Il y a quelques semaines, une enquête de l’émission Envoyé Spécial (France 2) a mis la France et la Belgique en émoi : sur de nombreux terrains de football synthétiques, les petites billes noires fabriquées à partir de pneus recyclés et faisant office de terre artificielle seraient hautement cancérigènes. Outre-Atlantique, ce soupçon est pris au sérieux car un nombre anormal de lymphomes et de leucémies a été diagnostiqué chez de jeunes filles ou garçons évoluant sur ce type de surface. Des analyses faites dans un laboratoire hollandais semblent confirmer les méfaits de ces microsphères d’origine pétrolière. Mais peut-on réellement leur imputer la capacité de provoquer des cancers ? Avant d’accepter cette éventualité, il convient d’examiner le sens psychobiologique des maladies détectées. C’est ce qu’une de nos lectrices a pensé à faire après avoir vu le reportage (lire sa contribution page 18) et le résultat de sa vérification s’avère plutôt édifiant : selon la médecine nouvelle du Dr Hamer, le lymphome exprime le stress de ne pas pouvoir défendre un territoire (d’où la solution symptomatique du gonflement de ganglions) tandis que la leucémie révèle une profonde dévalorisation « au sein du clan », autrement dit, un conflit impliquant la famille. Ces deux pathologies peuvent donc émerger dans un contexte psycho-émotionnel où prévaut l’angoisse de ne pas pouvoir protéger son camp et celle de décevoir ses proches. Moi qui vois souvent, au bord de terrains de foot, des parents excités invectiver hargneusement leurs enfants, je ne serais pas du tout étonné que les cancers lymphatiques et sanguins soient davantage la conséquence d’une telle pression que celle du contact avec les particules pneumatiques. L’effet délétère des émotions négatives est trop souvent sous-estimé, comme le souligne pertinemment le Dr Catherine Aimelet-Périssol (lire interview pages 12 à 14).

Un autre fait d’actualité vient encore de mettre en évidence l’erreur funeste consistant à confondre facteurs de risques et lien de causalité : concomitamment à son incarcération suite à des accusations de viol, le célèbre islamologue Tariq Ramadan a déclenché une sclérose en plaques ! L’étiologie de cette maladie est encore inconnue de la médecine classique mais d’aucuns lui attribuent une composante infectieuse et/ou toxique. La pollution aux métaux lourds serait partiellement explicative et des doigts accusateurs se sont pointés contre le vaccin Hépatite B, dont la responsabilité dans la genèse de la SEP vient d’ailleurs d‘être confirmée par un tribunal français. Évidemment, ne comptez pas sur moi pour exonérer cette vaccination de toute implication dans la sclérose en plaques. Lorsqu’on prétend se substituer à la nature et créer une immunité qui ne lui doit rien, on ne doit pas s’étonner de récolter une explosion de troubles auto-immuns. Il faudrait toutefois se prémunir des illusions d’optique quant à la toxicité vaccinale : des tas de sclérosés en plaques n’ont pas été vaccinés contre l’hépatite B et cet acte médical n’est que rarement suivi d’une destruction de myéline. Par contre, le décodage biologique permet invariablement de repérer un ressenti émotionnel ayant précédé de peu la première poussée neuropathique. Lequel ? Celui de tomber et de se retrouver piégé au fond d’un trou, comme une grenouille capturée dans un bocal. Chez cet animal, la SEP est la solution de survie adoptée pour ménager les forces et mieux bondir si le couvercle s’entrouvre. Selon la biologie totale, le choc causal est un « déplacement dans la verticalité » vécu dans une tonalité de grande dévalorisation. Et qui, mieux que Tariq Ramadan, incarne cette chute verticale doublée d’un discrédit vertigineux ? Du jour au lendemain, le penseur musulman est tombé de son piédestal universitaire pour sombrer dans le trou, synonyme argotique mais éloquent de la prison. Sans préjuger de son innocence ou de sa culpabilité, il crève les yeux que cette descente aux enfers n’est pas étrangère à sa pathologie paralysante.

Dès lors que le facteur émotionnel intérieur s’impose comme le véritable fauteur de troubles de santé, il importe de relativiser rationnellement l’importance des cofacteurs extérieurs toxiques. Par exemple, les expériences néerlandaises montrant que les billes de pneu affectent des embryons de batraciens sont moins impressionnantes qu’il n’y paraît. D’abord, il faut tenir compte que les humains ne sont pas des têtards et que leur résilience à un environnement cancérigène est très hétérogène. Ensuite, il faut précisément noter que ces tests n’ont pas révélé de cancérogenèse chez les animaux, seulement une souffrance hépatique et un retard de développement. C’est déjà beaucoup mais c’est fort peu pour conclure à une possibilité de causer le cancer. Pas sûr non plus que les bébés tritons réagiraient différemment avec une autre substance inerte. Enfin, soyons bien conscients du biais fondamental entachant toutes les expérimentations sur l’animal : les scientifiques ne tiennent pas compte du stress induit par l’expérience elle-même et par les produits auxquels ils exposent les cobayes. Or ceux-ci, et même les larves de poisson, ont une âme, au sens d’instance psychique logée dans le cerveau et le système nerveux. Chez eux comme chez nous, la peur est donc puissamment pathogène ! Ne pas admettre cette réalité, c’est se condamner à se tromper sur l’origine réelle des maux.

Yves RASIR