La vagotonie, nerf de la guérison

Dans ce numéro, on va plusieurs fois vous parler de vagotonie, notamment dans la rubrique « Zoom » (page 5) évoquant la maladie de Parkinson et dans l’article sur la Somatic Experiencing (page 28 et suivantes), une thérapie qui consiste à réactiver les réflexes post-traumatiques des animaux sauvages. Ce mot apparaît également plusieurs fois dans le « Cahier Décodages » (pages 15 à 17) sous les plumes de Bernard Tihon et de Daniel Miron. Mais ce n’est pas nouveau : depuis ses débuts, Néosanté vous informe régulièrement sur cette notion de vagotonie qui, comme son nom l’indique, se rapporte au nerf vague, un acteur essentiel du système nerveux autonome. Le mois dernier encore, le Dr Julien Drouin nous expliquait que le degré d’activité du nerf vague permettait de prédire la gravité et le pronostic de certains cancers. Les études scientifiques confirment aujourd’hui une découverte majeure du Dr Hamer, à savoir que les maladies se déroulent toujours en deux phases : l’une où l’individu est en « sympathicotonie », autrement dit sous l’emprise de son système orthosympathique, et une deuxième où il est dominé par le système parasympathique, dit aussi vagotonique. Comme tous les phénomènes biologiques du corps humain, les processus pathologiques évoluent en fonction de ce double rythme naturel. Mais la grande trouvaille hamérienne, à laquelle la médecine classique et la plupart des médecines alternatives demeurent obstinément aveugles, c’est que ce rythme corporel biphasique correspond aussi à l’évolution des conflits psycho-émotionnels au niveau du cerveau : la sympathicotonie est le propre d’une souffrance psychique persistante tandis que la vagotonie indique la résolution du problème pathogène. C’est la phase qui succède aux conflits et qui permet de réparer les tissus abîmés pendant leur phase active.

L’énorme et assez tragique paradoxe, c’est que cette période de réparation est très souvent celle où apparaissent les symptômes, celle où le patient commence à souffrir physiquement de sa maladie. C’est généralement à ce moment que le diagnostic est posé et que le patient est incité à lutter contre… sa guérison. Les infections et inflammations, par exemple, se manifestent lorsque le choc émotionnel initial est amorti et solutionné. Or les allopathes conventionnels combattent ce mécanisme autocuratif à grand renfort d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires ! Or de nombreux thérapeutes « parallèles » les singent inutilement à grand renfort de plantes ou d’huiles essentielles ! Un jour viendra où les Diafoirus modernes reconnaîtront leur dramatique erreur et où les conseils d’Hippocrate (« D’abord ne pas nuire », « Laisser agir la nature ») seront véritablement appliqués par ses disciples sincères. Ceci dit, et comme nous l’avons déjà écrit, le Dr Hamer a lui-même saboté son œuvre avant-gardiste. D’une part en minimisant le fait que certaines interventions « classiques » (comme la chirurgie ou l’antibiothérapie dans certains cas) étaient indispensables à la survie de nombreux malades trop atteints pour franchir le périlleux cap vagotonique. Et d’autre part en déclarant trop vite sortis d’affaire des personnes en proie à la bienfaisante influence du nerf vague. Je connais personnellement plusieurs médecins belges qui ne juraient naguère que par leur confrère allemand et qui lui adressaient leurs patients cancéreux. À force d’en voir mourir malgré un verdict hamérien optimiste, ces praticiens ouverts ont fini par se refermer à la médecine nouvelle. Dommage, car son inventeur a reconnu plus tard que la vagotonie était hautement réversible et que les « conflits en balance » pouvaient facilement faire régresser en sympathicotonie. En médecine traditionnelle chinoise, on sait aussi que la maladie se décompose en deux phases, la froide et la chaude, et que la deuxième peut rétrograder en première si rien n’est fait pour éviter la récidive émotionnelle.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les deux systèmes – l’orthosympathique et le parasympathique – sont tous deux sympathiques : ils ont une relation à la fois opposée et complémentaire. Comme le résume très bien Bernard Tihon dans un de ses livres (*), les caractéristiques du premier (mental en alerte, froideur des mains, hypertension…) sont celles du jour alors que les caractéristiques du deuxième (envie de dormir, extrémités chaudes, hypotension…) sont celles de la nuit. Tout comme la nuit succède au jour, il est naturel que la vigilance diurne cède la place au sommeil nocturne, mais aussi que l’être humain soit bien éveillé durant la journée pour vaquer à ses occupations vitales. Ce qui est malsain et inquiétant, c’est que le jour s’invite dans la nuit et inversement. Les insomnies pendant le repos et la somnolence pendant le travail, par exemple. Ou les pieds froids le soir qui ne sont toujours pas réchauffés le matin. Parmi d’autres, ces deux signes indiquent que les conflits en cours ne sont pas surmontés et que l’anxiété a pris le pas sur le bon stress. D’où l’importance, alors, de se « vagotonifier » l’existence par la méditation, la relaxation, le yoga ou un quelconque art interne oriental. L’activité physique soutenue ? Certains s’en méfient et la considèrent comme une ennemie de la vagotonie. Ce n’est pas du tout mon avis, car même la sécrétion d’adrénaline est reconnue aujourd’hui comme bénéfique. Il se précise de plus en plus que l’exercice sportif est le meilleur allié du nerf vague et de son rôle guérisseur.
Yves RASIR

(*) « Décoder le sens de la vie », Tome II, aux éditions Néosanté