Beaucoup d’entre vous  l’attendaient depuis longtemps.
Certains ne l’espéraient plus. Il est pourtant bien là, le nouveau du livre  du Dr Robert Guinée : « Et si les maladies étaient des mémoires de l’évolution ? ». En vérité,  cet ouvrage est la deuxième édition  du livre déjà  publié il y a une douzaine d’années.  Mais le médecin belge  a retravaillé son œuvre en profondeur et y  a ajouté de nombreux passages. Depuis plus de 25 ans, le Dr Robert Guinée vérifie dans sa pratique le bien-fondé des travaux du Dr Ryke Geerd Hamer, qu’il a épluchés dans le texte en allemand  et dont il est incontestablement  le meilleur connaisseur francophone.  Aucun autre livre écrit en français n’expose avec autant de clarté, de rigueur et d’exhaustivité  les fantastiques découvertes du Dr Hamer sur l’origine psycho-émotionnelle des maladies et sur leur sens biologique. 

Propos recueillis par Yves Rasir

 Sans doute bien choisi, le titre de votre livre semble cependant un peu étrange. En quoi les maladies sont elles des « mémoires de l’évolution » ?

 Ce titre est à lui seul une des idées maîtresse de mon livre. Il m’a été inspiré par la 5ème loi biologique du Dr Hamer. Le mot-clé en est «mémoires». Sans elles, la vie est impossible.                       Le terme « mémoires » possède au moins trois significations abordées à différents endroits du livre. Pour faire simple, la première et la plus fondamentale renvoie aux différentes sciences de la biologie qui ont inspiré la réflexion du Dr HAMER. Depuis son apparition, la vie a failli plusieurs fois  disparaître. A chaque fois, de nouvelles espèces ont émergé, dotées de tissus et d’organes remplissant les fonctions vitales rendant possible la vie dans autant de nouveaux environnements. En «rappel inconscient », nos ressentis archaïques, lors de chocs, déclenchent ces programmes archaïques d’adaptation inscrits dans notre génétique et notre épigénétique.  La seconde signification  est que nos pathologies individuelles sont autant  d’expressions des mémoires inconscientes de ressentis archaïques de type «  impuissance » lors des hyperstress qui ont jalonné notre vie, avec leurs réponses biologiques. La troisième est que les changements  des modes de vie au niveau sociétal, avec les souffrances subséquentes, se traduisent par une susceptibilité accrue à certaines maladies. Tout cela est surtout développé dans la conclusion aux cinq lois biologiques et dans l’épilogue. Toutefois, je dis ici toute ma prudence envers « les nouvelles maladies » en raison de l’oubli croissant des terminologies françaises utilisées avant l’anglicisation toujours plus forcenée ( notamment burn out pour psychasthénie) ou lorsqu’il s’agit d’entités nosologiques  peu définies (notamment la maladie d’Alzheimer).

 Il y a 25 ans, quand vous avez rencontré la première fois le Dr Hamer, vous avez tout de suite « accroché » à ses théories?

Oui !  Pour faire bref, il y a eu surtout deux raisons à cela. La 1ère est que, depuis longtemps, j’avais l’intuition « que la parole peut tuer ou guérir ». La 2ème réside dans la connaissance acquise du 1er des deux tomes du Fondement d’une Médecine Nouvelle, avec déjà le repérage de plusieurs relais au cortex cérébral, à force d’avoir épluché plusieurs fois ce livre avant cette rencontre. Ceci dit, je gardais encore un certain doute quant aux interprétations par le Dr Hamer des images cérébrales avec ses nombreuses flèches sur les clichés. Ce doute a été très vite levé, en un 1er temps de par la qualité de son 1er exposé durant 4 heures, et puis surtout, lorsque je l’ai vu et entendu, « au pied du mur », interpréter en allemand, avec une précision inouïe, des clichés de CT scans du cerveau de nombreuses personnes francophones. Il ne les avait jamais rencontrées et ne connaissait pas la moindre donnée clinique les concernant. Il s’en est montré capable tant  pour leurs symptomatologies que pour leurs vécus-ressentis et pour certaines datations de leurs traumatismes. Tout cela sur la seule base de l’âge et plus essentiellement encore, du sexe et de la latéralité à l’applaudissement. Pour moi, ce n’était que le début d’un parcours où chaque rencontre me livrait son lot de surprises et d’émerveillement. A cette époque, il avait une soif de partager son savoir.

 Pour avoir été longtemps un de ses interprètes, l’avoir cotoyé plusieurs années et avoir lu toute son œuvre en allemand, vous êtes sans conteste le meilleur connaisseur francophone des travaux du Dr Hamer. Qu’auriez-vous à dire à ceux qui les critiquent sans les connaître ?

 

J’accepte que certains n’aient pas d’affinité avec cette approche, chacun pour ses raisons. J’ai aussi écrit qu’elle ne convient pas à tous les malades. A ceux qui sont virulents, j’applique la phrase de Talleyrand: « Ce qui est excessif est insignifiant » ! Leurs arguments sont souvent très émotionnels, dépourvus de nuance. Leur arrogance déforme ce qui est dit dans les travaux du Dr Hamer et, dans le meilleur des cas, est le reflet de leur ignorance du sujet. Dans ces conditions, un véritable échange, dans le respect mutuel, est impossible. Certes, il y a eu des dérives manifestes, mais elles existent dans toutes les pratiques et, pas seulement pour les travaux du Dr Hamer. Une des raisons de ces dérives me semble imputable à l’attitude des universités. Celles-ci n’ont souvent pas investigué, en un premier temps « lege artem », des approches non reconnues ou ont toujours refusé de les investiguer, notamment les travaux du Dr. Hamer. L’université de Tübingen a été condamnée  en 1986 par le tribunal de Sigmaringen à les investiguer, en vain! Or, un des postulats de la démarche scientifique est : « toutes conditions étant égales, le phénomène doit être reproductible ». Une importante difficulté provient du fait que le ressenti n’est pas reproductible en laboratoire. On peut au moins y trouver une solution en recourant à l’interprétation des CT-scans cérébraux selon les travaux du Dr Hamer. À ce jour, beaucoup de thérapeutes, médecins (spécialistes) et non médecins, ainsi que certains chercheurs, les ont vérifiés de par le monde. Enfin etsurtout, je suis un clinicien, pas un chercheur, et je ne veux convaincre personne, juste m’exprimer avec nuance sur ce sujet.

Dans votre pratique, avez-vous toujours vérifié que les maladies étaient toujours consécutives à des chocs psycho-émotionnels ?

Réponse : Dans mon expérience de 25 ans, il y a deux grandes exceptions : les intoxications et les maladies génétiques. Mais, bien que réelles, elles sont relatives. La première exception vaut surtoutpour les intoxications aigües qui sont souvent doses- dépendantes. Pour celles de nature allergique, non-doses dépendantes et imprévisibles (le benzène et la leucémie etc), pour les intoxications chroniques ( par exemple la silicose des mineurs exposés au coup de grisou avec son tropisme pulmonaire et qui fait le nid notamment de la tuberculose pulmonaire), pour celles-là, il me semble toujours utile d’au moins rechercher le conflit. Concernant des effets secondaires des médicaments bien tolérés durant tout un temps, notamment des chimios, j’ai assez souvent pu retrouver un conflit sous-jacent qui a précédé le(s) symptôme(s). Ceci ne met pas pour autant en cause la toxicité des médicaments ! L’exception génétique , bien qu’elle ait apparemment tout d’une exception, pourrait, peut-être, être relativisée dans le futur. Je pense notamment au cas de cette petite fille avec un mongolisme de type mosaïque, guérie après deux ans de travail de sa mère médecin et du Docteur Hamer. Ce cas figure dans ses livres, avec des photos,  et j’ai rencontré ces personnes. Il y a aussi des cas interpellants exposés par le Dr. Sabbah sur base d’une approche transgénérationnelle. En fait, les gênes, avec l’épigénétique, peuvent être compris comme des supports d’informations, notamment de l’histoire du clan. En outre, des études sur l’animal, toujours plus nombreuses, montrent comment des modifications du comportement acquises par les parents peuvent se transmettre à leurs descendants avant tout apprentissage de leur progéniture. Dans ma pratique,  pour certains patients que je n’ai vus qu’une fois et pour environ une petite dizaine d’autres vus plusieurs fois, je n’ai pas pu vérifier l’ origine psycho-émotionnelle ou la mettre suffisamment en évidence.

 

 Vous avez ajouté un certain nombre de cas cliniques, dont plusieurs cancers canalaires du sein. Maintenez-vous qu’il s’agit toujours d’un « conflit du nid » et que la latéralité au test d’applaudissement y joue un rôle prépondérant ?

Oui,  et sans aucune exception dans mon expérience. Je signale ici que le Dr Hamer a publié en 2009 un livre en allemand de 622 pages sur les cancers canalaires et lobulaires du sein, avec de nombreux cas cliniques ainsi qu’une abondante iconographie cérébrale.
Je me suis procuré ce livre fin 2014. Je n’ai pas encore eu le temps de le lire complètement..
Mais, une amie canadienne  germanophone,  très pointue dans son travail et très au parfum de ces travaux , m’a dit que l’interprétation de la latéralité selon le test de l’applaudissement y est encore confirmée. Pour les justifications plus détaillées de mon affirmation initiale,  je renvoie dans mon livre principalement à latéralité pour la 1ère loi, ainsi qu’aux parties lobulaire et canalaire de la glande mammaire avec les cas cliniques que j’ai exposés.

 

 Prendre conscience de l’origine conflictuelle d’une maladie, est-ce déjà guérir ? Comment trouver « la solution pratique » d’un conflit ?

 La guérison est un cheminement personnel fort complexe. Le sujet est loin d’être épuisé, malgré les nombreux livres parus ou à paraître. Si la prise de conscience est purement intellectuelle, la guérison est très peu probable. Nos maladies sont l’expression de nos souffrances. Celles-ci sont, par nature, émotionnelles et subjectives. Le rationnel n’intervient pas dans leur genèse. Il faut donc repasser par elles. D’autres approches, notamment le Tipi de Luc Nicon ou le Felt sens d’A.Levine, en sont des exemples probants. Pour vous répondre, je préfère les mots « conviction profonde » ou « évidence », où l’émotionnel est en harmonie avec la rationalité de la personne. Dans ces conditions, la guérison est parfois spectaculaire ou, souvent, le chemin vers la guérison est alors plus aisé et plus probable.  Se cantonner à la solution « pratique » consiste avant tout à aider le patient avec des choses concrètes en relation avec l’objet de son drame. En passer par là, lorsque c’est possible, peut s’avérer utile en un 1er temps.  Les résultats peuvent être spectaculaires, mais l’avenir demeurera incertain en raison de « l’effet hypnotique du confit ». Ici aussi, je renvoie à l’exposé de la deuxième loi dans mon livre, bien que tant de choses resteraient encore à dire sur ce bien vaste sujet. Heureusement, « de nombreux chemins peuvent mener à Rome ».

Bien que le Dr. Hamer ait beaucoup travaillé et écrit sur les maladies psychiatriques, vous ne les abordez pas dans votre ouvrage. Pourquoi ?

C’est intentionnellement que je ne les ai pas abordées, hormis quelques précisions sur l’utilisation des mots « dépression » et « manie ». Il y a trois raisons à mon choix. D’abord, l’intéressé les a lui-même estimées comme étant une première base encore perfectible et incomplète. J’estime qu’il en est ainsi, bien que cette base permette déjà de faire du bon travail. La seconde est fondée par l’existence de divergences sensibles de conception et de vocabulaire au sein des différents courants de pensée qui inspirent les différentes approches du psychisme et de ses troubles. Enfin, en-dehors essentiellement de cas d’anorexie ou de boulimie et de dépression pas trop graves (sinon je ne pourrais en assurer seul la continuité des soins), j’estime actuellement ne pas encore avoir été confronté, à une variété et à un nombre suffisants de cas psychiatriques … mais qui sait ?

Vous appelez de vos vœux l’avènement d’un « nouveau paradigme médical » reconnaissant au psychisme et au cerveau un rôle prépondérant dans la genèse des maladies. Êtes-vous optimiste à cet égard ?

Davantage qu’il y a 10 ans. Je ne peux me tenir informé de tout en la matière, mais d’autres travaux,  officiels ou « alternatifs », vont aussi dans ce sens. 
Il demeure au moins encore une difficulté majeure à surmonter : accepter les liens de causalité de cette nature pour les pathologies graves (cancers, maladies dégénératives etc), tant pour les officiels que pour les alternatifs, du moins la grande majorité d’entre eux. À mon sens, c’est
donc à ce sujet que le chemin le plus long reste à parcourir. Actuellement, les explications multifactorielles officielles négligent au moins la primauté du système nerveux autonomeauquel se rattache la seule entité nosologique floue  de «  dystonie neuro-végétative ». Le système nerveux autonome est pourtant ubiquitaire dans notre corps et  nos émotions interfèrent avec son activité, d’autant qu’elles sont intenses et ont un caractère vital. Ce système est couplé au moins à celui du système immunitaire (qui est aussi une formidable mémoire) et  au système endocrinien, sans compter d’autres liens, plus spéculatifs mais qui me semblent également plausibles. Ceci nous donne une certaine idée des répercussions possibles de nos émotions, surtout vitales, sur le fonctionnement de notre être.

Votre approche en consultation ne fait-elle appel qu’aux seuls travaux du Dr. Hamer ?

À mon sens, ses travaux devraient constituer le socle de toute consultation en amont des symptômes. Leur application optimale présente deux avantages importants : leur précision (« le corps ne ment jamais ») et le fait qu’ils sont concrets dans ce qu’il permettent de mettre en lumière. De par leur cohérence, ils constituent tout autant une approche corps-cerveau-psychisme qu’une approche psycho-cérébro-organique. C’est un système surdéterminé.                   Ceci dit, leur utilisation peut ensuite être complétée par d’autres approches, qui sont autant « d’outils » complémentaires. Je pense notamment à d’autres approches telles les Cycles Cellulaires Mémorisés et le Projet-Sens de feu Marc Fréchet, ainsi que la Psychogénéalogie d’Anne Ancelin Schützenberger. Pour ma part, je me réfère le plus souvent à l’ensemble de la biopathographie du patient incluant les drames qu’il a vécus, le tout établi avec la chronologie la plus précise possible. Je me sens responsable,  au-delà de mon côté « obsédé textuel », des informations que je donne au patient, particulièrement celles issues de l’approche  psychogénéalogique. Cette prudence explique pourquoi je l’utilise assez peu. C’est surtout pour les cas de stérilité que je pense avoir  pu apporter quelques informations utiles. Je pense donc qu’en dehors de l’utilisation optimale des travaux du Dr Hamer, d’autres approches peuvent se révéler utiles, mais pas forcément indispensables pour chaque patient. En effet, l’utilisation des travaux du Dr Hamer nous permettent, à mon sens, de construire les  fondations de l’édifice auquel notre travail aboutira. Commencer la maison sans les fondations me semble hypothéquer la solidité de cette construction. Il s’agit bien sûr ici d’une image à propos du travail avec le patient.

 Depuis ses débuts, vous avez moralement soutenu la revue Néosanté. Ce mensuel est-il un outil important à vos yeux ?

J’estime qu’avec l’avènement de la revue Néosanté, un niveau qualitatif sensible a été franchi dans votre travail informatif.  Les sujets abordés ici sont plus vastes et surtout plus fondamentaux. La volonté d’informer le public est manifeste. Les articles de fond sont étayés de nombreuses références scientifiques, ce qui n’est pas pour me déplaire.
De ce fait, cette revue peut aussi apprendre des choses même à des professionnels de la santé confirmés. C’est aussi mon cas. Mais, ce que j’apprécie le plus, c’est sa liberté d’expression. Le conformisme et le dogmatisme, qu’ils concernent la vie privée ou la vie professionnelle, me semblent autant de freins importants à notre évolution. Dans cet ordre d’idées, le doute est propre à toute évolution, quel que soit le domaine  de nos vies qui est envisagé. Il nous permet une ouverture à autrui ou à d’autres visions des choses de la vie. Ainsi, il peut nous faire évoluer, mais toujours avec l’usage de notre discernement. Effectuer ce cheminement avant d’être malade sera important une fois confronté à la maladie, quelle qu’en soit l’issue. Mais ici, je sors du propos de mon livre. Hippocrate disait déjà, il y a environ 2.500 ans, qu’il n’y a pas de guérison véritable sans un changement d’ordre spirituel et intellectuel. C’est toujours d’actualité ! Il en va donc de même pour son corollaire, la phrase: « Rien n’est plus neuf que l’ancien qu’on avait oublié ! ». Cela rend à la personne sa dignité et sa responsabilité, tout en participant à sa guérison. Ce n’est pas en voulant à tout prix protéger les personnes d’autres points de vue, par une politique de type « émotionocratie » qu’on leur rend vraiment service. Le désir d’évoluer est au cœur de l’humain. Evoluer ne se fait jamais dans la facilité. Et, comme le disaient déjà certains Anciens, « Trop de lois tue la Loi ! » (et je précise : en un premier temps l’Esprit de la Loi). Ce qui m’est inacceptable dans les dérives, quel que soit le thérapeute et son approche, ce sont ses promesses fallacieuses qui pervertissent la relation de confiance de la part du malade. C’est surtout cela qui doit être combattu … mais qui peut être évitable par l’exercice de notre discernement. Être libre, ce n’est pas donner à quelqu’un d’autre le pouvoir sur ma vie. Par contre, ramener à un juste niveau les peurs véhiculées déjà par le nom de certaines maladies, c’est aider la personne. Ce n’est jamais faire preuve decharlatanisme. « Nous ne sommes pas les juges des vivants et des morts, et, à ma connaissance, personne n’habite l’Olympe ». Enfin, j’apprécie également votre liberté d’expression dans vos lettres numériques hebdomadaires. Longue vie  à Néosanté !

À lire : « Et si les maladies étaient des mémoires de l’évolution ? », Dr Robert Guinée – Néosanté  éditions (2015)