Hommage au Dr Georges Ceulemans

Ne cherchez pas sur internet, vous ne trouverez absolument rien sur ce médecin et chirurgien belge né en 1915 et probablement décédé dans les années 90. Or, ce personnage très peu illustre mérite assurément d’être connu et reconnu ! Si j’ai appris son existence, c’est grâce à un lecteur du mensuel Néosanté, l’ostéopathe Serge Benedini. Ce praticien de santé, belge lui-aussi, régissait à l’éditorial du n° 57 que j’avais titré « Prodiges du corps, miracles du sport ». A la fin de ce texte, j’exprimais mon opinion que le sport intensif protège puissamment du cancer puisque pratiquement aucun athlète professionnel en activité n’a jamais succombé à cette maladie. « Normal, m’a écrit en substance Serge Benedini », si on se réfère aux découvertes du Dr Ceulemans et à son essai « Le Cancer : pour qui, pourquoi, comment ». Je vous avoue que je débarquais complètement. Je n’avais jamais entendu parler de ce compatriote, encore moins de ses idées, et je n’avais évidemment pas connaissance de son livre publié en 1987. Cet ouvrage n’est pas facile à dénicher étant donné qu’il n’a pas fait de bruit à l’époque et que l’éditeur a fait faillite en 2008. Mais j’ai fini par en trouver un exemplaire d’occasion et je me suis empressé de le lire. Et là, je dois bien dire que j’ai eu un choc : c’est incroyable que les incroyables trouvailles du Dr Ceulemans ne soient pas passées à la postérité et qu’elles soient encore ignorées à l’heure actuelle. Elles pourraient ni plus ni moins révolutionner la prévention et la prise en charge du cancer !

Je vous résume brièvement la première découverte capitale du Dr Ceulemans : il n’y a pas de cancer possible si les glandes surrénales sont de volume normal. Autrement dit, cette maladie ne se développe que chez les gens dont les deux glandes endocrines situées au dessus des reins sont préalablement atrophiées. Il faut en effet savoir que Georges Ceulemans s’était spécialisé dans la chirurgie du cancer, et celle du côlon en particulier. Il s’est formé aux Etats-Unis où il séjourné 27 fois et il a même inventé une technique chirurgicale d’ablation du rectum préservant la continence fécale. Durant sa carrière, il a ouvert au bistouri des centaines de bas-ventres et des centaines de bas du dos. Il a donc vu de ses yeux vu, et à de très nombreuse reprises, que la présence d’une tumeur était toujours synonyme de surrénales anormalement petites. Comment en préserver le volume et en assurer les précieuses sécrétions corticostéroïdes ? Réponse stupéfiante du Dr Ceulemans : il faut faire du sport intensivement et fortifier également ses glandes par une alternance de stimulations chaudes et froides. Pour éviter la récidive à ses patients opérés, le chirurgien anversois les encourageait à le rejoindre chaque jour à la piscine municipale ! Mais le Dr Ceulemans n’était pas seulement un médecin visionnaire quant au rôle des surrénales et aux vertus anticancéreuses de l’activité physique : il était aussi un Hamer avant Hamer, c’est-à-dire son prédécesseur dans la compréhension du potentiel cancérigène des chocs émotionnels. Doté d’évidentes qualités humaines et d’une conscience professionnelle manifestement hors-du-commun, le Dr Ceulemans a en effet consacré tous les dimanches matins de sa carrière à interroger ses patients sur les conflits psychiques qui les tourmentaient. Pendant quarante ans, chaque semaine, il passait plusieurs heures à leur chevet pour tenter de discerner les événements et les sentiments qui auraient pu causer la pathologie cancéreuse. Car pour lui, le doute n’était guère permis : au départ, il y a toujours un traumatisme psychique tellement aigu que la personne subit une « déstabilisation du moi » et qu’elle perd littéralement « le sens de la vie ». Le trauma crée alors un état de stress suivi de perturbations biologiques et de l’apparition des premiers symptômes. Déclinant graduellement, le taux de corticostéroïdes dans le sang n’est alors plus suffisant pour défendre le patient, la personnalité de ce dernier finit par s’écrouler et le cancer peut s’installer. A l’appui de ce scénario, le livre du Dr Ceulemans est rempli de multiples cas cliniques témoignant du processus par lequel les chocs de l’existence peuvent déclencher une cancérisation.

Pourquoi ce brillant médecin et chirurgien de premier plan n’a-t-il pas été entendu par ses pairs ? Et pourquoi son livre n’a-t-il pas eu le retentissement qu’il méritait ? C’est pour moi un grand mystère. Mais après l’avoir lu, il était clair pour moi que Néosanté devait réparer l’injustice et faire connaître le Dr Georges Ceulemans. Selon Serge Benedini, qui la connaît bien, la médecine hamérienne mentionne aussi les effets surrénaliens du stress, dont elle précise et explicite leur rapport avec le cancer. Il n’empêche : chronologiquement, le Dr Ceulemans a été le premier à en faire état (*), et certainement le premier à prescrire l’exercice physique comme remède souverain. Sur la genèse psychobiologique du cancer, il avait aussi quelques longueurs d’avance sur le Dr Hamer. Dans ce numéro de septembre de la revue Néosanté, nous publions un article résumant le livre du Dr Ceulemans (lire page 16 à 18). Et comme cet ouvrage est devenu introuvable, nous allons probablement en reproduire des extraits dans les prochains mois. Il est grand temps que ce médecin belge et ses trouvailles avant-gardistes jouissent d’une juste reconnaissance posthume.

Yves Rasir

(*) Sept avant la sortie de son essai, en 1980, le Dr Ceulemans en avait déjà divulgué le contenu sous forme de roman (« Vaincre sa mort pour vivre »), sans doute pour éviter des ennuis.