« Si tu as de la joie au cœur, claque des doigts, Si tu as de la joie au cœur, frappe des mains, Si tu as de la joie au cœur, tape des pieds, Si tu as de la joie au cœur, crie Amen… » Quel enfant n’a pas chanté cette joyeuse ritournelle à l’école ou dans un mouvement de jeunesse ? Quand j’étais aux louveteaux, je me souviens que nos animateurs entonnaient la chanson lors des après-midi pluvieuses où nous restions confinés dans le local. Rien de tel pour chasser le dépit de passer plusieurs heures enfermés et pour lancer la réunion dans la bonne humeur. Malgré les fenêtres closes, on nous entendait crier notre joie à l’autre bout du village ! Sans doute ne le savaient-ils pas, mais nos chefs scouts appliquaient là une découverte majeure de la psychologie comportementale, à savoir la tendance du psychisme à se plier aux messages du corps et aux sécrétions du cerveau. C’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en « faisant comme si » nous éprouvions de la joie que nous la faisions naître en nos cœurs. Ce n’est pas (seulement) par la pensée positive qu’on peut changer le cours de son existence, mais bien par l’action concrète. C’est elle qui fait muter l’état émotionnel et qui enclenche le cercle vertueux du changement. Pour ceux que ça intéresse, je renvoie encore une fois au livre « Jetez-vous à l’eau » (*), du psychologue américain Richard Wiseman. Multiples études scientifiques à l’appui, l’auteur démontre les vertus de l’engagement et la primauté transformatrice du premier pas. Comme l’enjoint le sous-titre de ce bouquin, arrêtez de penser à changer votre vie, faites-le !

Dans son dossier (lire page 6 et suivantes) , Carine Anselme relève précisément ce que de nombreux philosophes et psychothérapeutes ont également compris : la joie, ça peut se commander ! Ce n’est pas un don inné ni un cadeau de la chance. Cette émotion-clé de la santé globale peut s’acquérir, s’apprendre, se travailler et se peaufiner jusqu’à devenir naturelle et se ressentir à volonté. Moins dépendante qu’on le croit des circonstances extérieures – il suffit d’aller en Afrique noire et d’y observer la gaieté ambiante malgré la pauvreté, la joie peut parfaitement jaillir d’une source tout intérieure. Elle peut même, témoigne personnellement notre journaliste, surgir au détour du pire, par exemple le décès d’un proche qu’on a accompagné. Mais attention : la joie est davantage une conséquence qu’une cause, et cet effet ne s’obtient pas par le déni des difficultés rencontrées. Selon les recherches menées en psychologie des émotions, le juste équilibre émotionnel consiste à éprouver 75% d’émotions positives et 25% d’émotions négatives. Ces dernières ont pour fonction d’attirer l’attention sur ce qui ne va pas dans notre vie. Et si le signal n’est pas suffisant, les êtres vivants disposent encore de la maladie pour retrouver le chemin de la santé. Car les pathologies, explique le Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte (lire interview pages 12 à 14), peuvent être interprétées comme des « actes manqués », des efforts de l’inconscient pour nous alerter et nous pousser à régler nos conflits. Faisant référence à Jung et à Groddeck, le neurologue français doit surtout cette compréhension des choses au Dr Hamer, dont il a pu vérifier les découvertes géniales par l’imagerie cérébrale.

Rappelons en accéléré les cinq grandes trouvailles hamériennes : 1) Toutes les maladies, ou presque, ont une causalité psycho-émotionnelle. 2) Elles se déroulent en deux phases, les symptômes apparaissant souvent en phase de réparation. 3) Leur évolution synchrone dans le corps et l’encéphale est déterminée par l’origine embryologique des tissus affectés. 4) Les microbes ne sont pas des ennemis et participent positivement au processus. 5) Au final, on peut dire que la maladie est un « programme bien-fondé de la nature » destiné à nous maintenir en vie. Baptisée « loi de la quintessence » par le médecin allemand, cette cinquième découverte récapitule les précédentes et constitue ce que j’ai naguère appelé « l’incroyable bonne nouvelle », à savoir la révélation que notre cerveau archaïque est une sorte d’ange gardien interne. Si ce n’est pas la preuve de l’existence de Dieu, c’est à tout le moins le signe que l’horlogerie de départ a été très intelligemment réglée. Je ne sais pas vous, mais moi ça me fait irrésistiblement jubiler de savoir ça. Pour paraphraser le pape François écrivant qu’ « il ne peut y avoir de chrétien sans joie », je dirais volontiers que la nouvelle médecine psychosomatique ne peut que réjouir l’âme et le cœur en apportant du sens jusque dans nos tourments. De là à dire que la souffrance doit s’accueillir dans l’allégresse et la félicité, il y a évidemment un pas que je ne franchirai pas. Laissons le dolorisme et le masochisme à l’ancien paradigme. En revanche, il me semble que la vision biologique des maladies inaugure un regard souriant, pacifique, voire franchement affable à leur égard. Elles sont le moindre des maux, même quand elles ont le dernier mot ! Aussi ai-je bien envie de compléter le titre de cet édito : autant la joie s’avère être un élixir de vie, autant la vie est virtuellement un élixir de joie. Puissiez-vous y goûter un peu grâce à Néosanté, c’est tout ce que je vous (et nous) souhaite en cette année 2017.

Yves RASIR

(*) InterÉditions