’agissait d’une coïncidence et, même si je ne peux pas le prouver, je suis persuadé que les deux événements étaient liés : du froid sur mon cuir chevelu avait déclenché un mécanisme de guérison au niveau de mes voûtes plantaires ! Vous devez en effet savoir, si vous ne le savez pas déjà en lisant Néosanté, que l’inflammation est un signal physique très positif. Selon les lois biologiques du Dr Hamer, une réaction inflammatoire indique que la maladie est entrée dans sa seconde phase et que le corps, parfois aidé de microbes, est en train de réparer les tissus concernés par le conflit. Puisque mes ampoules étaient remplies de pus et non d’eau, je n’ai donc nullement paniqué et j’ai simplement accéléré la guérison par des applications d’argile et des bains de pieds aux sels de la Mer Morte. Deux jours plus tard, j’avais des plantes de pieds toutes neuves, avec une vraie peau de bébé, et je n’ai plus jamais souffert de pareille affection. Je remercie chaleureusement le froid pour cette belle expérience.

Depuis lors, je suis en tout cas convaincu que la cryothérapie a de très beaux jours devant elle. Pratiquée dans des sortes de chambres frigorifiques, la « cryothérapie à corps entier » me semble surtout riche de promesses car elle agit sur l’organisme dans sa globalité, cerveau compris. Il se pourrait qu’en étant soumis à des températures extrêmement basses, l’étage cérébral ne modère pas seulement ses gonflements interstitiels, mais qu’il envoie des programmes curatifs de la tête aux pieds. Je conçois bien que cette hypothèse est parfaitement hasardeuse. Mais je suis quand même intrigué, comme vous le lirez dans le dossier de Pryska, par le fait que la cryothérapie soigne efficacement des pathologies graves, voire considérées comme incurables , comme la spondylarthrite, la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques. N’a-t-on pas trouvé, avec la brève réfrigération du corps complet, une nouvelle et puissante médecine somatopsychique ? Ce qui attise ma curiosité envers la cryothérapie, c’est que la tradition spirituelle tibétaine en avait déjà inventé une version holistique sous la forme du Toumo, ou « yoga du froid », une discipline que certains, en France et ailleurs, sont occupés à populariser. Ça aussi, c’est à découvrir dans notre dossier mensuel décidément fertile en informations. Il m’étonnerait vraiment que sa lecture vous laisse… froids.

Yves RASIR