« N’ayez pas peur ! ». Et si cette injonction christique était la clé de tout, le sésame donnant accès à toutes les guérisons ? Dans Néosanté, depuis bientôt cinq ans, nous essayons d’œuvrer à l’avènement d’un nouveau paradigme médical basé sur l’origine psycho-émotionnelle des maladies et sur leur sens biologique en termes de survie. La médecine du futur pourra établir que la plupart des affections démarrent à la suite d’un stress ingérable par le psychisme et « refilé » par ce dernier au cerveau inconscient en vue d’être somatisé. Comme le dit si bien l’ouvrage du Dr Robert Guinée, que nous sommes très contents d’avoir édité en 2015, les maladies sont des « mémoires de l’évolution » permettant à l’être humain de renouer avec ses lointains instincts animaux. Chez l’animal, un état pathologique est effectivement la meilleure des solutions lorsque les deux autres à disposition – la lutte et la fuite – n’offrent pas de meilleures chances d’échapper au danger. Derrière toute émotion humaine « maladisante », il y a donc aussi une peur animale réactivée par la partie archaïque de notre encéphale. Dans son dernier livre (*), dont nous publions en primeur de larges extraits (lire page 6 et suivantes), le
Dr Jean-Claude Fajeau explique qu’il n’y a pas trente-six sortes de frayeurs animales, mais seulement trois grandes peurs génériques : la peur du prédateur, la peur de manquer et la peur liée au territoire.

De nos jours, dans nos pays riches et « civilisés », ces trois formes de peurs biologiques sont certes moins justifiées qu’autrefois. Les ours et les loups ne courent pas les rues, la famine ne menace plus comme avant et le droit a remplacé la loi de la jungle. Mais la prédation n’a pas disparu, les rapports de domination non plus, et la nourriture s’achète avec de l’argent. Aujourd’hui, la crainte de la disette a le visage du chômage et de l’endettement, les conflits territoriaux s’appellent divorce ou harcèlement au bureau, le fauve a les traits d’un Dutroux ou le rugissement d’un camion. L’homme moderne se croit épargné par les effrois d’antan mais son cerveau ancestral ne fait pas trop la différence. Même si les périls contemporains sont devenus plus virtuels que réels et même si les menaces sont moins vitales que jadis, ses programmes cérébraux sont demeurés inchangés. Bref, ce n’est pas demain la veille qu’ Homo Sapiens va être quitte des réflexes peureux engrammés depuis des milliers de millénaires dans son système nerveux ! En revanche, il dispose d’un disque dur supplémentaire – le néocortex – et d’un logiciel – la conscience – qui l’autorisent à dépasser sa condition animale et à DÉCIDER de ne plus avoir peur de tout et de rien. Moyennant l’acquisition de connaissances utiles et la réception de bonnes informations, le bipède humain peut en effet développer des aptitudes cognitives potentiellement transformatrices de ses comportements et suppressives de ses angoisses. Prenons par exemple la hantise de l’avion, dont une thérapie cognitivo-comportementale peut venir à bout en quelques semaines : sa guérison passera notamment par la prise de conscience que le transport aérien est le plus sûr qui soit et qu’un accident est hautement improbable. Le terrorisme ? Des statisticiens ont calculé que malgré les attentats de Paris, le risque était toujours beaucoup moins grand que la chance de gagner le gros lot à Euro Millions. Pour remédier aux peurs tapies derrière les maladies, on peut également faire appel à la raison : on peut réaliser que la sécurité sociale nous protège de la misère, que le chef de service n’est pas un serpent venimeux malgré sa langue de vipère, que la haie du voisin ne menace pas notre intégrité ou que la perte d’un partenaire amoureux n’est pas mortelle en soi. En amont de chaque émotion pathogène, il y a une panique anachronique dont nous pouvons conscientiser l‘obsolescence.

Depuis les découvertes du Dr Hamer, nous possédons aussi une clé de santé en or massif, à savoir la compréhension que la maladie procède d’une intention intelligente de la nature. Loin d’être une aberration aléatoire ou la punition d’un quelconque péché, la « mal-a-dit » témoigne que la logique de vie opère jusque dans l’affliction et la douleur. En d’autres termes, ce ne sont pas seulement nos peurs animales qui sont mauvaises conseillères, mais aussi la peur de la maladie elle-même. Entretenue et attisée par la médecine allopathique classique, qui a repris ici une fonction négative de la religion, la peur de la maladie repose sur une vision manichéenne opposant à tort le Bien et le Mal, l’âme et le corps, la vitalité et l’absence de symptômes, ou encore les cellules humaines et les microbes. Et si cette peur de la maladie pouvait carrément en devenir la cause ? Ce n’était pas l’opinion du Dr Hamer, mais c’est devenu la conviction de certains de ses élèves francophones énonçant que « la peur de la chose finit par engendrer la chose ». Selon eux, le cerveau inconscient aurait en effet tendance à déclencher les événements redoutés pour résoudre la peur qu’ils n’arrivent, un peu comme la chute d’un bébé apporte la solution à sa peur de tomber. Que ce phénomène psychosomatique soit à l’avenir vérifié ou infirmé par la science, une chose est sûre : c’est en pensant et en pansant ses peurs qu’on peut sourire à la vie. C’est tout… le mal que je vous souhaite en cette année 2016 !

Yves RASIR
(*) « Chemin de Vie, chemin de Guérison » (disponible dans la Médiathèque Néosanté)