Et si la maladie n’était pas un hasard ?, s’interroge le neurologue Pierre-Jean Thomas-Lamotte, en titre d’un de ses livres-phares(1)… Cette question, ce médecin se l’est posée tôt dans sa carrière, qu’il dévoue depuis aux causes de la maladie. Le clinicien qu’il était au départ a donc « troqué le microscope » pour une pratique en libéral et une approche davantage psychoaffective et spirituelle des symptômes. Après avoir examiné et accompagné près de vingt mille patients, avec une incroyable qualité d’écoute, il est arrivé à la conclusion que la plupart des maladies que nous développons ont pour origine une émotion inavouée – personnelle, transgénérationnelle. Dès lors, la maladie apparaîtrait comme la compensation symbolique d’une souffrance intime, gardée secrète et refoulée(2). « Le simple fait de comprendre ce mécanisme nous permettrait déjà d’éviter les maladies », dit-il. Avec lui, l’expression « s’en rendre malade » prend tout son sens !

Propos recueillis par Carine Anselme

Ils ne doivent toujours pas en être revenus, dans ce troquet du très classique 8e arrondissement de Paris… Tandis qu’autour de nous, ça tchatche foot, Président casqué (l’affaire Hollande-Gayet était sous les feux de la rampe) et taxis en colère, le Dr Thomas-Lamotte me parle, lui, de l’incroyable et universelle culpabilité de l’être, de cerveau stratégique et autres compensations symboliques ! Il faut dire que c’est là l’essence de son travail… le sens de sa vie. Ce neurologue atypique, qui a également étudié l’anatomopathologie, me déroule le fil de sa carrière à rebours volontaire. Interne, puis chef de clinique assistant dans les Hôpitaux de Paris, il devient ensuite chef de service de neurologie dans l’hôpital d’une petite ville de province, avant de s’installer en libéral, en 1985, parce qu’il voulait « avoir tout le temps pour discuter avec les patients ». Il pratique, selon ses termes, une « médecine de l’oreille », où l’écoute et l’anamnèse occupent une place centrale, afin d’arriver à remonter à la source des maux, aux causes de la maladie. Il lui arrive donc de passer deux heures avec ses patients ! Sa vision holistique s’enrichit de la fréquentation de médecins et thérapeutes férus de psychosomatique. Il reconnaît que les conclusions auxquelles il est arrivé au fil de sa pratique, et qu’il recense dans ses ouvrages, vont souvent à l’encontre du « médicalement correct », notamment car elles ne rapportent rien aux laboratoires pharmaceutiques. Mais ne pas les communiquer serait quelque part, dit-il, « ne pas porter assistance à personnes en danger ». Car, selon lui, chacun peut trouver en lui, plutôt qu’à l’extérieur, l’origine de son mal-être et de ses pathologies. Euh, quoi de neuf docteur ?

« S’en rendre malade » est bien plus qu’une expression, semble-t-il ?

Après avoir examiné et parlé avec des milliers patients au cours de ma vie professionnelle, j’en suis en effet arrivé à la conclusion que la maladie n’est pas toujours l’effet d’une cause extérieure mais bien celui d’une cause intérieure. La littérature nous conte d’ailleurs, depuis la nuit des temps, des histoires d’amour dans lesquelles l’être délaissé meurt de « chagrin »… Le dogme du matérialisme médical et le conditionnement nous imposent de relier la maladie à une cause extérieure, un virus, une bactérie, le tabac, l’alcool, le soleil, etc. Les traitements de la médecine classique se résument à attaquer la maladie avec des molécules. Ces batailles « molécule contre dérèglement moléculaire » donnent souvent de brillants succès (il n’est pas question de tout rejeter mais plutôt d’expliciter et d’enrichir les acquis scientifiques). Mais elles ne nous expliquent pas pourquoi, par exemple, autant de femmes divorcées ou séparées font un cancer du sein… Chacun sait qu’on peut contracter une maladie sans avoir été exposé à des facteurs de risque ou, inversement, rester en bonne santé après une longue exposition à ces mêmes facteurs !

Tout l’enjeu est de comprendre ce qui se joue en amont de la maladie…

En tant que médecin, j’ai pu vérifier à de nombreuses reprises l’efficacité de placebos. Mais si le placebo peut guérir le malade en agissant simplement sur son psychisme, il y a peut-être un événement nocebo avant l’apparition de la maladie… Et je suis parti du constat que si ce nocebo existe, on peut sans doute intervenir à son niveau, et par conséquent sur le déroulement de la maladie.

Vous soulignez l’importance de l’écoute dans votre pratique ; c’est d’ailleurs pour ça que vous avez quitté le milieu hospitalier pour une pratique en libéral…

Il faut comprendre que l’être humain est beaucoup plus qu’un ensemble d’organes à analyser et à soigner isolément. Il mérite un regard qui le prenne en compte dans sa globalité et une oreille qui écoute sa souffrance. On a d’ailleurs déjà recours à des cellules de soutien psychologique dans les situations de catastrophe collective. Alors, pourquoi ne pas s’intéresser aussi aux multiples catastrophes personnelles ? On peut sans doute empêcher un père de famille de 45 ans de « se rendre malade » après avoir reçu sa lettre de licenciement… Même si ça semble banal, c’est aussi un traumatisme. Lui aussi aurait besoin d’une écoute spécifique pour digérer son drame.

Quelle est votre technique d’écoute ?

J’utilise une méthode particulière, « au cas par cas » : pour un symptôme donné, je réalise une anamnèse psychoaffective complète. Ce qui peut être très long, selon les cas. Il est indispensable de guider la personne pour qu’elle puisse trouver le bon « flash back » ; celui du choc psychique susceptible d’avoir déclenché le symptôme.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser aux causes de la maladie ?

Je m’y intéresse depuis mes premières années de médecine. Mais un événement m’a frappé plus précisément : j’ai vu une malade, en chaise roulante depuis des années, se remettre à marcher dans un contexte de prière. Trois mois après, j’ai démissionné de l’hôpital pour aller essayer de comprendre ce qui pouvait bien se passer dans la tête des gens pour qu’ils arrivent, ainsi, à déjouer les pronostics médicaux. À l’époque, cela m’a donné l’idée de ne pas étiqueter la maladie avec des qualificatifs « médicaux », mais plutôt de la considérer comme un comportement. Or, par définition, ça peut changer un comportement !

Qu’entendez-vous par « comportement » ?

En fait, je n’ai rien découvert du tout. Disons que j’ai repris ce qui était déjà connu depuis Pavlov. On ne connaît généralement de ce dernier que les expériences positives du chien qui bave, parce qu’on l’a conditionné pour sa pâtée. Mais Pavlov a aussi fait des expériences de conditionnement négatif (reprises ensuite par les Américains). En fait, le mécanisme d’un symptôme n’est autre que le réveil d’un mauvais souvenir, d’une mauvaise expérience, par un lien symbolique, lors d’un événement dit « déclenchant ». La production symptomatique est en fait un alibi symbolique a posteriori, parce qu’au moment où j’ai vécu le premier événement, dit « programmant », il y avait une culpabilité que je n’ai pas osé ou pas pu exprimer. C’est donc la notion de culpabilité (vraie ou liée à un sentiment de culpabilité indicible) qui, pour moi, est la plus importante. Pour traquer l’événement programmant, il faut le plus souvent remonter à l’infantile ou au transgénérationnel. Si on ne fait pas sortir cela, les symptômes ne s’arrêteront pas.

Vous expliquez dans votre livre, qu’une grosse partie de votre travail est de remonter le fil de l’émotion refoulée. Quand avez-vous la certitude que vous avez touché le point crucial ?

Quand les symptômes disparaissent définitivement (Rire) ! Je viens d’en faire personnellement l’expérience. J’ai eu des troubles de l’équilibre et ils sont revenus deux fois, parce que je n’avais pas cerné exactement les circonstances. J’ai pu analyser que c’était, en fait, lié à la mise en maison de retraite de mes parents. Dans ma tête, je les aurais bien vus vivre près de chez moi, mais la famille n’était pas d’accord (mes frères, mes sœurs, ma femme). Je ne vais pas vous raconter la vieille histoire qui sous-tend tout ça, mais cet événement est venu réveiller ma culpabilité de petit enfant. À cette époque, je donnais plus d’importance à la nounou qui s’est occupée de nous qu’à ma maman… On voit bien que ma problématique n’a rien à voir avec des questions de biologie.

Le neurologue que vous êtes souligne le rôle du « cerveau stratégique »…

Pour schématiser, je dirais qu’en regardant les coupes d’un scanner et en connaissant ce que j’appelle le « cerveau stratégique », on peut « lire » le caractère des gens : une hypertrophie ou une hypotrophie d’une zone du cerveau indique que cela a ruminé et/ou rumine encore très fort.

Qu’est-ce que ce « cerveau stratégique » ?

Sous le nom de cerveau stratégique, on désigne l’ensemble des structures fonctionnelles cérébrales qui, à chaque instant, régulent l’équilibre psychosomatique du sujet, l’état de santé ou de maladie. Son rôle est double. Tout d’abord, il évalue le moment vécu par rapport à la stratégie spécifique du sujet (selon sa « bibliothèque » d’expériences passées et ses projets), ce qui donne lieu à un ressenti. Chaque trace d’une toute première fois est donc appelée une empreinte. Dans une empreinte, les perceptions sensorielles concernant l’événement sont associées à une émotion correspondant à ce qui avait été « senti » lors de cette première fois : agréable, neutre, désagréable, suivant qu’elle procure ou non du plaisir. Une déception sensibilise le sujet. D’autre part, le cerveau stratégique adapte automatiquement les fonctionnements – psychique (cauchemars, rêves, délires) et somatique – du sujet à son évaluation instantanée pour maintenir un équilibre. Il intervient notamment lorsque la personne vit un conflit intérieur (dilemme) sans le partager parce qu’elle le juge « indicible », ses capacités (physiologiques et psychologiques) immédiates d’adaptation s’en trouvant dépassées. Il faudrait un livre entier pour traiter de l’ensemble du cerveau stratégique et expliquer les lectures qui en découlent. J’en évoque certaines dans mon ouvrage(1).

C’est ce qui est au cœur du mécanisme de compensation symbolique, comme vous l’appelez… Pouvez-vous nous en dire plus ?

La clef globale de compréhension du symptôme, à la lumière de la recherche que j’ai pu mener avec les malades et les soignants, s’appelle donc la compensation symbolique. C’est ce qui me permet de proposer aujourd’hui un sens précis à toute maladie. Ce concept de « compensation symbolique » permet de décrire un mécanisme universel qui unit le psychisme et la biologie de l’homme. L’être humain est structuré (corps, psychisme, esprit) de façon hiérarchisée : les fonctions biologiques sont soumises à l’état psychoaffectif qui est lui-même conduit par l’orientation spirituelle. Le sens de la vie, lui, est aussi capable d’influer sur la biologie et sur l’état psychoaffectif. C’est le mérite du docteur Viktor Frankl (l’inventeur de la logothérapie) d’avoir souligné cette hiérarchisation. Il décrit comment l’espoir de devenir libre peut redonner le moral à un moribond et l’aider à survivre dans un camp de concentration. Pourtant, du point de vue médical, cette survie défie les lois élémentaires de la biologie. À l’inverse, de simples propos maladroits peuvent être nocifs à la santé de la personne qui les entend. Chaque niveau considéré de l’être humain, biologique ou psychique, possède ses propres mécanismes d’adaptation et de régulation pour maintenir l’équilibre vital de l’ensemble. Lorsque les possibilités d’adaptation biologiques sont dépassées, notamment dans les situations d’urgence, l’organisme a encore la ressource de provoquer une réaction de stress ; son ultime effort pour produire un surcroît de possibilités métaboliques d’adaptation. Eh bien, il existe un système de régulation similaire de la vie psychoaffective : une contrariété « banale » peut amener un changement de stratégie du sujet pour l’aider à s’adapter (devenir méfiant, par exemple) et dépasser son problème. Lorsque des conflits plus importants surviennent, le sujet ressent une forte émotion qui est la manifestation du débordement de ses capacités psychiques d’adaptation. Il peut alors, si possible, se décharger du poids de l’émotion avec un tiers. Il ne s’agit pas de raconter les événements traumatisants, mais la façon dont ils ont été ressentis. Mais, si une stratégie n’est pas rapidement trouvée, et si le sujet vit son conflit dans l’isolement, il est contraint de trouver une autre solution pour rééquilibrer son psychisme. Pour retrouver un certain calme psychoaffectif, une certaine paix intérieure, il est obligé de recourir à un stratagème. Et ce mécanisme, c’est la compensation symbolique inconsciente. En d’autres mots, c’est le dernier recours d’adaptation psychique au stress. Elle se déclenche dans l’urgence, automatiquement et à l’insu de la personne.

Comment « s’exprime » concrètement cette compensation symbolique ?

Cela peut être par exemple la modification d’un organe, constituant une maladie somatique en cas de conflit unique. En cas de conflits simultanés, une modification du psychisme peut conduire à un tableau de maladie psychiatrique. Dans les deux cas, l’enjeu est de compenser de façon symbolique un manque ressenti dans le réel. Avec sa compensation, l’être humain fait symboliquement « comme si » rien ne s’était passé, ou « comme si » rien de semblable ne peut plus lui arriver. Mais cette compensation est en quelque sorte une absurdité. D’abord, elle ne résout pas le problème dans la réalité, puisqu’elle est symbolique. Ensuite, comme elle survient après, elle n’empêche pas la détresse psychoaffective de se produire. Enfin, cette compensation ajoute très souvent des problèmes supplémentaires à ceux déjà rencontrés. D’une certaine façon, la maladie psychique (ou somatique) peut faire penser à une automutilation. C’est simple : l’homme vit par ses échanges permanents avec son environnement : il donne et il reçoit. Tout besoin d’émettre ou de recevoir non satisfait crée un manque qui peut être ressenti comme insupportable et insurmontable dans la réalité. Pour pallier ce manque, l’homme invente alors un succédané sous forme de réalité symbolique, voire sous forme imaginaire (rêve, fantasme…). Le manque insupportable (la frustration) constitue un traumatisme psychique. La compensation réactionnelle vient combler ce manque par un strict équivalent symbolique. Lorsqu’il m’a manqué trois grammes de contact cutané, je vais compenser en fabriquant trois grammes de contact cutané « symbolique », avec une verrue par exemple (pour faire « comme si » je n’avais pas manqué de contact cutané). Sur le plan quantitatif, c’est l’intensité et la durée de la frustration qui vont déterminer l’importance de la compensation : intensité, gravité et durée du symptôme. Pour rétablir son équilibre psychoaffectif malmené, l’être humain n’est pas capable de trouver spontanément un juste milieu. Il lui faut toujours une compensation inverse… et cela tant qu’il ne s’est pas déchargé du poids de sa souffrance et de la culpabilité qui pèse sur ses épaules.

Culpabilité ?

Ce mot a un double sens. Il peut se comprendre comme le sentiment d’avoir fait une faute ; c’est la vraie culpabilité. À l’inverse, la fausse culpabilité tient à un sentiment d’infériorité et de perte de l’estime de soi : je ne suis pas à la hauteur, je ne suis pas capable de, j’ai peur d’être rejeté, d’être ridicule…

De l’importance, démontre tout votre parcours, de décrypter le sens caché des symptômes de compensation observés dans la maladie…

En effet, derrière un phénomène somatique symbolique observable (une tumeur, par exemple), il faut découvrir quel manque a été compensé, et ensuite en déduire le besoin réel non satisfait qui a fait souffrir la personne. Et ce n’est pas chose aisée ! Ce n’est qu’en se déchargeant de ce poids de souffrance par la confidence – en réduisant le « sur-stress » insurmontable en l’état par le psychisme – que le malade peut espérer faire disparaître la nécessité psychique d’un symptôme. Une des meilleures allégories du mécanisme de compensation symbolique, c’est l’histoire de Pinocchio. Dans la vie, on est une marionnette, prisonnière de la compensation symbolique, tant qu’on ne fait pas la volonté du « père », de Geppetto ; c’est-à-dire d’aller à « l’école » pour apprendre. Au final, Pinocchio se met à travailler et étudier, et il se réveille un beau jour en petit garçon bien vivant. Autrement dit, symboliquement, si je ne fais pas la volonté de Geppetto, malgré les alertes données par ma conscience (Jiminy Criquet), je reste un pantin…

Vous pointez le rôle, pour appuyer l’anamnèse, de la lecture des scanners cérébraux…

C’est le psychanalyste Pierre Barbey, aujourd’hui disparu, qui m’a patiemment appris, durant sept ans, à reconnaître sur un scanner les zones du cerveau qui portent les traces venant de la « rumination d’un conflit ». Durant tout ce temps, j’ai passé une journée par semaine avec lui à confronter, en aveugle, les données de la lecture du scanner cérébral au tableau clinique du malade. Malheureusement, ce savoir-faire risque de disparaître, parce qu’on fait de plus en plus de clichés, de plus en plus fins, et les décrypter devient beaucoup trop chronophage. Il faut une curiosité folle pour s’y atteler ! C’est un véritable sacerdoce. Cette pratique restée confidentielle est en outre parfois entachée d’erreurs grossières. Je pense, ainsi, que ce que le Dr Hamer a présenté est parti des erreurs des premières générations de scanners. C’est-à-dire que les « cibles » qu’il présente (sous-tendant des conflits) étaient fabriquées par la technique d’imagerie. Je lui ai ainsi montré un scanner avec un artefact créé par un « éclat » d’un tube de rayon X en fin de vie – un peu comme une lampe qui clignote – et cet éclat dessinait un gros cercle autour de la coupe de scanner, avec un point blanc correspondant au centre de l’éclat. Il m’a dit : « Ça, c’est un gros conflit, et c’est le radiologue qui a mis le point blanc au milieu pour vous emmerder »… Reste que le scanner cérébral a permis de visualiser et de comprendre les liens entre le cerveau, le psychisme et les organes du corps.

Avez-vous un exemple de lecture signifiante ?

J’ai amené un jour à Pierre Barbey un scanner cérébral « normal » (pour un radiologue) d’une femme d’une cinquantaine d’années et je lui ai demandé où se trouvaient ses malformations osseuses congénitales (ce que l’on peut voir sur le scanner correspond en quelque sorte au cerveau fœtal). Il a mis trois minutes pour analyser le scanner et m’a dit : « Le cou, l’épaule droite et la région lombaire. » Il se fait que cette femme-là avait effectivement deux blocs congénitaux au niveau des cervicales, elle n’avait pas de tête d’humérus droit et elle avait un bloc au niveau des vertèbres lombaires… qui correspondaient d’ailleurs bien à l’histoire de la maman pendant la grossesse.

Vous insistez sur l’importance des mots en matière de maux. Des mots qui, adressés à soi ou à l’autre, peuvent s’avérer quasi prophétiques…

Je cite en effet de nombreux exemples dans mon livre de la puissance des mots/maux(1). En voici un, parlant. Quatre sœurs sont inscrites dans le même club d’équitation. Trois d’entre elles ont développé des kystes synoviaux du dos du poignet gauche (ce kyste survient au moment où le sujet cesse de se dévaloriser). La première a subi une opération, mais le kyste a récidivé très rapidement. Selon certains médecins, ce kyste synovial du poignet est a priori normal quand on fait de l’équitation à cause des efforts du poignet. Mais nous allons voir que non… La quatrième, inscrite dans le même club avec les mêmes chevaux, y a échappé. En fait, les kystes des trois premières sont apparus au moment précis où chacune a été capable de resserrer la selle toute seule. Elles avaient toutes les trois entendu le même moniteur ricaner lorsqu’elles avaient demandé auparavant de l’aide : « Ah ! La mamzelle est trop petite ! » La quatrième, elle, n’a pas eu le même moniteur d’équitation. Celui-ci s’était contenté de la prévenir : « Tu sais, quand on est petite comme toi, on serre toujours assez fort la selle pour son poids. » Pas de dévalorisation, pas de kyste en phase d’autonomie. Cqfd.

Votre approche convie au final le patient à une responsabilisation…

Quand l’homme aura pris l’habitude de chercher en lui ce qui l’a fragilisé, il accèdera à une plus grande souveraineté. Attentif à ses émotions refoulées, à ses déceptions, n’étant plus seulement victime, devenu conscient de sa part de responsabilité dans « ce qui lui arrive », il pourra devenir acteur et contribuer à sa guérison.

POUR ALLER PLUS LOIN

À lire : … Et si la maladie n’était pas un hasard… Apprendre à reconnaître les maladies développées par notre corps pour compenser nos grandes et petites déceptions émotionnelles, et comment les éviter, Dr Pierre-Jean Thomas-Lamotte (Le Jardin des Livres, 2008). Outre ce livre tout public, voici un autre ouvrage, plus pointu, auquel le Dr Thomas-Lamotte a participé en tant que co-auteur, aux côtés de G. Mambretti et P. Obissier : La compensation symbolique, Comprendre les hasards de la vie (Les Cahiers du CRIDOMH, www.cridomh.blogspot.com, 2012).