La preuve par Johnny et ses épreuves

Parmi  les manchettes de journaux annonçant la mort de Johnny Hallyday, la récurrente « On le croyait immortel ! » m’a passablement étonné : qui pouvait croire que le vieux crooner vivrait encore longtemps et mourrait tranquillement dans son lit à un âge  canonique ? Peut-être que certains de ses fans ont adulé le chanteur au point de le croire invincible, mais il était bien connu que sa santé n’était pas des plus reluisantes et qu’il avait déjà frôlé la mort à maintes reprises. Le vrai miracle, c’est que l’idole des (anciens) jeunes ne soit pas décédée plus tôt et qu’elle ait atteint l’âge respectable de 74 ans,  soit à peine 5 années de moins que l’actuelle espérance de vie de la population masculine en France. La semaine dernière, un site médical a publié la liste des multiples ennuis de  santé  qui ont jalonné l’existence de Jean-Philippe Smet. Outre quatre accidents de voiture et une tentative de suicide par barbituriques, ce dernier avait déjà surmonté une syncope en plein concert,  un cancer du côlon, deux opérations à la hanche,  trois autres au dos, des complications post-opératoires suivies d’un coma artificiel, une grave dépression et une sérieuse alerte cardiaque. Et probablement qu’on ne sait pas tout car son entourage a toujours veillé à dédramatiser son état. Si on prend au pied de la lettre le titre d’une de ses chansons (« Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort »), sa  relative longévité trouve alors un élément d’explication. Mais de là à titrer que tout le monde l’imaginait indestructible…

L’emphase des médias est d’autant plus insolite que ces mêmes médias nous diffusent sans arrêt la même rengaine  sur le lien entre le mode de vie et l’incidence des maladies. Loterie génétique et facteurs environnementaux mis à part, la chance d’être épargné par les pathologies serait massivement dépendante d’une bonne hygiène quotidienne et de saines habitudes très tôt acquises. Selon ce credo officiel, pas de santé sans un minimum d’ascétisme monacal.  Or c’est également un secret de polichinelle que Johnny Hallyday a toujours mené une vie de bâton de chaise et qu’il a brûlé la chandelle par les deux bouts. Fêtard impénitent et fumeur invétéré, épicurien omnivore peu porté sur la diététique,  il avait surtout un gros problème avec l’alcool. Pas du genre à déguster un doigt de porto avec le petit doigt en l’air  mais bien du style à  se bourrer la g….. et à vider des bouteilles de whisky jusqu’à pas d’heure. Tous ceux qui ont côtoyé le chanteur peuvent attester de ses innombrables ivresses, même s’il retrouvait  mystérieusement tous ses esprits au moment de monter sur scène. Et si ce n’était que ça ! Dans une interview, la rock star a confié un jour qu’il soignait aussi ses angoisses avec des drogues telles que le cannabis, l’opium et la cocaïne. Accro à la coke, il en a longtemps consommé quotidiennement et il continuait d’en prendre avant d’entrer en studio ou de partir en tournée. S’il avait croisé l’héroïne, sûr que ce multi-toxicomane n’aurait pas fait d’aussi vieux os. Il est vrai que pour soigner son image de rocker, l’homme faisait  régulièrement de la musculation. Qu’il  entretenait sa musculature avec des poudres protéinées et qu’il se gardait en forme avec des compléments vitaminés. Je me souviens que dans les années 80, des journaux de santé naturelle ont vanté son affinité pour la nutrithérapie. Il n’empêche : cet incurable noceur était tellement « bon vivant » qu’il aurait dû être mort depuis bien longtemps. Avec tant d’assuétudes et de funestes habitudes, il incarnait carrément le contraire de la pondération préventive. Si la théorie du mode de vie était valide, la maladie aurait dû l’abattre bien avant le 6 décembre 2017 ! En mourant à 74 ans, Johnny Hallyday a en quelque sorte fourni la preuve que la médecine orthodoxe fait fausse route en faisant de la matière (gènes,  aliments, alcool, tabac, polluants…) la cause première de la mortalité prématurée. Si c’était vrai que la maladie sanctionne inexorablement l’ingestion de substances toxiques, les cimetières seraient pleins de  Jean-Philippe Smet précocement disparus.

 Les sceptiques vont évidemment me rétorquer que la vieille canaille a succombé par où elle a péché. Comme un Jacques Brel ou un Pierre Bachelet, eux aussi emportés par le « cancer du fumeur », Johnny aurait payé au prix fort sa surconsommation d’herbe à Nicot. Minute papillon ! Comme je l’ai déjà relevé plusieurs fois, il y a entre 15 et 20% des cancéreux du poumon qui n’ont jamais touché une cigarette de leur vie. Il est donc abusif de faire de la clope la coupable d’un mal pouvant parfaitement se passer d’elle. C’est certainement un facteur de risque important,  mais ce n’est pas une cause car un véritable lien causal devrait se retrouver dans 100% des cas. Par exemple, il est sûr à 100% que les nuages provoquent la pluie car il n’y a pas de pluie sans nuages. Ce qui intervient quasiment toujours en amont d’une maladie, c’est un stress psycho-émotionnel prenant au dépourvu et ressenti subjectivement comme un drame indicible. Sans le conflit existentiel qui lui correspond, il n’y a pas d’affection qui puisse se déclarer et se développer dans le corps d’un être humain. En ce sens, on peut affirmer que la quasi totalité des maladies sont psychosomatiques et que leur origine se situe dans l’intimité psychique de leurs victimes. Le cancer du poumon ne fait pas exception à la règle, comme l’avait d’ailleurs pressenti Pierre Bachelet. À son ami Patrick Sébastien, le célèbre interprète des corons avait confié avant de mourir combien sa maladie lui semblait liée à son divorce tumultueux pour épouser la sœur de sa femme. Si vous ignorez tout de cette affaire, voici un article  qui relate les confidences du chanteur à l’animateur. Où l’on voit que le tabac a trop bon dos et qu’on lui fait porter un peu vite le chapeau.

Si ce témoignage éclaire les circonstances du décès de Pierre Bachelet, il laissera cependant sur leur faim les personnes familiarisées avec le décodage biologique.  L’invariant des tumeurs pulmonaires, c’est en effet la frayeur de mourir, et singulièrement la peur panique d’expirer par impossibilité de respirer. Certains « décodeurs » suggèrent d’ailleurs que les méfaits du tabac résident essentiellement dans l’action obstructive des goudrons inhalés. Pour d’autres et en dépit des apparences, l’insuffisance respiratoire serait encore une conséquence du conflit et non sa cause. Quoi qu’il en soit, la médecine nouvelle du Dr Hamer n’envisage pas de cancérisation du poumon sans que survienne un choc émotionnel de type « danger de mort imminente ». C’est pourquoi ce cancer est très souvent secondaire, c’est-à-dire trouvé après un premier diagnostic de pathologie cancéreuse qui fait paniquer le patient. Ou bien à la suite d’un accident où il a bien  failli manquer d’air et  y  rester.   Le sens biologique de cette « mal-a-dit » est de multiplier les cellules alvéolaires afin d’améliorer les échanges de gaz dans les alvéoles. Chez Pierre Bachelet, on ne voit pas trop ce qui a pu déclencher pareille somatisation. Mais chez Johnny, il y a une piste de compréhension qui semble évidente : sa « vie de destroyance », comme il appelait sa tendance à l’autodestruction, ne fut qu’un chapelet d’issues mortelles évitées de justesse.   En 2009, il a dû être hospitalisé  et réopéré d’urgence à Los Angeles à la suite d’une infection nosocomiale contractée à Paris. Sauvé par sa mise sous coma, Il a bien failli y passer et a vraiment vu la mort en face. « J’ai vraiment souffert, racontera-t-il plus tard,  je n’étais plus rien, une ombre, un vieillard, un type que je n’aimais pas, que je ne reconnaissais pas dans le miroir ». En août 2012, il est à nouveau  admis aux urgences  pour un problème au cœur que son producteur qualifiera de « mauvaise bronchite persistante ». Sur pareil terrain pulmonaire, il suffisait d’une étincelle pour mettre le feu et précipiter la fin. Comme par exemple une radiographie de contrôle subie début 2017 et montrant une « tache anormale » dans un poumon, traitée bien entendu par des chimios très agressives.  

Dans sa petite enfance, il n’est pas non plus difficile d’identifier le conflit ayant programmé cette fragilité. En 1944, le futur Johnny à peine âgé d’un an a déjà tutoyé la mort en avalant accidentellement des cristaux de soude caustique. Selon la légende, ses graves brûlures buccales de l’époque n’étaient peut-être pas étrangères à son incroyable puissance vocale. Son « projet-sens », autrement dit les éléments de sa biographie qui plongent leurs racines dans son histoire familiale, est également d’une clarté limpide. Abandonné par son père et délaissé par une mère trop accaparée par sa carrière de mannequin, il sera élevé par une tante paternelle  dont le mari sera arrêté pour faits de collaboration avec les nazis. Ce qui vaudra au petit Jean-Philippe d’être traité dans les cours de récré de « bâtard » et de  « fils de boche », stigmates sociaux qui laissent immanquablement des traces.  C’est la rencontre providentielle avec le mari d’une cousine, un danseur américain se faisant appeler Lee Halliday et qui le  surnomme affectueusement Johnny,  qui sera sa planche de salut et sera le point de départ de sa vocation artistique. Longtemps plus tard, devenu un père aimant et bienveillant pour ses enfants biologiques et adoptés, le monument de la chanson confiera qu’il s’efforçait d’offrir à sa progéniture l’affection parentale qui lui avait tant manqué. L’homme aux 110 millions de disques fut aussi l’incarnation de la résilience psychologique et la preuve vivante que  les épreuves d’enfance les plus cruelles peuvent être sublimées. À son père, il avait sans doute pardonné dans son cœur puisqu’il assista à son enterrement et qu’il avouera y avoir pleuré à  chaudes larmes. Mais à sa génitrice ? Même s’il avait renoué avec elle des liens étroits au point de l’emmener en vacances avec lui, on peut se demander si la plaie était vraiment refermée. Peu avant sa mort, en 2007, il fit une sévère chute qui l’obligea à assister aux obsèques en béquilles. Sur les photos, le visage du rocker endeuillé est un masque de cire  aux traits impassibles et aux yeux secs  Dans tout ce que j’ai lu ces derniers jours, un détail peu banal m’a particulièrement frappé : lors de l’opération pour une hernie discale, le neurochirurgien aurait accidentellement sectionné la  dure-mère, c’est-à-dire la membrane fibreuse qui entoure la moelle épinière et le cerveau. Comme par hasard, c’est cette intervention ratée  qui a donné lieu à une infection presque fatale et qui, selon Johnny, fut l’épicentre chronologique de ses tourments dorsaux. Après des années de bataille judiciaire, le chirurgien et le chanteur avaient conclu un accord d’indemnisation à l’amiable. Mais rien, ni l’argent ni la gloire,  ne pourra jamais réparer l’absence d’une mère assez dure pour abandonner son bébé à d’autres bras. Pour les chercheurs en décodage, la vie et l’œuvre de Johnny Hallyday sont une mine de preuves que les émotions sont les vraies clés ouvrant ou barrant l’accès à la santé.  Qu’il repose  en paix et que ses démons  lui lâchent enfin la grappe !

Yves Rasir

Tremblez pour votre santé !

Ça fait longtemps que je ne vous ai plus parlé de mon chien Lucky, l’adorable Beagle qui m’accompagne au bureau et qui roupille dans un fauteuil une bonne partie de la journée,  pendant que je lui gagne sa viande quotidienne à la sueur de mes neurones.  Si je vous en reparle, c’est  parce qu’un de ses comportements courants, et dont la gent canine est coutumière, m’intrigue beaucoup : celui de s’ébrouer  bruyamment de la tête aux pattes pendant quelques secondes, même s’il n’est pas mouillé. Plusieurs fois par jour, et systématiquement au réveil, il se livre à cette curieuse autovibration totale. Au début, j’ai cru que mon clebs  se secouait les puces mais je n’en ai jamais retrouvé sur lui. Puis j’ai pensé  que c’était une manière de se dépoussiérer le pelage  tout en se dégourdissant les muscles. Mais pourquoi s’agiter de la sorte, en faisant trembler ses poils, ses os et ses viscères ? J’en croirais presque que mon Lucky  est épileptique.  Et si cette trémulation momentanée avait valeur de thérapie ?  Il y a près de deux ans, en février 2016  nous avons publié dans Néosanté, un article sur la méthode T.R.E. (Tension and Trauma Releasing Exercices), une technique consistant à déclencher des tremblements accompagnés de relâchements musculaires. Testée avec succès sur des victimes de graves traumatismes (crimes de guerre, viols, catastrophes…), cette approche a été développée suite à l’observation des gazelles échappant au lion. Lorsque le prédateur abandonne la poursuite et que la proie est saine et sauve, celle-ci évacue le stress en se faisant trembler. Une poignée de secondes plus tard, elle vaque tranquillement à ses occupations comme si rien ne s’était  passé.

Il y a six mois, en février 2017, nous avons publié un autre article sur la « Somatic Experiencing »,  une  thérapie plus ancienne élaborée par l’éthologue américain Peter A. Lévine.  Inspirée également par le comportement des animaux sauvages, cette approche vise la résolution des traumatismes psychiques par l’intermédiaire du corps. Elle part du principe que nous sommes biologiquement programmés pour sortir du figement traumatique, l’instinct principal étant  de lâcher la bride au système nerveux autonome. En « réveillant le tigre en soi » par des exercices corporels, on facilite ainsi le passage de la sympathicotonie  (stress) à la vagotonie  (détente). Of course, notre curiosité envers ces outils était guidée par leurs évidentes connexions avec la médecine nouvelle du Dr Hamer. Selon ce dernier, les maladies se déroulent en deux phases (phase de conflit actif et phase de conflit résolu) régulées par le nerf vague reliant le cerveau au ventre. Entre les deux phases, la conflictolyse ou résolution du conflit psycho-émotionnel se manifeste par une sorte de tremblement que le médecin allemand a appelé la « crise épileptoïde ». Ça peut aller du simple frisson jusqu’à la convulsion ou l’infarctus du myocarde, lequel ne serait jamais que la périlleuse réparation d’un conflit de territoire. Mon hypothèse  très personnelle, c’est que des thérapies comme la T.R.E. et la Somatic  Experiencing doivent précisément leur efficacité à la reproduction de ce mécanisme naturel. En tremblant volontairement de tous leurs membres, les patients mettraient en branle le processus nerveux  involontaire  par lequel adviennent simultanément  la solution du stress psychique et la guérison somatique. En s’ébrouant sans utilité apparente, les chiens auraient l’excellente habitude instinctive de chasser ainsi les petits conflits accumulés et de repartir du bon pied, je veux dire de la bonne patte.

Si mon hypothèse est judicieuse, la valeur curative du tremblement devrait pouvoir se remarquer empiriquement ou expérimentalement chez l’être humain. En faisant quelques recherches sur internet, j’ai découvert que les vibrations du corps entier  étaient au contraire très mal considérées par la médecine occidentale. Chez les chauffeurs de poids lourds, par exemple, on les soupçonne de provoquer lombalgies et douleurs cervicales. À l’inverse, les  kinésithérapeutes chinois ont développé un appareil qui consiste à faire trembler entièrement un patient solidement sanglé sur une plate-forme vibrante.  En Chine, cette technique fait partie intégrante de l’arsenal kinésithérapique, où elle est employée notamment pour le désencombrement respiratoire, et elle intéresse les neurologues.  Récemment, des chercheurs ont cherché à savoir si les vibrations du corps entier étaient bénéfiques aux personnes atteintes de troubles du système nerveux central comme la sclérose en plaques, l’AVC et l’ataxie spinocérébelleuse. Pour ces trois indications, les études ne sont guère probantes, mais les essais sur la paralysie cérébrale ont rapporté une réduction de la spasticité au niveau des membres inférieurs. Du fait de leur impact sensoriel et des stimulations corticales qu’elles induisent, les vibrations du corps entier  pourraient également favoriser la récupération motrice des personnes accidentées.  Et c’est tout ? J’en étais à me dire que ma piste était fausse quand je suis tombé incidemment sur cette incroyable séquence de journal télévisé https://www.rtbf.be/auvio/detail_handicap-la-danse-comme-moteur-de-la-vie?id=2276480 . Elle montre un  danseur  américain et infirme moteur cérébral qui a retrouvé l’usage de ses pieds après que la chorégraphe lui ait demandé de trembler quelques minutes sans se contrôler.  Alors que des années de soins n’avaient  abouti à rien, ce seul exercice corporel a permis au jeune handicapé de redevenir quasiment normal, à la grande stupéfaction de ses médecins. Même à Lourdes, on n’a jamais vu pareil miracle.

Le tremblement du corps entier serait-il donc  très profitable pour la santé ? La vibration globale de l’organisme permettrait-elle de déclencher des guérisons  et à tout le moins d’évacuer le stress ? C‘est une conviction qui ne me quitte plus depuis que j’ai vu ce reportage. Les animaux sauvages nous montrent l’exemple et même les animaux domestiqués semblent toujours programmés pour trembler à bon escient. Plusieurs thérapies suggèrent que l’être humain peut réactiver ce programme et soigner ses conflits en  se secouant vigoureusement. Alors qu’est-ce qu’on attend ? Personnellement, je fais actuellement le test d’imiter mon chien  chaque fois que j’y pense et que le contexte s’y prête. Je fais comme Lucky et je m’efforce de vibrer de la tête aux pieds pendant quelques secondes, histoire de voir si ça me procure un mieux-être. L’idéal, c’est qu’on soit nombreux à faire l’expérience et qu’on s’échange nos ressentis. Ce n’est pas un « truc de santé » aux effets  bienfaisants garantis mais une technique qui mérite d’être expérimentée pour faire avancer les connaissances.  Chiche ? J’attends avec impatience ce que vous me raconterez après quelques semaines de pratique régulière. N’ayez pas peur de trembler, c’est pour la bonne cause !  

Yves Rasir

Une vérité éclate ce soir

Tout est parti d’un entrefilet lu dans un journal belge début juin 2015. On y relatait  que le  célèbre chanteur Stromae  avait dû écourter sa tournée africaine et rentrer d’urgence à Bruxelles pour y être hospitalisé. Motif : les sévères effets secondaires du Lariam, un médicament qu’il avait pris en prévention  de la malaria. Comme je rate rarement une occasion de casser du sucre sur le dos de Big Pharma, je me suis alors documenté sur ce médoc composé de méfloquine et  produit par la firme Roche. Ce que j’ai découvert m’a scotché sur ma chaise car cette substance chimique, classée par l’Organisation Mondiale de la Santé parmi les médicaments essentiels qu’elle recommande, est un véritable poison doté d’une effroyable toxicité. Provoquant une fois sur cinq de graves troubles psychiatriques, il peut  rendre littéralement fou et donner des envies de se foutre en l’air,  ce qui est précisément  arrivé à Stromae et qui lui gâche encore l’existence deux ans  plus tard. Pour alerter sur ce scandale sanitaire et indiquer des pistes alternatives de traitement du paludisme, j’ai alors  rédigé une newsletter intitulée « Malaria : alors on change ? ». Cette infolettre m’a valu un abondant courrier confirmant amplement les dangers du Lariam et l’existence d’une plante, l’Artemisia annua, aux vertus avérées pour prévenir et même guérir la malaria. La semaine suivante, je vous ai partagé quelques témoignages édifiants dans une deuxième infolettre intitulée « Piqûres et nature ».

Parmi les réactions, j’avais reçu celle de Pierre Lutgen, un docteur en sciences ayant fait toute sa carrière dans l’industrie chimique et métallurgique. À l’âge de la retraite,  ce scientifique a embrassé la cause humanitaire et a fondé une petite ONG  d’aide aux enfants d’Afrique. Avec d’autres, ce bouillant Luxembourgeois s’indigne depuis des lustres que le paludisme continue à tuer 500.000 personnes par an, principalement en Afrique et en grande majorité des enfants. Il s’indigne surtout que l’armoise annuelle soit négligée par l’OMS et même interdite dans plusieurs pays, dont la France et la Belgique.  Manœuvres et magouilles de l’industrie pharmaceutique ? Il y a tout lieu de le penser. Certes, une chercheuse chinoise a réussi à isoler le principe actif, l’artémisinine, ce qui lui a d’ailleurs valu le Prix Nobel de Médecine en 2015. Certes encore, cet extrait impossible à synthétiser fait aujourd’hui l’objet d’un lucratif commerce puisqu’il entre dans la composition de « polythérapies » antipaludéennes. Mais sous le prétexte fallacieux d’un risque de résistance du parasite, l’OMS continue à déconseiller l’usage de la plante entière en poudre séchée ou en tisane. En médecine traditionnelle chinoise, l’Artemisia annua est pourtant connue depuis des millénaires comme remède à la malaria. C’est en la consommant que les combattants nord-vietnamiens ont pu résister aux Américains et finalement remporter la guerre. Avec d’autres associations, celle de Pierre Lutgen a financé des expériences et  des études en Afrique montrant que le végétal chinois, ainsi que sa variété locale Artemisia afra, étaient bel et bien capables d’enrayer la maladie parasitaire sans susciter de résistances.  L’action préventive de l’armoise est remarquable et son pouvoir curatif tout bonnement stupéfiant puisque plus de 95% des malades se rétablissent en quelques jours. Dans son article « La plante anti-malaria qui dérange Big Pharma » publié dans la revue Néosanté de septembre 2015,  Pierre Lutgen rompait le silence sur ce remède miracle, dénonçait le boycott dont il faisait l’objet et expliquait pourquoi il représente un énorme espoir de débarrasser la planète du fléau paludique. Sans danger, la consommation régulière d’Artemisia  exerce aussi un effet prophylactique.

Il y a deux ans, à la même époque,  je rencontre un ancien camarade de fac,  le journaliste et cinéaste belge Bernard Crutzen. Comme il vient de terminer un documentaire animalier et qu’il n’a pas d’autre projet en chantier, je lui suggère de s’intéresser à l’Artemisia  et d’en faire le thème de son prochain film. Je l’invite à dîner pour lui résumer le dossier et le convaincre de poursuivre sur écran ce que j’ai ébauché dans les pages de Néosanté.   Quelques verres de vin bio plus tard – ça aide toujours de discuter autour d’une bonne bouteille – , il relève le défi et se lance dès le lendemain dans l’aventure. Il faudra de long mois avant qu’il parvienne à monter le projet et à trouver les financements. Il lui faudra aussi plus d’un an et demi de travail et de nombreux voyages (Madagascar, Sénégal, Guyane, Congo, États-Unis…) pour concrétiser ce docu aujourd’hui terminé et  intitulé «Malaria business » ( cliquer ici pour voir la bande de lancement ). Vous en avez déjà entendu parler ? Normal : le chanteur Stromae y témoigne de ses déboires avec le Lariam et y révèle que sans son frère, il se serait probablement suicidé sous l’influence du médicament. Ce scoop a fuité dans l’hebdomadaire Marianne, l’extrait s’est répandu viralement sur la toile et tous les magazines people en ont fait leurs choux gras début novembre. C’est une bonne chose – le film a déjà fait  beaucoup parler de lui avant sa diffusion – mais c’est aussi un peu décevant car la mégastar éclipse quelque peu la vraie vedette et le vrai sujet du documentaire, à savoir les prouesses thérapeutiques de la tisane d’Artemisia. Cette vérité trop longtemps occultée va cependant éclater ce soir !  C’est en effet ce mercredi 29  novembre que la chaîne  France Ô, coproductrice du film, va le diffuser en primeur sur les téléviseurs. Tous à vos postes sur le coup de 20h55 !  En Belgique, seuls les abonnés de Voo pourront découvrir cette œuvre informative dès ce soir. Les autres Belges devront attendre le 11 janvier, jour choisi par la RTBF pour diffuser à son tour le documentaire qu’elle a coproduit.

Pour ma part, j’ai eu l’occasion d’assister à une avant-première à Bruxelles. Ce n’est pas parce que j’ai lancé l’idée de ce film et que son réalisateur est un ami, mais je trouve qu’il est superbement réalisé et que son contenu est susceptible  de passionner un large public. En  70 minutes, on apprend d’abord  comment le paludisme a été vaincu chez nous et comment le fléau est en train de ressurgir en Afrique  en raison du fait que les insectes  vecteurs du parasite se sont adaptés aux insecticides.   On y apprend ensuite  que par le marché alléchés, les labos pharmaceutiques misent sur le développement d’hypothétiques vaccins et le lâcher de moustiques transgéniques en complément de leur arsenal chimique. On y découvre surtout que leur stratégie est en train d’échouer parce que rien ne peut plus arrêter  la « révolution Artémisia ». Dans l’hémisphère sud et singulièrement en Afrique, des tas d’acteurs locaux ont entrepris de cultiver la plante, en ont testé les vertus avec succès et sont en train de démontrer qu’une simple infusion représente une solution très efficace et très bon marché au paludisme. Les choses bougent tellement vite que depuis le montage du film, la branche africaine de l’OMS a déjà commencé à revoir sa position et à soutenir des médecins congolais dans leur projet de populariser la tisane d’armoise. Comme en atteste cet autre petit film tourné au Cameroun, la malaria et son business honteux pourraient fort bien  appartenir au passé  dans un proche avenir ! C’est évidemment avec une certaine fierté que j’ai l’impression d’avoir légèrement contribué au dévoilement de ce secret trop bien gardé, ma récompense étant de voir Néosanté figurer au générique. Et comme les abonnés  du mensuel en sont les seuls soutiens financiers, c’est un peu grâce à eux que Bernard Crutzen a pu briser l’omerta et tresser cette couronne de lauriers audiovisuels  à l’Artemisia.

Comme je l’ai expliqué dans  de récents éditoriaux, il est sans doute paradoxal que notre revue promeuve la médecine par les plantes alors qu’elle ne cesse d’informer sur la causalité psycho-émotionnelle des maladies.  C’est un paradoxe mais pas une contradiction, dans la mesure où nous avons également toujours promu « la voie du corps » pour soigner les fractures de l’âme, notamment par l’alimentation paléolithique, le recours au jeûne et la pratique sportive. La plupart des médecines douces et naturelles ont également notre sympathie. Parmi elles, après la naturopathie hippocratique,  la phytothérapie est de loin notre préférée puisqu’elle conjugue un usage empirique ancestral (aucune civilisation ne s’est développée sans disposer de sa pharmacopée végétale) et une confirmation contemporaine de ses atouts par la science médicale. À ce sujet, je peux vous révéler une chose  que « Malaria business» ne dit  pas et qui est pourtant une réalité : l’armoise annuelle a beaucoup d’autres indications que le palu !  Dans Néosanté, nous vous avons déjà informé que la plante guérissait également la bilharziose et  une atroce affection cutanée appelée l’ulcère de Buruli. En Afrique, on étudie aussi très sérieusement ses résultats chez les malades du sida. Car ce qui semble se dessiner, c’est que cette plante prodigieuse ne doit pas tant ses étonnantes vertus à son action anti-infectieuse ou antiparasitaire, mais bien à sa capacité hors pair de booster le système immunitaire.  Pour cette raison, des chercheurs américains  sont actuellement en train d’en explorer les effets anti-cancer. Et ceux-ci  paraissent tellement encourageants chez l’animal que la tisane d’Artemisia est en train de se répandre clandestinement en tant que traitement complémentaire des tumeurs. Info exclusive : si l’actrice Juliette Binoche a gracieusement accepté de prêter sa voix au documentaire « Malaria business », c’est parce qu’elle a constaté de visu le pouvoir anti-cancéreux de l’armoise chez une parente proche et qu’elle est devenue une fervente avocate de la plante interdite. Dans la haute société parisienne,  ça commence à se savoir et les sachets de tisane circulent allègrement sous le manteau.  Une vérité éclate ce soir, mais le documentaire percutant de Bernard Crutzen aura peut-être une suite encore plus explosive.  Si c’est le cas, vous en serez bien sûr les premiers informés. 

Yves Rasir

Pas de pilori pour H.pylori

Après son envoi le 8 novembre, ma « lettre à Bernard Tapie » (*) a été pas mal partagée sur les réseaux sociaux, si bien qu’elle a suscité beaucoup de réactions de lecteurs qui ne connaissent pas du tout la revue Néosanté ni – a fortiori – notre attachement aux « théories » faisant du stress émotionnel la cause prépondérante des maladies.  À mon grand étonnement,  bon nombre de ces nouveaux lecteurs m’ont fait le reproche d’enfoncer une porte ouverte, d’énoncer des banalités et d’ignorer que la médecine reconnaissait le rôle du stress dans l’ulcération et la cancérisation de l’estomac.  C’est étonnant parce que ça fait presque 30 ans que ce n’est plus le cas. Il est vrai qu’au siècle dernier,  l’ulcère gastrique faisait partie des très rares pathologies considérées comme  psychosomatiques, avec l’hypertension, la colopathie fonctionnelle, certaines affections cutanées (psoriasis, eczéma)  et diverses formes d’allergies. Il est vrai aussi que l’ulcère était censé faire leur lit du cancer, et donc que le processus cancéreux était indirectement associé à un possible excès de stress. Dans les années 70, le neurobiologiste Henri Laborit n’a pas surpris grand monde en révélant que ses rats de laboratoire déclenchaient ulcères et tumeurs  gastriques lorsqu’ils étaient soumis à des chocs électriques répétés. Mais au début des années 90, la science médicale a fait marche arrière et a retiré les deux maladies stomacales de sa « short list » psychosomatique. Elle concède toujours que les émotions négatives et la tension nerveuse peuvent favoriser ou aggraver les troubles gastriques, mais elle  leur a trouvé un tout autre coupable causal : la bactérie Helicobacter pylori.

Cette bactérie doit son nom à sa structure hélicoïdale  et au fait qu’elle infecte souvent le pylore, la région de l’estomac connectant ce dernier au duodénum. C’est en 1875 que des scientifiques allemands l’ont découverte dans des estomacs humains. Ne parvenant pas à la cultiver, ils ont cependant abandonné leurs recherches. C’est seulement en 1982 que le microbe a été redécouvert par hasard par deux chercheurs australiens, le pathologiste J. Robin Warren et le gastro-entérologue Barry J. Marshall. Dès leur publication originelle,  Warren et Marshall affirment que la plupart des ulcères gastriques sont provoqués par cet agent microbien, et non par le stress ou la nourriture épicée comme on le pensait auparavant. Confronté au scepticisme de ses pairs, qui pensaient qu’aucune bactérie ne pouvait survivre dans l’environnement acide de l’estomac, Marshall eut alors l’audace d’ingurgiter une pleine éprouvette d’Helicobacter pylori. Il contracta rapidement  une gastrite (et non un ulcère comme le veut la légende), la traita efficacement avec des antibiotiques en moins d’une semaine et parvint ainsi à convaincre la communauté scientifique. Depuis une trentaine d’années, celle-ci impute au mini hélicoptère bactérien le pouvoir de causer au moins 80% des ulcères gastro-duodénaux, le solde étant attribué à de mauvaises habitudes alimentaires. Pour avoir amorcé ce virage et établi le dogme de la causalité microbienne dans une grande majorité d’ulcères, Warren et Marshall ont d’ailleurs reçu le prix Nobel de physiologie et de médecine en 2005.  Grâce à eux, ou plutôt à cause d’eux,  la plupart des ulcéreux gastriques sont aujourd’hui soignés par antibiothérapie.  Et bien sûr, la médecine du cancer a suivi la tendance. Il y a quelques semaines encore, une vaste étude chinoise a conclu que l’éradication d’H.pylori (Hp pour les intimes) devrait constituer une priorité oncologique. En suivant 63.000 personnes, une équipe de l’université de Hong Kong a constaté que la prescription d’antibiotiques réduisait l’incidence du cancer gastrique de 22% chez les patients de plus de 60 ans. D’autres études postulent que la réduction du risque pourrait atteindre 47% dans la population débarrassée du microbe. Pour la médecine d’école, il ne fait donc plus de doute que la bactérie est une terroriste qu’il suffirait de trucider pour  prévenir et traiter ulcères et cancers. L’implication du stress, et a fortiori l’influence de conflits psycho-émotionnels, ont été complètement évacués du champ des connaissances en moins de trois décennies.

Ceci dit, mes détracteurs  Facebook ont parfaitement raison d’avoir zappé ce tournant médical  qui fait déraper le bon sens et  qui  expédie l’intelligence dans le décor. D’abord, il faut savoir que les thérapies biocidaires ont déjà montré leurs limites. La rusée Hp a déjà développé des résistances et les antibiotiques sont de moins en moins performants. Même en cumulant des molécules, la médecine médicamenteuse est de plus en plus souvent mise en échec et se rend compte qu’elle va  droit dans le mur. Du reste,  il est prouvé que de nombreux cancéreux gastriques développent leur tumeur malgré un bombardement antibactérien intensif. Un crime sans le criminel, bizarre non ?  Il serait temps de disculper le microbe et de réaliser qu’il fait office de bouc émissaire trop commode. Helicobacter pylori n’est qu’une bactérie parmi mille autres qui peuplent les organes digestifs d’Homo Sapiens depuis la nuit des temps. On la retrouve chez environ 50% des êtres humains qui en sont les porteurs sains et dont seulement une infime minorité va développer un ulcère ou un cancer. La primauté du terrain sur la potentielle nocivité du germe est donc difficilement contestable, quoi qu’en décrète le credo pasteurien de la médecine officielle. Enfin, les recherches de pointe sur le microbiote indiquent que loin d’être une ennemie, la bactérie hélicée est au contraire une précieuse alliée.  Comme l’explique notre collaborateur Yves Patte dans sa rubrique « Paléonutrition » du Néosanté de novembre 2017, on a en effet découvert qu’H.Pylori avait pour fonction de limiter les remontées acides gastriques et qu’elle protégeait ainsi l’œsophage. En son absence, le reflux gastro-oesophagien est plus fréquent et le risque de cancer œsophagien plus important. Dans ce même numéro de Néosanté, le Dr Fajeau explique utilement que les reflux acides ont pour mission psychobiologique de « pré-digérer un morceau » considéré comme indigeste par le cerveau inconscient. Tout se tient et il n’y a que la médecine nouvelle du Dr Hamer qui puisse véritablement  éclairer ces relations symbiotiques entre les  tissus gastriques et leurs hôtes microbiens.

Il y a néanmoins des lueurs de compréhension qui sont en train de s’allumer du côté de l’allopathie conventionnelle.  Professeur à l’université de New-York, le Dr Martin Blaser est le plus grand expert mondial de la bactérie H.pylori. Ce sont ses études qui ont montré que l’absence du microbe allait de pair avec un risque accru d’obésité, d’asthme et d’allergies. Selon lui, Hp a co-évolué avec les hommes depuis des dizaines de milliers d’années et c’est une bonne chose qu’elle soit toujours présente dans leurs entrailles. C’est même la progressive disparition de la bactérie qui est inquiétante ! Ses causes ? Tenez-vous bien : le recours de plus en plus fréquent à la césarienne (laquelle prive le nourrisson de la flore vaginale maternelle) et la très mauvaise idée d’administrer des antibiotiques aux enfants à la moindre infection. En effet, les doses moyennes prescrites à un petit Occidental « normal » pour des troubles ORL sont suffisantes pour éliminer H.pylori chez la plupart d’entre eux. Résultat : un nombre croissant d’enfants souffre de remontées acides qui sont alors soignées avec les fameux IPP, les inhibiteurs de la pompe à protons. Or, et c’est là qu’on atteint le comble de l’absurdité médicale, ces médicaments sont de plus en plus soupçonnés de favoriser gastrites, ulcères et cancers gastriques.  Une consommation à long terme d’IPP est également corrélée à une plus grande incidence des fractures osseuses, des infections à Clostridium difficile, des pneumonies, des infarctus du myocarde et même des accidents vasculaires cérébraux. Bref, il est très dangereux de perturber artificiellement le pH de  l’estomac  et d’en déloger la brave petite Hp : c’est une double erreur dont les effets funestes se renforcent réciproquement !

Pour ceux que cela intéresse, une livre du Dr Martin Blaser a été traduit en français et a été publié chez Flammarion en 2014 sous le titre « La santé par les microbes ».  En vérifiant que cet ouvrage était toujours bien en circulation, j’ai remarqué que la librairie en ligne Amazon permettait d’en lire les premières pages, notamment la préface du Pr Didier Raout (sommité française dans le domaine de l’immunité) et le début du chapitre sur « les maladies modernes » (obésité,  diabète, cancer, autisme…) dont  l’auteur attribue les proportions épidémiques à l’abus d’antibiotiques et à l’obsession antiseptique.  Cliquez ici pour lire ce petit aperçu d’un passionnant ouvrage. Pour ma part, je vais conclure en épinglant cette phrase de l’introduction : « Tout est affaire d’équilibre et mieux vaudrait vivre en paix avec notre flore bactérienne plutôt que de  la perturber sans cesse ». Arrêtons déjà de clouer H. pylori au pilori, et notre santé s’en portera mieux !

Yves Rasir

(*) À propos de Bernard Tapie, il a accordé une interview à France 2 qui a été diffusée dimanche dernier.  Au cours de cet entretien, il confie avoir demandé au médecin si ses ennuis judiciaires avaient pu causer son cancer. Réponse du toubib : « Vous connaissez l’expression se faire du mauvais sang ou se faire  de la bile ? C’est ce qui vous est arrivé. » Voilà donc un médecin convaincu que le stress a – au minimum – participé à  la genèse de la tumeur gastrique. Dommage qu’il soit à côté de la plaque en parlant de bile et de mauvais sang,  deux ressentis qui donneront plutôt naissance à des pathologies de la vésicule ou à une maladie du sang. La nature est beaucoup plus logique que ne l’imagine la médecine classique.

Lettre à Bernard Tapie

Cher Monsieur Tapie,

C’est par l’intermédiaire de mon infolettre hebdomadaire que je vous écris ces quelques lignes. Comme je ne connais pas votre adresse, je mise sur les transferts et les partages de ce message pour qu’il finisse par arriver dans votre boîte mail. Son objet ? L’expression de toute mon admiration. Non pas pour votre carrière d’homme d’affaires et de patron de presse, dont je me désintéresse complètement et me fiche éperdument. Pas non plus pour vos talents de comédien, de chanteur ou d’animateur télé, dont je ne pense pas qu’ils soient dignes d’être salués. Et pas davantage pour vos exploits de dirigeant de club de football, un sport auquel vous semblez avoir fait plus de tort que de bien. Non, je suis admiratif de la façon dont vous affrontez actuellement votre cancer de l’estomac, révélé par votre épouse au début du mois de septembre. Je suis surtout impressionné par votre décision de ne pas cacher votre état et de venir à Bruxelles le 25 octobre dernier affronter les caméras pour vous défendre au tribunal dans le litige qui vous oppose à l’État français et au Crédit Lyonnais à propos de la vente d’Adidas. Ce jour-là, ce n’est plus un businessman flamboyant qui s’est donné à voir, mais un vieil homme de 74 ans diminué par la maladie et affaibli par ses traitements. D’autres que vous auraient renoncé à comparaître et  auraient fui les objectifs captant cruellement votre déchéance physique. Chapeau pour ce courage de ne pas vous réfugier en coulisses et de rester sur scène pour plaider votre cause.

Ce qui m’a réellement bluffé, c’est l’aplomb avec lequel vous avez affirmé sans détour l’origine psycho-émotionnelle de votre cancer. Lorsqu’un journaliste vous a demandé si vous vous  sentiez victime d’un acharnement judiciaire, vous avez répondu du tac au tac que « c’est à mon estomac qu’il faudrait poser cette question ». Et un peu plus tard, vous avez été encore plus direct en déclarant : «  Si j’ai cette maladie, ce n’est pas parce que je picolais ou que je fumais. C’est à cause de cette pression que je vis depuis cinq ans. » Vous avez très clairement établi un lien de cause à effet entre une décision de justice défavorable (on vous réclame la bagatelle de 450 millions d’euros) et le développement de votre tumeur gastrique étendue à l’œsophage. Certes, vous n’êtes pas le premier cancéreux à avoir perçu cette relation de causalité, mais vous êtes sans doute le premier personnage célèbre à revendiquer haut et fort la pertinence de son intuition. Car vous  savez, vous qui avez accepté sans broncher les protocoles oncologiques classiques (une série de huit chimiothérapies suivie d’une intervention chirurgicale), que la médecine conventionnelle n’attribue aucune origine psychique au cancer.  Vos médecins vous ont peut-être expliqué qu’un excès de tension nerveuse pouvait nuire aux défenses immunitaires et ainsi faciliter l’emballement cellulaire. D’autres vous ont sûrement conseillé de vous déstresser en soutien de la cure médicamenteuse. Mais il m’étonnerait beaucoup que les toubibs consultés aient suivi votre raisonnement intuitif et aient situé le déclenchement de votre maladie dans ce qui vous affecte intérieurement. Pour la Faculté, les maux de l’âme ou les émois du cœur n’ont que peu d’incidence somatique et c’est toujours dans la matière (les gènes, l’alimentation, l’alcool, le tabac, les pollutions…) que se jouerait la cancérogenèse. Pour prendre la mesure de ce déni, je vous invite à lire ma lettre du 15 juin 2016, celle du 1er juillet 2015 et celle du 21 janvier 2015. Dans la deuxième, je souligne notamment que l’INCa (Institut National du Cancer) ne mentionne nullement le stress dans  son « classement » des neufs principaux facteurs de risque. A fortiori, la médecine officielle est loin de lui reconnaître un rôle moteur ou  promoteur  dans le processus tumoral. Bravo, Mr Tapie, d’avoir osé enfreindre le dogme médical en partageant votre certitude intime que la pression subie avait causé la perte de votre santé.

Ce qui vous manque malheureusement, c’est la compréhension psychobiologique de votre maladie et la conscience que celle-ci n’est pas dénuée de sens. Savez-vous que le Dr Hamer, ce  médecin allemand ayant découvert que tout cancer débutait par un choc émotionnel, a très vite identifié la finalité vitale des tumeurs stomacales ?  Dès les années 80, il illustrait sa trouvaille en racontant l’histoire suivante : lorsqu’un renard affamé pénètre dans un poulailler et qu’arrive le fermier armé d’un fusil, le goupil choisit à la fois de combler sa faim et de sauver sa peau. Il détale à toutes pattes tout en engouffrant une poule qu’il avale en entier avec les plumes et les os. Une fois à l’abri, il est cependant incapable de digérer la volaille gobée toute crue. Il va mourir si  son cerveau primitif ne trouve pas une solution de survie appelée maladie. La seule pathologie qui peut le sortir d’affaire, c’est le cancer de l’estomac car les cellules cancéreuses gastriques sont beaucoup plus acides que les cellules normales. Ce « programme turbo » va lui permettre de dissoudre les parties indigestes de la poule et de les évacuer par  voie fécale. Sitôt la digestion terminée, le processus cancéreux n’a plus de sens et maître renard guérit  spontanément. Merveilleuse intelligence de la nature ! Chez les êtres humains, il est évidemment très rare qu’un festin plantureux et hâtif entraîne pareille parade pathologique. Comme en atteste le langage courant, nos indigestions sont bien plus souvent de nature mentale et affective, la nourriture n’est plus réelle mais symbolique : on ne digère pas les coups bas, les trahisons, les mensonges, la malhonnêteté… Mais les mécanismes archaïques sont les mêmes et notre cerveau inconscient ne fait pas la différence quand il s’agit d’assurer notre survie. Chez toute personne en proie au ressenti qu’un conflit « reste sur l’estomac », l’ordinateur cérébral va ordonner la fabrication d’un ulcère ou d’un cancer potentiellement salvateur. Les spécialistes en décodage ajoutent que les cancéreux gastriques se sentent souvent agressés « dans une tonalité territoriale », autrement dit qu’ils interprètent l’événement conflictuel comme une intrusion dans  leur territoire. Vous voyez où je veux en venir, M. Tapie ? Bien sûr : vous avez totalement raison d’imputer vos ennuis de santé à vos déboires judiciaires augurant d’une déroute financière. Il n’est que temps de regarder en face le rôle prépondérant des émotions dans l’éclosion des cancers.

En faisant le lien, vous n’avez cependant fait qu’une petite partie du chemin. Et vous faites fausse route en parlant de « la pression endurée depuis cinq ans ». Celle-ci se somatise biologiquement par de la dépression mais en aucun cas par un cancer de l’estomac ou de l’œsophage. Si humeur dépressive il y a, elle est couplée  au mal mais  n’en est pas la cause. Le traumatisme initial est à chercher dans une épreuve véritablement vécue comme un  « morceau impossible à digérer ». Si vous trouvez la bonne explication, la prise de conscience est hélas insuffisante pour assurer votre guérison. Selon le Dr Hamer et tous ceux qui ont épousé ses thèses, celle-ci ne peut survenir sans une solution pratique au conflit et/ou un changement radical de son ressenti. Ça veut dire quoi ? Ça signifie qu’une victoire en justice pourrait faire déguerpir le crabe mais aussi qu’une défaite le ferait probablement fulminer. Dès lors, un  thérapeute avisé vous prescrira plutôt un travail d’acceptation et de lâcher-prise par rapport à ce qui vous tourmente. À quoi vous serviraient ces 450 millions gagnés si vous perdez la vie ?   Grâce à votre combativité, vous ne restez pas prostré dans ce que le biologiste Henri Laborit a décrit comme  de « l’inhibition de l’action ». Et en ne taisant pas votre souffrance intérieure, vous éliminez deux éléments que le Dr Hamer considérait comme redoutablement pathogènes, à savoir le silence et l’isolement.  Mais n’oubliez pas que la fuite est également une stratégie gagnante : en faisant préventivement votre deuil de la clémence des juges et en fuyant les émotions délétères, vous parviendrez plus sûrement à désactiver le programme de cancérisation.

Pour conclure cette missive se voulant positive, j’aimerais vous donner un   conseil thérapeutique et vous exprimer mon optimisme quant à vos chances de guérison. En médecine naturopathique, on utilise volontiers les ressources de la morphopsychologie, un outil permettant d’évaluer l’énergie vitale d’un individu. Je n’en suis pas un praticien chevronné, mais j’en possède suffisamment de notions pour constater que vous êtes béni des dieux dans ce domaine. La dilatation de votre visage, surtout dans sa partie inférieure, indique que vous êtes doté d’une exceptionnelle vitalité. Même après les chimios éprouvantes  qui ont déplumé votre crâne, vous semblez  toujours animé d’une énergie peu commune. Vous êtes un chêne très difficile à abattre. Il vous manque la souplesse du roseau, mais vous avez la vigueur nécessaire pour résister à bien des tempêtes. En comparaison, feu Jean-Luc Delarue était beaucoup moins armé pour vaincre le cancer de l’estomac apparu peu après que ses problèmes de drogue aient ruiné sa carrière audiovisuelle. S’il est immense,  encore faut-il ne pas dilapider votre viatique énergétique ! À cet égard, je vous communique une découverte récente que le mensuel Néosanté ne cesse de mettre en exergue, celle que l’activité physique est un remède curatif  du cancer, et pas seulement un instrument de prévention. Naguère, on incitait les cancéreux à ne pas faire de sport pour épargner leurs forces. Aujourd’hui, on sait que l’exercice corporel participe puissamment à l’équilibre émotionnel et qu’il contribue à la régression naturelle des tumeurs.  La saine fatigue qu’il procure n’est pas à éviter, que du contraire ! Il y a un mois, une nouvelle étude édifiante est parue dans le journal Oncology. Elle indique clairement que l’activité sportive intensive réduit le taux de  mortalité et  les risques de récidive dans toute une série de cancers. En France, beaucoup d’initiatives fleurissent afin de sortir les cancéreux de la sédentarité, comme par exemple celle de l’oncologue Thierry Bouillet  qui initie ses patients aux bienfaits  du karaté. Si vous continuez à vous fier aux protocoles conventionnels, ayez au moins l’intelligence de suivre parallèlement la thérapie de pointe qui consiste à bouger  et à se dépenser physiquement. Imaginez déjà la une des journaux : « Bernard Tapie se guérit du cancer en enfilant des Adidas ! ». Ce serait une belle revanche, non ?

En espérant que cette lettre vous soit bien parvenue, je vous réitère mon admiration et vous souhaite un excellent parcours de guérison.

Yves Rasir

Mourir plus vert et soigner la terre

En ce 1er novembre, je tiens à vous reparler de « l’humusation des défunts », un sujet qui me tient très à cœur. Je l’avais déjà abordé il y a deux ans dans la troisième partie de ma lettre intitulée « La vie grâce à la mort » que vous pouvez (re)lire en cliquant ici.  Si je reviens à la charge, c’est parce que j’ai eu récemment l’honneur de préfacer un livre qui vient d’être publié sur cette alternative à l’inhumation et à l’incinération. Vous pouvez découvrir et commander cet ouvrage en cliquant ici. Pour mémoire, l’humusation est  une technique  consistant à composter les personnes décédées et à employer le compost obtenu pour  faire pousser des arbres. La méthode a été imaginée par l’ingénieur belge Francis Busigny et a déjà été testée  avec succès avec des animaux. Ça peut paraître farfelu, mais le projet de transformer les êtres humains en humus après leur mort mérite d’être pris au sérieux. En Belgique, il est porté par la fondation Métamorphose et il a des chances d’être prochainement légalisé car les pouvoirs publics et certains responsables politiques s’y intéressent. Cet intérêt n’est pas étranger au fait que des milliers de citoyens  ont signé une pétition en faveur de cette nouvelle pratique funéraire et que 1.500 d’entre eux ont déjà exprimé, à travers un « acte de dernière volonté », leur volonté d’être humusés après leur décès. Il y a même beaucoup de Français qui ont manifesté le souhait d’être compostés chez nous quand nos autorités l’autoriseront.

En 2015, certains lecteurs de Néosanté Hebdo m’ont écrit que cette thématique n’avait rien à faire dans ma newsletter car elle n’a rien à voir avec la santé. C’est à mon avis une triple erreur de jugement. D’abord, autant savoir que les deux types de funérailles aujourd’hui admises, l’enterrement et la crémation, sont sources de graves nuisances pour l’environnement. Savez-vous, par exemple, que les dépouilles traitées par thanatopraxie dégagent des dioxines quand elles sont incinérées ? Ou que les nombreux polluants présents dans les corps enterrés (médicaments, métaux lourds, pesticides, formaldéhyde des produits d’embaumement…) finissent par contaminer les nappes phréatiques ? Les répercussions sanitaires des pratiques funéraires classiques sont méconnues et largement sous-estimées. D’autre part, il faut prendre conscience que la mise à feu ou l’enfouissement des trépassés ne rendent aucun service à la nature. Les cendres récoltées sont un piètre amendement des sols tandis qu’un cadavre enterré se décompose en pourrissant au lieu de nourrir la terre. Déposée sur un lit de broussailles humidifié, une personne humusée va au contraire  se transformer au bout d’un an en fertilisant naturel d’une qualité exceptionnelle. Les 100 millions d’humains qui succombent chaque année sur notre planète représentent une biomasse colossale qui pourrait littéralement régénérer la terre et lui rendre sa fertilité là où la couche d’humus est en chute libre. Par la fixation d’énormes quantités de carbone – un corps composté peut faire pousser 100 arbres – le réchauffement climatique pourrait également être stoppé. En soignant ainsi notre belle boule bleue, nous pourrions  nous faire beaucoup de bien à nous-mêmes.

Enfin, je vois dans l’humusation un troisième avantage important pour la santé de l’humanité, celui de nous guérir de la peur de la mort. Dans nos sociétés « modernes », la mort effraie et suscite l’angoisse. Les gens meurent pour la plupart à l’hôpital et leurs dépouilles sont prestement dérobées à la vue pour être enfermées dans un cercueil. Enfant, je me souviens avoir assisté à plusieurs veillées funèbres en présence visuelle du défunt. Aujourd’hui, les disparus disparaissent aussitôt dans la boîte qui sera brûlée ou ensevelie quelques jours plus tard.  L’être aimé arraché à la vie est considéré comme un déchet à évacuer au plus vite. Je pense que tout pourrait changer si l’humusation entrait dans les mœurs. En n’étant plus escamotés et en étant valorisés, les cadavres n’alimenteraient plus tant la hantise de la mort, son imaginaire morbide et ses somatisations pathogènes.  Parce qu’il dédramatiserait le « grand passage », je pense que le compostage de nos enveloppes charnelles serait propice à un meilleur équilibre psycho-émotionnel, voire spirituel puisqu’il procure une forme d’immortalité autrement plus tangible que la survie de l’âme. Bref, j’espère que vous comprenez mon enthousiasme pour l’humusation et mon envie de le partager tous azimuts. En guise de plaidoyer supplémentaire, je duplique ci-dessous la préface que j’ai rédigée pour le livre édité par la fondation Métamorphose dont je suis membre. Et je vous invite aussi à visionner le reportage télévisé réalisé par une chaîne belge, séquence dans laquelle le vice-président de la Fondation a accepté de mettre en scène son propre non-enterrement. Non dénuée d’humour surréaliste, cette petite fiction montre bien à quoi pourrait ressembler un monde révolutionné par la transmutation des humains en humus. 

Yves Rasir

Les escrocs du Figaro

Dans leur croisade obsessionnelle contre les médecines alternatives, les partisans de la médecine conventionnelle brandissent volontiers l’argument selon lequel le recours aux premières ferait perdre à la deuxième la chance d’être efficace. Privés de soins urgents, les malades s’en remettant aux méthodes douces seraient victimes des ajournements de traitements « durs » qui leur auraient sauvé la vie. Ce type de discours a encore été tenu la semaine dernière dans les colonnes du Figaro, sous le titre « Alerte aux escrocs de la médecine ». Dans son réquisitoire, le journaliste relaie notamment le témoignage d’un père dont la fille cancéreuse  se serait laissée convaincre par son kinésithérapeute d’arrêter la chimio pour aller se faire soigner  chez un guérisseur philippin. Trois mois plus tard, la jeune femme était morte.  En lisant ce genre d’article, on peut en effet penser que la défunte a été victime d’un très mauvais conseil et d’une pratique charlatanesque qui a précipité son décès. Mais à mon sens, c’est une véritable escroquerie journalistique : le lecteur ne sait pas de quel cancer il s’agit, ne sait rien de son stade d’évolution et ne sait rien du pronostic établi par les cancérologues. Si ça se trouve, la jeune femme en question avait épuisé toutes les possibilités thérapeutiques classiques et n’avait plus aucune chance statistique de s’en sortir.

Quand ils rendent compte de telles affaires, les employés des « grands » médias  perdent de vue que le scénario est généralement celui-là : c’est en dernière  extrémité et en l’absence d’issue que les personnes atteintes de maladies graves s’écartent de la médecine officielle et s’engagent sur une voie parallèle. C’est très rarement en première intention qu’elles se tournent vers un praticien « alternatif », et c’est même le plus souvent lorsque la situation est devenue désespérée. Je n’ai pas de données objectives pour le prouver, mais c’est ce que j’entends régulièrement chez des praticiens de santé « différents » qui prennent en charge des cancéreux : ceux-ci arrivent dans leur cabinet après avoir tout tenté et la consultation qu’ils sollicitent représente l’ultime chance qu’il s’accordent de rester en vie. Soit le cancer a déjà atteint un stade difficilement réversible, soit il est déjà « métastasé » selon la vision académique. Harassé(e)s par de multiples séances de chimiothérapie ou de radiothérapie, souvent mutilé(e)s également,  ces patient(e)s moribond(e)s  s’approchent de la médecine naturelle comme on s’accroche à une  bouée de sauvetage. Dans ces conditions, il est  tout à fait logique que l’échec soit fréquemment au rendez-vous et que les méthodes alternatives, entre autres le décodage biologique, paraissent peu performantes contre le cancer. Mais les plumitifs de la presse de masse n’en ont cure et continuent à nous faire croire que beaucoup de cancéreux ratent l’occasion de guérir en se précipitant dans les bras de dangereux gourous qui les détournent du droit chemin médical dès l’annonce du diagnostic.
 
Pour accréditer cette croyance selon laquelle l’engouement pour les médecines non conventionnelles fait perdre des chances aux malades, le Figaro cite en exemple le cas de Steve Jobs, le génial fondateur d’Apple décédé en 2011 d’un cancer du pancréas. Et voici ce que le journaliste écrit : « Lorsqu’il a appris qu’il était atteint d’une forme localisée de cancer du pancréas en 2003, Steve Jobs a d’abord refusé la chirurgie qui s’imposait. Pendant 9 mois, il a suivi les conseils de « spiritualistes » et cru se soigner avec des plantes, des jus de carottes et l’acupuncture . En 2004, lorsqu’il s’est enfin résolu à se faire opérer, la partie était jouée, le cancer étendu, et Jobs décédera finalement de son cancer en dépit de la chimiothérapie et d’une transplantation hépatique (…) Une triste histoire qui montre que tout malade, aussi intelligent, riche et fortuné soit-il, devient une proie potentielle pour les charlatans dès lors qu’il est malade ». Là, ce n’est même plus de l’escroquerie intellectuelle mais  de la désinformation délibérée. Il faut en effet savoir que le cancer du pancréas est le plus agressif qui soit. Comme je l’ai déjà raconté, cette pathologie de très mauvais pronostic a emporté le Dr Jean Seignalet en quelques mois à peine. Les chances de survie à 5 ans ne dépassent pas les 5 % et chez les personnes opérables et opérées, une sur cinq seulement est toujours vivante cinq années après la découverte de sa tumeur pancréatique. L’intervention chirurgicale repousse l’échéance mais ne débouche presque jamais sur une rémission suffisamment durable pour être qualifiée de guérison. Il est donc pour le moins abusif d’affirmer que Jobs a galvaudé une opportunité de rétablissement en se fiant d’abord  à la phytothérapie et aux jus de légumes. Au contraire, il a vécu 8 ans avec son cancer  et  il a donc fait   partie de la petite minorité de survivants à moyen terme. Non seulement l’hygiène de vie qu’il a adoptée d’emblée ne lui a pas nui, mais on peut supposer qu’elle a favorisé sa longévité ! Alerte aux escrocs de l’information qui ont parfois l’art de  travestir les faits pour déformer complètement la réalité.

L’escroquerie informative du Figaro est d’autant plus malvenue qu’une autre manchette s’imposait :  il y a deux semaines,  le très sérieux British Medical Journal a publié une étude (*) montrant que 57 % des traitements anticancéreux approuvés entre 2009 et 2013 par l’Agence Européenne des Médicaments n’avaient pas fait la preuve de leurs bénéfices en termes de survie ou d’amélioration de qualité de vie. Et selon les chercheurs londoniens qui ont mené ce travail, les quelques nouvelles molécules qui augmentent effectivement l’espérance de vie ne procurent aux patients que 2,7 mois supplémentaires en moyenne.  Un gain dérisoire alors que ces traitements de substitution ne sont pas moins toxiques que les précédents et qu’ils coûtent des milliers d’euros, voire des dizaines de milliers d’euros aux patients et à la collectivité.  J’en ai fait le sujet de la rubrique Zoom du Néosanté de novembre, car cette recherche révèle à quel point on nous illusionne sur les prétendus progrès de la science oncologique. Dans de précédents numéros, nous avons publié un « grand décodage »  du cancer du pancréas par le Dr Eduard Van den Bogaert (Néosanté n° 66)  et  un article du psychothérapeute  Laurent Jacot (Néosanté n° 31) qui s‘est penché sur la biographie de Steve Jobs. Les éléments de son histoire familiale et professionnelle éclairent lumineusement le parcours pathologique  de l’ex-patron d’Apple et  permettent de comprendre pourquoi il a somatisé au niveau du pancréas, cet organe particulièrement sensible au ressenti émotionnel d’ignominie. N’hésitez pas à relire ces textes dans votre collection de la revue  ou à vous procurer les mensuels dans la boutique de notre site,  sous format papier ou numérique.  Ce sera un bon antidote aux « fake news » répandues par les raseurs du quotidien conservateur.

Yves Rasir

Les 7 secrets d’Ikaria

Quoi, vous ne connaissez pas encore Ikaria ? Cette petite île grecque de 8.400 habitants  a pourtant accédé à la célébrité depuis qu’une équipe de l’université de médecine d’Athènes y a débarqué  en 2009  pour essayer de percer un mystère :  sur ce bout de terre  situé au nord-est de la mer Égée, la population d’octogénaires est proportionnellement trois fois plus élevée que dans le reste de la Grèce et celle des nonagénaires  dix fois plus élevée ! Les plus de 100 ans y courent également les rues. Dans le sillage des scientifiques, les Ikariotes ont vu débarquer Dan Buettner, un explorateur du National Geographic connu pour avoir écrit plusieurs ouvrages sur les « zones bleues », ces régions du monde où les habitants jouissent d’une longévité exceptionnelle, comme Okinawa au Japon, le centre de la Sardaigne ou la péninsule de Nikoya au Costa Rica. Dans un article publié par le  New York Times, Buetner a décrit Ikaria comme « l’île où les gens ont oublié de mourir » et en a si bien vanté les charmes que désormais beaucoup d’Américains sont capables de la situer sur la carte. Chez nous, l’engouement est plus récent mais la notoriété de l’île vient d’être « boostée » par une enquête du journal Le Monde et  un reportage diffusé au journal de France 2 la semaine dernière. Je vous invite à (re)visionner cette séquence de 4 minutes en cliquant ici .

Après avoir vu ce reportage, vous avez déjà une petite idée de ce qui distingue Ikaria et qui explique l’extraordinaire espérance de vie de ses habitants. Mais comme toujours, le média audiovisuel demeure un peu superficiel et ne creuse pas le sujet en détail. Les images sont parfois trompeuses et les propos recueillis ne traduisent pas toujours fidèlement une réalité complexe. À moins d’aller investiguer sur place, il faut explorer la toile,  lire des études et des articles de presse pour mieux comprendre les « secrets de longévité » d’Ikaria. Après avoir beaucoup lu ces derniers jours, je pense m’être forgé une opinion plus précise et plus juste des raisons pour lesquelles les citoyens de cette île grecque jouissent d’une vitalité insolite et d’une santé insolente. Bien sûr, je ne peux pas m’empêcher d’apporter ma petite touche et d’émettre des hypothèses psychosomatiques en rapport avec la médecine nouvelle du Dr Hamer.  Revus et corrigés à ma sauce, voici en résumé les 7 enseignements à tirer du mode de vie icarien. Ce sont autant de clés dont se chacune et chacun d’entre nous peut se saisir pour améliorer sa santé et allonger sa propre vie en éloignant la maladie.

1) Un environnement idéal

Comme Okinawa, la Crête ou la Sicile, Ikaria est une île. Et qui dit île, dit omniprésence de la mer, avec ses embruns, son air iodé et son atmosphère probablement très chargée en ions négatifs (lesquels, vous le savez sans doute, sont très positifs pour la santé). Appréciée des surfeurs, Ikaria est en effet une île assez venteuse où certaines plages sont régulièrement roulées par des vagues impressionnantes : tout bon pour l’ionisation !  L’environnement est d’autant plus bienfaisant  que le cadre est magnifique et qu’il y règne  un climat très ensoleillé prodigue en vitamine D. Pas trop chaud cependant car la température moyenne annuelle n’excède pas 19,3 °C. Sa luminosité est réputée et les chercheurs y voient une explication partielle au fait  que  les troubles dépressifs sont rarissimes parmi la population. Autre avantage non négligeable, l’île est très verte et est couverte de plusieurs forêts. On peut la considérer comme montagneuse car ses nombreuses collines sont escarpées et son pic le plus haut culmine à 1040 mètres. Onze des douze villages sont situés en hauteur.  Ses résidents profitent en quelque sorte des atouts de la mer et de ceux de la montagne. Bien sûr, cette double particularité géographique n’est pas sans effet sur le régime alimentaire, comme nous le verrons plus loin. Il paraît que le sous-sol granitique est gorgé de radon, un gaz qui a mauvaise réputation mais qui aurait un impact favorable sur les cultures et singulièrement sur celle du raisin, très riche en antioxydants. Comme beaucoup d’îles, celle d’ Ikaria a été envahie et occupée au cours de son histoire. Mais comme toutes les îles, elle bénéficie des privilèges de l’insularité, c’est-à-dire la quiétude et l’éloignement de l’agitation du continent. Si on qualifie souvent les îles de « paradisiaques » et si elles attirent tant les touristes, c’est aussi parce que leur isolement est le garant d’une certaine douceur de vivre. Comme le chante Voulzy, l’eau qui les sépare les laissent part…

2) Un régime de type méditerranéen

Même si Néosanté défend le régime alimentaire paléolithique, nous concédons volontiers que la seule façon de manger qui a indiscutablement démontré ses bénéfices pour la santé, c’est le régime dit « méditerranéen », celui en vigueur au sud de l’Europe. Sur l’île d’Ikaria comme ailleurs sur le pourtour de la Méditerranée, on se nourrit essentiellement de légumes et de légumineuses, de céréales (surtout orge et seigle),  de beaucoup de poisson (deux fois par semaine),  de fromage de chèvre cru, de miel, de fruits secs oléagineux (noix, amandes), d’huile d’olive,  et d’un peu de viande (porc, agneau). On y boit pas mal du vin rouge local, produit par les habitants eux-mêmes,  à raison de 2 à 4 verres par jour. Ce qui est intéressant, c’est d’examiner ce qui fait la différence sur les « îles à centenaires ». En Crête, par exemple, mon ami naturopathe Daniel Gramme a découvert qu’on y mangeait beaucoup d’escargots et  énormément de plantes sauvages, ce qui est rarement dit par les experts en nutrition.  Plusieurs particularités sont à relever chez les descendants d’Icare : ils consomment beaucoup de champignons,  raffolent du citron qu’ils mettent absolument partout, se délectent de poulpe en plus du poisson,   boivent beaucoup de café (deux à trois tasses par jour) s’abreuvent également d’infusions de plantes (sauge, romarin, menthe…) et ramassent aussi beaucoup d’herbes aromatiques pour accompagner leurs plats. Le reporter du Monde  a recensé 35 espèces différentes poussant sur l’île et utilisées en cuisine ou à des fins thérapeutiques.

3) Une abondance de plantes sauvages

Ce  point  me semble tellement important que j’en fais une clé à part entière. Pourquoi ? D’abord bien sûr parce que les végétaux non cultivés sont une source fabuleuse de nutriments et micronutriments.  Citons par exemple l’ortie, qui contient beaucoup de protéines et  est extraordinairement riche en vitamine C. Sur Icaria, c’est le  kolokassi (ou artichaut de Jérusalem) qui tient la vedette. Cette sorte de patate douce dont on cuit le bulbe et les feuilles possède une grande valeur nutritive (glucides, protéines, minéraux, vitamines…) tout en renfermant de l’inuline, une précieuse fibre prébiotique. La plante pousse d’octobre à mars à proximité des cours d’eau. Sa principale vertu n’est cependant pas à mes yeux sa valeur nutritionnelle mais son rôle dans l’histoire d’Ikaria : pendant la seconde guerre mondiale, c’est ce tubercule qui a  aidé les habitants à survivre à des années de disette. Un jour, l’ethnobotaniste François Couplan m’a confié que la fameuse grande famine en Irlande au 19ème siècle, qui a fait des  centaines de milliers de morts et a poussé des millions d’autres à l’exil,  lui semblait a posteriori incompréhensible car l’île celtique regorge de plantes sauvages comestibles. Ce qui a provoqué la tragédie, c’est que les Irlandais en avaient perdu la connaissance et qu’ils se nourrissaient essentiellement de pommes de terre, dont les champs furent à l’époque ravagés par le mildiou. Ce scénario tragique ne s’est pas produit en Icarie parce que les traditions n’étaient pas mortes et que les habitants ont puisé dans le garde-manger de la nature pour survivre. Aujourd’hui encore, cette  nourriture gratuite est présente dans l’assiette et représente une assurance « tous risques » en cas de coup dur agricole. Bien qu’elle soit impossible à  évaluer, je suis persuadé que cette  autarcie potentielle  constitue en soi un secret de la longévité icarienne. La peur de manquer étant absente, il n’est pas étonnant que ses somatisations hépatiques soient quasiment inexistantes. 

4) Une activité physique à tout âge

En commentaires de leurs reportages à Ikaria, certains journalistes ont souligné que le sport ne faisait pas partie des habitudes locales et que l’activité physique y était peu intensive. Régulière mais pas intensive. J’entends bien que les  vieux Icariens ne sont pas des Californiens et qu’ils ne chaussent pas les baskets pour s’adonner au jogging ou au running. Mais comment peut-on minimiser ainsi leurs dépenses physiques ?  L’île est très  vallonnée est exige de marcher sur des sentiers pentus au moindre déplacement. Les habitants cultivent pour la plupart leur potager, ce qui n’est pas non plus une activité de tout repos. Beaucoup exercent encore un métier physiquement exigeant ou s’adonnent à un hobby   à un âge avancé. Bref, ça bouge beaucoup et ça sue pas mal à Ikaria. En tout cas, la sédentarité n’y est pas de mise pour les seniors. Pas de baskets, mais pas non plus de pantoufles pour pantoufler toute la journée. Ce n’est pas sur cette île que les vieilles personnes traînent du lit au fauteuil et du fauteuil au lit  pendant que la pendule ronronne au salon.

5) Un rythme de vie peu stressant

À propos de pendule, le reportage de France 2 révèle un détail capital : sur Ikaria, on vit généralement sans montre et sans horloge, et sans minuter son emploi du temps. Le stress, c’est à Athènes et ailleurs, mais ici on ne court  pas après l’argent, on ne consomme pas frénétiquement et on  prend le temps de prendre le temps. D’ailleurs, la journée  est scindée par la sacrosainte sieste à laquelle bien peu dérogent. Pour avoir brièvement séjourné dans une autre île grecque l’année dernière, j’ai pu observer que cette « zen attitude » faisait partie de la culture hellénique. Aujourd’hui peut-être, ou alors demain, à la façon méridionale chantée par Sardou. C’est d’ailleurs assez énervant pour le touriste étranger. Lors de mes vacances en Grèce, cette  différence culturelle de rythme et de rapport au temps m’a fait rater un ferry, m’a demandé des heures d’attente pour obtenir une voiture de location et m’a fait poireauter aussi pour louer un canot à moteur. Sur place, j’ai mieux compris que les Allemands s’impatientent en négociant avec les Grecs l’étalement de leurs dettes et une gestion plus germanique de leurs finances publiques. Mais peut-on avoir le beurre et l’argent du beurre ?  Á Ikaria, on ne vit pas « speedé » mais les recherches montrent que le risque de maladie cardiovasculaire est réduit de 54% par rapport au continent chez les plus de 80 ans. Quant aux infarctus, ils sont si rares qu’il n’enrichiront certainement pas les fabricants de défébrillateurs. Dans la séquence télévisée,  j’ai particulièrement aimé les propos de l’apiculteur de 87 ans : « Quand on ne t’oblige pas à travailler et que tu aimes ce que tu fais, il n’y a pas de meilleur médicament pour l’organisme et la santé ». Ode au dilettantisme et à la dolce vita. .

6) Un lien social très fort

Tous ceux qui ont enquêté à Ikaria le disent : on y vit en communauté et les liens sociaux y sont encore fort serrés. En particulier, les personnes âgées ne sont pas mises à l’écart de la société, on ne les parque pas dans des homes ou dans des résidences monogénérationnelles, ce qui expliquerait le faible taux de maladies psychiques et de dégénérescence cérébrale. L’entraide et la notion de solidarité tiennent une place importante pour les Ikariotes.  Dans le journal Le Monde, le reporter mentionne  un fait historique curieux : pendant la guerre civile de 1946-1949,  l’île a été une terre d’exil pour les opposants communistes, et ces milliers de militants de gauche  ont influencé le mode de pensée des autochtones. Selon les sociologues, il n’y a pas vraiment de classes sociales à Ikaria,  personne ne s’y vante de sa réussite économique et la compétition productiviste/consumériste n’y a pas cours.  Ne me faites pas dire que la bonne santé des seniors icariens tient à leur idéal socialiste, mais il y a un peu de ça quand même : loin du « struggle for life », Ikaria perpétue un mode de vie où le groupe n’est pas sacrifié au profit de l’individu  et où chacun prend soin du voisin en sachant que c’est un prêté pour un rendu. Je vous rappelle au passage un point central des découvertes du Dr Hamer : ce ne sont pas les conflits  psycho-émotionnels qui créent les maladies mais le fait de les subir dans le silence et l’isolement. À Ikaria, le vivre-ensemble joue pleinement son rôle préventif.

7) Une vie qui a du sens

Comme moi, je suppose que vous avez été épatée en découvrant Iona, cette tisserande de 106 ans  qui est aussi la doyenne de l’île. Quand on l’interroge sur ses recettes de longévité,  elle répond qu’elle n’en a pas mais elle formule quand même une hypothèse : « Il faut avoir en soi, beaucoup d’amour, ne pas envier les autres et surtout être passionnée : la création, c’est le meilleur des médicaments ! ». Passion, amour, créativité : voilà des mots à prendre au sérieux puisqu’ils émanent de cette vielle dame faisant figure de modèle. Ça m’a rappelé la lettre que j’avais écrite en février 2016 et que vous pouvez (re)lire en cliquant ici.  Dans ce billet, je cherchais le point commun aux « super-centenaires » et je soulignais que beaucoup d’entre eux (elles) continuaient à travailler et prenaient plaisir à le faire. Ça m’a rappelé aussi une étude scientifique à laquelle nous allons faire écho dans le mensuel Néosanté d’octobre : elle montre que la vitalité de vieilles personnes, en l’occurrence mesurée par leur rythme de marche et leur force de préhension, est d’autant plus élevée qu’elles ont un but dans la vie. Avoir des objectifs, des projets à réaliser et des envies à satisfaire, c’est ça qui donne du sens à la vie et qui aide véritablement à la prolonger en bonne santé. Iona le confirme au Monde : « Si je suis encore en vie, c’est parce j’ai toujours été occupée par mon activité et que j’aimais ce que je faisais ». Veuve à 57 ans,  la vieille confie qu’elle n’a pas repris d’époux mais qu’elle « s’est remariée avec son métier à tisser ». Protecteur, le célibat ? C’est malheureusement ce qu’on peut supposer alors qu’Ikaria se singularise tout autrement : sur cette île, le ratio hommes/femmes de plus de 80 ans est de 1/1, contre ½ en moyenne dans le reste de l’Europe. Autrement dit,  sexes « fort » et « faible » y vivent paritairement  tout aussi longtemps et les couples de (très) vieux mariés sont monnaie courante. La vie à deux  avec du sens, voilà ce qui est peut-être le plus grand secret de santé d’Ikaria !

Yves Rasir

La peste et le choléra

Sur un site d’info consulté ce matin, j’ai lu qu’une épidémie de peste était en train de sévir dans l’île de Madagascar. Depuis le mois d’août,  la bactérie  y a contaminé près de 400 personnes et fait 45 victimes. L’Organisation Mondiale de la Santé et la Croix-Rouge sont sur pied de guerre et se démènent pour empêcher la propagation de la maladie. L’OMS a envoyé d’urgence 1,2 millions de doses d’antibiotiques et la Croix-Rouge a mobilisé 1000 volontaires pour assister les autorités sanitaires malgaches. Celles-ci ont fermé toutes les écoles et universités du pays dans l’espoir de juguler la transmission du microbe.  Il y a quelques semaines, j’avais lu dans le journal que l’Île d’Haïti  était frappée par un autre fléau. Dans ce pays,  une épidémie de choléra règne depuis 2010 et près de 40.000 cas sont enregistrés annuellement. C’est Médecins sans Frontières qui prend en charge une grande partie des victimes. La peste et le choléra sont donc de retour et viennent rallumer de vieilles frayeurs moyenâgeuses. La presse ne se prive évidemment pas de dramatiser la situation  et d’encourager les dons aux ONG engagées sur les deux fronts.

En lisant  ces informations, il m’est venu trois réflexions à l’esprit. La première, c’est que les deux grands périls infectieux ont été vaincus dans nos régions sans l’aide d’aucun vaccin.  On n’arrête pas de nous dire que la vaccination a permis l’éradication de maladies autrefois ravageuses, mais c’est  – au minimum – totalement faux dans ces deux cas précis. Ni la peste ni le choléra n’ont disparu grâce à la médecine pasteurienne. Il existe bien plusieurs vaccins anticholéra et antipeste, mais leur efficacité est sujette à caution et leur invention est de toute façon postérieure à la disparition des deux maladies en Occident. Chez nous, c’est l’amélioration de l’hygiène et des conditions de vie qui est clairement à l’origine du progrès sanitaire. A contrario, il crève les yeux que la dégradation actuelle dans les deux îles est liée aux malheurs dont souffrent ses habitants. Épicentre d’un violent tremblement de terre en 2010, Haïti pansait à peine ses plaies que le terrible ouragan Matthews a déferlé fin 2016. Quant à Madagascar, il y règne depuis plusieurs années une grave crise économique plongeant des pans entiers de la population dans la malnutrition et la misère.  Les associations humanitaires sont d’ailleurs bien  conscientes  que les deux maladies prospèrent en fonction du contexte. En Haïti, elles estiment que le combat contre le choléra ne sera pas gagné tant que l’accès à l’eau potable ne sera pas garanti aux gens et que le traitement des eaux usées sera inexistant. À Madagascar, elles voient bien que la peste se réveille dans les bidonvilles urbains où les plus déshérités vivent au milieu des ordures et des rats porteurs des puces vectrices du germe. Seulement voilà : leur job n’est pas de résoudre les vrais problèmes mais de parer à l’urgence. Les toubibs blancs vaccinent à tour de bras et écoulent des tonnes d’antibiotiques alors que le manque d’eau propre et d’une hygiène élémentaire est manifestement à la source de la résurgence infectieuse. L’aide médicale occidentale sera vaine tant que la pauvreté et le dénuement prévaudront dans l’hémisphère sud. On devrait se souvenir qu’Albert Camus,  l’auteur de La Peste,  a également consacré un livre au mythe de Sisyphe… 

La deuxième réflexion que m’inspire cette double actualité, c’est qu’on met trop facilement des maladies très différentes sur le même pied.  Or la peste, ce n’est pas le choléra !  La peste est une maladie infectieuse extrêmement grave. Le bacille impliqué est en effet d’une grande virulence, c’est-à-dire d’une capacité phénoménale à se multiplier dans le corps pour envahir et détruire les tissus vivants. La maladie peut tuer les forts comme les faibles. Au 14ème siècle, la peste noire a décimé près de la moitié de l’Europe. Le choléra, par contre, ne  tue que les personnes fragiles en raison de leur âge ou de leur mauvais état de santé préexistant. Plus de 95% des personnes infectées guériront spontanément en quelques jours moyennant l’absorption de sels de réhydratation.  Pourquoi la peste à Madagascar et le choléra à Haïti ? Pourquoi pas l’inverse ?  C’est précisément le genre de question qu’on ne se pose plus depuis Pasteur : la médecine classique se focalise sur le germe et occulte complètement la notion de terrain. Elle fait du prétendu agresseur bactérien un commode agent causal  et ne se préoccupe pas du milieu dans lequel ce soi-disant ennemi acquiert un potentiel de nuisance. Or les faits sont là : des milliards de personnes  côtoient ou sont porteuses de micro-organismes réputés pathogènes sans pour autant développer la ou les maladies qui lui est (sont) associée(s). Par exemple, 50% des Français hébergent le parasite de la toxoplasmose et  une très faible minorité d’entre eux va déclarer cette terrible affection. Par exemple, la bactérie de la peste pullule dans le métro de New-York sans y avoir fait de victime depuis des siècles.   La médecine naturelle a pour fondement de ne pas attribuer au germe l’importance qu’il n’a pas et pour stratégie de mettre en place l’hygiène de vie favorisant la santé du terrain. Au lieu de dépêcher dans le Tiers-Monde des vaccinateurs et des prescripteurs d’antibiotiques, les pays donateurs seraient plus efficaces à long terme s’ils envoyaient par charters des éducateurs de santé et des naturopathes. Mieux encore : des anthropologues ou des  ethnologues capables d’identifier sur place les médecines locales,  les thérapeutes autochtones  et les plantes indigènes d’usage traditionnel. En Asie et en Afrique, la malaria se prévient et se guérit par une simple tisane d’Artémisia. N’y a-t-il pas, pour la peste et le choléra, d’autres remèdes naturels que le colonialisme et l’impérialisme médical occidental ont écrasés au profit de l’industrie pharmaco-chimique ? Je pose la question et je subodore que la réponse pourrait être positive.

Enfin, les deux épidémies en cours m’ont fait penser à ce que le Dr Sabbah répétait volontiers dans ses cours de biologie totale : « la peur de la chose engendre la chose. » Autrement dit, la survenue et la sévérité des maladies peuvent être causées par la terreur qu’elles provoquent. Derrière chaque pathologie, on peut identifier une peur. En amont de tout symptôme, on peut retrouver un ressenti de peur. Et cette peur est souvent celle d’attraper une maladie et d’en souffrir ! Il y a quelques jours, j’ai reçu le dernier livre du Dr Jean-Claude Fajeau consacré à l’interprétation psychosomatique des pathologies infectieuses et parasitaires. Ce matin, je l’ai ouvert au hasard comme je le fais toujours en découvrant un nouveau bouquin. Et comme par hasard, je suis tombé sur la page où il parle du choléra. Le médecin français rappelle d’abord une tranche d’histoire méconnue : lorsqu’il a découvert le vibrion en 1884 et qu’il en a fait le  responsable du choléra, Robert Koch n’a pas convaincu son collaborateur Max von  Pettenkofer. Pour disculper le microbe, ce dernier a bu publiquement un flacon entier de vibrions et il n’est pas tombé malade. Plus dubitatif quant au caractère inoffensif de la potion, un de ses élèves a fait de même et a souffert de diarrhées pendant deux jours. Dans le paragraphe suivant, Jean-Claude Fajeau raconte une expérience personnelle similaire,  vécue en Afrique où il était en mission humanitaire. Intrigué de voir que ses amis africains buvaient l’eau du fleuve Niger sans précaution et que  nombre d’entre eux n’étaient pas parasités, il a lui aussi bu l’eau du fleuve non désinfectée.  Et il n’en a subi aucune conséquence. Se pourrait-il que l’absence de peur des microbes protège mieux que l’ébullition,  la chloration et toute forme de lutte antiseptique ? C’est  précisément la pensée hérétique qui traverse ce petit ouvrage très déstabilisant pour les esprits pasteurisés. La contagion n’existe pas vraiment car les épidémies sont le reflet collectif des conflits vécus par les individus. Inutile de vous dire que je partage entièrement ce point de vue sur les maladies parasitaires et infectieuses. Le collaborateur de Néosanté aura prochainement l’occasion de l’étayer dans notre mensuel.  

Yves Rasir

Mes trucs de santé (VII) : le sport au pluriel

Reprenons la série de mes « trucs de santé »,  c’est-à-dire des méthodes et astuces naturelles que j’ai expérimentées dans ma vie personnelle et dont je pense avoir tiré profit pour conserver une  santé satisfaisante malgré une énergie vitale très basse à la naissance, plusieurs maltraitances médicales  subies dans l’enfance et le choix, à l’âge adulte,  d’un métier peu propice à une existence saine et équilibrée. Dans une prochaine lettre, je vous parlerai de mes habitudes alimentaires. Mais je souhaite d’abord vous partager ce qui est pour moi LA voie royale menant à la santé, à savoir l’activité sportive. Dans le mensuel Néosanté, nous avons maintes fois évoqué les multiples vertus du sport démontrées par de nombreuses études scientifiques. Vous pouvez notamment relire ici le dossier que nous avons publié en 2013 en collaboration avec nos amis du magazine Sport & Vie. Depuis cette publication, beaucoup d’eau a encore coulé sous les ponts et moult recherches ont amplement confirmé les bienfaits de l’exercice physique pour le corps et pour l’esprit. Pas plus tard que la semaine dernière, je vous relayais l’article d’une consœur montrant qu’une dépense corporelle intense telle que la danse stimule la fabrication de nouveaux neurones dans le cerveau et particulièrement dans l’hippocampe, zone capitale pour la gestion des émotions. Est-ce la raison pour laquelle le sport apparaît aujourd’hui comme un outil à part entière dans la thérapie du cancer ? Je n’en sais trop rien mais je constate  que la médecine oncologique recommande désormais aux patients cancéreux de s’activer pour augmenter leurs chances de guérison et diminuer le risque de récidive. En ce mois d’Octobre Rose, soulignons que c’est particulièrement vrai pour les cancers du sein, nettement moins récidivants chez les femmes les moins sédentaires.  Le sport n’est plus seulement un moyen de prévention car il fait maintenant figure d’instrument de cure dans toute une série de pathologies, comme l’avait déjà mentionné le regretté David Servan-Schreiber. À cet égard, je trouve que la France a pris une belle longueur d’avance en légalisant récemment le « sport d’ordonnance », autrement dit la prescription d’activités sportives remboursables au même titre que des médicaments. Pour une fois qu’on peut saluer  de bonnes décisions politiques, ne nous en privons pas !

Dans cette brève chronique, je ne vais pas vous détailler tous les mécanismes positifs enclenchés par la mise en mouvement du corps. On l’a déjà fait et on le fera encore dans notre « revue internationale de santé globale ». Par contre, je vais me permettre cinq conseils inspirés de mes expérimentations et des informations que j’accumule depuis longtemps sur le sujet. Après en avoir pris connaissance, vous  aurez compris pourquoi j’ai titré cette lettre hebdomadaire « le sport au pluriel ».

1er conseil : pratiquez plusieurs disciplines

Idéalement, le sport doit vous permettre d’améliorer trois choses : votre force, votre endurance et votre souplesse.  Mais quelle discipline peut se vanter d’offrir ces trois avantages ? À part peut-être la natation, je ne vois pas quelle activité sportive permet à la fois de développer la musculature,  rendre plus résistant à l’effort et  devenir plus souple. Généralement, la pratique d’un seul sport contribue même à contrarier deux des trois aspects. Prenons par exemple un haltérophile : il exhibe de gros biscottos mais si vous lui demandez de courir une longue distance ou de prendre une posture de yoga, ça ne va pas le faire. De même, le yogi va épater par son élasticité mais sans doute moins impressionner sur un tatami ou un terrain de rugby. Quant aux marathoniens ou aux champions cyclistes (voyez Chris Frome), il ne faut pas leur demander d’être bien bâtis et de performer en gymnastique. Même les adeptes du triathlon ou du décathlon ne gagnent pas sur les trois tableaux de la force, de l’endurance  et de la souplesse.  Il faut donc varier les plaisirs et les efforts pour tirer parti du sport. Personnellement, je pratique essentiellement le football, le jogging et un peu de tennis. Pour compléter question souplesse, je m’oblige à faire du stretching. Et pour renforcer les parties de mon corps peu sollicitées sur les courts et les terrains de foot, je m’astreins à du gainage, c’est-à-dire à l’exercice le plus efficace pour muscler les abdos et le dos. Si vous voulez apprendre à vous gainer, cliquez ici : http://www.leseclaireuses.com/bien-etre/10-exercices-pour-un-gainage-complet.html

2ème conseil : variez les degrés d’intensité

Déboulonnons d’emblée le dogme selon lequel le sport doit être pratiqué avec modération. Il est vrai qu’une activité modérée est déjà très favorable à la santé et à l’espérance de vie.  Mais ce qui ressort de maintes études, c’est que l’activité physique est d’autant plus bénéfique qu’elle est répétée et intensive. Ce n’est pas  un hasard si les sportifs professionnels (par exemple les anciens vainqueurs du tour de France et les médaillés olympiques) vivent plus longtemps que la moyenne : ils ont certes appris à mieux se soigner mais c’est surtout l’intensité de leurs efforts passés qui explique leur longévité. Preuve indirecte : on cherchera en vain un sportif pro qui soit décédé du cancer durant sa carrière ! On m’a déjà cité deux noms,  celui d’un footballeur américain et celui d’un joueur australien de water-polo, mais ce sont là deux exceptions confirmant  la règle : pas de tumeurs fatales chez les sportifs de métier en activité ! La capacité du sport intensif à stimuler le phénomène d’autophagie et l’apoptose des cellules cancéreuses est aujourd’hui bien étudiée. Un praticien de naturopathie ne sera guère étonné car l’activité soutenue est précisément ce qui permet la stimulation conjointe des 5 émonctoires, à savoir le foie, l’intestin, les reins, les  poumons et la peau. Pour les deux derniers, l’essoufflement  et la sudation  sont donc indispensables. Vous n’avez pas beaucoup de temps pour transpirer ? Pas grave, car vous pouvez alors adopter la méthode de pointe de « l’entraînement fractionné ».  En gros, les spécialistes de la performance sportive ont découvert qu’il valait mieux effectuer de courts efforts intenses que de s’entrainer longtemps en s’économisant. Par exemple, une série de sprints entrecoupés de trottinements est préférable à une longue course à faible allure. C’est plus rapide et ça rapporte plus à l’organisme !

3ème conseil : privilégiez les mouvements fonctionnels

Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs étaient de grands sportifs. On estime que leurs dépenses caloriques étaient 3 à 5 fois supérieures à ce qu’elles sont dans notre univers moderne contemporain.  Comme nous portons à peu de choses près les mêmes gènes que nos lointains aïeux,  nous sommes pourtant génétiquement adaptés à un mode de vie extrêmement actif et très physique. Mais attention : l’homme de Cro-Magnon ne passait pas son temps à soulever des bûches de la main droite ou à muscler son mollet gauche. S’entraîner assis sur une machine, en isolant un groupe musculaire, ce n’est pas du tout naturel. Aux États-Unis, les pionniers de l’alimentation paléolithique ont également cherché à reproduire une activité aussi « ancestrale » que possible.  Notre collaborateur Yves Patte  y a consacré un article dans le N°6 de Néosanté, que vous pouvez (re)lire en cliquant ici . Qu’elles s’appellent « Cross training », « CrossFit » ou « MovNat », leurs approches ont pour point commun de privilégier les mouvements fonctionnels, c’est-à-dire ceux qui imitent la vie courante paléo, qui sont propres à la morphologie humaine  et qui activent tout un ensemble de muscles et tendons, voire la totalité du corps. Une salle de Crossfit, ça n’a pas grand-chose à voir avec une salle de fitness classique ! Et les exercices à faire (sauts, suspensions, pompes, lever de poids…) sont sensiblement différents. Pour  vous initier aux mouvements fonctionnels, je vous recommande vivement l’ouvrage Paléofit , du Dr Fabrice Khun, aux éditions Thierry Souccar. Même un néophyte y trouvera de quoi s’auto-coacher.

4ème conseil : activez-vous dans la nature

Le défaut des salles de sport, c’est que ce sont précisément des salles. Rien de tel que le sport en plein air  et en pleine nature ! Lorsqu’il a inventé le fameux parcours qui porte son nom, Georges Hébert avait déjà saisi toute l’importance de s’adonner au sport sans le spécialiser outre mesure et en envisageant le corps dans sa globalité.  L’hébertisme n’est pas mort et mérite certainement d’être redécouvert car il tranche lui aussi avec une « éducation physique » avare en mouvements fonctionnels et fort peu holistique. Mais ce qui plaide encore plus en faveur de cette approche, c’est que la science a découvert depuis lors les bonnes raisons de s’activer au vert : dans un environnement naturel, et surtout forestier, l’être humain profite à fond d’une atmosphère chargée en molécules bienfaisantes ! Par exemple, la présence de plantes et d’arbres (en particulier les conifères) entraîne l’inspiration de terpènes, des composants de la résine et de l’essence de térébenthine produite par les végétaux résineux. Or ces terpènes agissent directement sur notre système immunitaire, lequel influence à son tour notre fonctionnement endocrinien et fait baisser la sécrétion d’hormones de stress. À la clé, une protection avérée contre le cancer ! Pour réaliser l’intérêt d’allier sport et chlorophylle, je vous suggère de (re)lire le dossier  sur « Les pouvoirs thérapeutiques de la nature » publié dans le numéro 69 de Néosanté (pas encore en ligne, sorry). De mon côté, sa lecture  m’a conforté dans mon goût pour les promenades en forêt ardennaise et pour le jogging dans les parcs arborés de Bruxelles.

5ème conseil : profitez de l’effet de groupe

Dernier conseil et non des moindres : optez de préférence pour un sport collectif, ou  pour un sport individuel pratiqué collectivement. Un jour que je faisais remarquer à ma fille cadette que son talent de hockeyeuse ne lui apporterait ni argent ni gloire alors qu’elle était également très douée pour le tennis, elle m’a rembarré de belle manière en me disant qu’elle se fichait bien de la thune et de la célébrité pourvu qu’elle continue à s’amuser avec ses copines. Sages paroles : il n’y a pas plus épanouissant que de faire partie d’un ensemble et de participer à une compétition dans une saine ambiance.  Gagner ou perdre en équipe, ça vous forge humainement  un homme ou une femme, sans compter l’émulation et le dépassement de soi propices à la performance. La convivialité et la sociabilité étant deux mamelles essentielles de la santé, il va de soi que cette forme de « sport au pluriel » sera également très profitable pour conserver ou retrouver la forme. De mon côté, je préfère de loin la pratique du foot à celle du tennis et surtout à la course à pied en solitaire.  Le jeu avec enjeu, c’est plus motivant.  Chaussé de crampons, je me dépense beaucoup plus et je me sens beaucoup plus détendu après le match. De plus, ce sport collectif exercé en amateur  offre l’énorme avantage de disputer une troisième mi-temps, autrement dit de s’accouder au bar pour « refaire le match » avec ses équipiers et avec les adversaires. Pouvoir lever son verre  à l’amitié, c’est probablement ce que le sport apporte de plus précieux à la santé.

Elle a arrêté la pilule

Bonne nouvelle : ma jeune assistante Siham, employée polyvalente qui fait un peu de tout ici (secrétariat, téléphonie, infographie, webmastering, gestion des abonnements à la revue, expédition des livres…) va épouser l’élu de son cœur samedi prochain. Mauvaise nouvelle pour moi : elle va prendre 8 jours de congés pour se préparer à la fête et convoler après les noces. Comme c’est elle qui s’occupe également de mettre en page et d’expédier les newsletters, j’ai préparé à l’avance celle d’aujourd’hui et de mercredi prochain. Et comme nous devions également boucler le Néosanté d’octobre, je n’avais pas vraiment le temps de vous écrire quelque chose. En guise de lettre hebdomadaire, je vous propose cette semaine un extrait de l’interview que nous allons publier dans le mensuel du mois prochain.  Nous avons rencontré Sabrina Debusquat,  une jeune journaliste et blogueuse française, qui vient d’éditer le livre « J’arrête la pilule », aux éditions Les Liens qui libèrent. Fruit d’une année d’enquête, ce bouquin va certainement secouer le cocotier car il lève les tabous sur la pilule contraceptive et sur les alternatives naturelles à la contraception orale. Pour vous donner une idée, voici un extrait de la quatrième page de couverture : « Depuis quinze ans, les femmes se détournent de plus en plus de la pilule, lassées de subir les effets secondaires de ce médicament puissant : dépression, baisse de libido, migraines… Face à cette désaffection, certains crient au retour en arrière. Pourtant, il devient difficile de fermer  les yeux sur les effets de la contraception hormonale : produit cancérigène de première catégorie, perturbateur endocrinien et véritable castration chimique, ses effets sur les femmes, leurs enfants et l’environnement sont extrêmement préoccupants. » Cet ouvrage d’investigation est riche en révélations sur ce scandale sanitaire majeur qui concerne 4,5 millions de femme en France. À la croisée de l’histoire, des sciences et du féminisme, il va bousculer les certitudes et sans doute inciter beaucoup d’utilisatrices de la pilule à repenser leurs habitudes contraceptives. Ci-dessous, voici les 5 premières questions posées à Sabrina Debusquat par notre journaliste Pryska Ducoeurjoly. La suite de cette interview-choc dans notre mensuel….

Yves Rasir

Pour la rédaction de « J’arrête la pilule » vous avez effectué un important sondage en ligne auprès de 3616 femmes francophones. Quelles révélations sur les effets secondaires de la pilule apporte-t-il ?
Première surprise : lorsqu’on demande aux femmes pourquoi elles ont arrêté la pilule, elles déclarent à 51 % que c’est à cause des effets secondaires pénibles au quotidien. Mon sondage fait aussi ressortir que 70 % des femmes ont ressenti des effets secondaires négatifs. Cela montre un important décalage entre le discours des femmes et le discours médico-scientifique qui aurait tendance à laisser penser que les effets secondaires de la pilule sont extrêmement mineurs ou peu répandus. Comme personne n’avait jamais vraiment demandé aux femmes leur avis sur la pilule, je suis allée chercher cette information moi-même. Même si ce sondage n’a pas été réalisé par un institut de sondage selon la fameuse méthode des quotas, il est intéressant de noter que plusieurs de ses résultats corrèlent avec ceux d’autres sondages d’institut ou des études de l’INSERM. D’après mon sondage, la première raison de l’arrêt de la pilule est ses effets secondaires bénins mais pénibles au quotidien, suivi du souci de préserver sa santé puis du refus de prendre un médicament alors que l’on est en bonne santé. Un sondage IFOP réalisé par ELLE en septembre 2017, montre que 75 % des sondées estiment également que la pilule peut provoquer des problèmes de santé. On constate donc clairement que la vision et l’expérience qu’ont les femmes de la pilule diffère plutôt du discours dominant. C’est la volonté de comprendre ce fort décalage qui  a impulsé mon enquête.

Dans votre livre, vous n’hésitez pas à employer l’expression de « castration chimique ». N’est-ce pas un peu fort ?
C’est un terme qu’emploient d’éminents experts de la pilule ! J’ai été interpellée par cette affirmation et j’ai voulu en savoir plus. Il se trouve qu’il y a au moins six mécanismes corporels différents qui touchent à la libido et qu’impactent les hormones de la pilule. Le principe de la castration chimique, dans le cas des délinquants sexuels, c’est de diminuer l’hormone principale du plaisir, qui est la testostérone chez l’homme comme chez la femme. Or, la pilule peut diminuer jusqu’à 50 % la production de testostérone. Par ailleurs, en supprimant le pic d’œstrogènes pré-ovulatoire, en baissant le taux de testostérone et en imprégnant en permanence le corps de fausse progestérone, la pilule raréfie les deux principales hormones du désir chez la femme et augmente en continu la seule qui contribue à le diminuer. D’autres études récentes montrent aussi que la pilule impacte la vascularisation du clitoris, organe du plaisir féminin. Enfin, les molécules contenues dans certaines pilules sont exactement les mêmes molécules utilisées pour castrer chimiquement les délinquants sexuels. D’ailleurs, dans le sondage que j’ai réalisé, la baisse de libido est le premier effet secondaire le plus couramment ressenti par les femmes sous pilule (46 % du total des femmes). C’est beaucoup plus que ne le disent les notices des laboratoires où ce problème est classé parmi les « effets secondaires peu fréquents ». Un décalage encore une fois assez étrange !

Outre les effets secondaires de la pilule dits bénins, mais qui, vous le rappelez, gâchent parfois la vie quotidienne des femmes et des couples, vous avancez des chiffres édifiants concernant les décès.
Effectivement, peu de gens en sont conscients mais aujourd’hui en France, en comptabilisant uniquement les accidents thromboemboliques, 2 529 Françaises subissent chaque année un problème de santé grave à cause de la pilule œstroprogestative, 20 en meurent. Chaque jour, sept seront hospitalisées à la suite d’un AVC, d’une embolie ou une phlébite. Concernant le cancer du sein, 1 à 2 femmes sur chaque tranche de 10  000 femmes prenant la pilule œstroprogestative développerait un cancer du sein causé par la pilule œstroprogestative soit 405 à 810 d’entre elles. Le taux de mortalité pour ce cancer étant de 30 %, cela représente 121 à 243 décès. Mais certains spécialistes pointent du doigt un faisceau de faits nombreux qui tendent à montrer que le potentiel cancérigène de la pilule est probablement plus élevé que ce que l’on annonce officiellement aujourd’hui. Le problème de fond, c’est que ces femmes étaient initialement en parfaite santé et qu’elles auraient pu avoir d’autres solutions à leur disposition si on les leur avait présentées. Ces décès et ces souffrances pourraient être évités.

Les chiffres des effets secondaires ne devraient-ils pas être revus à la hausse si on tient compte de la sous-notification en matière de pharmacovigilance ?
C’est plus que probable ! La pharmacovigilance qui permet d’estimer les effets réels d’un médicament est particulièrement mal réalisée, notamment en France. En ce qui concerne la pilule, de nombreuses patientes soignent elles-mêmes certains effets « bénins » sans en parler à leur médecin et ces effets ne sont jamais rapportés. Des décès, dus à un AVC ou une embolie, peuvent passer inaperçus et sont classés comme naturels ou inexpliquées. Enfin, des femmes dont la phlébite ou l’embolie est causée par la pilule ne sont pas officiellement signalées aux autorités. Il est très long et pénible pour les médecins de rédiger ces rapports, par conséquent de nombreux cas ne sont pas remontés. Quand bien même ces informations remonteraient, nous n’allouons pas assez de moyens aux administrations qui doivent les classer. Une source interne à l’ANSM (Agence française du médicament) m’a décrit comment, faute de personnel, les centres régionaux de pharmacovigilance se contentent souvent d’archiver ces dossiers sans les exploiter…

Vous rappelez que la pilule est un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire qu’elle contient des molécules susceptibles de perturber un fonctionnement hormonal. N’est-ce pas un secret de polichinelle ?
De toute évidence ! Tous les toxicologues, spécialistes de ce type de molécules, vous le diront. Toutes les études qui analysent la pollution des cours d’eau par les médicaments mentionnent les résidus d’hormones de synthèse comme des perturbateurs endocriniens. Leurs effets sur la faune sont ravageurs. En revanche, quand la même molécule est administrée aux femmes comme médicament, plus personne n’emploie le terme de "perturbateur endocrinien" ! Pour les spécialistes, c’est une évidence mais ce qui est étonnant c’est de constater que ce qui semble néfaste pour l’ensemble de l’humanité ne le serait pas pour le corps des femmes. Pour comparaison, une des molécules principales de la pilule: l’éthinylestradiol alias EE2 (l’œstrogène synthétique contenu dans la pilule que prennent la plupart des femmes) est mille fois plus puissant que le bisphénol A, perturbateur endocrinien que nous avons récemment interdit dans les biberons et boîtes de conserves. C’est l’œstrogène synthétique le plus puissant derrière le distilbène, qui a fait les dégâts que l’on sait. Pourquoi considérer qu’une molécule peut-être néfaste pour l’ensemble des êtres humains et parallèlement exposer les femmes à des molécules mille fois plus puissantes en disant qu’il n’y a aucun problème ? Les autres composants de la pilule, les progestatifs, sont aussi des perturbateurs endocriniens. Et ils décuplent l’action de l’EE2 quand ils y sont associés. Avec les perturbateurs endocriniens, la dose ne fait pas le poison : de nombreux perturbateurs endocriniens sont beaucoup plus actifs à très faible et très forte dose qu’à moyenne dose. Malgré les connaissances scientifiques actuelles, la loi française a décidé de considérer l’EE2 comme une substance « non dangereuse » en matière de pollution des eaux souterraines. Le plus déplorable dans tout ça, comme l’explique une toxicologue interviewée dans mon livre, c’est que l’on s’est plus inquiété des effets perturbateurs endocriniens des hormones de la pilule chez les poissons et sur le traitement de leurs rejets en stations d’épuration que sur le corps des femmes pour lequel on traîne à donner des réponses claires… Les premières à ingérer ces molécules aux effets parfois effrayants sont les femmes, or leur corps abrite ensuite le fœtus lors de la grossesse et cela pose des questions. Notamment quand on sait que d’éminents spécialistes du sujet disent clairement que la baisse de la fertilité et l’augmentation des malformations congénitales chez les mâles humains ressemblent étrangement à celles observées chez les poissons exposés aux œstrogènes synthétiques de la pilule.

(à suivre dans le n° 71 de Néosanté)

Entrez dans la danse

Comme je vous le disais la semaine dernière, le mariage de ma dévouée collaboratrice a quelque peu bousculé mon planning en ne me laissant pas le temps de rédiger la newsletter d’aujourd’hui. En lieu et place de mon billet hebdomadaire, je vous propose de lire l’article d’une excellente consoeur,  journaliste scientifique au magazine Science & Avenir. Son thème ?  Les bienfaits de la danse pour le cerveau !  On savait déjà que l’activité physique est très bénéfique pour les neurones.  Le sport aérobique, en particulier, profite énormément à l’hippocampe, une région  cérébrale impliquée dans le processus de mémorisation. En s’activant et en s’oxygénant, on peut empêcher le vieillissement de la matière grise et favoriser la neurogenèse, autrement dit la production de nouveaux neurones, et ce à tous les âges de la vie ! Mais à l’Université de Madgebourg, en Allemagne, des chercheurs ont fait une découverte supplémentaire. En comparant les effets du fitness et ceux de la danse, ils ont constaté que cette deuxième forme d’exercice ne stimulait pas seulement l’hippocampe. Imagerie à résonance magnétique à l’appui,  deux autres zones du cerveau augmentent de volume chez les danseuses et les danseurs. Et le fait de danser entraîne aussi de meilleurs scores aux tests d’équilibre, ce qui est particulièrement profitable aux personnes âgées.  Alors, qu’est-ce que vous attendez pour vous mettre à la salsa ou au chachacha, au tango ou au mambo ? Entrez dans la danse, c’est une voie royale vers la santé globale.

Yves Rasir

Mambo, chachacha, tango… pour garder un cerveau en pleine forme, même en prenant de l’âge, dansez ! Telle est la nouvelle réjouissante que révèle l’étude d’une équipe de l’Université de Madgebourg (Allemagne). On le sait hélas, en vieillissant le cerveau s’altère lentement.  Notamment certaines structures comme l’hippocampe, impliqué dans la mémorisation et la navigation spatiale perdent de la matière grise (neurones). Les études en imagerie cérébrale sont implacables : le volume hippocampique se réduit de 2 à 3% par décennie, puis de 1% par an à partir de 70 ans… Mais, bonne nouvelle, c’est précisément dans cette zone que l’on a découvert la production de nouveaux neurones (neurogenèse), tout au long de la vie. Et l’on sait désormais comment favoriser ce phénomène. 

Une des méthodes est l’exercice physique. «De nombreuses études ont montré que l’activité physique stimule la formation de nouveaux neurones, explique ainsi le Pierre-Marie Lledo, professeur de l’Institut Pasteur, le spécialiste français de la neurogenèse. En se contractant, les muscles libèrent notamment des protéines (myokines).  Via la circulation sanguine, celles-ci vont activer la libération dans le cerveau de facteurs nutritifs (trophiques) comme le BDNF (brain-derived neurotrophic factor) qui stimule la prolifération de bébés neurones et augmente leur survie." 
A court terme, l’activité physique modifie aussi le métabolisme de l’organisme : le rythme respiratoire et cardiaque augmente, améliorant le flux sanguin du cerveau. Résultat : les niches de cellules souches situées près de zones richement vascularisées sont plus actives. À long terme, l’activité physique augmente par ailleurs la taille et nombre des micro-vaisseaux du cerveau. Ce qui apporte plus d’éléments nutritifs et d’oxygène notamment aux cellules souches. L’équipe de Notger Müller a entrepris de comparer les effets de la danse à ceux du sport aérobique sur la structure du cerveau Faites donc du sport, cure de jouvence pour les neurones ! Oui mais lequel ? "Pour obtenir ce bénéfice, l’activité physique doit être aérobie, c’est-à-dire un exercice soutenu de longue durée (plus de vingt minutes) provoquant une hausse du rythme cardiaque et respiratoire (vélo, jogging, natation…).", répond Pierre-Marie Lledo. 

Et si une autre forme de sport était aussi bénéfique ? C’est la question que l’université de Madebourg s’est posée. L’équipe de Notger Müller a ainsi entrepris de comparer les effets de la danse (qui fait intervenir en plus de l’exercice physique des aspects multisensoriels) à ceux du sport aérobique, sur la structure du cerveau. 52 personnes en bonne santé âgées de 63 à 80 ans ont été divisées en deux groupes. Pendant 6 mois, elles ont reçu deux cours hebdomadaires de 90 minutes, soit de fitness classique (endurance, étirements…) soit de danse, puis une séance par semaine pendant 12 mois. Le contenu du cours de danse comprenait l’apprentissage de nombreuses chorégraphies variées, avec différents pas empruntés au chachacha, mambo… et de nombreuses positions d’équilibre. Le volume de l’hippocampe a été mesuré par imagerie à résonance magnétique avant, après et en cours d’étude. Observation : les deux groupes voient l’augmentation du volume de l’hippocampe, surtout dans les sous-structures de l’hippocampe gauche. Mais dans le groupe "danse" on note l’augmentation de deux zones en plus, le girus denté (où sont produits les nouveaux neurones) et dans le subiculum. 
Par ailleurs, d’autres tests ont révélé que le groupe de danseurs avaient au final de meilleurs scores aux tests d’équilibre.
"Ceci indique que, mis à part l’entrainement physique, les autres facteurs inhérents à la danse contribuent aux changements de volume de l’hippocampe aussi, assurent les auteurs, qui concluent : par conséquent, la danse constitue un candidat prometteur pour contrer le déclin lié à l’âge des capacités physiques et mentales."

Source : Elena Sender (spécialiste des neurosciences au magazine Sciences & Avenir)

Mes trucs de santé (VII) : le sport au pluriel

Reprenons la série de mes « trucs de santé »,  c’est-à-dire des méthodes et astuces naturelles que j’ai expérimentées dans ma vie personnelle et dont je pense avoir tiré profit pour conserver une  santé satisfaisante malgré une énergie vitale très basse à la naissance, plusieurs maltraitances médicales  subies dans l’enfance et le choix, à l’âge adulte,  d’un métier peu propice à une existence saine et équilibrée. Dans une prochaine lettre, je vous parlerai de mes habitudes alimentaires. Mais je souhaite d’abord vous partager ce qui est pour moi LA voie royale menant à la santé, à savoir l’activité sportive. Dans le mensuel Néosanté, nous avons maintes fois évoqué les multiples vertus du sport démontrées par de nombreuses études scientifiques. Vous pouvez notamment relire ici le dossier que nous avons publié en 2013 en collaboration avec nos amis du magazine Sport & Vie. Depuis cette publication, beaucoup d’eau a encore coulé sous les ponts et moult recherches ont amplement confirmé les bienfaits de l’exercice physique pour le corps et pour l’esprit. Pas plus tard que la semaine dernière, je vous relayais l’article d’une consœur montrant qu’une dépense corporelle intense telle que la danse stimule la fabrication de nouveaux neurones dans le cerveau et particulièrement dans l’hippocampe, zone capitale pour la gestion des émotions. Est-ce la raison pour laquelle le sport apparaît aujourd’hui comme un outil à part entière dans la thérapie du cancer ? Je n’en sais trop rien mais je constate  que la médecine oncologique recommande désormais aux patients cancéreux de s’activer pour augmenter leurs chances de guérison et diminuer le risque de récidive. En ce mois d’Octobre Rose, soulignons que c’est particulièrement vrai pour les cancers du sein, nettement moins récidivants chez les femmes les moins sédentaires.  Le sport n’est plus seulement un moyen de prévention car il fait maintenant figure d’instrument de cure dans toute une série de pathologies, comme l’avait déjà mentionné le regretté David Servan-Schreiber. À cet égard, je trouve que la France a pris une belle longueur d’avance en légalisant récemment le « sport d’ordonnance », autrement dit la prescription d’activités sportives remboursables au même titre que des médicaments. Pour une fois qu’on peut saluer  de bonnes décisions politiques, ne nous en privons pas !

Dans cette brève chronique, je ne vais pas vous détailler tous les mécanismes positifs enclenchés par la mise en mouvement du corps. On l’a déjà fait et on le fera encore dans notre « revue internationale de santé globale ». Par contre, je vais me permettre cinq conseils inspirés de mes expérimentations et des informations que j’accumule depuis longtemps sur le sujet. Après en avoir pris connaissance, vous  aurez compris pourquoi j’ai titré cette lettre hebdomadaire « le sport au pluriel ».

1er conseil : pratiquez plusieurs disciplines

Idéalement, le sport doit vous permettre d’améliorer trois choses : votre force, votre endurance et votre souplesse.  Mais quelle discipline peut se vanter d’offrir ces trois avantages ? À part peut-être la natation, je ne vois pas quelle activité sportive permet à la fois de développer la musculature,  rendre plus résistant à l’effort et  devenir plus souple. Généralement, la pratique d’un seul sport contribue même à contrarier deux des trois aspects. Prenons par exemple un haltérophile : il exhibe de gros biscottos mais si vous lui demandez de courir une longue distance ou de prendre une posture de yoga, ça ne va pas le faire. De même, le yogi va épater par son élasticité mais sans doute moins impressionner sur un tatami ou un terrain de rugby. Quant aux marathoniens ou aux champions cyclistes (voyez Chris Frome), il ne faut pas leur demander d’être bien bâtis et de performer en gymnastique. Même les adeptes du triathlon ou du décathlon ne gagnent pas sur les trois tableaux de la force, de l’endurance  et de la souplesse.  Il faut donc varier les plaisirs et les efforts pour tirer parti du sport. Personnellement, je pratique essentiellement le football, le jogging et un peu de tennis. Pour compléter question souplesse, je m’oblige à faire du stretching. Et pour renforcer les parties de mon corps peu sollicitées sur les courts et les terrains de foot, je m’astreins à du gainage, c’est-à-dire à l’exercice le plus efficace pour muscler les abdos et le dos. Si vous voulez apprendre à vous gainer, cliquez ici : http://www.leseclaireuses.com/bien-etre/10-exercices-pour-un-gainage-complet.html

2ème conseil : variez les degrés d’intensité

Déboulonnons d’emblée le dogme selon lequel le sport doit être pratiqué avec modération. Il est vrai qu’une activité modérée est déjà très favorable à la santé et à l’espérance de vie.  Mais ce qui ressort de maintes études, c’est que l’activité physique est d’autant plus bénéfique qu’elle est répétée et intensive. Ce n’est pas  un hasard si les sportifs professionnels (par exemple les anciens vainqueurs du tour de France et les médaillés olympiques) vivent plus longtemps que la moyenne : ils ont certes appris à mieux se soigner mais c’est surtout l’intensité de leurs efforts passés qui explique leur longévité. Preuve indirecte : on cherchera en vain un sportif pro qui soit décédé du cancer durant sa carrière ! On m’a déjà cité deux noms,  celui d’un footballeur américain et celui d’un joueur australien de water-polo, mais ce sont là deux exceptions confirmant  la règle : pas de tumeurs fatales chez les sportifs de métier en activité ! La capacité du sport intensif à stimuler le phénomène d’autophagie et l’apoptose des cellules cancéreuses est aujourd’hui bien étudiée. Un praticien de naturopathie ne sera guère étonné car l’activité soutenue est précisément ce qui permet la stimulation conjointe des 5 émonctoires, à savoir le foie, l’intestin, les reins, les  poumons et la peau. Pour les deux derniers, l’essoufflement  et la sudation  sont donc indispensables. Vous n’avez pas beaucoup de temps pour transpirer ? Pas grave, car vous pouvez alors adopter la méthode de pointe de « l’entraînement fractionné ».  En gros, les spécialistes de la performance sportive ont découvert qu’il valait mieux effectuer de courts efforts intenses que de s’entrainer longtemps en s’économisant. Par exemple, une série de sprints entrecoupés de trottinements est préférable à une longue course à faible allure. C’est plus rapide et ça rapporte plus à l’organisme !

3ème conseil : privilégiez les mouvements fonctionnels

Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs étaient de grands sportifs. On estime que leurs dépenses caloriques étaient 3 à 5 fois supérieures à ce qu’elles sont dans notre univers moderne contemporain.  Comme nous portons à peu de choses près les mêmes gènes que nos lointains aïeux,  nous sommes pourtant génétiquement adaptés à un mode de vie extrêmement actif et très physique. Mais attention : l’homme de Cro-Magnon ne passait pas son temps à soulever des bûches de la main droite ou à muscler son mollet gauche. S’entraîner assis sur une machine, en isolant un groupe musculaire, ce n’est pas du tout naturel. Aux États-Unis, les pionniers de l’alimentation paléolithique ont également cherché à reproduire une activité aussi « ancestrale » que possible.  Notre collaborateur Yves Patte  y a consacré un article dans le N°6 de Néosanté, que vous pouvez (re)lire en cliquant ici . Qu’elles s’appellent « Cross training », « CrossFit » ou « MovNat », leurs approches ont pour point commun de privilégier les mouvements fonctionnels, c’est-à-dire ceux qui imitent la vie courante paléo, qui sont propres à la morphologie humaine  et qui activent tout un ensemble de muscles et tendons, voire la totalité du corps. Une salle de Crossfit, ça n’a pas grand-chose à voir avec une salle de fitness classique ! Et les exercices à faire (sauts, suspensions, pompes, lever de poids…) sont sensiblement différents. Pour  vous initier aux mouvements fonctionnels, je vous recommande vivement l’ouvrage Paléofit , du Dr Fabrice Khun, aux éditions Thierry Souccar. Même un néophyte y trouvera de quoi s’auto-coacher.

4ème conseil : activez-vous dans la nature

Le défaut des salles de sport, c’est que ce sont précisément des salles. Rien de tel que le sport en plein air  et en pleine nature ! Lorsqu’il a inventé le fameux parcours qui porte son nom, Georges Hébert avait déjà saisi toute l’importance de s’adonner au sport sans le spécialiser outre mesure et en envisageant le corps dans sa globalité.  L’hébertisme n’est pas mort et mérite certainement d’être redécouvert car il tranche lui aussi avec une « éducation physique » avare en mouvements fonctionnels et fort peu holistique. Mais ce qui plaide encore plus en faveur de cette approche, c’est que la science a découvert depuis lors les bonnes raisons de s’activer au vert : dans un environnement naturel, et surtout forestier, l’être humain profite à fond d’une atmosphère chargée en molécules bienfaisantes ! Par exemple, la présence de plantes et d’arbres (en particulier les conifères) entraîne l’inspiration de terpènes, des composants de la résine et de l’essence de térébenthine produite par les végétaux résineux. Or ces terpènes agissent directement sur notre système immunitaire, lequel influence à son tour notre fonctionnement endocrinien et fait baisser la sécrétion d’hormones de stress. À la clé, une protection avérée contre le cancer ! Pour réaliser l’intérêt d’allier sport et chlorophylle, je vous suggère de (re)lire le dossier  sur « Les pouvoirs thérapeutiques de la nature » publié dans le numéro 69 de Néosanté (pas encore en ligne, sorry). De mon côté, sa lecture  m’a conforté dans mon goût pour les promenades en forêt ardennaise et pour le jogging dans les parcs arborés de Bruxelles.

5ème conseil : profitez de l’effet de groupe

Dernier conseil et non des moindres : optez de préférence pour un sport collectif, ou  pour un sport individuel pratiqué collectivement. Un jour que je faisais remarquer à ma fille cadette que son talent de hockeyeuse ne lui apporterait ni argent ni gloire alors qu’elle était également très douée pour le tennis, elle m’a rembarré de belle manière en me disant qu’elle se fichait bien de la thune et de la célébrité pourvu qu’elle continue à s’amuser avec ses copines. Sages paroles : il n’y a pas plus épanouissant que de faire partie d’un ensemble et de participer à une compétition dans une saine ambiance.  Gagner ou perdre en équipe, ça vous forge humainement  un homme ou une femme, sans compter l’émulation et le dépassement de soi propices à la performance. La convivialité et la sociabilité étant deux mamelles essentielles de la santé, il va de soi que cette forme de « sport au pluriel » sera également très profitable pour conserver ou retrouver la forme. De mon côté, je préfère de loin la pratique du foot à celle du tennis et surtout à la course à pied en solitaire.  Le jeu avec enjeu, c’est plus motivant.  Chaussé de crampons, je me dépense beaucoup plus et je me sens beaucoup plus détendu après le match. De plus, ce sport collectif exercé en amateur  offre l’énorme avantage de disputer une troisième mi-temps, autrement dit de s’accouder au bar pour « refaire le match » avec ses équipiers et avec les adversaires. Pouvoir lever son verre  à l’amitié, c’est probablement ce que le sport apporte de plus précieux à la santé.

Levothyrox : les vrais scandales

Depuis quelques semaines, je reçois de nombreux messages me demandant de dénoncer le « scandale du Levothyrox » et de prendre position dans cette polémique sur les effets secondaires de la nouvelle formule. Je ne l’avais pas encore fait pour plusieurs raisons. D’abord parce que les médias traditionnels se sont emparés du sujet et qu’ils font même beaucoup de bruit sur cette affaire. Il n’y a dans ce dossier, me semble-t-il, aucune vérité étouffée par les journaux et les télés. Par exemple, la presse de masse a fait beaucoup de publicité à la lettre adressée par l’actrice Anny Duperey à la ministre de la Santé. Si la comédienne « formidable » était intervenue comme Isabelle Adjani pour critiquer les vaccins, je suis certain que sa missive n’aurait pas fait couler autant d’encre. Ensuite, je me méfie énormément des associations de patients militants. La plupart sont discrètement financées par des laboratoires pharmaceutiques et leur objet social consiste bien souvent à réclamer un accès facilité  aux médicaments fabriqués par leurs sponsors. Ce n’est pas le cas de l’association française des malades de la thyroïde – laquelle a même recensé sur son site un livre accablant pour la firme Merck  – mais elle regroupe dans les faits des consommateurs de Levothyrox qui s’enferment volontiers dans la victimisation et deviennent ainsi les alliés objectifs de l’industrie allopathique. Enfin, ce n’est pas  le rôle de Néosanté   de protester contre la toxicité d’un nouveau médicament  et de pétitionner pour le retour à l’ancienne formulation. Tout comme nous ne réclamons pas la mise à disposition des vaccins sans aluminium, nous n’allons pas regretter le « vieux »  Levothyrox au motif qu’il est moins problématique.  En toute cohérence, nous défendons exclusivement la  médecine naturelle et nous mettons le doigt sur les erreurs et les errements de la médecine conventionnelle. Sur la prise en charge classique de la thyroïde, il y a beaucoup à dire et ce ne  sont pas les scandales qui manquent !

Le premier d’entre eux, c’est la médicalisation outrancière des troubles thyroïdiens. À la moindre anomalie, les toubibs d’aujourd’hui vous palpent le cou,  vous envoient à l’échographie  ou vous prescrivent des analyses sanguines. Résultat de ce dépistage intensif : une épidémie de cancers qui seraient passés inaperçus et qui conduisent à des traitements inutiles.  Durant la dernière décennie,  la fréquence des cancers thyroïdiens  a augmenté de 5% par an alors que le taux de mortalité est resté quasiment inchangé, ce qui met en relief le phénomène de surdiagnostic. Il y a quatre mois, un groupe d’experts des autorités médicales  américaines a encore tiré le signal d’alarme. Après avoir examiné 67 études, ils ont conclu que « le dépistage du cancer de la thyroïde chez des personnes sans symptôme entraine des complications qui surpassent les bienfaits ». Car l’interventionnisme se solde très fréquemment par l’intervention chirurgicale. Il y a tout juste un an, dans  » ma lettre « massacre au bistouri, je vous ai dévoilé la face cachée de cette folie, à savoir des centaines de milliers de mutilations  de par le monde ! Rien qu’en France, ces 20 dernières années,  près de 50.000 personnes ont été opérées de la thyroïde inutilement. Cet immense gâchis ne serait pas devenu réalité si la hantise du nodule cancéreux n’était pas si répandue chez les généralistes et leurs patients. L’autre face de cette phobie, c’est la mise systématique sous médicament.  On ne le dit pas assez, mais le Levothyrox est une forme synthétique de la thyroxine, c’est-à-dire la principale hormone thyroïdienne. Ce n’est donc pas un produit qui soigne mais une substance qui se substitue à une sécrétion endogène. Et cette béquille chimique, loin de réapprendre à marcher,  devient rapidement indispensable.  Rien qu’en France, 3 millions de personnes suivent ce traitement et  en sont dépendants à vie, ce qui représente une mine d’or pour le fabricant.  Lisez cet article et vous prendrez  conscience que ce cercle infernal est, en soi,  un gigantesque scandale médical.  Son auteur, Michel Dogna, se demande si la menace de rupture de stock  et le début de psychose qui ont défrayé la chronique en 2016 n’étaient pas une manœuvre pour renforcer encore le monopole thérapeutique du Levothyrox. Je ne suis pas loin de partager ses soupçons.

Non contents de dissimuler cet asservissement médicamenteux et d’en minimiser les effets secondaires, Big pharma et ses relais médiatiques s’arrangent également pour occulter une autre vérité importante : il existe des solutions naturelles à l’hypothyroïdie et des alternatives aux hormones de synthèse. Dans Néosanté, nous n’avons pas encore passé en revue  la panoplie de méthodes (réglages alimentaires, complémentation de vitamines et minéraux,  suppléments d’iode, plantes..) qui permettent de soutenir la fonction thyroïdienne. C’est un sujet que je vais prochainement confier à notre collaborateur naturopathe, Jean-Brice Thivent, pour sa rubrique « Avantage nature ». En revanche, dans la rubrique « Espace livres » nous avons en son temps signalé la parution de l’ouvrage « Thyroïde : les solutions naturelles » , du Dr Philippe Veroli, aux éditions Thierry Souccar. Avant de s’enchaîner au Levothyrox pour le reste de leur existence et d’en subir les conséquences, tous les insuffisants thyroïdiens devraient lire ce bouquin. Mais il y a un autre livre qui devrait être remboursé par la sécurité sociale,  c’est « Le sens des maux » de notre auteur et collaborateur Bernard Tihon. Dans les tomes 1 et 2 de cette trilogie, il aborde les troubles de la thyroïde et en donne  les significations psychobiologiques.  Car c’est ça le principal  et véritable scandale escamoté par l’affaire du nouveau  Levothyrox : on continue à cacher au public que les maladies n’arrivent pas par hasard et qu’elles succèdent quasiment toujours à un choc psycho-émotionnel ou à un stress existentiel. Anny Duperey devrait le savoir, elle dont l’ex-compagnon Bernard Giraudeau a écrit de très belles lignes sur le cancer qui l’a emporté et qu’il n’attribuait nullement à la fatalité. D’accord, on peut suspecter la pollution radioactive et les perturbateurs endocriniens de malmener la thyroïde et de favoriser ses dysfonctionnements. Mais en cherchant bien, on va (presque) toujours trouver que le dérèglement  de cette glande est une solution parfaite du cerveau en termes de survie. En gros, la thyroïde est un organe qui régule la rapidité de réaction de l’organisme. C’est à la fois un accélérateur et une pédale de frein. Son entrée en maladie est donc la résultante  d’un ressenti lié à la vitesse. L’hypothyroïdie trahit un conflit causal qui ne se serait pas produit en ralentissant le rythme, et l’hyperthyroïdie est une solution « turbo » permettant de parer à un excès de lenteur. Identifier l’événement qui a conduit l’inconscient à déclencher le freinage ou l’accélération, c’est un pas important sur le chemin de la guérison. C’est notre spécificité d’explorer le sens biologique des maladies et d’aider nos lecteurs à le décoder.

Ceci dit, j’ai quand même suivi le feuilleton estival du Levothyrox à composition modifiée. Et après avoir beaucoup lu, j’en ai conclu qu’il y  avait bel et bien matière à scandale. De toute évidence, le changement de formule s’est traduit par une assimilation très différente du médicament et par l’apparition de symptômes qui n’avaient rien d’imaginaires.  Les autorités sanitaires françaises ont scandaleusement nié le problème en invoquant un problème de communication,  puis l’ont honteusement  minimisé en  évoquant un phénomène « nocebo ». Il a bon dos, l’effet nocebo ! Parmi toutes mes lectures,  celle qui a emporté ma conviction est la brillante analyse faite par le Dr Dominique Dupagne, médecin blogueur et chroniqueur à France Inter. . Dans cet article fouillé et rigoureux , le généraliste explique très bien comment le seul changement d‘excipient  a bouleversé le métabolisme du médicament,  comment  les études d’équivalence ont été tronquées et comment les patients ont été trompés. Moi, ce qui me frappe le plus dans toute cette histoire, c’est que des tas de médecins n’ont pas cru les malades et qu’ils n’ont pas rapporté les effets indésirables qu’ils ressentaient, pourtant parfois très sévères. Il a fallu la création du numéro vert pour que les plaintes affluent et que l’ampleur du problème apparaisse.   Autrement dit, le système de pharmacovigilance a démontré qu’il ne fonctionnait pas, la faute en incombant aux praticiens qui écoutent mal, manquent d’empathie et  sont très réticents à assumer les conséquences de leurs ordonnances. Quand on sait que les disciples d’Hippocrate rapportent encore beaucoup moins les effets nuisibles des vaccins, on peut en déduire que le système de vaccinovigilance n’est absolument pas fiable.  Comme tout scandale médico-pharmaceutique, celui du  Levothyrox va aider à ouvrir des yeux et des oreilles jusque-là hermétiques.

Yves Rasir

Une bombe A explose en France

Une bombe A de forte puissance a explosé le dimanche 3 septembre à Paris dans les studios de la radio France Inter. La presse et les télévisions n’en ont pas touché mot mais le fracas de l’explosion a retenti sur les médias sociaux, où la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. La bombe A –  avec A comme Adjani –  c’est le plaidoyer antivaccins que la belle Isabelle a prononcé lors de l’émission Le Grand Atelier, dont elle était l’invitée exceptionnelle. En 5 minutes chrono, la célèbre et sublime actrice a expliqué pourquoi elle s’opposait vivement au projet d’Emmanuel Macron et de son gouvernement de rendre 11 vaccins obligatoires dès janvier prochain. Plus détonant encore : elle a confié qu’elle militait contre la vaccination en général, assimilable à ses yeux à un « crime contre l’immunité qui sera un jour reconnu comme un crime contre l’humanité ». Non contente d’étayer brillamment sa percutante plaidoirie, Isabelle Adjani a révélé qu’elle étudie ce dossier depuis qu’elle est mère de famille, soit depuis 38 ans, et qu’elle a falsifié à l’époque les documents administratifs pour ne pas vacciner ses enfants. Rendez-vous compte : l’icône du cinéma et du théâtre, longtemps personnalité préférée des Français, détentrice inégalée de 5 Césars, décorée de l’Ordre de la Légion d’Honneur, prise comme modèle du buste de Marianne et récompensée, il y a quelques années, par le prix Laïcité République, déclare qu’elle a enfreint les lois républicaines pour protéger sa progéniture de la médecine pasteurienne ! Si vous n’avez pas encore écouté ce grand moment de radio, cliquez ici et constatez à quel point les propos de la comédienne sont explosifs. Dans leurs palais, le président jupitérien et son premier ministre n’ont pas dû en croire leurs oreilles. Et leur ministre de la santé a certainement avalé de travers sa tarte dominicale. À quelques jours de la Manifestation Nationale contre les obligations vaccinales (*), l’inoubliable héroïne de L’été Meurtrier ne pouvait pas mieux faire pour torpiller le gouvernement et donner son soutien aux opposants.

Ce qui est frappant dans la sortie d’Isabelle Adjani, c’est la force de ses convictions et le sérieux qu’elle a mis à s’informer depuis si longtemps. J’ai été particulièrement content qu’elle cite en référence la journaliste Sylvie Simon, dont Néosanté a publié le tout dernier article avant son décès, et surtout le Dr Éric Ancelet, dont nous avons publié en 2011 une série d’articles intitulée « Vaccinations : science ou croyance » (en bas de page). Je me demande même si la double nominée aux Oscars n’est pas une discrète lectrice de Néosanté car elle a chaudement conseillé la lecture de « Pour en finir avec Pasteur : un siècle de mystification scientifique », le livre du Dr Ancelet que nous vantons et vendons depuis nos tout débuts. Ce qui m’a également plu dans la prise de position de Madame Adjani, c’est sa cohérence et sa radicalité. Avec elle, pas question de critiquer en douceur « une fausse bonne idée » ni de rejoindre le Pr Joyeux appelant tristement à se fier aux vaccins pourvu qu’ils soient sans aluminium. Non, l’actrice de 62 ans est une « antivaccinale » qui s’assume et qui s’en prend sans détour à « ceux qui savent et nous prétendent ignorants ». Pour elle, l’inoculation de maladies à des bébés sans défenses est une abomination qui mène «  à détériorer l’éclat biologique d’un être ».  En tant que farouche détracteur de cette pratique médicale insensée, j’ai comme l’impression émouvante d’avoir trouvé une sœur et une alliée inespérée dans ce combat essentiel. En s’engageant ainsi, la superstar de cinéma témoigne en tout cas que les dissidents radicaux ne sont plus seulement une poignée d’anonymes. Ce qui m’a le plus touché, c’est évidemment le « coming out » effectué par Isabelle Adjani en racontant comment elle a décidé de tricher, de faire des faux et « de ne pas avoir peur » pour agir en conscience et préserver ses enfants de la maltraitance allopathique. Comme je l’ai raconté dans un éditorial en mai 2013 , je suis passé par là et je sais que pareille décision n’est pas évidente à mettre en œuvre ni à justifier vis-à-vis de l’entourage. Pour autant, ni elle ni moi n’avons fait preuve d’un grand courage : les médecins faussaires qui se rendent coupables, leurs quelques confrères réfractaires (Alain Scohy, Marc Vercoutère…) qui ont perdu leur droit d’exercer et tous les parents rétifs qui choisissent de passer au tribunal et de risquer la prison sont bien plus courageux ! Hommage au passage à ces résistants, clandestins ou non, qui méritent tous nos remerciements.

En sortant du bois, Isabelle Adjani fait toutefois acte de bravoure. Moi, ce n’est pas tout à fait le cas. Je suis un journaliste en marge, un petit éditeur peu connu et je n’ai rien à perdre dans cette lutte. À la limite, c’est mon gagne-pain de critiquer publiquement les vaccins. Tandis qu’elle, elle n’a absolument rien à gagner, ni en notoriété, ni en réputation. Au contraire, je suis sûr qu’elle va se prendre un violent retour de manivelle pour avoir osé s’engager sur ce terrain miné. En Amérique, c’est différent : un Robert De Niro ou un Jim Carrey, pères d’enfants autistes, ont pu prendre la parole et partager leur méfiance envers les vaccins sans déclencher le tollé. Dans la patrie de Pasteur, vous allez voir ce que vous allez voir : il y a d’abord le black-out médiatique (les journaux et télés la bouclent), puis il y a aura une contre-offensive (les experts et les grands docteurs en blouses blanches vont défiler pour rattraper la sauce), et enfin l’actrice sera attaquée sous la ceinture. Je ne serais pas surpris que certains s’interrogent sur sa santé mentale, lui trouvent des sympathies politiques douteuses ou salissent sa vie privée. En bout de processus, on va se moquer d’elle et sans doute la comparer à Rika Zaraï, chanteuse populaire ayant commis le crime de populariser les méthodes de santé naturelle. On va probablement lui réserver le même sort et l’exclure de la scène artistique pour être sortie de son rôle. J’espère me tromper, mais je crains que le système lui fasse payer très cher son incartade radiophonique. Car ne soyons pas naïfs : en filigrane de l’affaire française des 11 vaccins, il y a de gros enjeux commerciaux mondiaux, des jeux d’influence occultes et des manœuvres politico-industrielles. Macron a été élu en partie grâce aux labos et il renvoie l’ascenseur. Le passage en force fait partie de la stratégie concertée entre Big Pharma et l’oligarchie au pouvoir. Révélateur : Agnès Buzyn la joue militaire en déclarant dernièrement que les parents auront le temps de se mettre « en ordre de marche ». À cet égard, je vous renvoie à l’avant-dernier article du Dr Marc Girard, l’homme qui a dévoilé en son temps le scandale du vaccin hépatite B et qui fut le premier à dénoncer la fumisterie H1N1. Il l’a posté sur son site le 16 juillet. Bien que son analyse soit – comme d’habitude – un peu ardue et trop marxisante à mon goût, ça vaut la peine de la lire en cliquant ici. Ne ratez surtout pas la conclusion. Pour ma part, je salue encore une fois l’heureux éclatement de la bombe A et je décerne sans hésiter à l’artificière l’Oscar 2017 de la meilleure action en faveur de la vérité sur les vaccins. Vivement samedi que les Français manifestent massivement pour la liberté de choix ! (*)

Un vrai Lyme typique

Comme promis la semaine dernière , voici le témoignage d’un « vrai » cas de maladie de Lyme, c’est-à-dire d’une perte de santé clairement associée à une morsure de tique et accompagnée des symptômes typiques de la borréliose, notamment un épisode de forte fièvre et une énorme fatigue. Ce témoignage m’est parvenu suite à l’infolettre où je dénonçais l’hystérie actuelle contre les acariens forestiers et les bactéries dont ils sont les vecteurs. Dans son message, une prénommée Madeleine me signalait que ses ennuis avaient indubitablement débuté après voir été piquée et que la cure d’antibiotiques l’avait considérablement soulagée. Elle précisait également que les deux sérologies effectuées se sont avérées négatives, et qu’elle fait donc partie des patients non reconnus  parmi les victimes « officielles » de Lyme. À ce propos, je tiens à dissiper un quiproquo : autant je suis persuadé que les tests sanguins produisent beaucoup de « faux positifs », autant je peux admettre que leurs failles conduisent parfois à de « faux négatifs ». Ce qui permet de trancher, c’est l’anamnèse et l’examen clinique auxquels procède le médecin traitant. Dans le cas de Madeleine, il ne fait guère de doute que ce dernier a eu raison de formuler un tel diagnostic. En présence d’une brusque montée de température, de fortes démangeaisons, d’un érythème circulaire et de signes d’atteintes neurologiques, le verdict d’infection vectorielle s’imposait. Dans l’optique psychosomatique chère à Néosanté,  il me fallait cependant vérifier que ce tableau « collait » à l’invariant biologique de la maladie de Lyme, c’est-à-dire à un intense ressenti de « parasitage » (*). Dans ma réponse à Madeleine, et en prenant soin de ne pas l’influencer en orientant son témoignage, je lui ai simplement demandé de me raconter ce qu’elle vivait au moment où elle s’est fait mordre. Ci-dessous, je copie-colle intégralement le récit qu’elle m’a transmis. On se rejoint plus bas pour en tirer les enseignements.

« Très intéressée par votre question… car je m’en pose pas mal par rapport à cette piqûre !
Vous l’avez demandé, je vais vous raconter…

Je suis accompagnatrice de voyages, spécialisée sur l’Inde et pendant des années, j’ai accompagné des voyages d’introduction à la spiritualité indienne. J’emmène des petits groupes (maxi 12) pour faire connaitre les différentes religions de l’Inde et nous allons également dans des ashrams passer quelques jours et rencontrer le maître du lieu et si possible écouter ses enseignements. Les voyageuses-rs ont donc la possibilité d’exercer leur jugement entre tout ce qu’elles-ils écoutent, posent des questions, voient les différences entre les grands "gurus" vénérés, les inconnus qui sont excellents, etc. Ceci pour vous poser le décor, l’ambiance et la nature de mon environnement, plutôt convivial.

Nous étions dans un petit ashram indo-chrétien au Tamil Nadu en Inde du Sud. On m’avait proposé comme hébergement "privilégié", en tant que leader du groupe, une petite maison-hutte en bordure de forêt mais avec beaucoup de végétation. Le problème était que le lieu était sombre et sale, un rat énorme venait m’y rendre visite toutes les nuits et fouiller dans mon sac, il y avait des araignées partout, (j’ai ça en horreur), bref je passais mes nuits à balayer et allumer ma torche pour faire fuir le rat ! Donc des nuits agitées et peu reposantes. C’était plutôt la fin du voyage donc fatiguée. Le groupe était sympa mais sans plus et une personne m’agaçait tout particulièrement et me contredisait très souvent, n’acceptant jamais mes propositions. J’ai eu beaucoup de mal avec elle et pas mal de colères rentrées ! Mais je suis toujours restée très cool quand même.

Je n’ai aucune idée du jour où j’ai été piquée, juste qu’une après-midi, j’ai senti quelque chose qui me démangeait et j’ai sorti tous mes vêtements que j’ai lavés et j’ai pris une douche dans ma petite salle de bain, pas éclairée et toute sombre et je n’ai pas cherché si je voyais quelque chose sur mon corps, n’ayant aucune idée de ce que pouvait être une tique…Je pense que c’est le lendemain que j’ai pris une violente fièvre, j’avais mal partout, j’ai trouvé bizarre de me prendre une grippe pareille à cette époque ! Mais je n’ai fait aucun rapprochement. J’ai plus pensé à une maladie qui aurait pu être donnée par le rat. Ça devait être autour du 24 février 2014. J’ai été extrêmement fatiguée pendant quelques jours, des fois à la limite de l’évanouissement, je me traînais littéralement. Je suis rentrée à la maison le 2 mars. Mais une fatigue vraiment inhabituelle m’envahissait, je n’étais plus capable de prendre une décision, je me sentais "bizarre".

J’ai consulté le 12 mars ma médecin traitante pour cette fatigue inhabituelle en lui montrant un gros rond rouge sur mon ventre et elle s’est exclamée "mais c’est la maladie de Lyme !" et hop ! 15 jours d’antibiotiques directs (Doxy 100) même si elle sait que je ne mange pas de ce pain-là ! Analyses bien sûr, sérologie de la maladie de Lyme (résultat : infection peu probable), leptospirose (absence d’anticorps). Juste la thyroïde un peu touchée : TSH effondrée et comme dit ma médecin "goître multi-hétéro-nodulaire ». Refus de prendre du Levothyrox, je me soigne avec des algues, je suis toujours à la limite de l’hypothyroïdie mais je préfère rester comme ça et ne pas prendre de médicaments.

Je refais le même voyage en mars 2015, rechute en mai juin, même fatigue incroyable, et de nouveau un demi-rond rouge sur le ventre… alors que je ne pense pas avoir été piquée cette fois mais juste une résurgence, un petit "souvenir" de l’an dernier ??? Mais je devine ce que c’est ! Deuxième cure du même antibiotique, toujours aussi efficace, je retrouve la forme après deux semaines d’antibiotiques. Je demande à faire un autre test que le test Elisa pour la maladie de Lyme mais toujours négatif. J’ai pris de la spiruline, fait un traitement avec des huiles essentielles. À ce jour tout semble bien aller à part ce petit problème de thyroïde qui reste à surveiller régulièrement. »

Ici se termine le témoignage de Madeleine dont, je vous le rappelle, je n’ai nullement tenté d’influencer le récit. Qu’est-ce qui saute aux yeux ? C’est bien sûr sa nuit de cauchemar dans une hutte répugnante infestée d’araignées et visitée par un rat. Pour les personnes sujettes à l’arachnophobie, la présence d’araignées est déjà un bon motif de se sentir parasité. Mais le « pompon », si je puis dire, c’est l’incursion nocturne d’un rat. Cet animal est le symbole par excellence de la relation parasitaire. Dans la mémoire collective, ce rongeur est un porteur de peste et un profiteur qui vient manger les récoltes. Quand ils cherchent à déshumaniser leurs boucs émissaires (juifs, immigrés…), les gens racistes les comparent volontiers à des rats vivant aux dépens d’autrui. Chez une occidentale, une bête assimilée à la saleté et censée habiter les égouts ne peut qu’inspirer le dégoût et la sensation d’être envahie. La deuxième chose qui saute aux yeux, c’est que Madeleine était impuissante à gérer ce conflit de parasitage. La case à l’écart près de la forêt, c’est un honneur que lui faisaient ses hôtes indiens reconnaissant en elle une « leader » et un être spirituellement avancé. Au lieu de manifester sa détresse et de verbaliser ses peurs, l’accompagnatrice de voyages s’est tue et a passé ses nuits à épier la venue du rat. On imagine bien les heures et les heures d’horreur ! Lorsqu’il a découvert l’origine psycho-émotionnelle des maladies, le Dr Hamer a très vite constaté que le stress aigu ne suffisait pas à les déclencher mais qu’il fallait de surcroît que les émotions pathogènes soient vécues « dans le silence et l’isolement ». Ici, nous sommes en plein dans ce cas de figure puisque Madeleine n’a partagé son vécu avec personne. Enfin, il transparaît de ce témoignage que la morsure de tique intervient dans un contexte déjà marqué par un ressenti négatif. Avant d’être confrontée au rat et de taire sa hantise, Madeleine a étouffé sa colère envers une voyageuse particulièrement agaçante qui remettait en cause son rôle d’organisatrice. On peut se demander si les gestionnaires de l’ashram l’auraient fait séjourner avec le groupe s’ils n’avaient pas perçu une ambiance tendue et la nécessité d’isoler l’accompagnatrice. Avant le « conflit déclenchant » du rat, il y avait en tout cas une atmosphère prédisposant à se sentir parasitée.

Cette interprétation vous laisse sceptique ? Normal : pour adhérer au décodage biologique des maladies, il faut pouvoir accepter que le hasard n’existe pas et que rien ne survient fortuitement, pas même la rencontre avec un mammifère, la piqûre d’un insecte et la contamination par une bactérie. En médecine nouvelle et en biologie totale, les événements qui nous arrivent ne sont pas vus comme le produit d’actions extérieures mais comme la résultante de nos états d’âme intérieurs. Dans ce paradigme médical, les microbes ne sont pas les causes des maladies mais les conséquences d’un « mal à dire » antérieur. Mieux : l’intrusion de germes dans l’organisme est considérée comme un processus naturel de guérison et non comme une attaque à finalité funeste. En l’espèce, la bactérie Borrélia serait l’alliée et non l’ennemie des personnes atteintes de Lyme. Et la tique serait une « seringue vivante » procurant l’auxiliaire infectieux ad hoc. Certes, les antibiothérapies fonctionnent par répression des symptômes. Mais outre le fait que leurs effets antalgiques et anti-inflammatoires masquent souvent leur inefficacité anti-infectieuse, il est amplement prouvé que les médicaments biocides provoquent des biorésistances et n’empêchent pas les récidives. Dans le cas de Madeleine, il est frappant que la rechute intervienne sans nouvelle morsure mais dans le même contexte spatial et temporel. Le cerveau humain enregistre des millions de données à la seconde et celles-ci peuvent constituer les « rails » d’un conflit, c’est-à-dire des paramètres extérieurs qui font replonger dans une problématique psychique non résolue. C’est l’exemple célèbre du patient allergique aux roses et qui se met à éternuer à la vue d’un bouquet de roses… artificielles. En l’occurrence, il est à craindre que Madeleine refasse une « poussée » de Lyme chaque fois qu’elle visite l’ashram et qu’elle se remémore ses nuits cauchemardesques. La guérison en profondeur sera acquise lorsqu’elle aura conscientisé les peurs et les colères enfouies l’année où elle s’est brutalement sentie parasitée. Puisse ce décodage, quelque peu sauvage mais bien intentionné, y contribuer…

Yves Rasir

(*) Le décodage psychobiologique de la maladie de Lyme a été publié dans le n° 11 du mensuel Néosanté, sous la plume de Bernard Tihon. Vous pouvez relire cet article en cliquant ici

MISE AU POINT : suite à mon infolettre de mercredi dernier,  certains lecteurs belges m’ont reproché de divulguer un pan de la vie privée de Jean-Marie D, qu’ils ont aisément reconnu. Ma politique et mon éthique à cet égard consistent à dévoiler tout ou partie de la vie privée d’un personnage public lorsque celle-ci apporte un éclairage utile sur celui-là. Par exemple, j’approuve les journalistes qui révèlent les liaisons secrètes et les enfants cachés d’un Président de la République,  car ça en dit long sur sa capacité de dissimulation. En l’occurrence, j’ai trouvé sain d’expliquer qu’un vendeur d’appareils censés prévenir et guérir le cancer n’avait pas du tout été aidé par ses machines lorsqu’il a lui-même développé une tumeur.  Et j’ai estimé qu’un chantre des médecines naturelles qualifiant les bactéries de « saloperies » exerçant leurs méfaits sur n’importe quel terrain faisait preuve d’une telle incohérence qu’il ne fallait pas hésiter à la souligner. Pour moi, la contradiction entre ce que dit publiquement quelqu’un (en conférence, sur des salons, dans des écrits…) et ce qu’il fait dans sa vie personnelle est une information en soi. Une information d’autant plus digne d’être relayée qu’elle concerne un bien inestimable (la santé) et que le personnage public concerné jouit d’une large audience. Quitte à perdre des amis et à déboulonner des mythes, je ne compte pas changer d’attitude en m’autocensurant.

Un faux Lyme typique

Vous connaissez  mon avis sur la Maladie de Lyme : on en fait tout un foin pour pas grand chose. Il y a peut-être  une légère augmentation de la population de tiques, une hausse subséquente du nombre de piqûres et donc une plus grande fréquence de contamination  par la bactérie Borrélia,  dont les acariens sont les vecteurs.   Mais il n’y a vraiment aucune raison de dramatiser. D’abord parce que l’infection débouche rarement sur une affection grave, même en l’absence de tout traitement médical.  Une étude allemande (*) a montré que chez 89% de malades non traités, la maladie s’est limitée à un érythème migrant effacé après quelques semaines. Seulement 5% d’entre eux ont mentionné des douleurs articulaires passagères et à peine 3% furent victimes de manifestations neurologiques. Si ses symptômes sont parfois spectaculaires et douloureux, la borréliose de  Lyme n’en reste pas moins une pathologie  généralement bénigne. Sa forme chronique ? Vous connaissez aussi mon point de vue là-dessus : en l’absence de consensus scientifique, je fais plutôt confiance aux spécialistes qui rassurent et minimisent. Certes, il semblerait que l’agent bactérien puisse persister longtemps dans les tissus et jouer à cache-cache avec le système immunitaire. Mais rien ne prouve que les plaintes des patients soient en rapport avec la présence du microbe. D’ailleurs, la grande majorité des recherches montrent que l’administration prolongée d’antibiotiques, même par voie intraveineuse, ne soulage pas mieux les malades qu’un placebo. La minorité d’améliorations attribuées aux antibiothérapies peut s’expliquer par leurs effets antalgiques et anti-inflammatoires. Pour moi, la pseudo épidémie de « Lyme chronique » est donc une psychose créée de toutes pièces sur base d’éléments peu probants. C’est même carrément  devenu une mode : on range désormais parmi ses victimes toutes les personnes souffrantes qu’on déclarait naguère atteintes de spasmophilie, de fibromyalgie, de fatigue chronique ou de candidose. Je veux bien croire que certains  cas authentiques de Lyme échappent à la sagacité  de médecins peu habitués à rencontrer cette  maladie rare. Mais je crois surtout que le spectre épidémique est alimenté par des milliers, si pas des millions de diagnostics erronés.

En voici un exemple typique. Il y a quelques semaines, je rencontre « par hasard » à l’entrée d’un magasin mon vieil ami Jean-Marie D. Sacré personnage que celui-là ! Licencié en sciences chimiques et directeur scientifique d’un laboratoire homéopathique, il en a démissionné  pour devenir consultant indépendant. Auteur de plusieurs ouvrages sur la biophysique quantique et la pollution électromagnétique, il a introduit en Belgique plusieurs méthodes thérapeutiques énergétiques venues de l’Est, notamment l’appareil Mora, la biorésonance et les champs magnétiques pulsés. De nombreux praticiens de santé se sont équipés sur ses conseils et de très nombreux particuliers ont bénéficié de ses éclairages médico-scientifiques dispensés lors de conférences ou sur des salons bio. Avec sa pétulante épouse, nettement plus jeune que lui, il  tonitruait volontiers contre l’allopathie et prêchait à tout vent la puissance prédictive et curative de ses machines venues d’Allemagne ou de Russie. Bizarrement, celles-ci n’ont rien vu venir et n’ont pas pu le guérir lorsqu’il a développé  un cancer de la prostate, voici quelques années de cela. C’est aux rayons, aux hormones et au bistouri, bref à l’oncologie classique, que Jean-Marie s’en est remis pour traiter sa tumeur prostatique. Bien que cette dernière soit apparue peu de temps après le départ de sa femme pour d’autres cieux amoureux, il n’a pas fait, ou voulu faire le lien. Mais cette prétendue coïncidence  n’est pas le sujet que je veux aborder ici.  Quand je vois arriver Jean-Marie l’autre jour, je remarque qu’il boîte bas et je lui demande ce qui ne va pas. « Mon genou », me répond-il. Et comme je m’enquiers d’une éventuelle arthrose, il me réplique que « non, c’est cette saloperie de Lyme, il y a plein de tiques par ici et la bactérie me bouffe le cartilage ».  Je vous économise le reste de la conversation, mais je vous en résume les points forts : 1) Jean-Marie ne se souvient pas d’avoir été mordu ni d’avoir fait un érythème ; 2) C’est son médecin, « spécialisé là-dedans », qui l’a mis sur la piste parasitaire et bactérienne ; 3) Comme les deux tests habituels ne valent rien (dixit Jean-Marie), ce toubib a directement envoyé un échantillon sanguin pour analyse en Allemagne ; 4) C’est sur base de cette sérologie positive et de sa gonarthrose que le diagnostic de Lyme a été posé.

Je ne sais pas vous, mais moi je soupçonne très fort ce verdict d’être abusif. Le test employé chez nos voisins germains n’est pas reconnu par la communauté scientifique car il produit énormément de « faux positifs ». Et quand bien même Borrélia est repérée au microscope, rien ne permet de transformer la corrélation en causalité. Certes, la borréliose de Lyme peut se manifester par des douleurs articulaires. Mais à moins de verser dans le paralogisme, on ne peut nullement en déduire que ce symptôme est d’origine infectieuse. Ce n’est pas parce que vous souffrez des articulations et que vous avez contracté des borrélies qu’il y a un rapport causal entre les deux événements. L’arthrite de Jean-Marie n’a probablement pas suivi une improbable morsure de tique passée inaperçue. La suite de notre conversation  m’a conforté dans mon scepticisme : pour se soigner,  l’ex expert en homéopathie s’est détourné des antibiotiques et s’est tourné vers l’aromathérapie, en l’occurrence le fameux « Tic Tox » qui a fait couler tellement d’encre en France avant et après son interdiction pour défaut d’autorisation. « Je connaissais la recette de ce produit et je l’ai reproduite, me raconte Jean-Marie,  mais ça n’allait pas mieux.  Heureusement, on peut encore se le procurer en Allemagne. Ça coûte la peau des fesses mais c’est un remède formidable ». Étrange, vous avez dit étrange ?  Comme c’est étrange : avec exactement les mêmes dosages en huiles essentielles que dans la formule originale du Tic-Tox,  mon vieil ami n’a obtenu aucun résultat. Mais dès qu’il a pu payer vilain une copie allemande, il a senti quelques progrès.  Par amitié empathique, je n’ai pas fait remarquer à Jean-Marie que l’efficacité d’un placebo varie précisément en fonction de son prix. Plus un faux remède est cher, plus il a de chances de marcher. En revanche, je lui ai fait diplomatiquement la réflexion que sa claudication prononcée ne semblait guère attester d’une guérison profonde. C’est à ce moment là qu’il a subitement changé de sujet pour bavarder de tout autre chose…

En rentrant du magasin, j’ai songé que notre rencontre n’était  vraiment pas le fruit du hasard. Elle a eu lieu quelques jours après la diffusion du Néosanté Hebdo où je contestais justement la réalité de l’épidémie de Lyme et incitais à ne pas éprouver une  phobie des tiques. Ce cas douteux semble avoir été mis sur ma route à point nommé pour faire farine à mon moulin. On trompe plein de gens en leur faisant croire que leurs tourments proviennent d’une petite bestiole et de son banal  bagage bactérien.  Suite à cette infolettre, j’ai cependant reçu quelques témoignages de personnes qui m’ont confié combien la morsure de l’arachnide avait incontestablement coïncidé avec  de sérieux ennuis de santé. C’est ce que j’appelle des « vrais Lyme » typiques. La semaine prochaine, je vais vous partager le récit le plus éloquent que j’ai reçu. Et vous verrez qu’avec l’éclairage du décodage biologique,  la bactérie impliquée n’est pas non plus la coupable que d’aucuns accablent !

Yves Rasir

(*) Une étude que je n’ai pas retrouvée mais qui est citée par le Dr Philippe léonard, spécialiste en maladies infectieuses au CHU de Liège, dans une interview au magazine Tempo Médical. Cliquez ici pour la lire.

La solitude, ça n’existe pas.

Non, je ne vais pas vous fredonner le refrain de Bécaud. Ni plagier Moustaki qui ne se sentait « jamais seul avec sa solitude ».  Mais je vais quand même vous chanter quelque chose, en l’occurrence les louanges de ma lecture de vacances, un essai scientifique précisément intitulé « Jamais seul ». Publié  chez  Actes Sud, cet ouvrage exceptionnel est l’œuvre de Marc-André Selosse, un biologiste français de 49 ans, qui est professeur au Museum d’histoire naturelle et à l’université de Gdansk, en Pologne. Sa spécialité ? Les micro-organismes et les liens symbiotiques qui les unissent aux plantes et aux animaux. Dans ce bouquin exigeant se lisant toutefois comme un roman, l’auteur nous conte une véritable révolution scientifique, celle qui se déroule en ce moment même quant à l’appréciation du rôle des microbes. Depuis l’invention du microscope et surtout depuis Pasteur, on a  regardé  les germes comme des agents extérieurs porteurs de maladies, voire comme des agresseurs invétérés du genre humain. Désormais, nous savons que tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement des bactéries, champignons ou virus qui les habitent. Les microbes contribuent à leur nutrition, à leur développement, à leur immunité (qui ne peut plus être assimilée seulement à un système de défense)  ou même à leur comportement et à leur fonctionnement psychique. Toujours pris dans un réseau d’interactions microbiennes, les êtres vivants peuplant la terre ne sont donc… jamais seuls.

Au fil d’un récit érudit foisonnant d’exemples et d’anecdotes historiques, Marc-André Selosse détaille d’abord de nombreuses symbioses qui associent microbes et plantes. Les premiers sont tellement indispensables aux secondes – ils ont par exemple inventé la photosynthèse – qu’il est inexorablement suicidaire de stériliser le sol par des intrants chimiques. La seule fertilisation réduit déjà la mycorhization, c’est-à-dire l’alliance des champignons et des racines des plantes, sans laquelle un végétal ne peut se développer sainement. Le livre décrypte ensuite les extraordinaires adaptations symbiotiques des animaux, qu’ils soient marins ou terrestres. On y apprend notamment qu’une vache ne se nourrit pas d’herbe,  mais des bactéries contenues dans son rumen et qui ont fait fermenter l’herbe broutée. Comme tous les animaux, l’être humain abrite dans son tube digestif (et pas seulement là) des levures et des bactéries formant un microbiote indispensable à sa survie et à sa santé. Marc-André Selosse s’inquiète, entre autres,  de la banalisation des césariennes, des antibiothérapies prolongées, des effets funestes de l’allaitement artificiel et de l’obsession aseptique contemporaine. Il plaide avec brio pour une « saleté propre », autrement dit pour une hygiène de vie réhabilitant largement l’univers microbien dans sa fonction adaptative  et immunisante. Enfin, l’ouvrage démontre le rôle des symbioses microbiennes au niveau des écosystèmes, de l’évolution, du climat (!) et des pratiques culturelles et alimentaires (vin, bière, fromage…) qui ont forgé les  civilisations. Les bactéries ont précédé les eucaryotes et elles forment  aujourd’hui l’écrasante majorité du génome véhiculé dans nos cellules. Si tout autre type de vie disparaissait, les microbes pourraient encore animer des sortes de silhouettes humaines dotées d’un cœur ! Et l’auteur de s’interroger en conclusion : qui dit « je » quand je parle : moi ou le microcosme étranger que j’héberge ? Le monde visible ne serait-il que l’écume des tribulations microbiennes ?

Destiné à tous les  publics, ce fantastique essai magistralement transformé constitue une mine d’informations pour les amoureux de la nature et des animaux, les enseignants, les médecins et les pharmaciens, les agriculteurs et les jardiniers, et plus généralement pour tous les curieux du vivant. À l’issue de ce périple dans l’univers microbien, le lecteur, émerveillé, ne pourra plus porter le même regard sur le  monde qui l’entoure. A fortiori, il ne pourra qu’adopter une autre vision sur le rôle positif des microbes dans l’édification d’une vitalité et d’une santé naturelles. Les lecteurs familiarisés à la médecine nouvelle du Dr Hamer ou à la biologie totale du Dr Sabbah y trouveront des arguments scientifiques  donnant raison à ces deux médecins d’avant-garde et justifiant amplement un changement du paradigme médical actuel.

Histoire de vous mettre l’eau à la bouche et vous donner envie de lire ce livre (*), je vous en propose six extraits. Six passages choisis subjectivement mais à mon sens assez représentatifs de son contenu relatif à la santé.  Les titres introductifs sont de ma composition.

  1. L’indispensable lait maternel

    Un allaitement au sein favorise un « bon » microbiote de deux façons. D’abord, la surface du mamelon et les orifices des glandes mammaires sont sources de bactéries : il y en a jusqu’à 1 million par millilitre de lait maternel, alors que le lait stérilisé et la tétine désinfectée en sont dépourvus. Mais le mécanisme le plus époustouflant est que le lait contient… un aliment pour les bactéries favorables ! On parle souvent des anticorps du lait, qui, de fait, régulent aussi favorablement la composition du microbiote de l’enfant, mais on ignore souvent un autre constituant. Le lait humain contient en abondance des oligosaccharides, formés de 3 à 5 molécules de sucres reliées entre elles, qui sont par leur abondance (15 grammes par litre) le troisième constituant du lait, après le lactose et les lipides, mais devant les protéines ! Comme ils ne sont pas digérés par l’enfant, on a longtemps méconnu leurs fonctions biologiques et ils n’ont pas été ajoutés aux laits maternisés, dérivés de laits bovins qui en sont dépourvus. Or, ces oligosaccharides ont, indirectement, un rôle majeur pour l’enfant : (…)  ils « corrigent » le microbiote, ils agissent en nourrissant des bifidobactéries et des lactobacilles favorables.

  2. L’infection comme occasion d’évolution 

    Il faut réviser la vision d’un système immunitaire cantonné au rejet des pathogènes : localement, dans l’intestin, mais aussi partout où existe un microbiote, il est plutôt un pâtre, gardien (et non agresseur) de troupeaux microbiens. Les microbes ne doivent en effet pas tous être évités et le système immunitaire a aussi un rôle dans le tri et la tolérance du microbiote symbiotique.  De la même façon, les molécules issues des microbes ne sont pas toujours des indices d’agressions : dans certains contextes, par exemple en présence d’autres molécules indiquant des lésions cellulaires, elles entrainent une réaction de défense ; mais dans d’autres, elles ont un simple rôle de dialogue, par exemple pour la maturation ou la régulation du système immunitaire… Un signal microbien n’est donc pas toujours négatif, et notre lien aux microbes n’est pas seulement défensif.

  3. La médecine de demain sera biotique

    Des bactéries soigneront peut-être demain non seulement les problèmes digestifs, inflammatoires, microbiens ou allergiques, mais aussi notre humeur et notre sociabilité. D’ores et déjà, nous devons imaginer cette « saleté propre » qui, en validant les gains de santé dus à l’hygiène, promet un gain complémentaire en réintroduisant les bons microbes.  C’est ce que nous propose la théorie hygiéniste, en filigrane de son explication des allergies, des maladies auto-immunes ou de l’autisme. Tolérer une saleté propre fait écho à cet arbitrage délicat de nos entrailles qui tous les jours trient, en matière de microbes, le bon grain de l’ivraie, à coups d’acidité stomacale, de  mucus intestinal, de sels biliaires, de conflits inter-microbiens … et de défenses immunitaires, mais en dernier lieu seulement. Parmi les gestes quotidiens qui trient figurent le choix des aliments (dont les fibres et un degré de stérilisation modéré), une certaine liberté laissée à l’enfant de flirter avec la saleté, l’utilisation raisonnée du nettoyage et de l’antibiothérapie. Demain figureront peut-être d’autres manipulations, transplantatoires (microbiotes issus de donneurs sains) ou implantatoires (par prébiotiques ou probiotiques).

  4. Notre planète appartient aux microbes

    On estime que les bactéries sur Terre (il y en a 10 000 milliards de milliards de milliards) sont dix millions de fois plus nombreuses que les étoiles dans nos cieux ! Un seul gramme de sol héberge plus de 1 milliard de cellules bactériennes, issues de plus de 1 million d’espèces différentes ; on y compte aussi pas moins de 1 à 100 milliers d’espèces de champignons… Une eau océanique de surface compte dans chaque millilitre (un cinquième de cuillère à café) de 10 000 à 1 million de bactéries et les algues unicellulaires (moins nombreuses, mais souvent plus grosses) y dépassent couramment le millier.  Ainsi, les eaux qui nous entourent sont-elles plutôt un brouet clair de microbes qui représentent 90% de la biomasse marine totale ! Les microbes sont donc partout et dominent en nombre : comment, en une telle promiscuité, la trajectoire évolutive d’une espèce donnée pourrait-elle ne pas croiser de microbes ? On dit parfois qu’en éliminant tous les constituants de la Terre, hormis les microbes, on verrait toujours la silhouette de notre globe de l’espace.

  5. Un organisme est une illusion macroscopique

    Les grandes structures, plantes et animaux, ont été historiquement vues comme existant à part entière. Mais c’est là un artefact du macroscopique, elles ne sont que l’écume du monde microbien, c’est-à-dire un des effets observables de l’activité microbienne : si nous avions été plus petits, nous aurions perçu une réalité plus microbienne, où tout ce qui est plus gros que les microbes est véhicule de microbes, et finit par vivre et évoluer en pantins à leurs mains. Pantins, quand on imagine ces kyrielles de petites protéines secrétées qui, issues des champignons mycorhiziens, remanient le fonctionnement des cellules et l’expression de leurs gènes. Pantins, quand on imagine ces multiples molécules microbiennes qui modulent le fonctionnement de notre système immunitaire et notre développement. Pantins aussi quand on voit les effets écosystémiques, où la dynamique de la végétation et l’abondance des espèces sont guidées depuis le sol par les microbes ! Des microbes qui se font aussi sculpteurs des plus gros organismes, lorsque la formation d’une nodosité de légumineuse, le développement d’un organe lumineux de calmar, ou encore l’élagage des branches basses des arbres s’opèrent sous les ciseaux des microbes ! Croire à l’organisme en lui-même n’a pas plus de sens que de penser une voiture sans envisager le conducteur ou le passager.

  6. L’urgence de se réconcilier avec la vie

    Montrer les microbes au cœur de la santé et des fonctions biologiques, alors que le XIXe siècle les avait découverts dans la maladie et comme agents de décomposition : c’était aussi un but de cet ouvrage.  Certes, les maladies courent tristement de par le monde, mais cet état possible de nos organismes ne doit pas cacher que leur état permanent, en particulier celui de bonne santé, repose sur des microbes.  On peut trouver étonnant de découvrir que le monde n’est pas seulement ce que nous en voyons, et que cet invisible agit partout, même au tréfonds de nous. N’hésitons pas à le dire : cette prise de conscience est dans la lignée des grandes révolutions scientifiques. Copernic nous a appris que la Terre n’est pas le centre de l’univers, Darwin et l’évolution nous ont appris que nous ne sommes pas le centre du monde vivant, Freud se plaçait lui-même dans cette lignée de révolutions en découvrant que nous ne sommes pas les maîtres de nous-mêmes. Cette longue tendance qui nous prive de plus en plus d’une place privilégiée dans le monde se poursuit avec l’émergence actuelle de notre contexture microbienne ; elle fait de nous (et des organismes que nous voyons) l’écume visible d’un monde microbien structurant et omniprésent. Il est temps de nous réconcilier avec les microbes.

Yves Rasir

ATTENTION : nous ne diffusons pas ce livre via notre médiathèque. Pour l’acquérir, il faut donc le commander chez votre libraire ou l’acheter sur  un site de vente en ligne. Je vous rappelle les références complètes : « Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations », Marc-André Selosse, éditions Actes Sud.

Hamer vérifié par J-J Crèvecœur

En rentrant de vacances, j’ai trouvé dans ma boîte mail la dernière infolettre de Jean-Jacques Crèvecœur. Il y rend hommage au Dr Ryke Geerd Hamer, décédé le 2 juillet dernier à l’âge de 82 ans (voir Néosanté Hebdo du 5 juillet ). Notre collaborateur de la première heure écrit que sa rencontre avec le médecin allemand a bouleversé sa vie car elle a changé radicalement  sa vision de la maladie. Ce tournant existentiel fut tellement décisif que mon ami et compatriote a émigré au Canada pour s’initier à la réalisation de documentaires et pour y concevoir son  film « Seul contre tous », relatant formidablement la vie et l’œuvre du Dr Hamer. De mon côté, à la même époque, j’ai réussi à publier plusieurs articles dans la presse grand public, avant de fonder un premier magazine alternatif où j’ai ouvert une rubrique inédite dévolue à la « médecine nouvelle » hamérienne. À ma connaissance, nous sommes les deux seules « têtes brûlées » à avoir tenté de médiatiser ce que nous avions découvert, fin des années 80, en rencontrant le génial précurseur allemand et en examinant son œuvre. C’est d’ailleurs curieux de constater le rôle joué par la Belgique dans la divulgation des « lois biologiques » mises à jour chez nos voisins germains. Feu le Dr Michel Henrard, l’un des premiers supporters de Hamer et l’un des premiers contributeurs de Néosanté une vingtaine d’années plus tard, était belge. Le psychologue Léon Renard, auteur du premier livre en français parlant des travaux du Dr Hamer, est belge. Tout comme le Dr Robert Guinée et le Dr Eduard Van den Bogaert, deux médecins très tôt convaincus par la pertinence des thèses de leur confrère teuton sur l’origine psycho-émotionnelle des maladies et sur leur sens biologique. L’histoire retiendra peut-être que c’est en Belgique que le nouveau paradigme médical a implanté ses plus solides racines.

Dans sa newsletter du 2 août, Jean-Jacques Crèvecœur explique quelle fut sa réaction lorsqu’il prit connaissance des travaux hamériens : soit ce type était réellement le fou et le faussaire légitimement dénoncé par d’aucuns, soit c’était un Galilée moderne injustement persécuté pour ses idées avant-gardistes. Pour en avoir le cœur net, le futur auteur du livre «Le langage de la guérison » a donc fait la même chose que moi : enquêter autour de lui, dans son entourage, pour vérifier si Hamer disait vrai en déclarant que tout cancer est précédé d’un choc brutal vécu dans l’isolement et ressenti dramatiquement. Sans doute avec le même mélange de stupeur et d’émerveillement que moi, Jean-Jacques a alors pris conscience que c’était bien le cas. Et il écrit dans son infolettre : « Je poursuis cette démarche de vérification, systématiquement, depuis près de 30 ans. JAMAIS, les lois de Hamer n’ont été prises en défaut… J’ai rencontré à ce jour des centaines de personnes, je les ai interrogées systématiquement. Et chaque fois, l’histoire qu’elles me partageaient correspondait à ce que j’ai lu dans les publications de Hamer. ». Pour ma part, je n’ai pas procédé à cette investigation systématique. Je n’ai pas la même opiniâtreté et la même témérité que Jean-Jacques qui n’hésite jamais à  partir en croisade et à s’investir à fond dans les causes qu’il épouse. Mais je peux dire que chez tous les cancéreux et cancéreuses que j’ai croisé(e)s et dont je connaissais suffisamment l’histoire, j’ai aussi toujours observé la survenue d’un choc émotionnel ayant précédé le développement de leur maladie. L’évidente (patho)logique de la nature dévoilée par le Dr Hamer est une réalité qui saute aux yeux de celui qui ose les ouvrir !

Dans la suite de son message d’hommage, J-J Crèvecœur renvoie à un article posté sur son site et intitulé « Ma première vérification des travaux de Hamer ». Je vous avoue n’avoir pas cliqué d’emblée, car je pensais que ce texte était l’exacte reproduction de celui publié en février 2012 dans Néosanté, à travers sa chronique alors appelée « Sentiers de Santé ». Dans ce numéro 9 de notre mensuel et au cours des mois suivants, Jean-Jacques a en effet raconté comment et avec quel succès il a vérifié la validité de la médecine nouvelle, notamment « grâce » à sa propre tumeur au cerveau apparue pas du tout par hasard. Avant-hier, j’ai quand même suivi le lien et relu l’article qui inaugurait la série : c’est bien celui que j’ai édité en 2012, mais avec une différence de taille : le prénommé Charles, dont il raconte la guérison d’un cancer des os et d’une leucémie, s’appelle en réalité Jean-Paul et c’est le propre père de Jean-Jacques ! Comme son papa est décédé depuis lors, ce dernier a brisé l’anonymat et réécrit l’article qui acquiert du coup la valeur d’un témoignage très personnel. En toute fin de texte, J-J Crèvecœur va jusqu’à partager les confidences émouvantes de son paternel sur son lit de mort et laisse entendre qu’ils ont éclairci ensemble les causes du cancer pancréatique qui a fini par l’emporter. Cette « première vérification » est en fait une triple illustration de la « loi d’airain du cancer » forgée en son temps par le Dr Hamer. Et c’est un témoignage vécu  qui démontre bien qu’Hamer est dans le bon en postulant que la leucémie est la phase de réparation d’un cancer osseux consécutif à une profonde dévalorisation. De la dynamite pour les dogmes de l’oncologie officielle !

Dans le sillage de Jean-Jacques, je vous invite cordialement à lire ce texte jusqu’au bout « en gardant le cœur et l’esprit ouverts ». Et je vous incite aussi à lire les nombreux  commentaires laissés par les internautes. Depuis l’annonce de son décès, la médecine du Dr Hamer suscite un regain d’intérêt et la parole semble libérée. Des personnes guéries par ou grâce au médecin allemand et à ses « théories » sortent de l’ombre pour témoigner. Dans le Néosanté de septembre, nous allons en publier plusieurs. Nous publierons également le compte-rendu d’un livre écrit par une psychothérapeute allemande elle-même atteinte du cancer et qui, à la lumière des trouvailles hamériennes, a refusé tout traitement conventionnel pour se guérir avec des méthodes naturelles. La vérité sur la genèse des maladies commence à émerger et rien ni personne ne pourront l’empêcher de faire surface.

Yves Rasir

Bouquet estival

À l’heure où vous lisez ces lignes, je suis quelque part dans le Sud-Ouest de la France, me ressourçant quelque peu avant de vous mitonner un Néosanté de rentrée « new look ». À partir de septembre, notre revue mensuelle sera en effet imprimée en format A4, donc sensiblement plus grand. L’idée n’est pas de caser plus de textes, mais d’augmenter la taille des caractères,  d’avoir une mise en page plus aérée et d’améliorer ainsi le confort de lecture. Cela répondra à une demande fréquente de nos  abonnés.

En guise de lettre hebdomadaire, je vous partage le traditionnel bouquet semestriel des « fleurs » reçues à la rédaction. C’est un florilège des messages de sympathie,  des encouragements et des éloges reçus ces six derniers mois par courrier ou par courriel. Ou bien des compliments postés en commentaires sur notre site. Ce partage n’a pas pour  but de nous passer la brosse à reluire mais de faire valoir la satisfaction de nos lecteurs, en espérant qu’elle suscite chez d’autres l’envie de grossir notre lectorat.  Ouvrez grand les bras, car nous recevons vraiment beaucoup de fleurs en cette année 2017. Et si vous aimez ça, retrouvez tous les bouquets reçus depuis nos débuts dans le Livre d’Or de notre site.

Yves Rasir

 

J’ai le plaisir de vous informer que je viens d’effectuer le virement pour notre abonnement à votre revue. Félicitations pour votre engagement et vos recherches vers une "vraie" médecine, en espérant que vous arriviez à convaincre plus d’acteurs de santé dans cette vision des choses, vision un peu surprenante parfois, quand même!


Martine C. (Belgique)

J’ai bien reçu votre bulletin de réabonnement dont je vous remercie.  Cependant,  je ne vais pas renouveler mon abonnement.  J’apprécie beaucoup votre magazine ainsi que toutes les informations précieuses qu’il contient,  mais je n’arrive actuellement plus à honorer toutes mes factures et je ne vois obligée de faire des choix dans mes priorités, j’en suis navrée pour vous et j’espère que de nouveaux abonnés viendront bien vite grossir les rangs. Merci du fond du coeur pour vos recherches,  votre engagement et votre persévérance. 

Patricia V. (France)

Lectrice de vos infolettres depuis quelques années, je ne me lasse jamais de les lire (même si c’est parfois avec beaucoup de retard ;-)). Merci pour ce merveilleux travail d’information pour "Monsieur tout le monde"!


Géraldine V. (Belgique)

Merci d’avoir pris le temps de m’expliquer. De toute façon, mon abonnement est autant pour le plaisir de lire que pour que vous continuiez votre merveilleux travail. Merci encore.


Lise B. (Québec)

Bravo et merci pour vos articles, vos mails, la revue… tout est d’une qualité remarquable.


Marie-Claude D. (France)

Merci pour vos publications dont je suis un lecteur fidèle et assidu.

Jean-Claude R. (France)

Merci pour la richesse que vous nous apportez numéro après numéro depuis ces dernières années. Cela fait vraiment du bien d’avoir une lecture qui corresponde enfin à une vraie quête, autant pour moi que pour mes patients


Dalila D. (France)

Merci beaucoup  pour le partage de toutes ces informations qui m’aident à grandir et à me sentir mieux  de jour en jour.


Susan P. (Quebec)

Abonnée depuis sa parution à votre revue, l’ayant toujours dévorée avec grand plaisir, je vais malheureusement mettre fin à mon abonnement. L’arrêt de mon cabinet (retraite) et un grand changement financier me font prendre cette décision. Merci pour votre revue, ses idées et son rôle dans la santé, pour qui veut entendre.

Christine P. (France)

J’éprouve une gratitude certaine envers tout le travail que vous faites passionnément à chaque numéro, à chaque éditorial, en apportant de nouvelles informations capitales pour l’autonomie de chacun en matière de santé.


Dr Patrick B. (France)

J’éprouve le besoin amical de vous manifester ma sympathie et de vous remercier  pour le courage de vos convictions au service des autres, portées par l’expérience, et souvent contre vents et marées.


Vincent C.  (France)

Quand je constate la puissance de l’information (ou la désinformation) officielle, je me dis que les chances d’une information objective sont minimes et donc, tout ce que les pionniers, tel que vous, du prochain paradigme médical, apporteront à l’avènement d’une autre manière de voir les choses, sera le bienvenu.

Philippe M. (Belgique)

Merci pour le travail que vous faites pour un humain plus libre.

Jean-Michel B. (France)

Je suis un passionné des bons comportements à adopter afin  de garder ou de restaurer une bonne santé. J’apprécie vraiment vos lettres d’information pour leur bon sens. Car même certaines personnes ou certains sites, sous couvert de booster votre santé , diffusent la peur afin que vous achetiez leurs produits ou leurs publications.


Roger F. (France)

Je saisis l’occasion de cette lettre du 26 avril, qui m’a particulièrement plu, pour vous dire merci pour vos lettres et pour ce bain d’intelligence critique dans lequel elles nous immergent, loin des inepties, mensonges et contre-vérités politiquement correctes qui nous assaillent de toutes parts ! N’ayant actuellement pas les moyens de m’abonner à votre revue mensuelle, je me réjouis de pouvoir la lire dans la salle d’attente de mon ostéopathe au gré de mes visites. Jean-Jacques Crevecoeur et vous m’avez permis de réviser entièrement ma conception de la santé (et de la maladie) et, en conséquence, de réaliser d’importants changements dans ma vie dont profitent mes proches. Vraiment MERCI !

Nathalie J. (France)

Je vous rejoins entièrement dans vos propos. Je vous admire pour votre audace de proclamer cette vérité.


Chantal M. (France)

Merci pour votre lettre, souvent pleine d’humour. Merci aussi pour votre revue, je la lis toujours avec plaisir et je ne regrette pas d’avoir rencontré une naturopathe qui l’avait dans sa salle d’attente.


Elisabeth F. (France)

Merci pour l’énergie que vous déployez à diffuser ces informations auxquelles j’adhère à 100%.Je sais à quel point cette mission que vous vous êtes donnée peut être exigeante.


Daniel E. (France)

Pour éviter des envois inutiles concernant des rappels de paiement, je tiens ici à vous informer de ma décision de me désabonner de votre revue. Je tiens à vous remercier pour tous les articles intéressants que j’ai lus et je vous souhaite le meilleur pour l’avenir. 


Alain C. (Belgique)

Je vous dis encore merci pour avoir le courage de sortir des sentiers balisés… vous m’apportez chaque fois la conviction que ce que je fais et en quoi je crois est bien le chemin que je veux parcourir.


Sophie C. (France)

Désireuse de connaître votre revue, je me suis rendue dans le magasin bio" Be positive ,be more".Le trajet à pied fut long mais la récompense très vivifiante. Ainsi, je me plonge dans la lecture pour retrouver tout ce qui me passionne. Votre revue est une aide précieuse pour enrichir mon étude personnelle. Je vous remercie de rassembler ce qui, à mes yeux, sont des trésors.


Giorgos S. (Belgique)

Ci-joint copie du bulletin de réabonnement. C’est une revue que j’apprécie et merci pour tous ces articles judicieux qui me permettent de rester notamment éveillé à ce qui est. Merci de nous faire partager cette attention à la vie.


Daniel S. (Belgique)

La transformation, la guérison de l’être humain est en route, et nul ne pourra l’arrêter. Merci, car vous contribuez grandement à ce mouvement d’expansion .


Isabelle A. (France)

Encore et toujours bravo pour votre revue, à laquelle je suis abonnée depuis le début de l’aventure. Voici les coordonnées d’une personne qui se montre intéressée, que je souhaite parrainer.


Nathalie P. (Belgique)

Merci encore 10000 fois pour vos infolettres que je dévore toujours avec autant de plaisir, parce que je suis en total accord avec votre schéma de pensées.


Sylvie M. (France)

J’en profite pour vous féliciter pour votre revue et votre courage à dire la vérité. Je suis lectrice de Néosanté depuis ses débuts, je ne m’en lasse pas et je ne peux que vous encourager à continuer.

Françoise R. (Belgique)

Adhérente à Néosanté depuis le N°1, j’en profite pour vous remercier de la pertinence de vos écrits et  de l’enrichissement apporté depuis ces lectures.


Elisabeth K. (France)

J’en profite pour vous remercier pour la pertinence et la justesse de vos articles (ainsi que ceux de Néosanté) que je lis et apprécie depuis des années.


Myriam J. (Belgique)

Bravo pour votre magazine et pour votre énergie communicative. 

Isabelle P. (France)

Je vous félicite pour les efforts que vous faites pour informer le public et attirer l’attention sur les aberrations et dérives de la médecine moderne. Abonnée depuis le premier numéro je vous encourage vivement à continuer sur cette voie.

Nicole P. (Belgique)

Je ne me lasse pas de vous lire chaque semaine, et suis la plupart du temps admirative de la finesse et de l’intelligence de vos analyses, auxquelles j’adhère à 100% ! Alors merci, un grand merci pour cette lettre, celles d’avant, et les suivantes…


Lyliane B. (France)

Votre newsletter est vraiment très intéressante et j’en profite pour vous faire part de mon admiration pour votre courage et votre engagement. Votre travail est remarquable.


Régine  B. (Belgique)

Merci pour tous vos articles tellement intéressants. Heureusement qu’il y a des personnes telle que vous pour énoncer ces vérités. Encore bravo et bon courage.


Yvonne L. (France)

Bravo pour votre courage et votre vision. C’est pourquoi je suis abonné. Merci pour votre travail.


Éric N. (Belgique)

Merci pour tous vos articles, tout ce que vous faites pour aider des personnes à ne pas dépendre de la maffia médicale ! Je diffuse largement vos informations, notamment en donnant les noms de médecins ou livres qui aident à rester en bonne santé et à comprendre la raison des maladies, informations que je trouve dans Néosanté.


Christiane A. (France)

Fidèle lectrice et abonnée de votre journal, dont je remercie la qualité, le courage et l’impertinence des propos et dossiers, je suis naturopathe en sud-Essonne et ai suivi la passionnante formation de C. Sabbah en biologie totale il y a 12 ans.


Sylvia M. (France)

J’espère très sincèrement que vous continuerez à diffuser la revue Néosanté qui, pour moi, est vraiment devenue indispensable.
Je pense que nous sommes de nombreux lecteurs à diffuser et faire connaître votre revue à notre entourage (comme c’est mon cas ) , et ce serait vraiment trop dommage que ça s’arrête.


Fabienne B. (France)

Je suis un abonné de la première heure de la revue Néosanté ; je reçois (et je lis) vos newsletters. Au fil des années de lecture, je suis devenu convaincu (sans être d’accord sur tout) du bien-fondé de la médecine nouvelle que vous soutenez contre les vents et marées de l’establishment médical officiel.


Michel R. (Belgique)

Votre revue est précieuse pour moi.  Elle m’a stimulée sur le chemin que j’ai choisi pour retrouver une meilleure santé, chemin totalement différent de celui que la médecine m’imposait (et je vais de mieux en mieux !). Votre revue me donne toujours la joie de savoir que je ne suis pas seule.  Merci très fort à vous.


Chantal G. (France)

La lecture de votre mensuel m’a fait beaucoup de bien par le passé et m’a grandement aidé à dédramatiser les maux psycho-émotionnels de ma vie et à en trouver le sens. Votre oeuvre contribue à diffuser l’énergie du sens dans un monde qui plonge de plus en plus dans la confusion.


Geoffroy d. C.. (France)

Un grand merci à Néosanté qui a totalement changé ma vision de la médecine et de la maldie, et aussi de mon boulot: je suis pharmacien.


Philippe T. (France)

Avec tous mes voeux de bonne année, j’adresse également mes félicitations à toute l’équipe pour la qualité de cette revue.


Chantal C. (France)

Vous faites oeuvre utile, et merci, merci, pour ce magazine unique que je lis depuis le premier numéro.


Lyliane B. (France)

Les médocs tueurs de mémoire

Il y a quelques mois, ma vieille maman de 87 ans  a fait une pneumonie. Elle n’est pas portée sur les médicaments, encore moins sur les antibiotiques,  mais elle s’est résolue à en prendre sur l’insistance de son généraliste. Ce traitement a légèrement atténué ses symptômes qui ont encore duré plusieurs semaines avant son complet rétablissement et la récupération d’une respiration normale. S’il ne fut pas franchement salutaire, le bombardement chimique de son organisme a eu un autre effet spectaculaire : elle a commencé à souffrir de pertes de mémoire, elle qui n’avait jamais manifesté le moindre signe de sénescence cérébrale. Par exemple, elle ne retrouvait plus les prénoms de tous ses arrière-petits-enfants, ni ceux de tous ses voisins de sa résidence pour séniors. Perso, je n’étais pas inquiet et je lui ai fait remarquer que son fils de 57 ans n’a jamais mémorisé son compte bancaire et se rappelle à peine son propre numéro de téléphone. Et si je suis très physionomiste, je retiens très difficilement les noms et les prénoms. Mais ça ne rassurait pas ma mère qui n’en démordait pas : ce n’était pas normal car ses troubles mnésiques étaient apparus dès sa première prise d’antibiotiques. Elle s’en était ouverte à son médecin traitant, lequel avait catégoriquement affirmé que les molécules prescrites étaient innocentes : aucun rapport causal possible, selon lui.

J’étais tout à fait prêt à l’admettre. Bien que je m’informe beaucoup sur les médicaments et leurs effets secondaires, je n’avais jamais ouï dire que les antibactériens endommageaient neurones et synapses. On ne peut quand même pas les accuser de tous les maux de la terre. J’étais cependant intrigué par la survenue synchrone des trous de mémoire et par la conviction intime de la victime. J’ai donc voulu en avoir le cœur net en faisant quelques recherches sur internet. Première découverte : il y a une flopée de médocs (*) qui sont susceptibles d’entraîner des amnésies, notamment les anxiolytiques, les antidépresseurs, les somnifères et les tranquillisants. Toute la classe des psychotropes peut dérégler le cerveau, ce qui est en sorte logique. Ce qui est  légèrement plus étonnant, c’est que des médicaments sans vocation psychothérapiques, qui n‘agissent pas directement sur le cerveau, sont également des fauteurs de troubles cognitifs : entre autres les hypocholestérolémiants (statines), les antihypertenseurs et les antihistaminiques. Les banals bronchodilatateurs pour traiter l’asthme allergique sont recensés parmi les produits pharmaceutiques pouvant affecter la mémoire. Ce qui m’a encore davantage surpris, c’est que la liste (*) comprend bel et bien les antibiotiques ! Et que c’est un fait bien connu  puisque les premières études qui en parlent, accessibles sur PubMed remontent aux années 60 et 70. Bien qu’elle ait échoué à expliquer le phénomène, la science médicale reconnaît depuis un demi-siècle que les médicaments bactéricides  peuvent aussi trucider de la matière grise et y effacer des souvenirs. Soit le médecin de ma maman est un menteur, soit il a… oublié ce qu’on a dû lui enseigner à l’université.

En surfant quelques minutes, je n’ai pas seulement trouvé que ma génitrice avait bien raison de faire le rapprochement entre son traitement antibiotique et ses problèmes de mémoire. J’ai découvert fortuitement que ces « remèdes » étaient encore beaucoup plus dangereux que je ne le pensais. Dans un coin de la toile, j’ai trouvé un article assez hallucinant puisqu’il indique que les antibiotiques sont également  soupçonnés de provoquer de la confusion mentale, des délires et des hallucinations ! On y parle d’une étude menée à la Harvard Medical Schoool :  les chercheurs ont établi que dans un échantillon de 391 personnes âgées, près de la moitié des patients présentaient de tels dérèglements mentaux ! Et que chez 70% d’entre eux, l’encéphalogramme a permis de détecter des anomalies dans l’activité électrique du cerveau. Ça veut dire qu’il faut d’urgence classer les antibiotiques parmi les psychotropes les plus puissants et parmi les coupables probables de la démence sénile et de la dégénérescence neuronale. Si ça se trouve, les épidémies d’Alzheimer et de Parkinson doivent beaucoup à la répression allopathique des pathologies infectieuses ! Déverser des biocides dans le « deuxième » cerveau intestinal n’est en tout cas pas sans conséquence pour le cerveau cérébral. En ravageant le microbiote abdominal, on occasionne des dégâts peut-être irrémédiables dans l’encéphale. Car en dépit de mes ordonnances naturopathiques (kéfir à volonté, probiotiques en gélules…), maman n’a toujours pas retrouvé ses facultés éléphantesques.

Au terme de cette mini-enquête express, j’en conclus que les médecins sont visiblement mal (in)formés sur les effets secondaires psychiques des antibiotiques. Ce que j’en déduis surtout, c’est que certains toubibs sont d’ indécrottables négationnistes, toujours enclins à considérer comme des « coïncidences temporelles » les aveuglantes répercussions de leurs prescriptions. En principe, le disciple d’Hippocrate doit signaler aux autorités sanitaires les effets pervers  des médicaments prescrits. Ça s’appelle la pharmacovigilance. Ce système de surveillance permet de lancer des alertes, de donner des consignes de prudence ou de retirer du marché les substances suspectes. Or, de toute évidence, certains ne font pas le job, ne font pas le lien et nient a priori toute causalité. C’est pourquoi la nocivité des médicaments chimiques est sans doute très sous-évaluée. Pour les vaccins, on estime qu’un dixième à peine des événements  négatifs sont rapportés, tant la croyance est forte que ce geste médical est inoffensif. Pour les médocs tueurs de mémoires, le déni est peut-être encore plus incrusté puisque l’ignorance prévaut chez les blouses blanches. Moralité : mesurez leur votre confiance et ne vous laissez pas médicaliser à outrance si vous voulez rester en bonne santé mentale et globale.

 

 

Yves Rasir

 

(*)  Pour ceux qui désirent approfondir le sujet, voici un lien vers un article très instructif publié sur le site  « Medlicker ».  Voici également un lien qui mène à un autre article moins intéressant mais reprenant la liste des 20 catégories de  médicaments pouvant altérer la mémoire. Cette liste a été établie par le Dr Richard C. Mohs, qui a été professeur de psychiatrie à l’école de médecine Mount Sinaï (New-York), a fait également  carrière dans l’industrie pharmaceutique  et qui est directeur scientifique de la Global Alzheimer’s Platform Foundation, un organisme de recherche visant à développer des médicaments contre cette maladie. Une source qui n’a donc rien de fantaisiste et qui place les antibiotiques en tête des perturbateurs mnésiques. 

Mes trucs de santé (VI) : le sapin et le singe

Revenons à mes « trucs de santé », autrement dit aux méthodes naturelles de santé que j’ai glanées au cours de mes enquêtes journalistiques ou de mes expériences personnelles. Comme je vous l’ai raconté, j’ai été sauvé de mes lumbagos à répétition grâce à un chiropracteur qui m’a notamment révélé les vertus du massage ventral pour décoincer les vertèbres lombaires. Par la suite, j’ai rencontré un autre chiropraticien qui m’a expliqué qu’un bon dos était un dos bien étiré. En effet, la colonne vertébrale n’est pas une tour rigide, un empilement osseux, mais une sorte de serpent dont les 24 articulations sont reliées par des disques intervertébraux. Ces disques portent mal leur nom car ce sont en réalité des coussins composés d’un cartilage plus mou que de l’os et d’un noyau gélatineux et spongieux renfermant 80% d’eau.  C’est leur élasticité qui permet d’amortir les chocs et qui assure la mobilité de l’échine. Avec l’âge, les disques perdent en épaisseur et jouent de moins en moins bien leur rôle d’amortisseurs. Sauf si on prend l’habitude de bien  s’étirer l’épine dorsale  dans le sens de la hauteur. Comment ? En faisant le sapin….

À l’issue de ses consultations, mon chiropracteur donne en effet systématiquement ce conseil  : faire le sapin le plus souvent possible, et surtout le matin pour décompresser les disques, favoriser leur  gonflement et prévenir ainsi les fameuses hernies discales. L’exercice est super simple : il consiste à  joindre les mains au dessus de la tête et à les pointer vers le ciel le plus haut possible. Votre corps est le tronc et vos bras forment le cône du sapin dont vos doigts sont la flèche. Cette métaphore du résineux est en fait empruntée au yoga, du moins dans son enseignement donné aux enfants. Pour les puristes, il s’agit plus exactement de la « posture de la montagne » ou hasta-uttanâsana (du sanskrit « hasta », la main, et « uttan », vers le haut). Lors de sa prescription rituelle,  mon chiro ajoute toujours que le sommet du crâne doit lui aussi être hissé un maximum, comme si un fil le reliait au plafond. Il faut donc que le menton soit rentré, que la nuque soit  droite et que la tête soit bien alignée avec la pointe du sapin. Tous les ans, quand j’envoie mes enfants faire leur « entretien » chiropratique, le thérapeute leur rappelle invariablement ce geste d’hygiène corporelle élémentaire.  Dans ma petite famille, lorsque quelqu’un se plaint d’une dorsalgie, on a pris aussi l’habitude de poser la question coutumière : « as-tu bien fait le sapin ? ». Et la plaignante doit bien souvent admettre qu’elle a négligé d’imiter quotidiennement le conifère. Du sacrum à l’atlas, le serpent vertébral et ses coussinets discaux apprécient énormément de se redresser le long du sapin. 

À propos d’arbre, n’oublions pas que les hominidés que nous sommes ont longtemps été des singes arboricoles. Si vous les observez dans un zoo, vous verrez que nos cousins chimpanzés ou bonobos adorent se suspendre à des branches et se laisser pendre dans le vide. La suspension, c’est aussi une très bonne façon d’étirer le dos et de se réhydrater les amortisseurs. Sur un autre conseil du chiro, j’ai installé à l’époque une de ces barres métalliques qu’on vend dans les magasins de sport ou chez les bandagistes. Elles se fixent aisément dans l’encadrement d’une porte ou entre deux murs suffisamment proches. J’avais fixé la mienne dans la cage d’escalier parce que je travaillais dans mon grenier et que je pouvais ainsi me suspendre à chaque passage. Je pense que ma bonne santé dorsale et générale a aussi bénéficié de cette habitude journalière.  Comme je ne monte plus souvent à l’étage, ma barre domestique ne sert plus guère, mais j’en ai installé une autre ici à mon bureau, entre les montants de la porte des toilettes. Chaque fois que j’y vais et que j’y pense, je me suspends quelques secondes et je fais parfois l’effort d’une ou deux tractions, à la manière des gymnastes aux barres asymétriques. À mon avis, c’est une façon encore plus efficace de « faire le sapin »  et de s’allonger la colonne.

La suspension, c’est également  un exercice de base du crossfit, cette méthode de fitness qui cherche à reproduire l’activité physique ancestrale et qui privilégie les mouvements naturels et fonctionnels. Tous les adeptes de cette approche, notamment notre chroniqueur « Paléonutrition » dans Néosanté, sont des gaillard(e)s bien bâti(e)s avec un dos bien musclé et peu sujet aux somatisations. En mode singe ou en mode sapin, l’important est de dérouler le chapelet de vertèbres et de permettre aux éponges cartilagineuses  qui les séparent de se regonfler. Comme les oreillers tassés pendant la nuit nécessitent d’être agités pour retrouver leur forme, nos disques ont besoin d’étirements verticaux pour conserver la forme. Essayez, vous m’en direz des nouvelles !

 

Yves Rasir

La quatrième blessure narcissique

Qu’est-ce qu’une blessure narcissique ? En psychologie freudienne, cette expression désigne une profonde altération de l’estime de soi.  C’est en quelque sorte une blessure d’amour propre suffisamment grave pour perturber l’équilibre psychique d’un individu. Mais cette notion a également fait carrière dans une toute autre discipline, l’histoire des sciences. À la suite de Sigmund Freud, on parle en effet de « blessure narcissique » pour évoquer les grands tournants qui ont jalonné l’évolution des connaissances scientifiques et qui sont autant de « ruptures épistémologiques » à l’origine d’une désillusion de l’être humain, lequel a vu s’effondrer sa vision anthropocentrique de l’univers. En clair et sans jargonner davantage, ce sont les étapes qui ont fait comprendre à l’Homme qu’il n’était pas le nombril du monde !  Selon l’inventeur de la psychanalyse, ces grands virages historiques sont au nombre de trois : avec Copernic, on prend d’abord conscience que la terre n’est pas au centre du cosmos puisque c’est elle qui tourne autour du soleil et non l’inverse ; grâce à Darwinn, on réalise ensuite  qu’Homo Sapiens est le fruit d’une longue évolution et qu’il n’est donc qu’un animal comme un autre, ni inférieur ni supérieur ; Enfin, la découverte par Freud lui-même que le bipède humain n’est pas maître de son cerveau et qu’il est largement guidé par sa partie inconsciente constitue une troisième et fatale blessure narcissique. Depuis une centaine d’années, plus personne ne peut croire en la toute-puissance d’une créature déconnectée de la nature, d’un habitant de la terre affranchi de toute contingence terrestre. L’avènement de l’écologie peut être vu comme le couronnement  de ce triple processus cognitif.

Et si ce n’était pas fini ? Et si nous étions en train de vivre une quatrième mutation des connaissances nous infligeant une nouvelle blessure narcissique ? Je me la pète un peu car je ne suis pas un historien des sciences, mais il me semble que c’est bel et bien le cas : les découvertes récentes et actuelles sur le microbiote ressemblent furieusement  à une nouvelle étape majeure de l’intelligence humaine. Depuis quelques décennies, on sait que nos intestins et d’autres endroits du corps (bouche, nez, peau, vagin…) abritent une flore microbienne extrêmement riche et nombreuse. Pensez : Il y a dix fois plus de bactéries dans nos entrailles que de cellules dans notre corps ! Et depuis quelques années, on mesure à quel point les micro-organismes qui nous habitent impactent notre fonctionnement physiologique et conditionnent notre santé, tant psychique que somatique. Mais depuis peu, un saut vertigineux vient encore d’être accompli : les scientifiques spécialisés dans ce domaine nous disent que le microbiome – autrement dit l’ensemble des gènes codant le microbiote – représente 99% de notre génome total ! Ça veut dire qu’un pourcent à peine de notre « moi » nous appartient vraiment, et que tout le reste est la propriété des germes que nous véhiculons.  Même dans notre minuscule valise héréditaire personnelle, il y a encore un dixième de gènes d’origine virale ou rétrovirale, donc qui ne sont pas vraiment à nous. Autrement dit, les singes que nous sommes sont très majoritairement composés d’un patrimoine génétique étranger ! Il n’est donc par étonnant que, selon les dernières recherches de pointe, le microbiome exerce une influence colossale sur l’être humain : pas seulement sur son écosystème intestinal et son système immunitaire, mais aussi sur son fonctionnement cérébral, ses capacités mentales, sa mémoire, ses émotions, bref sur tout ce qui définit la personnalité individuelle. Comme le postulait déjà la biologiste Lynn Margulis dans son livre « L’univers bactériel », le microcosme  dont nous sommes le produit nous manipule et nous gouverne à notre insu.

Et maintenant qu’on le sait, qu’est-ce qu’on fait ? C’est bien là toute la question. Après un bon siècle de délire pasteurien, la médecine semble tout doucement comprendre que l’équilibre de la flore bactérienne est une clé de santé cruciale. Hélas, elle persiste à faire un tri manichéen entre « bonnes » bactéries symbiotiques et « mauvaises » bactéries pathogènes,  tout en hésitant entre la voie probiotique et la fuite en avant antibiotique. Toujours empêtrée dans une vision guerrière, elle part du principe qu’il faut lutter contre les agents infectieux impliqués dans l’apparition des maladies. Selon ce schéma, une infection microbienne vectrice de symptômes participe forcément d’un mécanisme morbide. Or c’est exactement le contraire, comme le démontre la médecine nouvelle du Dr Hamer à travers deux de ses lois, celle de l’évolution biphasique des maladies et celle du système ontogénétique des microbes. Sauf exception, les micro-organismes opèrent en phase résolutoire du conflit psycho-émotionnel causal et sous le contrôle du cerveau archaïque qui les « dispatche » dans les tissus lésés. Leur mission première n’est pas de nuire mais de réparer ce qui peut l’être en restant au service de la vie.  Ça veut dire quoi ?  Ça veut dire que la blessure narcissique n’a pas lieu d’être puisque l’être humain n’est pas le jouet des bactéries et qu’il demeure au volant de son véhicule corporel. C’est son pourcent de génome qui pilote véritablement et non les 99% de passagers microbiens. Mieux : la science épigénétique montre que l’environnement et le mode de vie sont bien plus déterminants que les gènes, et donc que les choix et le libre-arbitre priment dans le devenir d’un individu. En d’autres termes, ce ne sont  ni les germes  ni les gènes qui font la loi et qui décident d’une bonne ou d’une mauvaise santé.  S’il n’est pas le maître du monde, l’Homme peut demeurer maître chez lui et maître de lui.

Encore faut-il soigner la quatrième blessure efficacement. Comment ? En assumant notamment le fait que les bactéries ont tout pouvoir à l’aube de notre existence. À la naissance, nous n’avons pas le permis de conduire et c’est le microbiome qui est à la manœuvre. Il faut lui faire confiance et lui permettre de se déployer dans l’habitacle corporel. C’est pourquoi les multiples agressions vaccinales, les antibiothérapies et les soins antiseptiques de la petite enfance sont des aberrations à oublier d’urgence. Et vu que notre conducteur bactériel prend place à l’accouchement, ce dernier devrait être aussi naturel et maternel que possible. Idéalement, les femmes devraient engendrer à la maison et toujours par voie basse car c’est la mère qui transmet le viatique microbiotique à ses petits, essentiellement via sa flore vaginale. Plutôt que d’argumenter en ce sens, je vous partage ci-dessous un article rédigé par un journaliste américain, Sayer Ji, qui dirige le site d’information GreenMedInfo.  Dans ce texte consacré à la révolution du microbiome qui « pulvérise l’ego »  (une autre façon de dire qu’elle nous inflige une sévère blessure narcissique), mon confrère écrit en substance que ce changement de paradigme sonne également le glas de la société patriarcale et de ses dogmes misogynes. Tandis qu’elle rend justice aux femmes, la quatrième blessure entraîne une cinquième pour la moitié du genre humain se croyant naïvement supérieur…

 

Yves Rasir

Comment le microbiome pulvérise l’égo, la politique des vaccins, et même la société patriarcale

La (relativement) récente découverte du microbiome n’a pas seulement complètement redéfini ce que signifie être humain, avoir un corps et vivre sur Terre, mais elle remet fondamentalement en question des croyances et des systèmes qui ont perduré pendant des siècles.

Il y a dcu hangement dans l’air. Une complète remise en question de la définition même de notre « espèce », tout comme notre relation aux « microbes ». Malgré un engouement certain pour la vie intérieure de nos entrailles, les conséquences de ce bouleversement ne sont pas encore reconnues à leur juste valeur.
Tout a commencé avec la découverte du microbiome, un terme qui ne reflète malheureusement pas l’insondable diversité des micro-organismes qui le composent et dont le poids tourne autour d’un kilo et demi dans un corps humain moyen. C’est une véritable révolution copernicienne en marche car il ne s’agit ni plus ni moins que d’un nouveau fondement génétique et épigénétique pour définir, au sens biologique du terme, ce qu’est un être humain.
Le « microbiome » devrait même s’appeler « macrobiome », vu la densité de l’information génétique abritée par nos hôtes microscopiques et leur immense contribution aux fonctions fondamentales de la digestion et de l’immunité ainsi qu’aux fonctions cérébrales.
Enlevez les milliers de milliards de virus, bactéries et champignons qui coexistent avec nos cellules humaines (on appelle ça un holobionte) et il ne reste plus que 1% de tout le matériel génétique qui nous a fait traverser des centaines de millions d’années d’évolution. Un petit pourcent, ce n’est pas grand-chose pour nourrir l’égo, d’autant que celui-ci doit son existence à ce qu’on croyait auparavant être les méchants « agents infectieux ». Pire : cette contribution de 1% d’ADN au matériel génétique collectif de l’holobionte a, pour au moins 8%, une origine rétrovirale (oui, la même catégorie que l’HIV) !

Nous contre eux ?

Maintenant que nous avons redéfini, ou du moins perçu avec un peu plus de véracité, l’objet de la responsabilité fondamentale de la médecine moderne (càd le corps humain) en considérant que les « microbes » font partie de nous, il va falloir s’attaquer à la théorie sur les microbes. Celle-ci prône en effet de différencier les « bons » microbes qui sont nous-mêmes, des « mauvais », les autres, que nous devons combattre à coup d’antibiotiques et de vaccins.
Nos lecteurs savent très bien qu’aujourd’hui, le climat politique est unilatéralement pro-vaccins, avec des gouvernements qui durcissent les lois en faveur de la vaccination obligatoire. L’explication est connue : on ne peut protéger un hôte sain (lire : sans microbes) des microbes mortels qu’en lui injectant des morceaux de microbes morts, affaiblis ou génétiquement modifiés, afin de « prévenir », en théorie, de futures expositions et infections. Ce concept est bien sûr simpliste : en faisant un peu de recherche, on s’aperçoit qu’il n’a jamais été formellement prouvé et n’a aucun fondement scientifique.
Mais les implications intellectuelles du microbiome vont bien plus loin que la remise en question de la théorie sur les microbes, la politique de vaccination et la culture du fondamentalisme médical qui sous-tend ces constructions mentales…

De l’origine maternelle de la santé et de l’identité de notre espèce

Le microbiome a en effet taillé en pièces un préjugé patriarcal sournois concernant la contribution et l’importance relative de l’homme et de la femme dans la santé et in fine la perpétuation de notre espèce. Depuis un certain temps, on sait que seules les femmes passent l’ADN mitochondiral à la génération suivante. Ceci fait basculer en leur faveur la contribution à l’information génétique (le siège de notre humanité, de l’identité de notre espèce, non ?) de leur descendance. Le microbiome, lui, va encore accentuer cette asymétrie dans l’influence de l’hérédité. Comme nous sommes tous conçus pour une gestation dans l’utérus et une naissance par le vagin, et comme le microbiome des nouveau-nés en provient, on peut en conclure que la plupart de l’information génétique de notre holobionte est d’origine maternelle. Même si les colonies originelles évoluent au gré des nouvelles souches microbiennes acquises au cours de la vie dans différents environnements, le terrain de base, et donc la direction que prendront les évolutions futures, sont du fait de la mère – sauf en cas de césarienne.
En résumé, si 99% de ce que signifie être humain est basé sur le microbiome, et si la mère contribue pour la plupart – sinon pour la totalité – du matériel de départ, ou du moins le point de départ et la trajectoire des changements à venir de ce terrain, alors la contribution de la mère est bien plus importante que celle du père. Les conditions de la gestation (importantes à cause de la circulation intra-utérine de microbiome, de la mère au fœtus), l’état de santé général de la mère et la façon de donner la naissance (à la maison ou à la maternité) prennent une importance bien plus grande que ce qu’on imaginait auparavant. En d’autres termes, une naissance par césarienne à la maternité assortie de vaccination produira, génétiquement et épigénétiquement, un être humain si différent – qualitativement – d’un autre né de façon naturelle à la maison, qu’ils pourraient quasiment être classifiés comme deux espèces différentes, bien qu’ils partagent tous deux un ADN eucaryote presque identique (souvenez-vous, seulement 1% de l’holobionte).

Le féminisme commence à la naissance

Les interventions obstétriques sont l’expression archétypale d’une approche dominée par les mâles qui vise à contrôler l’expérience de la naissance chez les femmes, en ignorance totale des conséquences pour la santé de notre espèce. La protection de la santé et la prévention des maladies commencent dès l’origine du microbiome, favorisé au maximum par une naissance naturelle à la maison. On l’estime mille fois plus sûre qu’une naissance à la maternité, malgré la propagande qui clame le contraire. Du point de vue du microbiome, le rôle masculin de protection de la santé des femmes des enfants va donc diminuer en importance, pas seulement professionnellement et médicalement, mais aussi biologiquement. Tout d’abord, examinons de plus près l’origine ancestrale des disparités psycho-spirituelles entre l’homme et la femme, qui influencent aujourd’hui encore la pratique de la médecine.
Depuis l’aube des temps, les hommes auraient envié le rôle créateur des femmes dans la conception, la grossesse, la naissance et la prise en charge des enfants. Erich Fromm décrit aussi les implications psycho-spirituelles pour les hommes, de cette disparité existentielle d’origine biologique en l’appelant « l’envie de l’utérus ». Le passage de la Bible où Dieu prend une côte à Adam pour « créer » Ève est exemplaire en ce sens : c’est un renversement évident de l’ordre naturel des choses, qui reflète l’impuissance inhérente que ressentent les hommes qui savent que leur pouvoir créateur est d’importance secondaire. On a dit à juste titre que le plus grand pouvoir dans l’univers est de créer la vie – c’est peut-être pourquoi on l’attribue à Dieu. Et le second plus grand pouvoir est celui de retirer la vie. Ce n’est donc pas une coïncidence que l’histoire, depuis qu’on la décrit, est largement faite de guerres, d’hommes qui « créent du sens » en en tuant d’autres et en établissant un système de symboles destiné à s’approprier par procuration le pouvoir créateur latent de chaque corps de femme. Voilà pourquoi, dix mille ans après, dans un monde gouverné par les systèmes religieux et culturels monothéistes dominés par les mâles, les faits biologiques semblent bouleverser ces systèmes de croyances inconscientes pour faire éclater la vérité ancestrale : les femmes sont fondamentalement supérieures aux hommes. Certes, il ne faut pas utiliser cette supériorité contre le « sexe faible » (les hommes), mais plutôt montrer une plus grande prise de responsabilité, voire un plus grand besoin d’associer les hommes pour accomplir les tâches ensemble, comme c’est inscrit dans l’ordre naturel des choses.
Le processus de la naissance a également été décrit comme ce qui est le plus proche de la mort sans mourir. C’est d’ailleurs ironique que l’anesthésie, qu’on peut aussi décrire de cette manière, rende possible des interventions obstétriques comme la césarienne ou l’épidurale, en niant l’expérience spirituelle de la naissance et le pouvoir créateur de la femme. L’expérience de la naissance offre aux femmes une plongée dans l’ « entre-deux » et une expérience directe de la Source. Les hommes, eux, devront se contenter des techniques chamaniques pour y accéder.
Il est donc clair que la protection du microbiome est d’une importance capitale si la santé de nos générations futures est une priorité. Car assurer la santé de nos descendants est peut-être notre impératif évolutionnaire le plus fondamental. Comment y parvenir ? Le microbiome est en fin de compte une palette de micro-organismes en nous qui proviennent au départ de l’environnement : dans l’air que nous respirons, le sol que nous foulons, ainsi que l’eau et la nourriture que nous ingérons, évidemment. Cela signifie tout simplement que nous ne pouvons vivre dans notre bulle hermétique de nourriture bio et certifiée non-OGM, alors que la planète entière continue à faire ses courses au supermarché de l’enfer post-industriel. Notre responsabilité s’étend au monde entier, et nos choix prennent une tout autre dimension par rapport à nos défis fondamentaux : les multinationales qui massacrent la biodiversité microbienne et qui bombardent de pesticides des champs agricoles bourrés d’OGM sont les mêmes qui nous fournissent en marques bio pour nous donner bonne conscience. Nous devons augmenter d’un cran notre activisme en arrêtant les mesures palliatives qui ne changeront pas grand-chose à terme.

Lorsque nous interagissons avec la nature, lorsque nous honorons et reconnaissons notre ignorance par rapport au système complexe que nous partageons tous, nous contribuons à raviver une santé vitale qui nous semble encore hors de portée. Toutefois, en développant les technologies qui font la guerre aux microbes et aux organismes, nous échouerons à coup sûr et nous paralyserons non seulement notre espèce, mais nous brûlerons aussi notre maison.

Sayer Ji (Traduction : Hughes Bellin)

Hamer est mort, vive la médecine nouvelle !

De source sûre, j’ai appris hier le décès du Dr Ryke Geerd Hamer. Il est décédé le dimanche 2 juillet à Sandefjord,  en Norvège, là où il avait trouvé refuge depuis une dizaine d’années et où il recevait la revue Néosanté à laquelle je l’avais abonné d’office. Sa mort ne fait pas de doute puisque la date a déjà été ajoutée sur la page Wikipédia consacrée au très controversé médecin allemand. Controversé ? C’est le moins qu’on puisse écrire puisqu’il a été interdit de pratiquer son métier et condamné plusieurs fois à  de la prison ferme, en Allemagne et en France. Pourchassé dans l’Europe entière, traîné dans la boue et traité de tous les noms  (gourou, charlatan, guérisseur…) par ses détracteurs, l’ancien médecin interniste faisait encore l’objet de plaintes et de poursuites de la part des autorités norvégiennes. La persécution aura duré près de 40 ans et on peut comprendre qu’à l’âge de 82 ans, la santé du Dr Hamer ait fini par décliner malgré son exceptionnelle vitalité et sa constitution extraordinairement robuste. Cet homme était un roc, un chêne,  une force de la nature que rien ne semblait pouvoir ébranler. Mais il était aussi un être humain empathique et chaleureux dont je ressens encore, près de trente ans plus tard,  la poignée de mains chaude et vigoureuse, dont je revois encore le regard franc et clair, et dont j’entends encore la voix sonore lorsqu’il partageait avec ses confrères le fruit de ses découvertes.

À ma connaissance, je suis le seul journaliste au monde à avoir rencontré le Dr Hamer fin des années 80, à l’avoir interviewé et à m’être longuement intéressé à ses travaux. Ce n’est pas une vantardise, c’est un constat et un fait qui me confèrent une certaine légitimité à parler de lui, de sa personnalité et de ses recherches. À ma connaissance toujours, je suis le seul journaliste à posséder et à avoir lu tout ce que le médecin allemand a publié en français durant toute sa carrière. Bien que je ne sache pas les lire, ou très difficilement,  j’ai même poussé la probité professionnelle jusqu’à acheter des livres écrits en allemand et non traduits.  Que cela plaise ou non,  je suis donc le seul journaliste au monde qui a fait le boulot et qui peut prétendre parler en connaissance de cause. Certes, j’ai épousé cette cause et suis devenu un vibrant défenseur de la « médecine nouvelle » hamérienne. J’ai même fondé le mensuel Néosanté dans le but principal de partager les découvertes du Dr Hamer et d’en divulguer les « lois biologiques » (*). J’ai abdiqué toute neutralité et j’ai sacrifié mon statut acquis dans la presse « classique » pour devenir le militant d’une lutte et l’avocat d’une approche médicale « alternative ». Ai-je pour autant, comme on me le reproche souvent,  perdu toute objectivité ? Ce n’est pas du tout mon sentiment.  Si ma rencontre avec le Dr Hamer a bouleversé ma vie, c’est au contraire parce que j’ai fait l’expérience objective et  scientifiquement démontrable que ses trouvailles étaient révolutionnaires. Je m’en suis expliqué dans deux éditoriaux que vous pouvez relire en cliquant ici et ici.  En parvenant à diagnostiquer des cancers sur la seule base de scanners cérébraux,  le docteur Hamer a apporté la preuve réfutable, donc rigoureusement scientifique, que cette maladie avait une origine psycho-émotionnelle. Aucune autre explication rationnelle ne peut être donnée à cette capacité inédite de situer une pathologie corporelle par la seule lecture d’une image cérébrale. En soupçonnant que son cancer testiculaire était lié à la perte tragique de son fils Dirk, en vérifiant empiriquement sur des milliers de patients qu’un choc émotionnel avait toujours précédé leur maladie et en faisant la démonstration matérielle que ce conflit impactait le cerveau, Ryke Geerd Hamer a inauguré un tout nouveau paradigme chamboulant complètement l’ancien. Avec lui, la médecine n’est plus seulement un art de guérir et la psychologie cesse d’être une science humaine, les deux se fondent en  une vraie science psychosomatique étudiant l’influence biologique de la « psyché » sur le « soma ». L’épithète « biologique » est capitale car l’autre  tsunami hamérien est d’avoir découvert que la maladie avait un sens, celui de favoriser la survie dans les situations de stress psychiquement ingérable. D’autres que lui l’avait pressenti, mais le médecin allemand restera dans l’histoire comme le grand découvreur  de ce qu’il a appelé les « programmes bien-fondés de la nature ».

Un découvreur génial  à l’égal de Galilée ?  C’est la comparaison employée par Jean-Jacques Crèvecoeur dans son film « Seul contre tous » consacré au Dr Hamer. Par une curieuse synchronicité, j’ai appris très récemment que ce documentaire longtemps diffusé sur DVD par Néosanté circulait sur la toile, notamment sur Facebook,  et qu’il était accessible gratuitement sur Youtube. Dans ce film à petit budget mais de belle facture, notre ancien chroniqueur retrace fidèlement l’intuition initiale du médecin allemand  et synthétise à merveille les fondements de la médecine nouvelle. Pour moi, la comparaison avec Galilée tient la route car l’ampleur des découvertes hamériennes est aussi considérable que le remplacement du géocentrisme par l’héliocentrisme. Prendre conscience que la maladie n’est pas insensée ni maléfique, c’est aussi « copernicien » que d’abandonner le mythe de la terre occupant le centre de l’univers. Ce qu’on peut reprocher à ce film, c’est son côté limite hagiographique et  son accent quasiment complotiste, accréditant notamment de douteuses tentatives d’assassinat et une hypothétique corruption de la justice. Pour moi, Jean-Jacques n’a pas réussi à distinguer  l’eau du bain et le bébé,  c’est-à-dire la personne peu reluisante du Dr Hamer et sa précieuse contribution aux connaissances. Car il faut le dire : si Hamer a été tant détesté, c’est aussi parce qu’il a beaucoup fait pour se rendre détestable. Il nourrissait une véritable paranoïa à l’égard des Juifs et tenait des propos maladivement antisémites. Le fait qu’il ait requalifié sa médecine nouvelle de « germanique » en dit très long sur  son repli identitaire suspect. Il a considéré la plupart de ses élèves comme des pilleurs et s’est fâché avec presque tous ses premiers supporteurs.  Il a vitupéré contre le refus de sa thèse de doctorat à l’université de Tübingen, point de départ de sa dérive, mais il n’a pas non plus « joué le jeu » normal de la science  en cherchant à publier ses recherches.   Bref, Il y a un « Hamer à prendre » et un « Hamer à laisser », comme je l’ai plaidé dans mon éditorial du Néosanté n° 14. Ce qui est à prendre, ce sont évidemment les cinq lumineuses « lois biologiques de la nature » sorties de l’ombre au fil de ses travaux  colossaux et de ses innombrables consultations.  Nonobstant ses défauts, le film « Seul contre tous » résume très bien les 5 lois et c’est pourquoi je vous invite à le visionner en cliquant ici.

Maintenant que le rideau est tiré sur le Dr Hamer, va-t-on enfin s’intéresser  à son œuvre ? On peut en tout cas espérer que les charognards à plume ne s’acharnent pas sur sa dépouille et qu’ils examinent avec moins d’apriorisme ce qu’il laisse en héritage. Car si l’inventeur est mort, son invention est bien vivante ! Ils en s’en revendiquent pas, ou alors discrètement, mais des médecins comme Salomon Sellam, Eduard Van den Bogaert ou Olivier Soulier ont été peu ou prou formés par Hamer. Moins pudique sur ses sources, Alain Scohy ne fait pas mystère que sa « médecine du IIIème millénaire » est largement inspirée par Hamer.  Des psychothérapeutes comme Christian Flèche,  Josie Kromer ou Daniella Conti ont également côtoyé le précurseur allemand. Très proche de lui à une époque, le Dr Robert Guinée a formé pas mal de praticiens de santé tandis que le Dr Claude Sabbah, dont la biologie totale repose en bonne partie sur la médecine nouvelle, a accueilli plus de 10.000 personnes dans ses séminaires. Ces deux-là sont à la retraite, mais  certains de leurs élèves docteurs en médecine (Gérard Athias, Jean-Claude Fajeau, entre autres) ont repris le flambeau. D’autres thérapeutes encore ont fondé des écoles et des instituts de formation.  Sous  diverses appellations (« décodage biologique », « psychobiologie », « psychosomatique clinique »…), l’enseignement hamérien n’est pas perdu et il se perpétue. Vous trouverez tous les ouvrages qui s’en s’inspirent dans notre boutique (rubriques « Médiathèque » et « Nos livres ») et vous pouvez être tenus au courant des formations existantes à travers la revue Néosanté, via ses rubriques  « Outils » et « Décod’Agenda ».

Certains de ces intervenants contribuent activement à notre mensuel. C’était déjà prévu avant le décès du Dr Hamer, mais nous allons par exemple publier en septembre un long article du Dr Robert Guinée. Dans ce texte, le médecin belge retraité va expliquer combien la conception conventionnelle du cancer est incohérente et combien la médecine nouvelle y apporte un éclairage logique. Nous allons aussi éditer un nouveau grand décodage du Dr Fajeau, cette fois consacré aux maladies respiratoires. À l’occasion de la sortie du septième livre de Bernard Tihon – un projet encore top secret mais qui va faire sensation –  nous allons également  publier un article récapitulant les lois biologiques et leur apport inestimable à la compréhension des maladies. Avant la fin de l’année, nous allons aussi recenser et encenser un livre exceptionnel sur les microbes, écrit par un grand scientifique et  qui donne totalement raison aux thèses hamériennes sur le rôle positif des agents infectieux. D’ici là, j’espère que beaucoup de malades de Lyme se seront abonnés à notre périodique car la semaine dernière, j’ai encore reçu énormément de critiques m’accusant  de minimiser une grave épidémie et de nier l’action délétère des bactéries. Celle-ci nous confrontent certainement à une adversité, mais il faut cesser de penser qu’elles sont  nos ennemies ! Il faut sortir ce cette croyance biophobique et  remettre en cause sa perversion biocidaire à la lumière des découvertes du Dr Hamer. Grace à lui – hommage lui soit rendu – l’Homme est désormais en mesure de percevoir l’intelligence profonde de la nature et de distinguer tout le bien dissimulé dans une mal-a-dit. Repose en paix, Ryke Geerd. Et embrasse Dirk de notre part, sans le meurtre duquel rien de tout cela ne serait advenu.

 

Yves Rasir

(*) Les lois biologiques du Dr Hamer sont expliquées dans le dossier du tout premier numéro de Néosanté, lequel est téléchargeable gratuitement en page d’accueil de notre site.

Lyme & tiques : 5 parades à la panique

Avec les beaux jours, la grande paranoïa de Lyme est de retour.  Pas une semaine sans qu’un journal ou une infolettre n’encourage la hantise des tiques et la crainte des bactéries qu’elle peuvent nous transmettre. Convertie pour le coup à la religion pasteurienne, même la presse  de santé naturelle agite l’épouvantail de la maladie vectorielle, de sa pseudo causalité microbienne et de sa forme prétendument chronique. À en croire cette déferlante médiatique, nous serions les victimes impuissantes d’une  grave épidémie honteusement  niée par les autorités sanitaires. Il faudrait à tout prix sortir couverts et se protéger chimiquement du parasite si l’on veut se mettre au vert.  Comme vous le savez, je n’adhère pas du tout à ce discours anxiogène et biophobique. Je me suis déjà exprimé plusieurs fois à ce sujet ici,

ici,
ici,ici et encore ici.  Mais ma petite voix solitaire semble résonner dans le vide.  Visiblement, le commerce de la peur est beaucoup plus porteur et les mêmes propos alarmistes nous sont resservis à intervalles réguliers. Je ne renonce pourtant pas à contredire les marchands de panique et  à faire sonner ma petite cloche anxiolytique. Cette fois-ci,  mon article s’articule en 5 raisons de ne pas céder à la crainte et de relativiser ce que j’appelle volontiers l’hystérie de Lyme.
 

  1. Ne pas craindre les tiques

    Attention, les tiques attaquent ! À grand renfort de métaphores guerrières et de photos macroscopiques,  les médias nous présentent les tiques comme des créatures monstrueuses vouées à la destruction du genre humain dont elles envahissent depuis peu les villes et les villages. Et si on se calmait un peu ? Apparues sur terre il y a 250 millions d’années, les tiques ne sont jamais que des  arachnides acariens comme ceux qui peuplent nos maisons et nos matelas, à la différence qu’elles sont plus grandes et qu’on peut les voir à l’œil nu. On en connaît 896 espèces, dont une seule, du nom d’Ixodes ricinus, est impliquée dans la maladie de Lyme. L’Homme a toujours vécu au contact de ces petites bêtes – on a en retrouvé trace chez Hibernatus – et s’en est toujours  accommodé puisqu’aucun livre ancien ne les range parmi les parasites incommodants comme les puces ou les poux. De plus, le propre d’un organisme parasitaire est de vivre aux dépens de son hôte et non de  mettre la vie de ce dernier en péril, ce qui serait biologiquement absurde. La tactique d’une tique, ce n’est pas d’infecter autrui mais de boire son sang. Des tas d’animaux sauvages, des reptiles aux cervidés en passant par les oiseaux et les rongeurs, font office de garde-manger et ne s’en portent pas plus mal. Un cerf est parfois sucé par 200 tiques en même temps, il peut être mordu un million de fois durant sa vie sans en pâtir. Certes, les buveuses d’hémoglobine peuvent s’en gaver au point de multiplier plusieurs centaines de fois leur propre poids. Mais un tel festin prend plusieurs jours et se mesure de toute façon en millilitres.  Une fois repues, elles se laissent tomber à terre pour aller pondre leurs œufs ou pour muer avant de guetter une nouvelle proie. Ce serait pareil avec les mammifères humains si ceux-ci n’étaient pas si pressés de s’en débarrasser.  Après le passage à la pompe, les mini-vampires n’ont aucune raison de s’incruster plus longtemps. Le problème, nous dit-on, c’est que leur nombre explose et qu’ils s’enhardissent en dehors des forêts. Mais ça aussi, c’est à relativiser. Sans doute  le réchauffement climatique et d’autres aberrations écologiques (comme le nourrissage du gibier ou l’emploi de pesticides toxiques pour la faune prédatrice des tiques)  sont-ils à l’origine d’une  hausse de leur population. Et probablement  la fragmentation de l’habitat et l’extension des banlieues favorisent-elles une augmentation des contacts. Mais à l’heure actuelle, on ne peut parler ni de pullulation ni de grande invasion. Les rares relevés sur le terrain indiquent de fortes variations saisonnières et une présence toujours beaucoup plus forte en zones forestières. Rien ne permet d’affirmer que des myriades d’acariens sont en train de sortir du bois  pour se ruer dans les parcs et jardins en quête de sang frais.

  2. Ne pas craindre les morsures

    Bien sûr, les tiques  ne sont pas que de gentils arthropodes intrinsèquement inoffensifs. Via leur salive, ils sont vecteurs de germes réputés dangereux pour la santé, comme la fameuse  Borrélia burgdorferi, une bactérie de la famille des spirochètesjugée responsable de la maladie de Lyme. Mais rien ne sert d’exagérer la menace.D’abord, Il faut savoir que 20% à peine des  individus Ixodida abritent le microbe dans leurs glandes salivaires. Ensuite, il ne faut pas oublier que le parasite a autre chose à faire qu’à nous injecter sa sécrétion glandulaire : il est là pour faire le plein  et se remplir la panse. Enfin, rien ne dit que la bactérie éventuellement expulsée va rentrer dans notre circuit sanguin, y expulser à son tour des toxines et générer des inconvénients. Dans la nature, seulement 1 à 5% des animaux mordus hébergent la bactérie et ils n’en sont pas affectés. En clinique humaine, la fréquence des infections après morsures de tiques infectées est estimée à 10%. Et parmi ces 10%,  95% ne vont développer aucun symptôme. Autrement dit, l’écrasante majorité des hébergeurs de Borrelia ne déclarent pas de borréliose et sont des « porteurs sains ». Cette énigme de l’infection asymptomatique, c’est l’énorme angle mort de la théorie pasteurienne et de la soi-disant causalité microbienne des maladies. Elle démontre à elle seule que l’agent infectieux n’est pas redoutable en soi et que sa présence ne veut strictement rien dire. Savez-vous, par exemple, qu’une Française sur deux abrite dans son sang le tristement célèbre Toxoplasma gondii, le parasite associé à la terrible toxoplasmose ? Oui, vous avez bien lu : on apprend aux femmes enceintes à fuir les chats et à se méfier de la viande crue, mais la moitié d’entre elles héberge quand même le féroce assaillant des embryons.   Cela représente près de 300.000 nouvelles infections annuelles  en France, soit environ dix fois plus que les piqûres de tiques. Or une infime minorité va être atteinte de la maladie et une fraction encore plus restreinte de bébés va manifester des troubles cérébraux. Le microbe n’est rien et le terrain est tout, saperlipopette, combien de siècle faudra-il encore pour donner raison à Claude Bernard contre Pasteur ?

  3. Ne pas craindre l’érythème migrant

    Parmi les 5 % d’infectés, neufs personnes sur dix vont juste développer une infection locale appelée érythème migrant (EM), c’est-à-dire une rougeur de la peau évoluant concentriquement  à partir du point de morsure.  À ce stade, les médecins prescrivent une antibiothérapie afin de stopper l’infection et de prévenir son expansion. Ce qu’on ne vous dit jamais, c’est que ce traitement est parfaitement inutile ! Il est en effet bien connu qu’un érythème migrant disparaît spontanément en l’absence de tout médicament. Quelques semaines de patience et tout rentre dans l’ordre sans le moindre remède, allopathique ou autre. Le seul atout des antibiotiques serait d’accélérer les choses et d’éviter les complications ultérieures, mais rien ne prouve que cet interventionnisme médical soit justifié vu le recours systématique à l’arme chimique. Facile de dire que la guerre a réussi à ramener la paix quand on n’essaie pas le règlement pacifique des affrontements. Et si les antibactériens faisaient pire que bien ?  Selon la médecine nouvelle du Dr Hamer, les agents infectieux interviennent quasiment toujours en deuxième phase des maladies, celle qui succède à la résolution des conflits psycho-émotionnels. Dans le cas de Lyme, il est frappant de voir que les érythèmes ont la forme d’une cible alternant cercles blancs et cercles rouges : ça ressemble furieusement à des « foyers de Hamer », autrement dit aux taches circulaires observées sur les scanners cérébraux des patients par le médecin allemand et certains de ses proches collaborateurs. Dans son livre « Les maladies, mémoires de l’évolution, », le Dr Guinée publie des photos troublantes montrant  que la neurodermite et l’eczéma numulaire ont également une apparence de ronds dans l’eau, c’est-à-dire d’ondes se déployant à partir d’un point d’impact.  Ce n’est qu’hypothèse, mais on pourrait envisager l’EM comme l’exact reflet épidermique d’un processus psychique de guérison, une sorte de signature extérieure de la cicatrisation intérieure. Quoi qu’il en soit, l’apparition d’un érythème n’est pas à redouter car elle signale que le corps réagit adéquatement à l’infection par l’inflammation. Si cela vous arrive, réjouissez-vous et laissez faire la nature au lieu  de vous inquiéter outre-mesure.

  4. Ne pas craindre le test positif

    Si votre toubib suspecte une maladie de Lyme, il va vous prescrire un test sérologique indiquant la présence de la bactérie dans votre sang. Et si ce premier test  est positif, un deuxième test de confirmation. Sur base de ces prélèvements, la médecine académique considère que la borréliose est une affection rare, de l’ordre de 16 cas par 100.000 piqûres. Pour la France, cela représente environ 6.000 personnes concernées par an, soit une goutte d’eau dans l’océan des pathologies infectieuses. Toute la polémique actuelle a trait à cette estimation controversée.  Selon les militants de Lyme, la maladie serait gravement sous-diagnostiquée en raison de l’imprécision des tests et de tous les « faux négatifs » qu’ils ne repèrent pas. Si on utilisait les tests plus sensibles en usage en Allemagne, il y a aurait trois fois plus de séropositifs. Ce point de vue alarmiste est contestable car il évacue complètement le phénomène des « faux positifs » propre à toutes les techniques de dépistage. A l’instar des tests HIV, les tests « Lyme » peuvent  réagir à d’autres anticorps ou à des débris protéiques qui ne sont pas des anticorps.  Par exemple, une personne grippée ou une femme enceinte a plus de chance d’être séropositive. Quand bien même la présence réelle de la bactérie serait sous-évaluée, la sérologie positive n’a aucune espèce d’importance. Elle indique seulement qu’il y a eu contact avec l’agent infectieux, en l’occurrence le spirochète Borrelia Burgdorferi. En France, certaines études indiquent qu’entre 14 et 22% des chasseurs et travailleurs forestiers sont porteurs d’anticorps, jusqu’à  40% dans l’Est et le Massif central. Or ces deux catégories de la population ne sont pas sur-représentées parmi les malades de Lyme. En revanche,  les statistiques récentes indiquent que 80% des nouveaux cas enregistrés le sont chez des femmes, lesquelles sont peu nombreuses chez les adeptes de la chasse et  dans la corporation des bûcherons. C’est  encore un indice que la présence microbienne n’a pas de rapport causal avec la maladie proprement dite. Même du point de vue orthodoxe allopathique, la séropositivité ne suffit nullement à établir le diagnostic.

  5. Ne pas craindre le diagnostic

    Pour poser  correctement le diagnostic, il faut que les manifestations  cliniques  s‘accordent avec le verdict sérologique.  Parmi les 5% de sujets infectés développant un érythème migrant, 10% seulement vont déclarer dans les semaines et les mois suivants des atteintes neurologiques, rhumatologiques,  cardiaques ou oculaires. Ces symptômes sont souvent effrayants (paralysie, cécité partielle..), parfois très douloureux, mais ils sont éphémères et n’engagent qu’exceptionnellement le pronostic vital. Ils témoignent que le système immunitaire est passagèrement débordé par une infection aigue disséminée. Sa forme chronique fait couler beaucoup d’encre, mais il faut savoir qu’elle ne fait pas l’objet d’un consensus scientifique. Le concept des infections froides, c’est-à-dire l’implication de microbes dans des symptômes durables sans inflammation détectable, n’est toujours qu’une théorie en manque de preuves. Par contre, il existe un argument massif en sa défaveur : les traitements antibiotiques n’ont aucune efficacité à long terme !  Les études contre placebo montrent  en effet que ce dernier agit tout aussi bien contre les symptômes chroniques attribués à la maladie de Lyme, ce qui veut bien dire que la piste infectieuse est fausse. Bien sûr, les vendeurs de peurs n’ont cure de ce fait dérangeant qu’ils expliquent par d’autres supputations hasardeuses : les borrélies seraient dormantes, inaccessibles aux produits classiques, et les coupables seraient secondées par beaucoup d’autres complices pathogènes (bactéries, virus, parasites…). Les Horowitz,  Peronne and Co  ont ainsi identifié une soixantaine de micro-organismes susceptibles d’être également transmis par les tiques.  Et selon eux,  ces co-infections en recrudescence seraient responsables d’une bonne centaine de symptômes allant de la fatigue chronique aux douleurs articulaires en passant par la migraine et les crampes musculaires. Elle a vraiment bon dos, la maladie de Lyme ! En fait, tout ça n’est que spéculation émanant de médecins obsessionnellement pasteuriens et trop heureux de désigner un bouc émissaire microbien. Si d’aventure vous recevez le diagnostic de « Lyme chronique », sachez que cet étiquetage n’a pas de fondement sérieux et que l’origine de vos souffrances se situe très probablement ailleurs que dans une piqûre de tique. Et si on vous trouve un Lyme « typique »,  souvenez-vous qu’il évolue naturellement vers la guérison et que ses symptômes sont d’autant plus temporaires qu’ils sont spectaculaires. Bref, ne nous laissez pas embarquer dans  cette psychose irrationnelle à relents commerciaux. Cet été, je vous souhaite de bonnes promenades en forêt sans protections vestimentaires superflues ni parade répulsive. Le vrai remède aux maux, c’est de mettre en mots les chocs émotionnels survenus en amont de leur somatisation.

 

Yves Rasir

Hommage à Frédérick Leboyer

Triste coïncidence : alors qu’un de mes derniers éditoriaux mentionnait son nom, Frédérick Leboyer vivait ses derniers jours d’incarnation. Il s’est éteint le 25 mai dernier, en Suisse,  à l’âge de 98 ans. Ce très vieux monsieur est décédé dans un quasi anonymat, sans qu’aucun grand média n’en parle, hormis le site d’un hebdomadaire resté suffisamment observateur. Si le Dr Olivier Soulier n’avait pas signalé cet article isolé dans sa newsletter, je serais peut-être passé moi-même à côté de l’information sur la disparition de ce grand homme du XXème siècle. Car le Dr Frédérick Leboyer, gynécologue et obstétricien français né à Paris en 1918, était un personnage hors-du-commun qui mériterait d’être enterré au  Panthéon et de figurer dans tous les livres d’histoire. La médecine a perdu avec lui un de ses plus estimables représentants,  un être de grande valeur auquel les jeunes générations de femmes et d’enfants  doivent une fière chandelle et dont elles devraient saluer la mémoire. C’est lui, en effet, qui est à l’origine d’une des plus grandes révolutions médicales du siècle passé,  et à mes yeux la plus grande d’entre elles. C’est lui, sorte de synthèse entre Gandhi et  Albert Schweitzer,   qui aurait mérité tout à a fois le Prix Nobel de Médecine et le Prix Nobel de la Paix. C’est Frédérick Leboyer qui a changé  le destin des habitants de la terre en plaidant « Pour une naissance sans violence », titre du livre qui l’a fait connaître en 1974 et qui a bouleversé progressivement les habitudes dans les maternités.

Il faut en effet savoir d’où on  vient.  Les moins de 50 ans l’ignorent, mais l’obstétrique a connu une véritable mutation durant les dernières décennies. Quand je suis né, en 1960, j’ai encore subi le calvaire de ce qui était alors la norme en matière d’accouchement : dans une salle froide, bruyante et  éclairée comme un bloc opératoire, un gynéco en tenue de chirurgien m’a sans doute brutalement extrait de l’utérus maternel, m’a suspendu en l’air par les pieds et m’a donné une claque sur les fesses pour déclencher mon premier cri. À cette époque, c’était la façon habituelle d’accueillir les nouveau-nés. On était tellement persuadé que les bébés ne ressentaient rien, qu’ils n’éprouvaient pas la douleur, qu’il  était même courant de les opérer sans anesthésie !  Les suspendre comme un morceau de viande et vérifier leur bon fonctionnement en les frappant, c’était la manière classique de leur souhaiter la bienvenue. Ensuite, il est très probable que l’accoucheur a coupé immédiatement le cordon ombilical et que les infirmières se sont empressées de m’emmener pour me laver, me peser et me faire passer une série d’examens intrusifs. De très longues minutes ont dû s’écouler avant qu’on me ramène à ma mère et que je sois mis en contact avec sa peau et sa poitrine nourricière. Et encore ! J’ai eu la grande chance que ma maman décide d’allaiter car en ce temps-là, le mythe débile selon lequel le biberon pouvait  remplacer le lait de femme faisait déjà des ravages. Je n’en ai pas la preuve, mais j’ai certainement été privé du colostrum, victime de la même croyance imbécile en l’infériorité des sécrétions naturelles. En ce temps-là, les sages-femmes étaient reléguées dans l’ombre et la brutalité médico-masculine s’exerçait sans retenue contre les parturientes et leur progéniture.

Frédérick Leboyer était lui-même une victime de cette époque barbare. Il était né post-mature et son extraction aux forceps fut une épreuve épouvantable pour sa génitrice. Plus tard, il fut un des premiers à endormir les femmes au chloroforme pour leur permettre d’accoucher sans douleur.  Son vécu de nourrisson l’avait traumatisé et il voulait à tout prix que naissance ne rime plus avec souffrance. Mais deux événements vont alors modifier son parcours d’obstétricien-anesthésiste. D’abord, au cours de la psychanalyse qu’il vient d’entamer, il prend conscience que ce n’est pas par pure bonté qu’il endort les accouchées. « En les empêchant de crier, de hurler, c’est la souffrance de ma mère, ce sont ses cris, et mes cris à moi aussi que j’essayais d’effacer. Ce fut très dur de découvrir ça » confiera-t-il dans une interview. Ensuite, le gynécologue français fait un voyage en Inde et découvre dans ce pays une tradition de l’accouchement naturel,  tout en douceur pour le bébé et avec moins de douleur  pour la maman. Il revient en France et jette les bases de ce qui deviendra « La méthode Leboyer », un manière d’accoucher prévoyant notamment la relaxation pendant le travail, le silence et la pénombre, et surtout l’accueil sans violence du bébé placé immédiatement et délicatement  sur le ventre de la mère, la coupure du cordon et les premiers soins étant reportés à plus tard. Avant de publier l’ouvrage qui fera tant de tapage, Frédéric Leboyer a voulu être sûr que son approche n’était pas nocive pour les nouveau-nés et il a demandé à la psychologue Danielle Rapoport de pratiquer des « baby-tests » sur 1000 enfants nés de la sorte. C’est quand elle lui a confirmé que ces enfants allaient bien à tous points de vue que « Pour une naissance dans violence » a déboulé dans les librairies, bousculé les mentalités et fait basculer l’obstétrique dans une ère nouvelle.

Pourtant, ce livre a été très attaqué à sa sortie, aussi bien par les médecins conservateurs que par les militantes féministes de la péridurale. Lassé par les critiques, mais aussi guidé par l’intuition que son traumatisme de naissance était réparé et qu’il pouvait suivre sa légende personnelle, son auteur a d’ailleurs rendu sa blouse blanche pour devenir écrivain, poète et réalisateur de films. Cliquez sur sa page wikipédia pour avoir une idée de l’entendue de son œuvre. C’est lui, entre autres, qui a fait également connaître en Occident le Shantala, l’art hindou de masser les bébés. Quand ma femme et moi avons décidé de procréer, à l’aube des années 90, nous avons lu le livre du Dr Leboyer. Nous avons également suivi le séminaire de préparation naturelle à la naissance  du naturopathe André Passebecq, qui s’en inspirait partiellement. Et nous avons lu aussi les premiers bouquins du Dr Michel Odent, qui fut  le premier à adopter la « méthode Leboyer » dans sa maternité de Pithiviers  et qu’il a approfondie dans le sens d’un plus grand respect encore des processus naturels et physiologiques de la naissance. Mon épouse et moi avons eu la grande chance de trouver une gynécologue et une maternité qui appliquaient à peu près tous les principes de l’accouchement naturel sans violence. Nos trois filles sont nées à la clinique de Braine-l’Alleud, près de Bruxelles,  pionnière à l’époque mais aujourd’hui imitée dans de nombreux établissements. Désormais, il est  aisé de trouver un lieu où la femme peut ne rien précipiter, se relaxer en baignoire, choisir sa position de délivrance, accoucher dans un espace « cocoon » démédicalisé avec musique douce et lumière tamisée, et accueillir son enfant à peine sorti sur sa peau et à son sein.  Cette révolution, on la doit à Frédérick Leboyer !

Si je lui rends ce si vibrant hommage, c’est parce que je suis convaincu que l’humanisation de la naissance est un immense et magnifique cadeau fait à l’humanité pour les siècles des siècles. Comme la psychanalyste Françoise Dolto l’a également découvert de son côté,  le bébé est une personne douée dès le départ d’une vive sensibilité, une véritable éponge émotionnelle et un être de langage dont toute l’intelligence précoce s’exprime dans l’inconscient du corps. Et comme le savent aujourd’hui les praticiens en décodage psychobiologiquee, tout ce qui s’imprime  lors du vécu périnatal retentit durablement sur la santé globale du futur adulte.  Bien sûr, il reste encore énormément à faire pour  enrayer la médicalisation de la naissance  et renouer avec l’art naturel de donner la vie. Les avertissements du Dr Odent sur les méfaits d’autres interventions funestes (césariennes, déclenchements, ocytocine synthétique…)  demeurent trop ignorés et demandent à leur tour la prise de conscience que l’acte de (faire) naître est un processus sacré où l’artifice n’a pas sa place, ou ne devrait pas l’avoir. Mais Leboyer a accompli l’exploit de faire reculer l’interventionnisme obstétrique occidental  et celui de susciter l’intérêt pour la sagesse orientale.  En montrant la voie du mieux-naître, il a donné sa chance à l’avenir.

Mes trucs de santé (V) : la respiration abdominale

Respirer par la ventre : en voilà une drôle d’idée. Elle ne me serait jamais venue à l’esprit car je fais partie d’une génération à qui on a inculqué que le processus respiratoire se cantonnait  à la sphère pulmonaire.  Je me souviens des cours d’éducation physique à l’école primaire : pour nous préparer aux exercices sportifs,  l’institutrice nous faisait inspirer en gonflant le thorax et en rentrant le ventre au maximum.  Et pas question de voir un bedon dépasser ! Selon la doctrine de l’époque, l’abdomen devait être comprimé et contracté pour que l’oxygène soit mieux absorbé. Il fallait bomber le torse, point barre. C’est donc avec étonnement que j’ai entendu pour la première fois parler de respiration abdominale lors de ma rencontre avec Pierre Pallardy (*). L’ostéopathe m’a ouvert les yeux  sur le fait que je ne respirais qu’à moitié, en tout cas imparfaitement, par le haut du corps, alors que le tronc dans son entièreté participe d’une bonne respiration naturelle. C’est d’ailleurs comme ça que les animaux et les bébés respirent instinctivement : leur cavité ventrale semble se remplir d’air lorsqu’ils inspirent,  et se vider quand ils expirent. Ce sont bien sûr les lobes pulmonaires qui se remplissent, pas les viscères. Mais c’est paradoxalement le relâchement abdominal qui permet au diaphragme de se décoincer et aux poumons et aux bronches de s’aérer en profondeur.  

Chez l’être humain, une inspiration prend environ une seconde et demie, comme l’expiration. On inspire et expire environ 20 fois par minute, 1200 fois par heure et 20.000 fois par jour en tenant compte du ralentissement nocturne, soit plus de 7 millions de fois par an !  La respiration rythme notre vie et conditionne notre survie. En rechargeant le sang en oxygène,  elle assure le fonctionnement de tous nos organes, et en particulier du cerveau, c’est dire son importance.  Or sous l’influence de la société et de ses contraintes,  l’adolescent finit par perdre la respiration spontanée de sa prime enfance. Soumis à une existence haletante, les adultes respirent de plus en plus mal, de plus en plus vite,  de façon de plus en plus saccadée et superficielle.  La multiplication des stress, des impatiences et des émotions, les cadences de travail, le bombardement d’informations via les médias,  la sédentarité,  la pollution, l’alimentation précipitée et mal choisie, bref la vie moderne, accroissent encore  l’insuffisance respiratoire contemporaine. Celle-ci, me disait Pierre Pallardy, est une véritable catastrophe pour le ventre.  Elle favorise  les  troubles neurovégétatifs (colite, spasmes, constipation..) et  par conséquent les problèmes d’élimination avec leur cortège de symptômes : fatigue, insomnies, nervosité, prise de poids, problèmes sexuels, allergies,  etc. Mais il y a plus grave, écrit l’ostéopathe dans son livre « Et si ça venait du ventre ?  »  : « En abandonnant sans le savoir la respiration abdominale de notre enfance, nous coupons la communication entre le ventre, notre second cerveau,  et le cerveau supérieur.  Il y a  rupture et cette rupture est à l’origine de nombreux maux. Si les deux cerveaux ne fonctionnent pas en harmonie, c’est la santé dans sa globalité qui est menacée. Il est alors impossible d’atteindre l’état de bien-être et de détente qui est une des conditions du bonheur ».

Outre les bienfaits de l’automassage ventral, ma rencontre avec l’ « ostéo des stars » m’a permis d’expérimenter les vertus de la respiration abdominale. Depuis lors, je la pratique plusieurs fois par jour, et particulièrement au coucher pour faciliter l’endormissement. Connu depuis des millénaires par les médecines chinoise et indienne, cet outil de santé consiste à reproduire consciemment ce que nous faisions inconsciemment au berceau, à savoir  gonfler  le ventre en inspirant et le dégonfler à l’expiration. Ça a l’air simple, comme ça, mais ça demande d’oublier ce qu’on a appris et de renouer avec les réflexes enfouis. Certaines personnes  éprouvent pas mal de difficulté à récupérer cet instinct animal brimé par une éducation rigide et un rythme de vie infernal.  N’étant pas qualifié pour le faire, je ne vais pas vous expliquer le procédé. Mais vous pouvez trouver tous les conseils et  toutes les informations  utiles sur internet. Sur ce blog , par exemple, un certain Sébastien explique très bien comment la découverte de la respiration abdominale lui a permis de réduire ses angoisses. Sur le site de Psycho-ressources, vous trouverez un article où la sophrologue Bénédicte Fieller expose concrètement comment se libérer l’abdomen et comment aller plus loin avec d’autres exercices. Sur Youtube, une autre sophrologue vous initie en vidéo  et sur le site du magazine Psychologies, feu mon ami David Servan-Schreiber peut vous éclairer sur la physiologie de la respiration. Bref, ce ne sont pas les aides qui manquent pour  se mettre chemin vers une meilleure façon de respirer.

En ce qui me concerne, je ne dissocie plus la respiration abdominale de la cohérence cardiaque. Comme son nom l’indique, cette méthode également popularisée par David Servan-Schreiber dans son livre Guérir consiste à moduler le rythme cardiaque à l’aide de la respiration ventrale. En contrôlant les battements du cœur, on régule du même coup  le cerveau émotionnel duquel on peut chasser le stress,  l’anxiété, voire la dépression. Pour en savoir plus sur cette méthode, cliquez ici. Dans la revue Néosanté,  nous avons également publié un article  sur le sujet  de notre journaliste Emmanuel Duquoc, auteur  par ailleurs du livre « Les 3 émotions qui guérissent » et de surcroît coach en cohérence cardiaque. Pour (re)lire cet article qui fait partie de ceux accessibles gratuitement sur notre site, cliquez ici.  En très résumé, la technique consiste à harmoniser la durée de l’inspir et la durée de l’expir, les deux versants de la respiration pouvant être séparés par une brève interruption. Ça n’a l’air de rien, mais l’équilibre obtenu entre  le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique permet  à ce dernier de mieux jouer son rôle vagotonique. Or la vagotonie, comme je l’ai souligné dans le dernier éditorial du mensuel Néosanté, c’est l’état de calme et de sérénité propice à toutes les guérisons ! Je suis pour ma part convaincu  que ma bonne santé générale doit beaucoup à  ma pratique quotidienne de la respiration ventrale couplée à la cohérence cardiaque.  C’est notamment un truc radical, bien plus efficace que le comptage de moutons, pour replonger dans le sommeil après un réveil nocturne impromptu. Je n’ai jamais pris un somnifère de ma vie.  Dans le prochain numéro de Néosanté, Carine Anselme va vous parler d’une nouvelle approche qui se base sur la respiration abdominale  et sur la cohérence cardiaque,  mais qui ajoute à cette paire d’as un troisième atout (auto)thérapeutique. Lequel ? Permettez-moi de ne pas le dévoiler ici, histoire de privilégier quelque peu les abonnés payants… 

 

Yves Rasir

(*) Voir ma lettre du 17 mai sur l’automassage

La roupie de Sansonetti

Vous le savez : la vaccination est un des sujets de prédilection de la revue Néosanté. Nous assumons pleinement notre réputation de journal « antivaccins » et nous publions régulièrement des articles étayant notre opinion que cette pratique médicale est à la fois fréquemment inefficace, terriblement dangereuse et surtout très inutile. Nombre de ces articles sont accessibles gratuitement sur notre site, par exemple celui sur  les pleurs des bébés et leurs liens probables avec les vaccins,  celui sur l’écologie microbienne et sa perturbation désastreuse par les vaccins,  et  celui sur l’escroquerie des vaccins anticancer.  Nous avons aussi  mis en ligne des articles apportant une information alternative sur la poliomyélite, le tétanos  et la rougeole. Rédigé par une docteure en sciences et publié en septembre 2012, ce dernier article contenait notamment le passage suivant : « Un exemple concret de la conséquence grave de la vaccination sur la santé globale est lié à la fonction oncolytique du virus  de la rougeole, c’est-à-dire sa capacité à infecter et  à détruire spécifiquement les cellules cancéreuses. Dès le XIXe siècle, des rapports parus dans la littérature scientifique décrivent la régression totale souvent spectaculaire de divers types de cancer à la suite d’une infection rougeoleuse ». Cinq ans plus tard, des oncologues américains de la célèbre clinique Mayo viennent d’annoncer triomphalement qu’une de leurs patientes, atteinte d’un cancer des os en phase terminale, était en rémission complète après avoir été traitée par une dose massive du virus de la rougeole ! Outre qu’elle jette un éclairage précieux sur la fonction salutaire des microbes,  cette nouvelle accrédite totalement ce que nous disions à l’époque, à savoir que le vaccin antirougeole est susceptible de détériorer dramatiquement la réponse immunitaire des enfants et de les surexposer plus tard au risque de cancer. Malheureusement, les vaccinateurs fous n’en prennent pas conscience et continuent à croire qu’on peut impunément injecter des germes manipulés et des adjuvants toxiques à des bambins sans défenses.

Il faut donc persévérer.  Remettre  l’ouvrage sur le métier et continuer d’informer le grand  public sur les dessous et les enjeux du mythe vaccinaliste. Nous n’avons pas la prétention d’être la meilleure source d’infos critiques sur les vaccins, et certainement pas la plus exhaustive. Par contre, nous avons pris l’habitude de signaler à nos lecteurs l’existence d’autres sources et outils intéressant(e)s.  À maintes reprises,  nous avons par exemple redirigé notre lectorat vers Initiative Citoyenne, une association lancée par trois femmes belges et dont le site est devenu en quelques années une banque de données indispensable sur les vaccins et leurs dangers. Dans le prochain numéro de Néosanté, nous allons aussi évoquer un travail remarquable effectué aux Etats-Unis, à savoir un film documentaire en sept épisodes  intitulé « The truth about vaccines » (« La vérité sur les vaccins »). Si vous comprenez l’anglais, vous pouvez accéder aux sept vidéos en cliquant ici.  Aujourd’hui, je voudrais vous signaler une autre initiative admirable, celle du Dr Claudina Michal-Teitelbaum. Médecin-pédiatre à Lyon et co-auteure du livre  « Faut-il faire vacciner son enfant ? » , cette intrépide praticienne versée en épidémiologie s’est sentie interpellée par le projet de l’ex-ministre de la santé de rendre 11 vaccins obligatoires en France. Elle s’est interrogée sur la légitimité de cette future loi inique  et elle  vient de publier ses réflexions à travers une passionnante série d’articles postés sur le blog Docteurdu16. Je vous donne le lien menant à l’article le plus récent  , mais je vous encourage à lire attentivement toute la série car elle compose une excellente analyse de la grande fuite en avant vaccinaliste qui se dessine actuellement dans l’hexagone. Ces textes seront particulièrement utiles aux jeunes parents qui cherchent à se soustraire aux obligations vaccinales et  qui sont en butte au discours culpabilisant des autorités sanitaires. Espérons que ce travail fantastique devienne rapidement un livre à mettre entre toutes les mains !

De notre côté, nous continuons à apporter notre petite pierre à l’édifice. Et pour ce faire, nous avons entamé une collaboration avec Pierre-Jean Arduin, un jeune polytechnicien et docteur en neurosciences français qui a publié à compte d’auteur l’ouvrage « Pourquoi vacciner ? ». Sorti l’année dernière, ce bouquin n’est pas un réquisitoire contre les vaccins mais un exposé très bien documenté qui remet en cause de manière argumentée certaines idées pro-vaccinales. Dans le Néosanté n° 56 de mai 2016, nous avons publié de larges extraits de ce livre hautement recommandable, ceux où l’auteur dresse la liste des principales maladies combattues par la vaccination et où il en résume l’état des connaissances. Riche en références et illustré par des graphiques éloquents, Pourquoi vacciner ? arrive à la conclusion que les vaccins ont joué un rôle mineur dans la disparition des grands fléaux épidémiques et que leur utilité est pour l’heure loin d’être évidente, notamment en raison de leurs risques avérés. De Pierre-jean Arduin, nous avons également publié en ligne un article exclusif sur les notions d’ « immunité de troupeau » et de protection collective, dans lequel il explique que cet argument altruiste n’est pas non plus fondé sur des preuves très convaincantes. Vous pouvez lire ou relire ce décryptage en cliquant ici. Après avoir publié ce texte, je me suis dit que j’allais faire une pause éditoriale sur le thème des vaccins. Je ne voyais pas trop ce que je pouvais encore apporter d’original et de « ré-informatif » dans ce domaine. Mais j’ai changé d’avis en lisant récemment le livre « Vaccins : pourquoi ils sont indispensables » de Philippe Sansonneti. Professeur à l’Institut Pasteur et au Collège de France, cet éminent savant est considéré comme un des plus grands spécialistes mondiaux de la prévention par les vaccinations. S’il a pris la plume, c’est précisément pour plaider en faveur de cette approche controversée et pour répondre aux inquiétudes croissantes de la population. Or son ouvrage, d’une insigne indigence, est une véritable insulte à l’intelligence. C’est un bric-à-brac de contre-vérités, d’approximations et d’arguments d’autorité que ne vient appuyer aucune référence scientifique ! Pour tout dire, ce petit opus de 200 pages censé nous démontrer l’indispensabilité des vaccins mentionne pour seules sources bibliographiques une dizaine d’autres livres mais pas une seule étude digne de ce nom. Bref, Sansonetti prend les gens pour des benêts tout justes bons à le croire sur parole et incapables de vérifier ce qu’il raconte. À mes yeux, ce document de pure propagande n’est que roupie de sansonnet, c’est-à-dire une chose parfaitement insignifiante. (*)

Mais plutôt que d’incendier ce bouquin – ce serait lui faire trop d’honneur – , j’ai préféré demander à Pierre-Jean Arduin d’en faire une lecture critique rationnelle et posée, sans intention délibérée de dénigrer, uniquement dans le but d’en souligner les faiblesses. D’un naturel calme et pondéré, rigoureux et consciencieux, le polytechnicien a mis trois mois pour faire ce travail et pour me livrer un article de 20.000 caractères. Sa conclusion ? « Je reste convaincu que le bénéfice des vaccins reste nettement surévalué et ses conséquences néfastes largement tues.
De prime abord, j’envisageais de l’imprimer dans le mensuel Néosanté du mois de juillet. J’ai cependant choisi de le diffuser plus largement en le mettant en ligne et en l’offrant en lecture aux abonnés de la newsletter (cliquez ici pour lire). Pourquoi ce revirement et pourquoi donner gratuitement un travail que je rémunère ? Parce Pierre-Jean m’a communiqué deux détails qui m’ont remué les tripes : le livre de Sansonetti figure en tête des ventes dans sa catégorie sur Amazon tandis que le sien n’a trouvé à ce jour que 300 acheteurs. Je trouve ça vraiment trop injuste : le formidable essai du jeune ingénieur a été passé sous silence par la presse tandis que le bouquin indigne du distingué professeur bénéficie d’un énorme et très lucratif soutien médiatique. À mon humble niveau, je vais donc tenter d’inverser quelque peu les tendances : je vous partage l’article décrivant en quoi le livre de Sansonetti ne vaut guère plus qu’une roupie et je vous encourage vivement à acquérir l’ouvrage de Pierre-Jean Arduin. Cliquez ici pour le commander directement.

Précision utile : c »est un geste désintéressé et je ne toucherai aucune commission par livre vendu. Je fais cela uniquement pour soutenir notre collaborateur dans sa démarche informative. Et il sera payé pour l’article que je renonce à publier dans notre périodique payant. En revanche, je songe aux finances des éditions Néosanté en vous annonçant qu’un autre article sur les vaccins sera imprimé dans le numéro d’été du mensuel. Dans la rubrique « Santéchos », on va en effet vous parler d’une étude scientifique montrant que les enfants non vaccinés sont en meilleure santé que les enfants vaccinés. Ce n’est pas la première du genre, mais c’est la première à être publiée dans une revue à comité de lecture, et donc à répondre aux critères de la science la plus pointue. Et que dit cette enquête réalisée sur des centaines d’enfants américains ? Que ceux d’entre eux épargnés par les vaccinations courent beaucoup moins de risques de déclarer des maladies chroniques, des allergies, des troubles de l’apprentissage et des troubles neuro-développementaux comme l’hyperactivité et l’autisme. Par rapport à ses congénères vaccinés, un enfant sans vaccin court par exemple 4 fois moins de risques (!) d’être diagnostiqué autiste ! Évidemment, ne comptez pas sur les médias de masse pour vous informer de cette recherche et de ses accablantes conclusions. Il faudra lire Néosanté pour échapper aux sornettes des sansonnets chargés de vous chanter les louanges des vaccins.

Yves Rasir

(*) Dans cette jolie expression, la roupie ne désigne pas la monnaie indienne, c’est un terme d’ancien français désignant une vulgaire crotte de nez….

Mes trucs de santé (IV) : le soleil au naturel

Si je devais établir un classement de mes « trucs de santé », l’exposition au soleil figurerait certainement à la première place. D’abord et avant tout parce que je lui dois une fière chandelle. Il y a presque 57 ans, à l’âge de 10 mois, j’ai  été hospitalisé suite à un eczéma atopique généralisé. Mes parents m’ont raconté que je me grattais de la tête aux pieds jusqu’au sang et que ma vie était presque menacée tant ma peau était ulcérée. Heureusement, les rayons ultraviolets n’étaient pas encore diabolisés à l’époque, et c’est un traitement avec des lampes UV qui m’a permis de me rétablir. Certes, la médecine de 1960 avait déjà remplacé le solarium naturel par de l’artificiel, mais elle n’avait pas encore oublié qu’elle soignait naguère le rachitisme, les maladies osseuses,  les blessures de guerre et toutes les affections cutanées par l’héliothérapie.  Grâce à cette épreuve précoce, j’ai compris plus tard que le rayonnement solaire était le grand ami de mon épiderme et que je pouvais soigner ainsi mon vieux conflit de séparation. Comme par hasard, ma  peau assez mate  tolère très bien  les bains de soleil et ceux-ci lui font énormément de bien. Ils la brunissent, mais surtout ils l’assainissent et la rajeunissent, ajoutant une sorte de lasure satinée à la couche de bronzage. Il n’est pas encore né, celui qui me fera croire que de tels effets esthétiques dissimulent des méfaits pour la santé. Son teint coloré témoigne qu’un être humain n’est pas malade, le hâle lui va bien mieux que la pâleur,  et ce qui embellit à l’extérieur ne peut qu’améliorer les choses  à l’intérieur. Chercher le soleil  et s’y dorer,  ou du moins s’y mouvoir,  c’est à mes yeux la plus utile et la plus profitables des occupations estivales. Et comme des millions de vacanciers pensent visiblement la même chose chaque année, je ne suis pas près de m’amender.

Car je ne suis pas devenu héliophile par la seule grâce d’une expérience personnelle positive.  Je me fie tout autant à la puissance de l’instinct et à la sagesse du bon sens populaire, lesquelles vont souvent de pair. Lors de leurs transhumances annuelles, les estivants occidentaux fuient les cieux gris et mettent massivement le cap vers les côtes azuréennes. Pourquoi ?  Si tant de gens éprouvent la nécessité de lézarder en été, c’est que ça répond à un profond besoin ! Lequel ?  Cela fait déjà quelques décennies que la science a partiellement répondu à cette énigme : les habitants de régions peu ensoleillées sont pour la plupart carencés en vitamine D, or cette précieuse vitamine est pour l’essentiel synthétisée au niveau de la peau sous l’action du rayonnement UV. Elle peut être apportée par l’alimentation (poissons gras, abats, jaune d’oeuf…), mais sa forme la plus disponible et la plus efficiente est indiscutablement fournie par l’astre solaire. Remède souverain de l’ostéoporose, cette vitamine considérée aujourd’hui comme une hormone protège de nombreuses maladies comme la sclérose en plaques, le diabète  ou l’hypertension.  Mieux : il est maintenant certain que cet effet préventif concerne également de nombreux cancers ! Actrice majeure du système immunitaire, la vitamine D est en outre la meilleure des parades aux attaques infectieuses. Bref, le temps de la psychose est révolu. Il est vrai que notre bonne étoile peut faire un peu de tort  aux épidermes fragiles qui en abusent.  Mais il est mensonger de la présenter comme un agresseur maléfique du corps humain. C’est au contraire sa plus fidèle alliée. Pour la santé des Terriens, cette naine jaune est une géante !

Dans le mensuel Néosanté, nous avons déjà beaucoup œuvré à la réhabilitation du soleil. Pour faire (res)sortir ses vertus de l’ombre, nous avons notamment publié un dossier de Pryska Ducoeurjoly en juin 2012. Nous l’avons mis en ligne sur notre site et vous pouvez le (re)lire en cliquant ici. En juin 2015, c’est notre journaliste  Emmanuel Duquoc qui a mené l’enquête sur les meilleurs moyens de « rayonner de santé » grâce au soleil. Riches en conseils pratiques, son dossier incitait notamment à s’exposer sans crèmes, sans lunettes solaires et (idéalement) sans vêtements. Cet article  n’est pas encore disponible gratuitement sur notre coin de toile, mais j’ai découvert que d’autres acteurs du Web avaient déjà pris la liberté de l’offrir en lecture à leurs visiteurs. Comme la source est mentionnée, je n’en prends pas ombrage et je vous file même un lien vous permettant de (re)découvrir cet article hautement mortel pour les idées reçues. En surfant, j’ai incidemment découvert qu’une blogueuse indélicate avait repris textuellement  mon tout premier article sur le soleil, co-rédigé avec le naturopathe Alain mahieu et  publié en  2005 dans le magazine BIOINFO. Là, j’étais furax. Mais comme c’est la seule trace numérique de ce travail et qu’il contient des infos qui n’ont guère vieilli, je vous dirige quand même vers ce blog usurpateur. En revanche, je ne peux pas encore vous aiguiller digitalement vers deux autres dossiers d’Emmanuel Duquoc  parus dans Néosanté, le premier  en mars 2016 consacré à la méthode France Guillain (basée, entre autres, sur le bronzage instinctif) et le second en juillet 2016 sur les méthodes thérapeutiques consistant à « regarder le soleil ». Si vous n’étiez pas (encore) abonné(e) l’an dernier et si vous désirez toutefois  lire ces textes, vous pouvez acheter les numéros qui les contiennent (Néosanté 54 et 58) dans notre boutique, en version papier ou numérique.

Le soleil de la réinformation brille aussi dans la rubrique Santéchos  du mensuel. Par exemple, dans le numéro de juin qui sort demain, nous relatons les résultats d’une étonnante étude récemment publiée dans le prestigieux journal JAMA. Elle montre que chez les femmes ménopausées, le taux sanguin de vitamine D  est inversement associé au risque de cancer. Avec un niveau suffisant, la probabilité de développer une pathologie cancéreuse est diminuée de 30%.  Rien de bien neuf là-dedans. De précédentes recherches avaient révélé que la protection anticancéreuse de la vitamine D pouvait atteindre 67% lorsque le niveau de vitamine D dans le sang est de 40 ng/ml, soit le double des recommandations officielles. Ce qui est troublant, c’est que la nouvelle étude, menée en double aveugle contre placebo, indique qu’une supplémentation en vitamine D3 et en calcium pendant 4 ans ne protège pas mieux les femmes âgées contre le cancer. On peut donc en déduire que l’alimentation et la complémentation alimentaire jouent un rôle mineur et que c’est bien le rayonnement UV qui procure le bénéfice sanitaire. Inutile de préciser que l’industrie des bancs solaires s’est empressée de répercuter l’info par voie de communiqué de presse. À ma connaissance,  cette nouvelle n’a cependant pas été reprise par les médias : trop dérangeante pour les dogmes officiels !

Par contre, les journaux et télévisions ne manquent jamais une occasion de rallumer la hantise antisolaire. Puisque les bienfaits du soleil ne peuvent plus être niés, il s’agit de dramatiser à outrance son impact potentiel sur la peau. En 2014, par exemple, les médias ont fait grand cas d’une étude américaine indiquant que 5 coups de soleils subis dans l’enfance ou l’adolescence suffisaient à augmenter de 80% le risque de développer plus tard un mélanome et de 68% celui de développer un carcinome cutané. Ce qu’on oublie de dire, c’est que cette recherche menée sur une cohorte d’infirmières (un groupe social pas vraiment représentatif de la population générale)  ne montre qu’une association entre les brûlures de jeunesse et  l’incidence des cancers de la peau.  Or un lien d’association n’est pas un lien causal. Si ça se trouve, il y avait peut être aussi plus de cancéreuses chez les mangeuses de beignets aux pommes, les joueuses de base-ball ou les chanteuses de gospel. La corrélation repérée permet d’autant moins de conclure à la causalité que l’enquête ne s’est pas intéressée à la façon dont les anciennes ados prenaient soin de leur peau et ont soigné leurs érythèmes. Bien évidemment, les chercheurs n’ont pas non plus imaginé que la vulnérabilité épidermique pouvait coïncider avec une grande sensibilité émotionnelle. De plus, l’étude n’a pas trouvé la même corrélation entre cancers et coups de soleil à l’âge adulte, ce qui est quand même curieux si l’exposition excessive est en cause.

L’année dernière, la presse a fait encore plus fort en titrant que les travailleurs travaillant à extérieur étaient plus à risque de contracter un cancer cutané que les employés de bureau. L’origine de ce cri d’alarme ? Un rapport rédigé par l’Académie Européenne de Dermatologie et de Vénéréologie (EADV). Bien qu’il ne l’avoue pas ouvertement, il faut  d’abord  noter  que ce lobby très actif à Bruxelles est financé en partie par l’industrie pharmaceutique et cosmétique.  Dans ses statuts, il est bien stipulé que les entreprises concernées par la santé de la peau  sont les bienvenues parmi les donatrices, or plusieurs gros laboratoires relaient les travaux et font de la pub pour les congrès de l’EADV. Ensuite, relevons que ce fameux rapport évoque un risque accru de carcinome  pour les travailleurs extérieurs, mais pas de mélanome. C’est encore une bizarrerie difficilement compréhensible si le rayonnement solaire est impliqué dans la carcinogenèse.  D’autre part, il saute aux yeux que les études rassemblées dans le rapport sont biaisées :  plus de la moitié des travailleurs « outdoor » suivis par les chercheurs sont des agriculteurs ! Or ces derniers, nul ne peut l’ignorer,  sont de gros utilisateurs d’engrais et pesticides chimiques.  Hier encore, dans le dossier du glyphosate,  le journal Le Monde révélait que les études cachées par Monsanto montraient chez les rongeurs exposés à l’herbicide un nombre accru de cancers, notamment de la peau.  Après les travailleurs agricoles, ce sont les ouvriers du bâtiment qui forment le contingent mis en garde par l’EADV, mais on inclut dans ce secteur  les pauvres gars qui asphaltent les routes et qui respirent des produits goudronnés toute la journée. Sous le soleil, ce métier est encore plus dangereux, mais ce sont les émanations et les particules toxiques qui posent problème, pas la source de chaleur ! Last but not least, il faut relativiser ce rapport héliophobe en soulignant que d’autres recherches ont déjà abouti à la conclusion inverse.  Par exemple, une étude  sur les militaires de l’US Navy a naguère montré que les marins opérant en cale faisaient plus de cancers de la peau que ceux travaillent sur le pont. Jusqu’à preuve convaincante du contraire, il n’y a donc pas de raison de faire paniquer les braves maçons ou fermiers qui bossent sous le soleil. Je ne changerai d’avis que si on prouve un jour un supplément de risque chez les agriculteurs bio. Ou chez les nudistes.

Ce qui me navre,  c’est que la propagande dermato-industrielle fait le buzz et qu’on oublie complètement l’étude retentissante publiée en février 2005 dans le Journal of the National Cancer Institute.  Rappelez-vous : cette recherche a été réalisée aux Etats-Unis sur 528 personnes atteintes de mélanome et suivies cliniquement pendant 5 ans.  À leur grande surprise, les chercheurs ont constaté une relation inverse entre le risque de mourir de cette maladie et l’intensité de l’exposition au soleil. Plus les patients avaient subi de coups de soleil ou s’étaient prêtés à des bains de soleil de longue durée, moins ils couraient de risque de décéder de mélanome. Les érythèmes  et l’exposition élevée les ont protégés de la mort !  Dans ses conclusions, cette étude fascinante relève même que l’élastose solaire – autrement dit le vieillissement et le desséchement de la peau induits par le soleil – semble également jouer un rôle protecteur. Or c’est le discours exactement opposé qui prévaut actuellement : on prétend que chacun d’entre nous dispose à la naissance d’un « capital solaire » et que son épuisement progressif nous rapproche inéluctablement des maladies dermatologiques. Cette affirmation sans fondement me fait penser à celle qu’on tenait auparavant sur les neurones et sur leur déclin  menant  inexorablement à la dégénérescence cérébrale. Aujourd’hui, on sait que c’est faux, que les cellules nerveuses ne périclitent pas en fonction de l’âge et que, de toute façon, les connexions synaptiques peuvent compenser un dépeuplement cellulaire. En fait, dire que la santé de la peau est limitée dans le temps et que les rides sonnent le glas de sa vitalité, c’est aussi stupide que de dire que les poumons ont un quota de respirations à ne pas dépasser ou que le cœur reçoit au départ sa réserve de battements. Il n’ y  a pas plus  de capital solaire que de capital pulmonaire ou de capital cardiaque. C’est une chimère destinée à faire peur et à faire acheter des produits protecteurs.

Bon, avec tout ça, je ne vous ai pas encore confié comment je pratiquais concrètement l’héliothérapie naturelle. C’est simple : j’applique tous les conseils prodigués  par Emmanuel Duquoc  dans son dossier de 2015 (voici à nouveau le lien), et notamment son triptyque principal : sans crème, sans lunettes et sans vêtement (à l’exception d’un maillot, je ne suis pas naturiste). Les écrans, je n’en mets jamais, sauf un indice 15 bio sur le nez aux sports d’hiver, par fort ensoleillement. Outre  leur toxicité avérée quand elles sont chimiques, les crèmes protectrices ont le grave défaut d’empêcher la synthèse de vitamine D (jusqu’à 99 % pour un écran total) et celui de tromper la peau. Sans le signal naturel du rougissement, on est plus enclin à faire la crêpe trop longtemps. Le sevrage des lunettes, j’ai essayé l’année dernière et ça marche très bien : lorsqu’ils ne sont pas abrités derrière des verres solaires, les yeux ne privent pas le cerveau de la précieuse information lumineuse et on sent beaucoup plus facilement approcher le picotement avertisseur. Bien sûr,  mes yeux bruns  et mon type de peau m’autorisent aisément cette relative insouciance. Si j’étais un blond aux yeux bleus allongé sur une plage australienne, je serais beaucoup plus prudent.   Les peaux pâles peuvent  cependant se consoler en sachant que leur « handicap » est en réalité une ingénieuse adaptation de l’espèce humaine après son départ d’Afrique : plus l’épiderme est blanc, plus sa sécrétion de vitamine D est performante. Pour un basané comme moi, le bronzage est quasiment vital. Pour les individus de type nordique, il suffit de se laisser caresser quelques minutes pour emmagasiner  à gogo la vitamine du soleil. S’ils veulent quand même bronzer, ces derniers peuvent cependant appliquer le protocole naturel tout en douceur  et progressivement.

Parmi les conseils d’Emmanuel, je vais épingler un élément  important : la peau se protège elle-même grâce à la sécrétion de sébum par les glandes sébacées.  Vu que les savons et le chlore ont tendance à décaper ce vernis protecteur, il ne faut pas s’exposer au soleil après s’être douché ou après avoir piqué une tête dans un bassin de natation. Personnellement, en bord de piscine, j’attends toujours quelques minutes à l’ombre avant de retourner à la lumière. En revanche, je ne le fais jamais après une baignade en mer.  Au contraire, je me laisse volontiers sécher au soleil après avoir nagé dans la grande bleue. Au lieu d’accélérer l’inconfort et de rapprocher le seuil de rougeur, j’ai maintes fois remarqué que cette habitude me permettait de bronzer plus vite en toute sécurité. Tout se passe comme si l’eau salée, la brise iodée et les rayons UV entraient en synergie pour me procurer bien-être et brunissement. Après ce plaisir balnéaire, je ne ressens pas non plus la nécessité de huiler ma peau. Serait-ce que chez moi, le mariage de l’eau de mer et de la radiation solaire serait particulièrement bénéfique ? À ce stade de mon infolettre, je m’aperçois que je n’ai pas encore abordé la dimension symbolique de ces deux éléments. Or il y aurait beaucoup à dire sur le symbolisme maternel de la mer et le symbolisme paternel du soleil. Les personnes allergiques à celui-ci auraient grand intérêt à s’interroger sur leur rapport au père ! Je garde ce thème pour une prochaine newsletter et je vous quitte sur une dernière réflexion de bon sens à l’approche des vacances : la place des homards et des écrevisses, c’est dans l’assiette et non devant !

Yves Rasir

Mes trucs de santé (III) : l’hygiène nasale

L’hygiène, c’est une notion essentielle de la naturopathie. Avant qu’ils n’adoptent le vocable américain (*), les premiers naturopathes français du 20ème siècle appelaient d’ailleurs leur discipline l’« hygiénisme », un mot lui-même emprunté à une révolution introduite dans l’architecture et l’urbanisme au 19ème siècle. L’invention des latrines, la création des égouts, le traitement des eaux usées,  le ramassage des déchets et  l’arrivée de l’eau courante  dans les habitations vont permettre alors d’endiguer les grandes épidémies. Contrairement à un mythe tenace attribuant tous les mérites à la médecine, c’est en effet l’hygiénisme urbanistique, et non les vaccins et les médicaments,  qui a véritablement déclenché le reflux des fléaux infectieux comme le choléra, la diphtérie ou la tuberculose. Dérivée de ce mouvement architectural axé sur la salubrité, la doctrine hygiéniste a cependant pris une dimension médicale en insistant sur l’importance sanitaire des comportements individuels. C’est notamment l’époque où se fonde la diététique scientifique, où renaît l’attrait pour le thermalisme, où se créent les premiers sanatoriums et où le sport retrouve ses lettres de noblesse via la résurrection des jeux olympiques.  L’hygiène corporelle sera également le leitmotiv des premiers praticiens de médecine naturelle de l’ère moderne.

Très vite, les naturopathes acquièrent cependant la conviction que « trop d’hygiène tue l’hygiène ». Alors que les médecins allopathes classiques se fient aux antibiotiques, antiseptiques et autres produits biocides pour combattre les microbes, les vrais héritiers d’Hippocrate se focalisent sur l’équilibre du terrain  et recommandent de l’entretenir sans artifice chimique. Oui à la propreté, non à l’excès de soins biocidaires entraînant l’affaiblissement immunitaire. Par exemple, ils vous suggéreront de vous laver régulièrement à l’eau claire, éventuellement au pain d’Alep,  mais certainement pas de vous décaper la peau à grand renfort de savons antibactériens. L’écologie du tissu cutané demande à être respectée.  De même pour les muqueuses.  Les hygiénistes contemporains ne vont pas vous conseiller les dentifrices et les bains de bouche bactéricides perturbant la flore buccale,  ni inciter les femmes à pratiquer des douches intimes détruisant leur flore vaginale. Côté anal, les lavements rectaux et les douches intestinales peuvent se faire avec de l’eau où ont décocté des plantes,  mais certainement pas avec des produits nettoyants. S’agissant des oreilles, les « naturos » vitalistes prêcheront également une hygiène raisonnée consistant à ne pas annihiler le cérumen, une substance cireuse qui a son utilité.

Si je vous fais cette longue introduction, c’est pour vous partager ma perplexité lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de l’hygiène nasale. J’appréhendais bien la nécessité de se moucher le nez lorsqu’il est encombré, de le dégager au besoin par des inhalations, voire de l’assainir par des séances de Bol d’Air Jacquier, mais je ne voyais pas du tout l’intérêt d’y introduire un quelconque objet ou un quelconque  liquide. La nature du corps humain étant bien faite, les fosses nasales n’étaient pas – à mon avis – des orifices destinés à être pénétrés d’aucune façon. J’étais d’autant plus perplexe que c’est une naturopathe chevronnée, la pétulante et sémillante Ludmilla de Bardo, qui m’a entretenu un jour de cette fameuse hygiène du nez. Âgée aujourd’hui de 72 ans, l’épouse de feu Boris de Bardo est à mon sens une femme exceptionnelle et une grande figure de la santé naturelle. Elle a toujours défendu la naturopathie authentique, minimaliste dans ses interventions, et non cette multitude de « naturothérapies » ayant la prétention d’épauler ou de pallier la nature à l’aide de multiples médications. Dès les premières minutes de notre conversation, sur un salon où elle  vendait ses graines à germer et ses laits végétaux, Ludmilla a cependant vaincu mon scepticisme et m’a ouvert les yeux : loin d’être une invention récente et occidentale découlant de l’obsession pasteurienne envers les germes, l’hygiène nasale est une très ancienne tradition venue d’Orient !  

C’est en Inde qu’on en retrouve la plus lointaine origine. En sanskrit, on l’appelle là-bas « jala neti » (« nettoyage par l’eau »).  Pour les yogis, le lavage du nez et des sinus fait partie intégrante de l’hygiène corporelle quotidienne. Selon l’ayurveda, cette forme d’ablution est un moyen très efficace de prévenir les  troubles respiratoires variés en raffermissant les muqueuses et en les débarrassant des impuretés.  C’est aussi une pratique favorisant le Pranayama, les exercices yogiques de respiration alternée entre narines. Pour procéder au lavage nasal, les Hindous utilise le « lota », sorte de petit arrosoir dont l’embout épouse l‘anatomie et permet une profonde irrigation des cavités, grâce à la légère pression exercée par le passage du filet d’eau dans le nez et l’arrière-nez. L’eau employée est préalablement salée avec de la fleur de sel ou du sel nigari, autrement dit du chlorure de magnésium naturel, et elle est amenée à température du corps, c’est-à-dire tiède. Selon la médecine traditionnelle indienne, ce geste quotidien désencombre et nettoie le nez en douceur. Il est recommandé dans les soins et la prévention  des rhumes, sinusites, pharyngites,  rhinites et autres allergies. Très souvent, les personnes allergiques au pollen ou aux poussières voient leur gêne diminuée en se lavant le nez avec de l’eau salée. En Norvège, les spécialistes ORL  recommandent  officiellement l’hygiène nasale.

Si vous voulez en savoir plus,  allez visiter le site de Ludmilla de Bardo http://www.ludmilladebardo.com/.  Vous pourrez notamment y visionner une courte vidéo de démonstration, acquérir le matériel nécessaire (le sel et le lota,  mais aussi des cordelettes et des stylets qui permettent de compléter le drainage par une action de curage) et vous inscrire aux formations de Ludmilla. J’ai vu qu’elle organise un nouveau stage théorique et pratique les 10 et 11 juin prochains à Paris. L’hygiéniste française a aussi publié un petit livre intitulé « La santé par le nez », où elle dévoile tous les avantages de l’hygiène nasale. Selon elle, les bénéfices  du « jala neti » ne se limitent pas à la sphère ORL mais s’étendent bien au-delà pour constituer un moyen d’autogérer sa santé globale. Je la cite : « L’hygiène nasale réveille les défenses immunitaires, rééquilibre le système nerveux et hormonal, évite les pertes de mémoire, améliore les états d’insomnie, de spasmophilie, d’hypoglycémie, de boulimie, les troubles gynécologiques, de frigidité, d’impuissance, l’état de stress, etc. » Et elle ajoute que cette véritable médecine holistique « allège le poids du psychisme et libère et accroît les réserves vitales ». Si ce n’est pas une panacée universelle, c’est assez bien imité.

Personnellement, je ne crois pas trop à ces promesses mirobolantes, surtout quand leur formulation n’est pas dénuée d’intérêt commercial. En revanche, je peux parfaitement imaginer que la technique agisse à distance sur d’autres systèmes et organes. Le corps et l’esprit sont un, ce n’est pas à vous que je dois faire un dessin. Et pour ce qui est du nez, j’en ai moi-même éprouvé l’efficacité puisque je ne souffre plus, ou quasiment plus, des sempiternelles rhinites allergiques qui m’ont pourri l’enfance et la jeunesse. Il me semble que je suis aussi moins enrhumé et « anginé » qu’autrefois.  Toutefois, je ne pourrais pas jurer non plus que l’hygiène nasale a joué un rôle décisif dans l’amélioration de ma santé car j’ai adopté à la même époque d’autres méthodes d’hygiène naturelle, notamment sur le plan alimentaire. Je vous dois surtout un aveu : j’ai très vite abandonné l’usage de l’arrosoir, trop fastidieux à mon goût, pour me tourner vers les sprays de sérum physiologique disponibles en pharmacie et dans certaines boutiques bio. On obtient plus ou moins le même effet de « débouchage » des fosses nasales, surtout avec la forme hypertonique du plasma marin. Lorsque que je n’oublie pas d’en commander,  je préfère naturellement me procurer les produits  Quinton, dont l’origine océanique et la micronisation à froid sont une garantie de qualité non négligeable. Deux « pschht » tous les matins, et me voilà bien réveillé et prêt à affronter la journée sans (sur)consommer  de mouchoirs.

Mais je vous dois une confidence supplémentaire : comme je cherche à me débarrasser de toutes les aides extérieures à la santé, à me passer de tous les types de béquilles,  j’ai aussi laissé tomber les sprays que je n’utilise plus qu’occasionnellement, lorsque je perçois une menace d’encombrement nasal. En lieu et place, je me contente de faire couler  l’eau du robinet dans mes deux mains formant récipient et d’en respirer le contenu. Ça fait un peu l’effet d’un saut en piscine sans pince-nez, et ça vous  dégage spectaculairement les sinus. Je répète cette opération matinale plusieurs fois de manière à évacuer toutes les impuretés incrustées.  Certes, je ne peux plus dire que je pratique dans les règles l’art ancestral des ascètes indiens. Et il est clair que je bouscule mes muqueuses avec de l’eau de distribution froide,  même pas salée,  et chargée en chlore. Néanmoins, je suis convaincu que ce lavage journalier du nez participe à ma bonne immunité  et qu’il contribue à ma vitalité générale. Me voyant faire, une partie de ma petite famille a adopté la même habitude et semble en ressentir les mêmes bienfaits.  Essayez à votre tour l’hygiène nasale, et vous m’en direz des nouvelles !
À bientôt pour d’autres « trucs de santé ».

     

Yves Rasir

 

Mes trucs de santé (II) : l’automassage

Comme promis, j’entame une série d’infolettres sur les méthodes et astuces de santé naturelle qui me permettent, je pense, d’afficher une belle vitalité malgré que je me rapproche du troisième âge. Jeune journaliste, j’ai vite compris que ce métier permettait parfois de joindre l’agréable à l’utile. À l’aube de ma carrière, j’ai donc effectué plusieurs enquêtes et reportages sur la massothérapie qui m’ont permis d’expérimenter une grande variété de massages : californien, chinois, thaïlandais, coréen, ayurvédique  et autres. Par curiosité personnelle ou professionnelle, j’ai aussi testé les différences subtiles entre massages holistiques ou cinesthésiques, harmonisants ou dynamiques, sportifs ou métamorphiques, des plus marginalement « newageux » aux plus admis par la médecine d’école. Ce goût pour le toucher thérapeutique doit être transmissible car, à la maison, je suis le masseur attitré de mes trois filles, surtout la dernière qui réclame son massage du dos deux fois par semaine, au moment d’aller dormir. Le mercredi, c’est soirée-échange et elle doit aussi me masser les épaules et l’échine avant que je lui prodigue mes soins aux vertus soporifiques. Les autres jours, mes mains ne restent pas inactives car je me masse régulièrement la plante des pieds, les jambes avant et après un match de foot, le haut du dos, le cou  et l’abdomen. L’automassage de ces deux dernières zones est un rituel quasi quotidien auquel je ne dérogerai pour rien au monde parce que j’en ai éprouvé les formidables avantages.

Pour l’abdomen, cela remonte à mes gros soucis dorsaux, il y a une trentaine d’années. Victime de lumbagos à répétition, je me bloquais parfois trois vertèbres lombaires à la fois et je souffrais énormément. Après avoir tout essayé, j’ai suivi le conseil d’une amie médecin et suis allé voir un chiropracteur. Comme je l’ai appris, ces praticiens manuels sont particulièrement bien formés pour soigner la colonne vertébrale et ses innombrables ramifications nerveuses. En quelques séances, j’étais sorti d’affaire et je n’ai plus jamais eu de tour de reins. Mais je  le dois surtout à un secret révélé par mon chiro de l’époque : lui-même consultait fréquemment un kinésithérapeute pour se faire masser le ventre ! Les différents organes du système digestif, m’a-t-il expliqué, ne font pas souffrir lorsqu’ils sont en souffrance. Le foie, par exemple, n’est pas intrinsèquement douloureux lorsqu’il est mal en point. Par contre,  les muscles et tissus  annexes sont très sensibles à la moindre palpation.  Essayez, et vous verrez : si votre foie dysfonctionne, il suffit de manipuler le peau proche de la zone hépatique pour en être informé. Au début, ça fait un mal de gueux !  Je ne dis pas que j’étais dans le même état que le chef Abraracourcix dans un des albums d’Astérix (Le Bouclier Arverne, je crois), mais j’étais pas loin d’avoir la même sensibilité exacerbée. Le problème, c’est que cette tension ventrale se répercute  dans le bas du dos. Plus les viscères sont maltraités, plus la crispation locale a tendance à s’étendre et  à paralyser la région lombaire, jusqu’à annihiler sa lordose naturelle.  Le chiropracteur m’a montré comment « palper-rouler » la peau du ventre et à détendre tout ça pour soulager le côté verso. Tous les matins, je me plie à cet automassage qui m’aide considérablement à surmonter les éventuels excès de table de la veille. J’en ai perfectionné la technique quelques années après la révélation chiropratique, lors de ma rencontre avec Pierre Pallardy (*),  à l’occasion de la sortie de son livre « Et si ça venait du ventre ? ». Nous avons sympathisé et l’ « ostéopathe des stars » m’a encouragé à continuer de palper et rouler, mais aussi à pétrir tout le bas-ventre comme un boulanger pétrit la pâte dans son pétrin. Ça ne présente aucun risque, ce n’est pas du tout douloureux, et ça rapporte gros en termes de relaxation, côté face et côté pile. Comme Pallardy l’écrit dans son ouvrage, il  y a encore des tas de symptômes (fatigue, insomnie, prise de poids…) qui sont « miraculeusement » améliorés lorsqu’on prend l’habitude de s’automasser les entrailles. Et comme le ventre abrite aussi des milliers de neurones sensibles aux émotions, je suis persuadé qu’il s’agit là d’un outil de santé globale très performant. Faites l’essai, vous m’en direz des nouvelles !

Pour le cou, c’est ma découverte de la méthode AtlasProfilax qui a été déterminante. Chez le chiropracteur, j’avais déjà remarqué que le relâchement des tensions au niveau de l’atlas, la première des vertèbres cervicales, était très important. Avec ses doigts ou avec une sorte de pistolet à ressort, le chiro parvient à soulager des maux éloignés rien qu’en traitant le haut du cou et l’arrière des oreilles. Mais ce que j’ai vécu en me faisant « corriger l’atlas » m’a complètement bouleversé.  Pour rappel ou pour info, la technique de correction de l’atlas part du principe que cette vertèbre est très souvent mal positionnée, suite à un traumatisme ou même depuis l’accouchement. Les praticiens de cette méthode procèdent à son déblocage au moyen d’une sorte de  petit marteau-piqueur doté d’une pointe de caoutchouc. Après de longues minutes de ce pilonnage vibrant des muscles environnants, l’atlas est censé retrouver sa position normale une fois pour toutes. Je fais donc partie de la  communauté  privilégiée des « atlas-reprofilés » ! Dans Néosanté, nous avons publié un article sur le sujet que vous pouvez (re)lire en cliquant ici.  Sur internet, vous pouvez trouver les témoignages de gens qui ont suivi cette thérapie à séance unique d’origine suisse. Ils sont très majoritairement positifs, la plupart enthousiastes, voire carrément dithyrambiques. Dans mon cas, ce fut incroyable : en sortant de là, j’avais l’impression d’être libéré d’un carcan  et j’avais la sensation inouïe d’avoir des yeux dans le dos. Non, ce n’était pas une sensation, je pouvais littéralement regarder derrière moi sans tourner la tête ! L’élargissement de la vison latérale est en effet un des nombreux effets signalés par les personnes « corrigées », avec la mobilité retrouvée du cou, la disparition des raideurs, une douce euphorie, l’évanouissement des céphalées et une meilleure clarté d’esprit. Le hic, dans mon cas en tout cas, c’est que les bénéfices visuels ahurissants et la bonification  de l’humeur n’ont pas duré très longtemps.  Ils se sont progressivement estompés avec le temps. Personnellement, je ne crois donc pas à cette histoire de l’atlas reprofilé ad vitam aeternam. En revanche, je suis convaincu que le massage vigoureux de cette zone vertébrale est extrêmement bienfaisant. Je n’ai pas à ma disposition le pilon caoutchouté qu’utilisent les « atlasprofileurs », mais je me débrouille avec les doigts pour palper le haut de mon cou et appuyer là  où je sens une gêne ou une tension. Plusieurs minutes par jour, je me masse l’occiput perpendiculairement au trou occipital.  Sans bien sûr pouvoir le prouver, je suis persuadé que ce geste journalier n’est pas étranger à ma bonne santé musculo-squelettique générale. Et à mon bien-être psychique et corporel global.  Essayez aussi cet automassage, et vous me raconterez ce qu’il vous aura procuré !

À bientôt pour d’autres « trucs de santé » !

     

Yves Rasir

(*)  À propos de Pierre Pallardy, je suis au courant de sa déchéance et je n’ignore pas qu’il a été récemment condamné pour ses comportements irrespectueux envers certaines patientes.  Mais comme de coutume, je pars du principe qu’il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain et qu’il faut savoir distinguer l’homme de ses idées en faisant la part des choses. Pallardy reste à mes yeux l’ostéopathe novateur qui aura su enseigner que son art  envisage l’être globalement et que les atouts de l’ostéopathie vont bien au-delà de la simple manipulation ostéo-articulaire.

Mes trucs de santé (I) 

Quand je regarde dans le rétroviseur et que je parcoure les titres de toutes les infolettres hebdomadaires envoyées à ce jour (plus de 220 en 4 ans, consultables sur notre site), je m’aperçois que je vous ai souvent parlé de mes problèmes de santé, notamment de mes ennuis dentaires, de mes capsulites aux épaules  ou, plus récemment, de ma « triade malheureuse » au genou.  Il me semble que c’est une bonne chose car ça permet de faire passer le message que moi aussi, comme n’importe qui, je suis susceptible de « tomber malade » lorsqu’un stress émotionnel excède mes capacités  à le gérer au seul niveau psychique. Quelle que soit la qualité de son hygiène de vie et  quel que soit son degré d’adhésion aux médecines naturelles, tout un chacun peut être amené à somatiser si un conflit est trop intense et/ou devient trop long pour être supporté par son seul cerveau. En guise de preuve, je pourrais vous donner le nom de plusieurs naturopathes de stricte obédience qui sont décédés dans la fleur de l’âge ou qui ont souffert toute leur vie de diverses pathologies. Je ne suis pas non plus invulnérable et c’est parfaitement (bio)logique à mes yeux de vous en faire part. Cependant, le partage de mes pépins de santé pourrait faire croire que je les accumule, que mon terrain est décidément mal en point et que je suis donc mal placé pour exercer le métier que je fais.

Or j’ai la conviction d’être à ma place et de pouvoir utilement inspirer autrui. Compte tenu de ma faible énergie vitale à la naissance et de son affaiblissement supplémentaire  par maltraitance médicale durant ma prime enfance, compte tenu également de ma profession stressante et de ses exigences  sédentaires délétères, compte tenu enfin que je vis et travaille en ville,  je pense disposer aujourd’hui d’une vitalité satisfaisante et d’une assez bonne santé globale.  J’ai à présent 57 ans et on m’en donne généralement beaucoup moins. Ça fait au minimum trois décennies que je n’ai plus de médecin traitant et que je consulte seulement des spécialistes à des fins diagnostiques. Les hôpitaux, j’y vais parfois passer des examens mais je n’ai jamais dû  y séjourner ni m’y faire opérer depuis que je suis adulte.  Hormis ma dentiste pour détartrages et rafistolages,  mon kiné pour les revalidations et mon chiropracteur de manière plus préventive que curative, je ne vois plus aucun thérapeute car je n’en ressens plus le besoin. Ce n’est pas  de  la chance, mais le résultat de multiples expérimentations personnelles et d’un mode de vie  façonné au fil  de mes nombreuses enquêtes, lectures, formations et rencontres. C’est aussi le fruit d’habitudes quotidiennes ou régulières que j’ai adoptées après les avoir testées empiriquement. C’est ce que j’appelle, faute de mieux (et trop prétentieusement puisque je n’ai rien inventé moi-même), mes « trucs de santé ».

Dans les prochains mois, je vais consacrer une bonne douzaine de  newsletters à vous partager ces  astuces  glanées dans des bouquins ou  récoltées auprès d’experts en santé naturelle. Bien sûr, beaucoup vous seront familières et certaines vous sembleront banales. Mais d’autres, je crois, vont vous étonner et vous ouvrir des horizons insoupçonnés.  Bien sûr, je reste fidèle à mon souci de « démédicaliser » la santé et  d’encourager l’autonomie dans  ce domaine. Sauf exception, je ne vais  recommander aucune médication ni conseiller aucun soin nécessitant l’intervention d’un praticien. Tous les « tuyaux » que je vais vous refiler seront soit totalement gratuits, soit très bon marché, et en tout cas utilisables sans l’aide d’un tiers. Si le sujet abordé vous parle et que vous avez envie de témoigner, n’hésitez à le faire dans l’espace  dévolu aux commentaires sous la version en ligne de l’infolettre. Ainsi, les internautes pourront compléter leur information.   Quand j’en aurai fini avec mes expériences, je lancerai alors un appel à me communiquer VOS trucs de santé.  Vous avez sûrement aussi des tas de choses à partager : des trouvailles personnelles,  des remèdes de grand-mères ou des pratiques éprouvées dans telle ou telle approche, telle ou telle médecine. Et pour que tout le monde en profite, je m’attellerai à rassembler tous les témoignages, à les résumer par thèmes et à les publier ici-même. La semaine prochaine, je démarre la série avec mon expérience sur le massage, ou plutôt sur l’automassage puisqu’on peut déjà faire beaucoup  pour sa santé avec ses deux mains et ses dix doigts. Chez moi, le geste millénaire de s’automasser a produit des effets salutaires et parfois spectaculaires. C’est devenu un réflexe  journalier dont je vous révélerai dans 8 jours le protocole exact.

     

Yves Rasir

Immunité = identité

Dans ma lettre de la semaine dernière, j’ai oublié  de vous expliquer pourquoi on appelait le D.I.P un déficit immunitaire primaire. On l’appelle ainsi parce qu’il existe aussi des déficits immunitaires « secondaires » (D.I.S.), ceux qui ne sont pas congénitaux mais acquis durant la vie.  Dans cette catégorie, la faculté range bien entendu le SIDA, attribué à un virus, les immunodéficences suscitées  par des pathologies (leucémie, myélome multiple…) , celles provoquées par la malnutrition, ou celles qu’on observe chez les grands-brûlés. Il a également les D.I.S. iatrogènes, autrement dit ceux qui sont consécutifs à des traitements médicaux. Par exemple, les chimiothérapies du cancer sont reconnues immunosuppressives, de même  que les transfusions sanguines répétées ou l’administration de cortisone à hautes doses sur une  longue période. Last but not least, certains médicaments servent  à  induire volontairement une immunodépression chez les patients en attente d’une greffe d’organe, afin que ce dernier ne se pas rejeté par le système immunitaire du receveur. Dans les années 70, lorsque la transplantation  était encore balbutiante, il n’était pas rare que les patients greffés développent des maladies opportunistes mortelles, comme ce sera le cas plus tard des sidéens. Il n’est donc pas nécessaire qu’un germe intervienne ou qu’un gène soit altéré pour faire chuter l’immunité d’un individu : celle-ci peut s’effondrer  par la seule influence de facteurs  liés à l’environnement, au mode de vie ou à la médicalisation intrusive. C’est sur cette évidence que se sont fondées les théories « dissidentes » sur le sida. Aujourd’hui encore, les « repenseurs » du syndrome d’immunodéficience acquise estiment que ce fléau n’est pas imputable au H.I.V mais bien à une combinaison de facteurs immunodépresseurs comme la malnutrition, les antibiothérapies à large spectre, la toxicomanie « récréative », l’injection de drogues par voie intraveineuse et/ou une sexualité anale hors-norme. Le fait que l’épidémie de sida n’a pas pris l’ampleur annoncée dans les scénarios catastrophistes des années 80 plaide largement en faveur de son origine non infectieuse.

Mais bon, je ne vais pas ouvrir une nouvelle fois le débat sur le sida. C’était juste une parenthèse pour souligner que les coupables désignés par la médecine officielle ne sont pas forcément les bons. À présent, j’en viens à ma péroraison de la semaine dernière sur le rapport entre le système immunitaire des êtres humains et leurs besoins identitaires. Selon la formule qui prévaut en psychobiologie, l’immunité est au corps ce que l’identité est au psychisme. En d’autres termes, il y a une étroite correspondance entre ce que vit un individu sur le plan de son identité et la vitalité qu’il manifeste au niveau de son immunité. Ce sont les deux faces d’une même médaille, l’un des côtés représentant le corps physique et la matière, l’autre la psyché et sa réalité immatérielle. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces deux instances ne sont pas séparées et qu’elles sont en constante  interaction. Le corps n’existe pas, l’esprit n’existe pas, il n’existe que le corps-esprit de l’être global. C’est pourquoi il n’est pas abusif  d’écrire que « l’immunité = l’identité ». Tout ce qui renforcera l’une renforcera l’autre, toute ce qui nuira à l’une nuira à l’autre. Mais qu’est-ce que l’identité, me direz-vous ?  Vaste question ! Des générations de philosophes,  psychologues et sociologues  discourent depuis des siècles sur le sujet sans l’épuiser.  Je ne vais pas entrer dans ces savantes considérations mais me contenter d’une définition beaucoup plus simple : l’identité, pour l’essentiel,  c’est  ce qui est inscrit sur la carte d’identité. Ou du moins ce qui était imprimé naguère sur le document en papier,  avant que  le format électronique n’impose des codes chiffrés et ne relègue sur la puce quelques  précieuses informations. Celles-ci variaient selon les pays, certaines n’étaient pas de mise partout,  mais on peut estimer leur nombre habituel  à sept.  Il y a sept critères qui permettent généralement de décliner l’identité de quelqu’un. Quand on doit remplir un formulaire quelconque pour s’identifier, ce sont presque toujours ces 7 éléments qui reviennent :    1) Le nom ; 2) Le prénom ; 3) La date de naissance ; 4) L’adresse du domicile ; 5) Le sexe ; 6) La nationalité ; 7)  La profession.  

Bien sûr, cette liste est trop limitative. On peut se forger une multitude d’autres identités, par exemple son appartenance à une religion, ses opinions politiques ou son activité de loisir préférée. Mais un policier qui vous contrôle dans la rue ne va pas vous demander quel sport vous pratiquez, quel dieu vous priez ni pour qui vous votez. Dans une soirée, vous n’allez pas non plus vous présenter à des inconnus en tant que protestant luthérien, électeur de Mélenchon ou  philatéliste. Dans un premier temps,  deux individus qui se rencontrent font connaissance en échangeant l’une ou l’autre des sept « briques de base » de l’identité. Le nom de famille, c’est celui que nous recevons en héritage et qui sert véritablement de pilier fondateur à notre système identitaire. On ne peut pas vivre en société sans  porter au moins le patronyme d’un parent (les deux dans le monde hispanique). Le prénom, c’est celui que nous recevons à la naissance, qui nous appartient en propre et définit notre particularité au sein de la fratrie. La date de naissance n’a pas d’utilité « identifiante » évidente, sauf qu’elle permet de décliner son âge. On est un enfant, un adolescent ou un adulte. Un adulte en âge de travailler ou un sénior dont « le ticket n’est plus valable », comme disait Romain Gary. Dans nos pays, l’adresse constitue également un élément indispensable, ne fût-ce que pour bénéficier de droits sociaux. Si on n’a pas de domicile fixe, on n’existe pour ainsi dire pas aux yeux de l’État. Sa ville ou son village, c’est un point d’ancrage. Le sexe ? N’en déplaise aux « théoriciens du genre », il n’y a en a que deux et le passage de l’un à l’autre est rigoureusement impossible dans l’espèce humaine. On peut changer l’orientation sexuelle, et même modifier la sexualité apparente, mais on naît garçon ou fille. On ne devient pas ses chromosomes. Qu’on le déplore ou non, la nationalité est également constitutive d’une identité, surtout parce qu’elle est associée à une culture, souvent à une langue commune,  et à des valeurs collectives plus ou moins partagées. L’important est cependant de ne pas vouer un culte à la nation, sous peine  de se fermer à d’autres citoyennetés dépassant les frontières. La profession, enfin, est la dernière pièce maîtresse de la  construction identitaire. Si vous n’avez pas de métier, si vous êtes sans emploi, notre époque moderne ne vous inclura jamais tout à fait. « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?  » est sans doute la question la plus posée entre personnes cherchant à se connaître.

Dans de prochaines infolettres, je vais reprendre un par un  ces points « identitaires » fondamentaux et me risquer à quelques pistes et hypothèses sur leurs  correspondances avec les troubles immunitaires. L’immunité, on le sait aujourd’hui, est impliquée dans la plupart, si pas la totalité des maladies.  Du simple rhume au cancer,  nombre de pathologies peuvent s’installer parce qu’une des composantes de la mécanique immunologique se met à dysfonctionner. Si vous êtes malade, demandez-vous donc ce qui vous fait défaut en termes d’identité. Et si vous êtes thérapeute, pensez à enquêter dans l’histoire de vos patients et efforcez-vous d’y repérer les failles identitaires. Un exemple éloquent en guise d’illustration : l’année dernière, dans notre mensuel (Néosanté n° 58), nous avons interviewé Virginie Tyou, auteure du livre « Voyage en mer intérieure ». Cette femme souffrait de nombreux symptômes invalidants et d’insupportables douleurs pelviennes incomprises par la médecine classique. Suite à des séances d’hypnose, elle a découvert que son père n’était pas son géniteur et que sa mère lui avait toujours menti « pour son bien ». C’est en rencontrant son père biologique  et en trouvant ses racines que l’éternelle souffrante a fini par triompher de ses maux  et par devenir une femme bien dans sa peau. La preuve spectaculaire qu’un déficit d’identité  – en l’occurrence, Virginie ne portait pas le nom  de son vrai père –  était à l’origine de ses problèmes de santé.

Parmi les protagonistes de la nouvelle médecine du sens, c’est sans doute le Dr Olivier Soulier (*) qui a le plus approfondi les rapports entre immunité et identité. Dans ses conférences et séminaires, le médecin français souligne notamment que les maladies de l’enfance interviennent précisément au moment où le petit d’homme acquiert à la fois ses « défenses » immunitaires contre le non-soi et les éléments identitaires nécessaires à l’affirmation de soi. Comme les anciens médecins le savaient et comme les parents le remarquaient aisément, les épisodes infectieux sont autant d’étapes sur le chemin de la maturité et de l’autonomie. Après une varicelle, une scarlatine ou une rougeole, les jeunes malades faisaient des progrès rapides et devenaient curieusement plus mûrs et plus réfléchis, comme si ce passage difficile avait pouvoir d’initiation. Dès lors, le Dr Soulier se montre critique envers les vaccinations, dont le grand tort serait finalement leur relative efficacité, et il met en garde contre les facteurs nuisibles à la flore intestinale tels que le gluten ou les métaux lourds. En effet, l’homéopathe lillois ne manque jamais de rappeler le rôle central de l’intestin, acteur majeur de l’immunité et  véritable interface entre le ventre et le cerveau. Comme d’autres, il suit de près les progrès de l’entéro-psychologie,  c’est-à-dire de la médecine transdisciplinaire faisant le lien entre le microbiote et certains troubles cérébraux comme la maladie d’Alzheimer,  la  schizophrénie ou l’autisme. Et si de tels troubles identitaires profonds n’étaient pas étrangers au désordre immunitaire engendré, entre autres, par la multiplication des vaccins ? On peut au minimum se poser la question. Pour la psychanalyste Annick de Souzenelle, qui l’a écrit un jour dans un de ses livres, la médecine pasteurienne et  l’immunisation artificielle qu’elle préconise ne sont rien de moins qu’une « catastrophe spirituelle pour l’humanité ». Selon elle aussi, l’immunité et l’identité sont si intimement liées que l’être humain maltraite son âme lorsqu’il leurre son corps et prétend se substituer à la nature. C’est par ce « lancement d’alerte » malheureusement très peu médiatisé que je conclus provisoirement le rapprochement entre ce qui immunise physiquement et ce qui édifie psychiquement. En attendant d’examiner ensemble les sept soutiens fondamentaux de l’identité, retenez-bien ça : qu’il soit déprimé (immunodéficiences primaires ou secondaires), qu’il manifeste des défaillances (comme dans la Maladie de Lyme) ou qu’il réagisse à l’excès (allergies, auto-immunité), le mauvais fonctionnement immunitaire est  toujours le miroir d’un mal-être identitaire préexistant. L’un reflète l’autre et inversement.

     

Yves Rasir

Le D.I.P. aux œufs d’or

D.I.P. : retenez-bien cet acronyme. Il signifie Déficit Immunitaire Primaire (ou primitif) et il désigne la nouvelle grande maladie à la mode, celle qui va bientôt ringardiser la maladie de Lyme et surclasser le sida dans les scénarios d’épouvante. Sur le marché de la peur, c’est le nouveau produit qui fait fureur.  Pensez : cette maladie n’est pas infectieuse mais elle est d’origine génétique,  probablement héréditaire, potentiellement grave,  et peut frapper tout le monde, du bébé à l’adulte, sans raison apparente,  au petit malheur la malchance ! C’est du moins le message angoissant que diverses autorités publiques et de puissantes associations de patients, sans doute discrètement sponsorisées,  s’efforcent en ce moment de répandre dans la population, en Belgique comme en France. Sites internet, newsletters, conférences de presse,  placards publicitaires dans les journaux, « journées familiales » pour rassembler les victimes et exposer leur détresse face aux caméras : rien n’est laissé au hasard pour doper la popularité de cette affection et la faire grimper au hit-parade des urgences sanitaires. Signe de cette notoriété croissante , le D.I.P a sa page Wikipédia et donne déjà 257.000 résultats sur le moteur de recherche Google !

Qu’est-ce que le Déficit Immunitaire Primaire ? Pour faire simple, c’est une immunodéficience, donc  un abaissement de l’immunité qui rend plus vulnérable aux infections, des plus banales (rhume, otites, mycoses…) aux plus sévères (pneumonies, encéphalites, méningites…), ces dernières étant alors appelées « opportunistes ». Comme le sida, alors ? Non, non, vous n’y êtes pas : ce D.I.P bizarre n’est associé à aucun germe. En tout cas, aucun chercheur futé n’a encore eu l’idée de traquer un débris cellulaire quelconque, de le baptiser virus, d’en faire l’agent causal du syndrome  au mépris des postulats de Koch et de faire fortune grâce aux tests de séropositivité. Le D.I.P. n’a pas (encore) son H.I.V., mais il a déjà beaucoup mieux pour effrayer les foules : il est la résultante d’anomalies génétiques  aléatoires qui peuvent faire dérailler tant l’immunité spécifique (celle que nous recevons en héritage à la naissance) que l’immunité non spécifique (celle que nous développons par adaptation à l’environnement). Les chercheurs ont déjà repéré pus de 140 gènes possiblement abîmés, si bien que toutes les cellules impliquées dans l’immunité peuvent en être affectées. Pas moins de 200 dysfonctionnements immunitaires (certaines sources disent 300) sont susceptibles de se déclarer par la faute de ces défauts congénitaux.

Comme le sida, le D.I.P. n’est donc pas une maladie en tant que telle. C’est une fragilité qui expose à une multitude d’ « attaques » infectieuses puisque les « défenses » ne sont pas en état de riposter adéquatement. Le cas le plus anodin, c’est le bébé souvent encombré avec la goutte au nez. Le cas le plus extrême, c’est le fameux « enfant bulle »,  qui doit vivre en chambre stérile car il ne peut pas mettre le nez dehors sans se choper un microbe mortel. Entre les deux, vous avez toute une palette de situations pathologiques plus ou moins inquiétantes. En France, le nombre de nouveaux cas par an est évalué à un pour 4.000 naissances, soit environ 200 chaque année. Et plus de 4.000 enfants et adultes vivraient déjà avec un tel déficit.  En Belgique, on voit les choses en beaucoup  plus grand car  l’incidence est estimée à une personne sur 1.000, soit 10.000 individus touchés dans le seul plat pays. Si on extrapolait pour l’hexagone, ça donnerait 66.000 Français concernés ! Des deux côtés de la frontière, les épidémiologistes redoutent que leurs estimations soient très inférieures à la réalité car le mal peut se déclencher à tout âge  et il faut généralement 10 à 15 ans de recul avec un patient pour que le médecin envisage cette solution diagnostique. La cacophonie  règne dans les chiffres, mais il est certain que le nombre de « dipeurs » et « dipeuses » va très fortement augmenter dans un avenir proche.

Car visiblement, l’instruction a été donnée d’élargir le marché. Dans leurs campagnes de communication, les associations de médecins et de patients font en effet tout ce qu’il faut pour affoler les gens et les compteurs. Elles ont dressé une liste de signaux d’alarme qui doivent faire suspecter un D.I.P : 1) Plusieurs épisodes d’otites  par an  2)  Plusieurs épisodes de sinusite par an 3) Au moins une pneumonie par an chez les adultes ou deux chez les enfants 4) Des infections virales à  répétition (rhumes, herpès, verrues…) 5) Des infections fongiques récurrentes ou du muguet buccal persistant 6) Des abcès fréquents de la peau ou des organes 7)  Des infections bactériennes invasives ou opportunistes nécessitant une besoin d’antibiotiques par voie intraveineuse  8) Une diarrhée chronique avec perte de poids 9) Des antécédents familiaux de déficit immunitaire primaire. Si les gens présentent deux de ces signaux alarmants, ils sont priés d’en informer sans tarder leur médecin traitant. Vous voyez le topo ?  Si vous avez par exemple une mycose aux orteils et un abcès sur la fesse, vous êtes probablement un immunodéficient qui s’ignore. Si votre bébé fait plusieurs maladies ORL en moins de douze mois, il est peut-être atteint. À la limite, si le petit dernier est souvent enrhumé et son frère aîné aussi, ils sont hautement suspects d’être génétiquement tarés ! Sans être devin, je vous fiche mon billet que de tels critères font faire rapidement exploser le taux de déficients primitifs.

La démocratisation du D.I.P. va bien sûr de pair avec la (sur)médicalisation de ses porteurs. Comme d’habitude, on nous fait craindre que le diagnostic soit posé trop tardivement et que des chances d’améliorer le pronostic soient ainsi perdues. « Au plus vite un traitement correct est initié, au moins le patient a de risques de présenter des dégâts permanents aux organes » avertit la publicité que j’ai sous les yeux, parue en pleine page d’un journal populaire. Quels traitements ? Aucune thérapie génique n’a encore fait ses preuves. Et vu le nombre de gènes concernés, cet espoir est sans doute illusoire. En fait, c’est la bonne vieille recette chimique qui fait office de panacée. Comprenne qui pourra, mais alors que l’antibiorésistance est un des indices du déficit, la médecine préconise notamment de l’antibiothérapie massive et prolongée. Dans son arsenal médicamenteux, elle va également chercher les immunomodulateurs censés pallier les défaillances. Dans les cas les plus graves, on va procéder à des greffes de cellules souches ou de moëlle osseuse. La chirurgie n’est pas en reste puisque l’ablation de la rate est parfois préconisée. Mais les deux grandes techniques allopathiques les plus utilisées,  ce sont les transfusions de sang (de plasma ou de plaquettes) et l’injection d’immunoglobulines, c’est-à-dire d’anticorps prélevés chez l’être humain ou reproduits en laboratoire. Vous imaginez le business ? Outre qu’elle ne soit pas sans risques, la deuxième méthode est des plus lucratives. Comme le précise Wikipédia,  on inocule au patient des immunoglobulines d’origine sanguine qui sont puisées chez 1000 personnes différentes, histoire de couvrir un large spectre de maladies potentielles. Les flacons de 10 g coûtent entre 250 et 300 euros à l’assurance maladie. Sachant que la dose moyenne injectée se situe entre 20 et 30 g et qu’il faut recommencer l’opération toutes les 3 semaines pendant des mois,  je vous laisse calculer la montagne de dépenses pour la sécu et le pactole pour l’industrie pharmaceutique. Le D.I.P., c’est une véritable poule aux œufs d’or pour  Big Pharma !

C’est à mes yeux un gigantesque scandale car cet interventionnisme effréné repose sur le dogme dépassé du fatalisme génétique.  Tout comme chacun d’entre nous est porteur d’oncogènes susceptibles de donner le cancer, tout un chacun présente probablement l’une ou l’autre faiblesse sur le plan de l’immunité. La perfection n’est pas de ce monde. Hormis l’absence totale  de réponse immunitaire  à la naissance ou dans la prime enfance, il n’y a pas de raison de paniquer. D’autant que la science actuelle découvre de plus en plus l’importance de l’épigénome, autrement dit  de l’influence de l’environnement sur l’expression ou le silence des gènes. Ce n’est pas tant la valise génétique qui compte, ce sont les circonstances de vie qui vont faire qu’elle va s’ouvrir ou rester fermée. Pour en savoir plus, (re)lisez notre dossier sur la « révolution épigénétique » (Néosanté  n° 27)   Pour moi, il est clair que la médecine agite un épouvantail  fabriqué en bonne partie  par elle-même : en perturbant l’immunité naturelle et ses mécanismes,  les vaccins, antibiotiques, médicaments antipyrétiques et autres anti-inflammatoires font bien plus sûrement le lit des déficiences que les gènes accusés à tort. S’ils ont le courage de refuser les vaccinations ou de les réduire au strictement obligatoire,  et s’ils laissent la fièvre faire son travail lors des épisodes infectieux, les parents ne devraient pas se soucier du D.I.P. pour leurs enfants. Moyennant quelques règles d’hygiène naturelle (absence de toute médication palliative, alimentation équilibrée, jeûne au besoin,  sommeil réparateur et activité physique), ils peuvent également facilement affronter la plupart des troubles trahissant une immunité faiblarde.  Faut-il la stimuler ? Ne comptez pas sur moi pour vous recommander toutes sortes de remèdes et  de plantes immunostimulantes. Avec de bonnes habitudes alimentaires,  vous avez votre quota de vitamines et minéraux nécessaires. La seule subcarence à éviter absolument, c’est celle en  vitamine D, une quasi hormone qui joue un rôle crucial dans le système immunitaire  : papas et mamans, laissez donc courir vos enfants au soleil sans les tartiner de crème antiisolaire !

Il faut surtout avoir conscience de ce qu’on ne vous dit jamais : le pire ennemi de l’immunité, c’est le stress psychique et émotionnel. Une discipline comme la psycho-neuro-immunologie a allègrement démontré comment l’immunodépression s’installe, via le circuit hormonal, chez les individus soumis à un stress chronique. Depuis Henri Laborit et ses expériences, on sait également que l’absence d’issue par la lutte ou la fuite érode la résistance immunitaire et  conduit les sujets stressés à somatiser.  Et depuis les travaux du Dr  Hamer,  on comprend  qu’un seul stress aigu, une seule émotion brutale,  peut suffire à désactiver les protections  et à déclencher des maladies, des plus inoffensives aux plus sérieuses. Petits ou gros, les conflits en rapport avec le système immunitaire sont des conflits liés à la quête identitaire. L’immunité est au corps ce que l’identité est au psychisme. Mais qu’est-ce que l’identité, au fond ? C’est l’importante question à laquelle je tâcherai de répondre la semaine prochaine. 

     

Yves Rasir

Réponses à trois objections

Après 66 numéros du mensuel  Néosanté  et près de 220 numéros de la lettre hebdomadaire, tout reste encore à faire : une grande majorité de gens reste accrochée au paradigme médical officiel et demeure persuadée que les maladies ne sont que très rarement d’origine psycho-émotionnelle. Que la plupart des médecins pensent de la sorte, je peux très bien le comprendre.  Comme je l’ai déjà souligné, les étudiants en médecine  ne reçoivent que quelques de cours sur la psychomatique. Non pas quelques heures par semaine, par mois ou par an, mais à peine quelques heures sur l’ensemble de leur cursus ! On ne peut donc guère compter sur l’allopathie classique  pour être ouverte à la causalité psychique des pathologies somatiques. Et comme les patients font naturellement confiance à leur toubib, on peut également comprendre que l’influence de l’esprit sur le corps soit encore si négligée en ce début de 3ème millénaire. En revanche, je suis toujours surpris et un peu déçu que certains de nos lecteurs continuent d’adhérer à la vulgate matérialiste et dualiste selon laquelle le stress et les émotions n’ont pas, ou à peine, le pouvoir de rendre malades. Régulièrement, je reçois du courrier ou du courriel critiquant cette « théorie » et faisant valoir que d’autres fauteurs de troubles sont à blâmer : les gènes, les microbes, la pollution et bien sûr l’alimentation moderne.

Ces objections saturent surtout ma boîte mail lorsque j’aborde le sujet du cancer, une maladie dont la médecine académique exclut effectivement qu’elle puisse être causée par le seul psychisme et qu’elles attribue tantôt aux mutations aléatoires de l’ADN, tantôt à des facteurs environnementaux et à un mode de vie funeste. Suite à l’infolettre intitulée « Le crabe n’est pas dans l‘assiette », je me suis évidemment ramassé une nouvelle volée de griefs et de messages désapprobateurs. C’est un peu usant mais c’est aussi très chouette, car ça me permet d’identifier ce qui est mal compris dans mes propos et de repérer les objections les plus courantes. C’est à trois d’entre elles que je désire aujourd’hui répondre afin, si je puis dire, de plaider pour ma chapelle psychosomatique.  Les voici résumées en gras avec, à leur suite,  mes arguments développés brièvement :

  1. Beaucoup de personnes vivent des situations très stressantes sans faire de cancer.

    Si elle semble coulée dans le bronze du bon sens, cette objection manque pourtant de la plus élémentaire logique. Par exemple, si je vous dis que « tous les hommes sont barbus », vous saisissez immédiatement que cette phrase est fausse tant les individus glabres et imberbes courent les rues. En revanche, si j’inverse la proposition en déclarant que « tous les barbus sont des hommes », vous admettrez volontiers qu’elle a 99% de chances d’être correcte. Quand ils dénigrent la médecine nouvelle ou la biologie totale, leurs détracteurs leur font dire que tous les hommes sont barbus (le stress rend malade) alors que ces deux disciplines se contentent d’affirmer que tous les barbus sont des hommes (les maladies proviennent du stress). En clair, le fait que beaucoup de gens résistent au stress sans le somatiser n’empêche pas que toute somatisation soit imputable au stress. Pour le dire autrement et selon une formule fréquemment employée en science, « l’absence de preuve n’est pas une preuve de l’absence ». Pour sortir de cette confusion, il faut être bien informé que la pierre angulaire de la psychobiologie, c’est la notion de ressenti.  Même très intense, un choc émotionnel ne sera pas pathogène s’il n’est pas ressenti comme tel. Par exemple, vous serez complètement indifférent au décès de votre belle-mère, voire plutôt content(e), si celle-ci  était une veille harpie grincheuse. Si elle était au contraire une femme charmante et que vous la considériez comme votre deuxième maman, vous en serez affecté(e) au point de ressentir la perte très douloureusement. Tout dépend de l’émotion ressentie et non de l’événement en lui-même. Et quand bien même le choc émotionnel est durement ressenti, encore faut-il qu’il prenne complètement au dépourvu, qu’il  laisse désemparé, et qu’il soit vécu dans le silence ou l’isolement. Ajoutés dès le début ses travaux par le Dr Hamer, ces deux autres critères pathogéniques  sont  également toujours oubliés par ceux qui le pourfendent. Le médecin allemand a trouvé que l’écrasante majorité des barbus sont des hommes et les raisons pour lesquels tous les mentons ne sont pas poilus. C’est une trouvaille capitale mais qui ne peut être appréciée à sa juste valeur si on persiste à lui faire dire que la pilosité est une fatalité virile. Tout cancer, ou presque, est déclenché par un conflit ressenti comme un drame. Ce qui ne signifie nullement que toutes les tragédies humaines donnent lieu à des conflits psychiquement ingérables. J’espère que la nuance est désormais bien assimilée…

  2. Le cancer est plus fréquent aujourd’hui alors que nos aïeux n’avaient pas la vie belle.
  3. En apparence, cette objection est tout aussi pertinente que la précédente : si le cancer était une maladie psychosomatique,  on n’assisterait pas de nos jours à une telle aggravation de son incidence. Au contraire, les pathologies cancéreuses auraient dû se raréfier car nos parents et grands-parents ont vécu une vie plus stressante que la nôtre avec deux guerres mondiales, la grande crise de 1929 sans protection sociale, la misère et même la disette pour beaucoup de familles. Jadis, le travail était encore plus précaire, la violence plus répandue, les morts par homicide  plus nombreuses, bref,  la vie était plus dure à tout points de vue. Que répondre à cela ?  D’abord qu’il ne faut pas se laisser duper par les statistiques.  Si le cancer est un fléau en pleine croissance, c’est d’abord et avant tout parce qu’on en diagnostique davantage. D’une part parce que les seniors vivent plus longtemps et d’autre part parce que la médicalisation à outrance et le dépistage  systématique alimentent les compteurs. Qui cherche trouve : le dicton vaut aussi pour les tumeurs. Ensuite, ne perdons pas  de vue la pierre angulaire évoquée ci-dessus : seul le ressenti est pathogène et non les événements intrinsèquement. Que nos ancêtres aient eu une vie moins confortable et moins rose ne signifie pas nécessairement que les occasions de  somatiser  étaient plus courantes. Au demeurant, cet argument « psycho-sceptique » peut aisément être retourné en scepticisme environnemental : les guerres d’antan furent synonymes de privations alimentaires et les carences nutritionnelles étaient autrefois  omniprésentes sans impacter le taux de cancer. Au contraire, plus le contenu de l’assiette s’est amélioré, plus le crabe s‘est invité dans les chiffres de mortalité. Enfin, soyons assez sages  pour ne pas comparer les contextes psycho-émotionnels d’époques incomparables. Par exemple, il  y a peine plus d’un siècle, le mariage d’amour était plus l’exception que la règle.   Et il y a seulement cinquante ans,  le divorce était rarissime.  En termes de relations sentimentales, il n’y a donc pas photo. Au lieu de postuler qu’une société banalisant la séparation des couples et le déchirement des familles soit plus enviable et moins stressante, on peut imaginer exactement l’inverse. Pour ma part, je suis convaincu que la prévalence affolante des cancers du sein  et de la prostate a bien plus à voir avec l’évolution de la vie intime qu’avec de quelconques conditions extérieures matérielles. Plus globalement, je crois que le « bon vieux temps » était moins propice aux somatisations cancéreuses du fait que le seuil d’émotivité y était plus bas et – cela expliquant peut-être ceci –  qu’on y accordait moins d’importance aux sentiments. Selon une lecture qui m’est personnelle, le contraste entre nos exigences romantiques contemporaines et la crue réalité des moeurs  forme un cocktail autrement plus  cancérigène que les guerres et les crises économiques.

  4. Contrairement au stress, dont le potentiel cancérigène demeure à démontrer, d’autres causes sont capables d’engendrer la maladie.
  5. Cette troisième objection est tout aussi légitime si l’on s’en tient aux  rengaines de la médicine officielle reprises en chœur par les journaux de médecine naturelle. Je m’inscris cependant en faux : ce qui est prouvé, c’est que de multiples facteurs de risque favorisent les emballements cellulaires qu’on appelle cancers. Le tabac, l’alcool, la pollution et le déséquilibre de l’alimentation sont clairement impliqués dans l’expansion des maladies cancéreuses. Pour ma part, je suis surtout inquiet  des perturbateurs endocriniens, je redoute que les vaccins  et leurs effets sur l’immunité soient sous-estimés, et j’attire régulièrement l’attention sur le facteur iatrogène, à savoir la toxicité  des médicaments et thérapies chimiques. Mais des facteurs de risques, ce ne sont pas  des causes. Une cause, c’est ce que vous devez retrouver dans  presque 100% des anamnèses chez presque 100% des patients.  Par exemple, au 19ème siècle,  on s’est aperçu que la quasi totalité des personnes atteintes du cancer du scrotum exerçaient le métier de ramoneur. Il fut facilement établi que le frottement de la suie sur le tissu péritesticulaire était responsable de sa cancérisation. Ce serait divaguer que d’invoquer un conflit émotionnel sous-jacent chez les nettoyeurs de cheminées. De même, tous les premiers pompiers accourus à Tchernobyl après l’explosion du réacteur sont certainement décédés d’irradiation massive. En revanche, je ne vois quels autres cancers peuvent être attribués à leurs facteurs de risque. Même le cancer  de la thyroïde n’a pas explosé en Biélorussie ; même le cancer de la plèvre concerne une petite minorité de gens en contact avec l’amiante ; même le cancer du poumon affecte 15% de personnes qui n’ont jamais fumé. Ce qui est par contre démontrable, c’est que 100% des cancéreux pulmonaires ont ressenti une violente peur de mourir avant de déclarer leur maladie. Bien sûr, il faut tenir compte de l’accumulation multifactorielle. Si vous fumez comme un turc, buvez comme un trou, mangez n’importe quoi, ne faites aucun sport,  habitez en bord d’autoroute et jardinez vos plates-bandes à coup d’herbicides,  le niveau d’intoxication peut être suffisant pour vous expédier chez l’oncologue. En dehors de ces cas exceptionnels, ce dernier sera cependant bien en peine de distinguer un facteur méritant l’épithète « causal ». La cause du cancer,  c’est dans le cerveau que le Dr Hamer l’a cherchée et qu’il l’a trouvée, scanners cérébraux à l’appui ! Certes, cette avancée médicale extraordinaire est encore loin d’être scientifiquement reconnue. Il n’empêche que des centaines de thérapeutes à travers le monde en ont vérifié la validité en retrouvant, chez des milliers de patients, un surstress psychiquement ingérable ayant précédé de peu l’apparition de la maladie. Ils n’y arrivent pas à tous les coups ? Ça ne veut pas dire que la causalité émotionnelle ne flirte pas avec le plafond des 100%. Absence de preuve n’est pas preuve de l’absence….

     

Yves Rasir

Quelques « santéchos »

Pour l’essentiel, notre mensuel Néosanté est alimenté par les quelques journalistes professionnels qui y collaborent et par des praticiens de santé, médecins ou (naturo)thérapeutes. Sa partie centrale, le Cahier Décodages, est généralement l’œuvre de notre auteur Bernard Tihon, tandis que Jean-Philippe Brébion anime sa chronique  l’Évidence du Sens . Mais il y a aussi plusieurs rubriques que j’ai le plaisir de rédiger moi-même. Notamment la rubrique Nutri-Infos, où j’évoque les recherches de pointe dans le domaine de l’alimentation,  et la rubrique Espace Livres, où je recense chaque mois les sept ouvrages les plus intéressants parmi tous ceux reçus en service de presse.  Il y a surtout la rubrique Santéchos, qui occupe deux pages à l’avant du journal, juste après mon éditorial.  Comme son nom l’indique, cette rubrique est constituée de brèves nouvelles sur la santé. En général, ce sont des résumés et des commentaires d’études scientifiques dont je glane les résultats via des publications médicales ou des sites spécialisés. La collecte des infos nécessaires à la rédaction de ces échos est très stimulante car j’y retrouve souvent la confirmation de ce que nous défendons, à savoir l’influence prépondérante du psychisme dans la genèse des maladies. Chaque jour davantage, la science apporte de l’eau au moulin de la médecine nouvelle du Dr Hamer et  de la biologie totale du Dr Sabbah.

Dans le prochain numéro, je vais par exemple vous parler d’une étude menée à l’Université de Boston (États-Unis). Basée sur le suivi de 32.000 hommes entre 1992 et 2010, cette recherche fait état d’une réduction significative du risque de cancer de la prostate proportionnelle à la fréquence d’éjaculation. Chez les hommes âgés entre 20 et 29 ans qui connaissent l’orgasme au moins 21 fois par mois, le risque de développer une tumeur prostatique est réduit de 19% par rapport à ceux qui éjaculent moins de 8 fois.  Pour la même fréquence de jouissance, la diminution du risque est de 22% chez les quadragénaires. Pour les auteurs, l’éjaculation régulière constitue donc un bon moyen de prévention qui pourrait réduire les traitements inutiles des tumeurs à faible risque.  Toutefois, les chercheurs n’apportent aucune explication sur le mécanisme protecteur. Ils ne pigent pas pourquoi éjaculer contribue à protéger la prostate des atteintes cancéreuses. La vision psychobiologique permet cependant de comprendre  de quoi il retourne. La fonction principale de la prostate, c’est de fabriquer le sperme. En augmentant de volume, elle peut contenir encore plus de spermatozoïdes. Or cet organe entre en souffrance suite à des conflits d’ordre génital, dans une tonalité d’anormalité  ou de répulsion. Parmi sa collection de cas cliniques, Claude Sabbah citait volontiers celui de l’  « accoucheur malgache », un homme contraint d’accoucher lui-même sa femme en pleine jungle de Madagascar. Ce stress intense a précédé de peu le démarrage de son cancer et la maladie récidivait à chaque fois qu’une des ses filles tombait enceinte. Le souvenir de sa nuit de cauchemar lui faisait revivre le choc. Il coule de source, si je puis dire, que l’éjaculation permet de « nettoyer » le terrain souillé par ce genre de ressenti. Faire souvent l’amour, c’est une véritable « détox » émotionnelle pour la prostate !

Dans la rubrique Santéchos, j’inclus également des informations relatives aux dérives et aux errements de la médecine classique, notamment le danger de certains médicaments  et les effets funestes d’une médicalisation abusive. Dans le numéro de mai, j’attire par exemple l’attention sur une nouvelle étude montrant que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofen, Diclofénac…) semblent augmenter le risque d’accident cardiaque. Songez-y avant de foncer à la pharmacie à la moindre inflammation ! Je mentionne aussi un travail très étonnant effectué à l’université d’Harvard par la biologiste Katie Hinde : d’après les études faites sur les animaux et sur l’être humain, la composition et la quantité de lait maternel diffèrent selon que le « consommateur » soit de sexe masculin ou féminin.  Les filles reçoivent davantage de lait, donc plus de calcium,  alors que celui offert aux garçons est moins abondant, mais plus riche en protéines et en graisse. Selon la chercheuse, cette trouvaille permettra peut-être de mettre au point des laits maternisés plus adaptés aux enfants malades ou prématurés.  Mais n’est-ce pas aussi le signal que l’allaitement artificiel équivaut déjà à jouer les apprentis sorciers ? Si je ne m’abuse, aucun fabricant de laits pour bébés ne personnalise sexuellement ses produits. On peut légitimement se demander si les poudres lactées ne sont pas impliquées dans des phénomènes modernes comme l’abaissement de l’âge de la puberté ou la multiplication des troubles de l’identité sexuelle. Si ça tombe, beaucoup de « transgenres » ont été nourris au biberon et personne ne s’en est encore rendu compte. On ne peut pas rivaliser avec la lactation mammaire et prétendre remplacer la nature,  elle est bien trop parfaite !

Toujours dans le prochain numéro, je vais évoquer deux autres éléments factuels qui concernent les femmes.  Le premier a trait aux statistiques d’accouchement par césarienne. En Scandinavie, la fréquence de cette délivrance chirurgicale est de 17%, alors qu’elle est passée à 27% dans l’ensemble des autres pays  dits développés. Pourquoi un tel écart ? Parce que les pays nordiques privilégient la naissance naturelle et que les obstétriciens y évoluent en retrait des sages-femmes. Moins les hommes sont mis à contribution, plus les parturientes échappent au bistouri. Le deuxième fait interpellant, c’est la déclaration de Benoît de Sarcus, chef de service de la maternité de Nanterre, selon lequel « l’épisiotomie ne sert souvent  à rien ». Alors que 44% des femmes françaises subissent cette incision de la paroi vaginale et/ou du périnée lors de leur premier accouchement, l’OMS évalue sa nécessité à  20% des cas. Or à Nanterre,  ce taux a été réduit à 2,5 % sans augmentation des déchirures intimes ! Voilà une preuve supplémentaire que la naissance est scandaleusement médicalisée dans nos pays prétendument civilisés où la barbarie médicale règne en maître.

Dans le Néosanté de mai, il y  aura encore d’autres surprises car ma rubrique contient chaque mois une douzaine de « santéchos ». L’ennui, c’est que je dois faire un tri et que je suis parfois obligé de supprimer des infos intéressantes. Leur quantité excède nos capacités éditoriales, particulièrement dans le domaine des vaccinations. Par exemple, je ne vais pas pouvoir imprimer que des chercheurs ont bon espoir de mettre bientôt au point un vaccin contre la peste. Dommage, car ça m’aurait permis de rappeler que cette effroyable maladie a disparu de nos régions sans l’aide d’aucun vaccin ni médicament. Son bacille est toujours omniprésent dans l’environnement (on a récemment découvert qu’il pullulait dans le métro de New-York)  mais les petites flambées épidémiques actuelles sont quasiment cantonnées aux bidonvilles de Madagascar. N’est-ce pas l’évidente démonstration que cette pathologie est synonyme de misère et d’absence d’hygiène élémentaire ? Au lieu de plancher  lucrativement sur un vaccin, Bill Gates and Co feraient beaucoup mieux de combattre la pauvreté et la malnutrition. Dommage aussi que je n’aurai pas la place pour mentionner une dépêche de l’AFP. Selon l’agence de presse française, il y a à peine 46% des professionnels de santé dans l’hexagone qui se sont fait vacciner contre la grippe cet hiver.  Les médecins ont été plus nombreux (75 %), mais leur couverture vaccinale n’atteint pas l’épaisseur requise pour contrer les épidémies.  Pourtant, arrêtez-moi si je me trompe, mais nos médias n’ont signalé aucune flambée épidémique hivernale chez les pharmaciens, les infirmiers ou les toubibs. Ce sont pourtant bien eux qui sont en première ligne et qui devraient redouter la circulation d’un virus réputé pour sa haute transmissibilité. Tiens donc, Pasteur se serait trompé et les maladies infectieuses ne se contractent pas comme ça ? Tu m’étonnes….

Au rayon des « santéchos » que vous ne lirez pas sur papier, j’ajoute pour conclure cette information sensationnelle pêchée dans un journal  belge: selon une étude égyptienne présentée début avril dans un congrès médical à Malaga,  la quantité de cheveux blancs serait un bon moyen de prédire les accidents cardiaques ! Des chercheurs de l’Université du Caire ont comparé chez 545 hommes les facteurs de risques cardiovaculaires (hypertension, diabète, tabagisme, dyslipidémie et antécédents familiaux de maladie coronarienne) avec  leur nombre de cheveux blancs objectivé par tomodensitométrie. Verdict : il y a bien  un lien entre le blanchiment capillaire  et la vulnérabilité du cœur. Selon les chercheurs, c’est parfaitement logique car l’athérosclérose et la tendance à grisonner procèderaient de la même cause, à savoir une perte d’élasticité des vaisseaux sanguins. Autrement dit, demain, la médecine va peut-être évaluer vos risques d’infarctus à la couleur de votre chevelure ! C’est une très bonne nouvelle pour les coiffeurs l’industrie de la coloration,  car imaginez que les assurances revoient leurs tarifs à la mine de votre toison ! Elles le font bien en discriminant les hommes, pourquoi pas en se méfiant des mâles prématurément dépigmentés ? Au passage, cette découverte jette un éclairage psychobiologique intéressant sur l’argument charme des chevelures grisonnantes : comme l’arrêt du cœur frappe préférentiellement les dominants en butte à des conflits de territoire,  on comprend mieux que beaucoup de femmes voient dans le cheveu argenté un argument de séduction masculine. Le hic, c’est que l’attribut viril dissimulerait une santé fragile : affaire à suivre par tous les passionnés de psychologie évolutionniste !

À propos de cheveux blancs, j’en termine en revenant brièvement à ma lettre de la semaine dernière. Beaucoup d’entre vous m’ont reproché de minimiser les vertus anticancéreuses de l’alimentation crue. Certes, j’avais attiré l’attention sur les faiblesses des études montrant l’absence de protection des fruits et des légumes. Elles ne font pas la distinction entre  les différents végétaux ni entre ceux obtenus par agrochimie ou par culture biologique. J’aurais dû ajouter qu’elles n’évaluent pas non plus les répercussions nocives de la cuisson. C’est comme pour la viande : on met toujours dans le même sac les charcuteries et les viandes séchées, les grillades et les carpaccios, les steaks poêlés et les steaks tartares. À ma connaissance, aucune recherche scientifique digne de ce nom n’a démontré les vertus anticancer du crudivorisme végétalien.  En revanche, on ne peut pas nier que des expérimentations empiriques plaident en ce sens, par exemple les cures pratiquées au célèbre Institut Hippocrate de Floride. J’ai relevé que la recommandation « fruits & légumes » n’influençait pas le taux de cancer mais je n’ai pas voulu balayer l’intérêt éventuel du « raw food » et de la « crusine ».  J’ai d’ailleurs une anecdote à ce sujet : un de mes amis, maître-cuisinier de profession et fervent adepte de l’alimentation vivante, m’a raconté un jour comment il protégeait ses cheveux châtains des pâles intrus. Dès qu’il voit poindre quelques cheveux blancs, il se plie à  une cure 100% crue pendant quelques semaines et il constate que la couleur d’origine peut revenir grâce à ce régime drastique. L’année dernière, ce chef-coq renommé a été victime d’un grave accident de vélo.  Mais il peut se consoler en se disant que ses habitudes alimentaires l’ont probablement protégé des accidents cardiovasculaires.  Et peut-être du cancer.

 

Yves Rasir

Le crabe n’est pas dans l’assiette

Lorsque les informations bousculent les idées reçues, elles passent généralement inaperçues. Soit nos médias censurent purement et simplement les nouvelles dérangeantes, soit ils les relaient très discrètement. Par exemple, les découvertes scientifiques qui contredisent  le discours médical dominant ont peu de chances de passer la rampe médiatique. C’est ce qui s’est passé dernièrement avec une étude japonaise publiée dans la revue Journal of Epidemiology. J’en ai seulement entendu parler via le site internet LaNutrition.fr. Elle n’a pas fait la une des quotidiens et des télévisions alors qu’elle aboutit à la saisissante conclusion que la consommation de fruits et de légumes ne diminue pas le risque  de cancer. En analysant les données de plus de 250.000 hommes et femmes, les chercheurs nippons n’ont pas trouvé qu’une alimentation riche en végétaux est synonyme de protection contre les pathologies cancéreuses. Ça fait pourtant des décennies qu’on nous raconte le contraire. Dans la grande église de la médecine classique comme dans les nombreuses chapelles de la médecine naturelle,  on nous sermonne sur nos moeurs alimentaires et  on nous incite à mieux manger pour échapper aux pinces du crabe. Or c’est bien ce credo qui vient de voler en éclats ! 

Certes, un léger effet protecteur des fruits et légumes est apparu dans d’autres études préalables. Certes encore,  la recherche japonaise a trouvé  un faible bénéfice préventif de ces deux  catégories d’aliments sur des cancers spécifiques comme celui de l’estomac, du poumon et du sein. En outre, ce travail a le défaut qu’il ne fait pas la distinction entre les  fruits et les  légumes (ce sont surtout ces derniers qui sont bénéfiques) ni entre les différents légumes (ce sont surtout les crucifères qui contiennent des agents anticancéreux). Si l’enquête avait porté sur les baies rouges ou le seul chou brocoli, ses résultats auraient probablement été différents. De plus, elle met dans le même sac les produits conventionnels et ceux issus de l’agriculture biologique alors que les fruits et légumes bio renferment davantage d’antioxydants et pas (ou très peu) de résidus de pesticides. Enfin, l’analyse japonaise porte sur le régime habituel d’une large population et ne s’intéresse nullement aux monocures végétales, encore moins à l’ingestion de fruits et légumes sous forme de jus. Il serait donc abusif d’en déduire que toute stratégie nutritionnelle est impuissante à éloigner ou soigner le cancer. Le rôle précieux de certains minéraux et vitamines est d’ailleurs bien démontré, notamment depuis la fameuse étude SUVIMAX.  Et les atouts  la diète méditerranéenne sont suffisamment prouvés.

Il n’empêche que l’étude en question marque un tournant. Elle montre qu’il n’y a aucune association inverse significative entre la consommation de fruits et légumes et le risque de cancer en général. Et ce n’est pas la seule étude du genre.  En cherchant les références de l’étude japonaise, j’ai par exemple trouvé une autre étude parue en 2011  dans le prestigieux  British  Journal of Cancer.  Son auteur explique qu’il n’y a pas de preuve solide que les gros mangeurs de denrées végétales développent moins de tumeurs. Il est donc permis d‘en inférer qu’on ne crée pas – ou très modestement –  cette maladie avec ses dents  et que les principaux facteurs cancérigènes ne se situent pas dans nos assiettes. Logique : si une « bonne » nourriture est impuissante à repousser le crabe, on ne voit pas pourquoi une moins bonne lui ferait office de nid.  Quels sont alors les vrais catalyseurs  de cancer ? L’abus d’alcool et de tabac bien sûr. La pollution de l’environnement évidemment. Mais un mode vie et un cadre de vie malsains ne sont-ils pas aussi des boucs émissaires trop commodes ? En tout cas, ils obnubilent les mêmes médecines qui nous vantent sans désemparer l’illusoire bouclier des fruits et des légumes. Il serait temps de leur mesurer notre confiance et de s’intéresser, enfin,  à la causalité psycho-émotionnelle des maladies.  Car il ne faut pas compter sur elles pour le faire.

Dans une précédente infolettre, je vous ai par exemple exposé la véritable omerta entretenue par L’INCa (Institut français du cancer).  Dans toutes ses campagnes d’information et de prévention, cet organisme ne cite jamais le stress et les conflits existentiels parmi les causes des pathologies cancéreuses, ni même parmi les facteurs de risques favorisant leur déclenchement. On ne peut pas tabler sur les autorités de santé et les associations parastatales (souvent financées par l’industrie pharmaceutique) pour avertir le public que la genèse des cancers se situe bien davantage dans le vécu émotionnel que dans des habitudes et assuétudes délétères. Normal puisque la médecine officielle repose entièrement sur des postulats matérialistes et dualistes séparant le corps et l’esprit. Mais pourquoi diable les médias de médecine naturelle, en principe acquis aux conceptions holistiques de l’être humain,  font-il la même erreur ?  C’est pour moi un grand mystère.  Récemment, j’ai encore été stupéfié par ce que j’ai lu sur un site internet très populaire se présentant comme le champion de la médecine intégrative et le héraut des méthodes de santé alternatives.  Dans une newsletter, ce géant du web a dressé le liste que voici des « 10 plus grandes causes de cancer » : 1) Le tabac 2) La pollution 3) L’alimentation 4) Les virus et bactéries 45) Le soleil 6) La prédisposition génétique 7)  L’exposition à des radiations 8) L’alcool 9) Les médicaments 10) Les perturbateurs endocriniens.

Outre le fait que cet inventaire verse dans l’héliophobie et dans l’orthodoxie pasteurienne, vous remarquerez qu’il ne fait aucunement mention du stress, du psychisme et des émotions. C’est quasiment du copié-collé de la communication de l’INCa et d’autres institutions censées nous informer sur le cancer. Quand je vois ça, je vous avoue que je suis un peu découragé. Ça fait bientôt trente ans que j’ai écrit mon premier article sur les thèses révolutionnaires du Dr hamer.  Ça fait  une trentaine d’années également que j’ai rencontré le célèbre neurobiologiste  Henri Laborit  et que celui-ci, sans la moindre hésitation, m’a confié sa certitude que le cancer était bien une maladie psychosomatique. Et ça fait  six ans que j’édite un mensuel  de santé globale reposant essentiellement  sur les travaux de ces deux grands découvreurs. Nous y avons interviewé bon nombre de médecins et chercheurs défendant également l’idée, largement étayée par la science, que le cancer est avant tout une maladie de l’âme, prenant sa source dans le cerveau. Le message tarde à percoler, mais j’espère bien qu’il finira un jour par percer le granit des vieux paradigmes dépassés. En attendant, je vous souhaite de prendre conscience que les  principaux facteurs protecteurs et promoteurs de cancer ne sont pas d’ordre alimentaire. Mangez équilibré mais ne traquez plus compulsivement le crabe dans votre assiette !

 

Yves Rasir

Une taupe, ça voit très clair

Dans une de ses dernières lettres, mon confrère Jean-Marc Dupuis compare les médicaments antimicrobiens à des herbicides et il écrit qu’ « un antibiotique, c’est le Roundup des intestins. » Je souscris complètement à cette comparaison horticole que j’ai moi-même déjà utilisée. De leur côté, les célèbres agronomes Lydia et Claude Bourguignon usent de la métaphore inverse en décrivant la couche d’humus comme « l’intestin de la terre ». Pour ces grands défenseurs de l’agriculture bio, éliminer la vie du sol équivaut à détruire la précieuse flore intestinale. Le rapprochement entre les deux écosystèmes est d’autant plus pertinent que, comme le souligne volontiers l’agro-écologiste Pierre Rabhi, le mot « humus »  et le mot « humain » partagent une même racine étymologique. Son microbiote est à l’espèce humaine ce que la microfaune est à la terre. L’analogie est tellement évidente qu’elle a même sauté aux yeux de la multinationale Monsanto ! Selon une source américaine (1),  le géant agrochimique a en effet obtenu plusieurs patentes pour  pouvoir utiliser le glyphosate en tant que médicament. Sa récente acquisition par Bayer est probablement en partie liée à ce projet de se diversifier dans la médecine humaine et d’y proposer ses solutions biocides. Si ça tombe, le Roundup sera bientôt chassé des jardineries mais va faire  son entrée en pharmacie sous un autre nom, mélangé à d’autres molécules ! 

Il  n’est dès lors pas farfelu de méditer sur la santé de l’Homme  en observant ce qui se passe lorsque des jardiniers emploient du glyphosate. Par chance ou par malchance, j’ai justement eu l’occasion de m’en faire une idée en séjournant souvent dans la maison que je possède à la campagne. Il y a cinq ans,  le jardin de cette ancienne ferme a été complètement retourné afin d’y implanter une citerne d’eau de pluie et une mini-station d’épuration. Lorsqu’il a fallu recréer une pelouse, les jardiniers m’ont vivement conseillé un traitement herbicide sous peine d’y voir proliférer des tas de « mauvaises herbes ». J’ai bien sûr refusé en leur expliquant que je préférais un gazon moins anglais mais plus respectueux du vivant. À peu près au même moment, les autorités du village ont rénové la maison voisine pour en faire une crèche et elles ont également retourné le jardin avant d’y semer de l’herbe. La différence, c’est que les ouvriers communaux ont recouru à l’arme chimique pour faire place nette.  On allait donc bien voir la différence entre les deux surfaces séparées seulement par une clôture en bois !

La première année, il n’y avait pas photo. De mon coté, la nature a rapidement repris ses droits et toutes sortes de plantes et de fleurs ont fait concurrence à mes semences herbeuses.  Dans ce gazon hétéroclite, j’ai notamment identifié pas mal de pissenlit, de trèfle, de chardon, et quelques plaques de mousse aux endroits plus humides. De l’autre côté de la clôture, le tableau était très différent : un vrai green de golf  bien vert et sans le moindre intrus. Mais dès la deuxième saison, ce beau tapis a commencé à perdre de sa superbe en jaunissant et en s’effilochant, tandis que ma robuste parcelle bio restait toujours aussi drue et verte malgré les périodes de canicule. D’année en année, cette différence s’est accentuée et le jardin voisin fait désormais pitié à voir : l’herbe y est de plus en plus pâle, malingre et clairsemée. Et toujours aussi seule à occuper un terrain raviné par les pluies alors que le mien, foisonnant de vie, se gorge d’eau comme une éponge avant qu’elle s’évapore ou qu’elle pénètre le sous-sol schisteux. Devant ce spectacle, je me suis fait la réflexion  que les effets secondaires des antibiotiques étaient certainement sous-estimés et que leur action toxique était sans doute plus durable qu’on le dit. Certes, les diarrhées s’arrêtent à la fin du traitement et la flore intestinale se reconstitue quantitativement. Mais on sait maintenant que la composition du microbiote s’en trouve modifiée et que sa diversité en est profondément affectée.  Comme celle-ci est le gage d’une bonne immunité, on peut en déduire que la santé globale des patients s’étiole sur le long terme.  Tout comme le Roundup semble déséquilibrer le sol par son action sélective,  il se pourrait  bien que les  médicaments antibactériens aient des conséquences funestes longtemps après la cure et dans l’ensemble du corps humain.

Mes soupçons m’apparaissent d’autant plus fondés que cet automne, un événement intéressant s’est produit dans mon jardin : des taupes y ont élu domicile. Au début, j’ai cru que c’était encore un blaireau qui venait se régaler dans ma pelouse en creusant une galerie sous la barrière. Les blaireaux adorent la mousse, c’est assez pratique, mais ils abîment quand même beaucoup avec leur groin. Le week-end suivant, je me suis  cependant fait une raison : quelques taupes très costaudes avaient manifestement pris possession du sous-sol  et s’en donnaient à cœur joie pendant la semaine.  Elles doivent vraiment être grosses car elles déplacent des monticules de terre énormes. Entre mon jardin aujourd’hui et la plaine de Verdun en 1916 après la bataille, le paysage doit être plus ou moins identique. Pourtant, j’ai ri et même jubilé en découvrant le désastre, car j’ai constaté qu’il s’arrêtait pile-poil à la clôture. Chez le voisin « chimique », pas la moindre taupinière à l’horizon ! De toute évidence, les mammifères fouisseurs ont un instinct qui les guide en sous-terrain hospitalier et leur fait éviter les biotopes appauvris. Sinon, ils n’auraient pas stoppé net  à la « frontière ».

Cela m’a fait beaucoup réfléchir, car je vous rappelle que l’épandage dans la parcelle mitoyenne a eu lieu il y a un lustre. Cinq ans après la pulvérisation d’herbicide, la composition des sols est encore si dissemblable que les animaux se réfugient dans le mien  et boudent totalement le voisin.  Ces petites bêtes sont très myopes, mais elles voient  visiblement très clair quand il s’agit de distinguer un bon et un mauvais terrain. Chez moi, la diversité est reine et la nourriture abonde tandis qu’une terre « roundupée » demeure très longtemps hostile et stérile. Il en va très probablement de même dans les intestins humains : un seul bombardement chimique peut y faire des dégâts qui ne se remarqueront que des années plus tard et ne seront sans doute pas reliés à l’antibiothérapie. Il n’est pas surprenant que des recherches récentes indiquent une plus grande incidence de maladies chez les adultes ayant reçu dans leur enfance beaucoup d’antibiotiques.

 

Entre cet arsenal allopathique et les méthodes culturales conventionnelles, la comparaison est d’autant plus appropriée que les deuxièmes ont un impact direct sur l’écologie intestinale. En 2014, des chercheurs allemands ont découvert que le glyphosate affectait négativement la flore bactérienne des vaches exposées. Et tout dernièrement, une étude néozélandaise (2) a révélé que cet herbicide participait au phénomène de biorésistance : quand elles  sont mises en contact avec la substance anti-herbes, les bactéries apprennent aussi à résister aux antibiotiques. Moralité : ce n’est pas seulement l’élevage industriel qui fait muter les microbes, mais aussi le désherbage antibiologique. Bref, je n’en veux pas à mes amies les taupes et je les remercie de m’avoir ouvert les yeux sur les méfaits insoupçonnés de la lutte biocidaire. Ceci dit, je serais quand même content qu’elles aillent prêcher la bonne galerie ailleurs que dans mon jardin. Si vous avez un truc  100% naturel  pour les faire déguerpir, n’hésitez pas à m’en faire part.

 

Yves Rasir

(1) et (2) : Natural News, 22 mars 2017 

Une guérison spectaculaire

La semaine dernière, je suis allé écouter une conférence de Daniel Miron, de passage à Bruxelles. Après plusieurs années essentiellement consacrées à ses consultations, le thérapeute canadien est en effet reparti dans une grande tournée de stages et de réunions informatives aux quatre coins de la francophonie(1). D’ici fin 2017, il lancera aussi une formation destinée aux professionnels.   Bien qu’il ait écrit le livre « Décodage psychosomatique des maladies et comportements connexes » (2),  ce sympathique Québécois ne se la pète pas et il se définit lui-même comme un « homme des bois » sans prétention intellectuelle. Il connaît bien la théorie psychobiologique pour s’être formé longtemps auprès du Dr Claude Sabbah,  mais son truc, c’est la pratique concrète du décodage des maladies et la relation d’aide. En 15 ans, il a rencontré et aidé pas moins de 5.000 patients ! Cette expérience humaine extraordinaire le mène aujourd’hui à proposer sa propre méthode d’accompagnement (3), basée sur l’écoute attentive, la bienveillance et la compassion. Dans sa belle province natale, on a surnommé Daniel Miron « l’homme qui murmure au subconscient ».

Évidemment, je n’ai pas appris grand chose à cette soirée d’information sur le sens des maladies, puisque j’ai moi-même suivi l’enseignement de « la  biologie totale des êtres vivants », fondée en bonne partie sur les découvertes du Dr Hamer. En revanche, j’ai adoré les moments où Daniel a raconté des « cas cliniques » de malades qu’il a suivis et qui sont aujourd’hui guéris.  C’est à travers ces histoires de vie et ces récits de guérison que la genèse psycho-émotionnelle des maladies s’exprime le plus  lumineusement et que leur dénouement peut inspirer d’autres personnes souffrantes. Dans la revue Néosanté,  la rubrique « Le plein de sens » a précisément pour but de partager les témoignages de gens soignés ou soignant avec succès par décodage biologique. Nous en avons déjà publié plus d’une centaine.  Parmi les cas évoqués ce soir-là, il en est un qui aurait largement mérité d’être imprimé dans les pages de notre mensuel.  Mais comme Daniel Miron est plus un homme d’action qu’un homme de plume, je me permets de résumer moi-même la belle histoire qu’ils nous a contée.

Appelons la Betty.  Betty est une femme d’une quarantaine d’années à qui on vient de diagnostiquer un cancer du sein gauche. Les médecins lui ont précisé que sa tumeur était de « grade 4 », qu’elle se métastasait aux ganglions et que les traitements seraient très probablement vains. Avec une délicatesse assez typique de sa profession, l’oncologue lui a pronostiqué une espérance de vie de…. deux mois. C’est alors qu’elle échoue chez Daniel Miron. Comme la femme est droitière (4), ce dernier sait déjà qu’il peut suspecter une grave « conflit du nid » avec un enfant réel ou symbolique. Dans la nature, la tumeur mammaire  est en effet la solution du cerveau animal pour produire ou acheminer un lait maternel plus abondant et plus riche. C’est ainsi que certaines femelles mammifères réagissent lorsque leurs petits se perdent ou qu’on les arrache à leurs mamelles. Il en va souvent de même chez l’être humain. Le cancer du sein est un programme « turbo » destiné en quelque sorte à compenser la séparation spatiale par une lactation plus efficace. Le thérapeute demande donc à sa patiente si un de ses enfants n’a pas  brutalement  déserté le nid familial relativement récemment. De fait, Betty confie que sa fille chérie de 16 ans a quitté le foyer il y a 3 ans sans crier gare et qu’elle n’a plus donné signe de vie. Malgré d’intenses recherches,  les parents  n’ont pas réussi à localiser la fugueuse et ils ne savent même pas si elle est encore vivante.  Ce drame les a pris complètement au dépourvu.

Le choc causal étant clairement identifié, Daniel Miron réfléchit à toute allure et se dit que la solution pratique du conflit – les retrouvailles mère-fille – est ici impossible, du moins à court terme, et qu’il faut trouver autre chose. Il demande donc à Betty d’imaginer que sa fille chérie est décédée et qu’elle-même a surmonté la tragédie.  Par un exercice de visualisation, il l’invite à se projeter dans ce futur fictif,   à se voir survivre à sa peine et à retrouver goût à la vie. Heureusement pour elle, la maman éplorée réussit cet exercice guidé et parvient à se visualiser dans un état émotionnel apaisé. La consultation suivante doit avoir lieu trois semaines plus tard. Entretemps, Betty se soumet à de nouveaux examens dont elle reçoit rapidement les résultats : ses médecins n’en reviennent pas car elle totalement guérie, toute trace de sa tumeur mammaire et des atteintes ganglionnaires ayant disparu ! Cela se passait il y a 17 ans et l’ex-cancéreuse n’a pas rechuté. Grâce au travail de deuil express ?  Difficile à dire, car Daniel Miron n’a pas seulement décodé la fugue en tant qu’élément déclencheur. Par des questions précises, il a fait prendre conscience à sa patiente qu’elle-même, à 16 ans, avait été « mise à la rue » par sa mère violente et alcoolique. Elle s’était jurée de ne pas reproduire le scénario mais un schéma relationnel différent s’est quand même soldé par un « désenfantement » similaire. C’est ce qu’on appelle, en psychobiologie, un conflit « programmant ». À la naissance, Betty est née avec le cordon autour du cou et n’a dû son salut qu’à une coupure anticipée du lien ombilical. C’est ce qu’on appelle un conflit périnatal « pré-programmant ».

Par une belle intuition, qui est le propre des bons thérapeutes,  Daniel Miron  a également interrogé Betty sur ses rapports avec son mari. Celle-ci a avoué que le couple battait de l’aile et qu’elle ne se sentait plus désirée ni désirable. Le thérapeute canadien a alors incité sa compatriote à forcer une discussion avec son époux et à lui ouvrir son cœur à défaut de lui dévoiler son corps.  L’échange a eu lieu le soir-même, le mari a sangloté qu’il se sentait mal-aimé aussi, les deux conjoints se sont retrouvés et la réconciliation s’est achevée au lit ! Sans doute la mésentente conjugale était-elle étrangère à la somatisation au sein gauche, mais il va de soi que la poitrine dans son ensemble a bénéficié du rapprochement amoureux.  Quand il s’agit de renouer avec un ciel bleu, tous les nuages sont à chasser et cette éclaircie-là a peut-être été décisive.  En tout cas, Daniel Miron ne conçoit pas un parcours de guérison sans que les dévalorisations connexes et les conflits adjacents ne soient eux aussi résolus par « l’ouverture du cœur ». À Betty, il a demandé de pardonner intérieurement à sa propre maman qui l’avait mise à la porte à 16 ans et qui, à son corps défendant, lui avait passé la corde au cou à l’accouchement. Il n’y a ni victime ni coupable en biologie, seulement les lois de la biologie….

L’épilogue de cette guérison spectaculaire est encore plus interpellant. Peu avant  la deuxième consultation  (ou peu après, je ne sais plus très bien),  le téléphone sonne et Betty décroche : c’est sa fille disparue qui appelle au secours ! Elle avait fui sa bourgade québécoise trois ans plus tôt  pour suivre un mauvais garçon à Toronto, 600 kilomètres plus loin. Battue par ce compagnon et obligée de se prostituer, elle venait de se décider à reprendre son destin en main et à appeler ses parents à l’aide. Vous pouvez le croire, ça ?  Si vous ne le pouvez pas, allez demander l’identité de Betty et vérifiez vous-même ce que Daniel Miron raconte. Moi, je n’en ai guère besoin car ce n’est pas la première fois qu’en j’entends le récit de ce genre de coïncidences magiques. Qu’on les appelle « synchronicités » ou  phénomènes résultant de la « loi d’attraction », elles témoignent que le monde extérieur bouge et se transforme lorsque s’accomplit une évolution intérieure. Tout comme la maladie est un jeu de poupées russes où les conflits sont imbriqués, la guérison est un bowling où une quille renversée peut faire basculer les autres et aboutir au strike. Encore faut-il croire en ses chances, s’emparer d’une boule et oser entamer la partie….

 

Yves Rasir

  1. Toutes les dates des conférences et stages en rapport avec le décodage psychobiologique des maladies, du moins toutes les activités dont nous avons connaissance en France, Belgique, Suisse et Québec,  sont publiées dans le  Décodagenda  du mensuel Néosanté.
  2. Aux éditions Quintessence. Ouvrage disponible dans la boutique de notre site,  en catégorie Médiathèque.
  3. Pour plus d’infos sur la méthode Miron, cliquez ici
  4. S’agissant des organes doubles, le côté où se produit la somatisation dépend en effet de la latéralité. Chez une femme gauchère, le ressenti d’ « enfant tombé du nid » affectera le sein droit. C’est encore une des découvertes majeures du Dr Hamer.

Sortir du manichéisme médical

Créé par le perse Mani au IIIe siècle de notre ère, le manichéisme est une doctrine religieuse qui fut âprement combattue par l’église chrétienne au motif que sa philosophie était outrageusement dualiste. En effet, les Manichéens considéraient que le monde était divisé en deux : d’un côté  la lumière, le royaume de la vie divine, et de l’autre les ténèbres, le royaume de la matière et de la mort. Enfermés dans cette logique binaire, les adeptes de cette pensée opposaient le corps à l’esprit et  ils méprisaient les plaisirs de la chair. Comme dans d’autres  sectes gnostiques et plus tard chez les Cathares, les élus devaient rester célibataires, se purifier de toute sensualité et ne pas procréer pour échapper au cycle des réincarnations sur cette terre dévolue au Mal. Si ces hérésies avaient pris le dessus sur Rome, nous ne serions peut-être pas là pour déplorer une conception aussi simpliste et aussi négative de l’existence humaine. Quoique : le manichéisme avait quand même le mérite de déceler un peu de lumière dans les ténèbres et un « noyau » d’esprit dans le corps : tout n’était donc pas si tranché dans cette doctrine inspirée du bouddhisme et ressemblant un  peu au taoïsme. En revanche, les dualismes séculiers  modernes s’affranchissent souvent de toute subtilité et ils sacrifient volontiers la variété des couleurs pour résumer l’univers à un affrontement entre noir et blanc (*). Que l’on songe par exemple à la bêtise géopolitique d’un Georges Bush Jr scindant naguère les nations entre deux axes, celui des bons et celui des méchants ! Dans le domaine de la médecine, c’est surtout  l’idéologie pasteurienne qui fait office de couteau trancheur : selon la théorie du germe, l’Homme serait en effet  la victime innocente des mauvais microbes et son système immunitaire  une sainte armée chargée de repousser des assaillants. Depuis plus d’un siècle, l’Occident impose à la planète cette conception dichotomique du vivant.

La découverte du microbiote est en train de tout changer.  On sait désormais que le corps humain abrite d’innombrables micro-organismes et que ceux-ci vivent en symbiose avec leur hôte. Certes, il y a encore des scientifiques qui croient bon de distinguer les « bonnes et les « mauvaises » bactéries intestinales. Mais les recherches les plus récentes brouillent cette frontière artificielle au profit des notions d’équilibre et d’homéostasie. Réalisant qu’il n’y a pas de germe intrinsèquement pathogène, les chercheurs de pointe vantent la diversité de la flore et nous conduisent vers des stratégies de santé probiotiques et non plus antibiotiques. Cette (r)évolution est en marche  dans les labos et déjà un peu dans les hostos, entre autres  par le transfert fécal à but thérapeutique. Malheureusement, le manichéisme médical a encore beaucoup d’autres visages. En cancérologie, par exemple, il est courant de séparer les tumeurs du Bien (les bénignes) et les tumeurs du Mal (les malignes). Or la science oncologique elle-même reconnaît l’inanité de ce classement puisqu’elle admet l’existence d’une troisième catégorie, celle des tumeurs « borderline » situées entre les deux autres et leur ressemblant par certains aspects. Cette distinction ternaire est à son tour jugée trop grossière car la recherche médicale a aussi identifié des formes intermédiaires de pathologies cancéreuses. La vieille opposition binaire entre cellules tumorales agressives et inoffensives semble en tout cas dépassée. Idem pour le phénomène du vieillissement.  Depuis plusieurs décennies, on nous rabâche que les vilains radicaux libres génèrent un stress oxydatif funeste et que les gentilles molécules anti-oxydantes viennent nous préserver du terrorisme radical. Minute, papillon ! Ce n’est pas aussi simple et on découvre aujourd’hui que les prétendus ennemis ont une certaine utilité.  Une concentration modérée en radicaux libres permet notamment d’augmenter la durée de vie des cellules en favorisant leurs réactions enzymatiques naturelles.  Dans sa rubrique « Avantage Nature » du prochain numéro de Néosanté, Jean-Brice Thivent entame une série d’articles qui vont rectifier le tir et réhabiliter quelque peu les particules honnies. Un organisme  n’est pas un studio hollywoodien où de courageux cow-boys se battent contre de cruels indiens. La vie, c’est beaucoup plus complexe que ça !

La tendance est malheureusement tenace de trier  le microcosme en deux camps et de voir le monde en noir et blanc. Le manichéisme médical n’est pas mort  et il faudra encore du temps avant que les œillères tombent. Tant que la maladie sera envisagée comme maléfique et insensée, il ne sera guère possible d’y voir un processus  psychobiologique à finalité positive. Durant leurs études de médecine, les carabins sont formatés par la pensée guerrière et  formés à combattre les symptômes. Seuls les plus héroïques font une chemin pacifiste et deviennent des médecins conscients des impasses belliqueuses. Dans la corporation des gynécologues, la traque aux virus et aux (myco)bactéries est devenue un réflexe pavlovien et c’est pourquoi les femmes en ont marre que leur appareil génital soit réduit à un nid de microbes. Il est donc  réjouissant d’assister à leur rébellion qui prend notamment  la forme de la « gyn-écologie » sans gynéco  et de l’auto-observation des sécrétions vaginales. Ce sont deux sujets qui seront également  abordés dans le mensuel Néosanté du mois d’avril. À travers  ces deux autres articles, notre revue s’inscrit résolument dans ce mouvement contemporain nous éloignant de l’obscurantisme manichéen.

 

Yves Rasir

(*) Nouvelle synchronicité amusante : j’étais en train d’argumenter sur le fait que le manichéisme « noir/blanc »  empêche de voir les couleurs lorsque je reçois une notification Facebook d’une amie enthousiasmée par un documentaire de la chaîne Arte précisément consacré à la perception du spectre coloré selon Goethe. Passionné d’optique, le grand penseur allemand avait pris conscience que les couleurs seraient invisibles sans l’alternance du jour et de la nuit. Les couleurs disparaissent quand il fait trop sombre et quand il fait trop clair, c’est donc bien un mélange de noir et de blanc qui colore la vie. Le pot aux roses, si je puis dire, est révélé dès les premières minutes du film : « C’est l’alliance de la lumière et de l’obscurité qui crée les couleurs et permet de reconnaître le monde ». Pour visionner le documentaire, cliquez ici.

Vieillir comme Hugues Aufray

Santiano, Stewball, Céline,  Le petit âne gris,  Les portes du pénitencier….Je dois avoir chanté des milliards de fois chacune de ces chansons lors de veillées scoutes, autour du feu de camp. Et dans les années 60-70, j’ai usé plusieurs saphirs pour écouter en boucle, sur mon « tourne-disques » de l’époque, tous les tubes de mon idole gravés en 45 ou 33 tours. Je m’identifiais tellement à lui que j’ai même, qu’il me pardonne, massacré ses morceaux en gratouillant de la guitare.  Incroyable Hugues Aufray !  À 87 balais,  le chanteur folk de mon enfance fait encore partie de la tournée Âge tendre, une troupe d’anciennes gloires qui multiplie les concerts aux quatre coins de France et de Navarre. Mais comment fait-il ?  Comment ce vieillard s’y prend-il pour rester aussi vert et conserver une allure de fringant jeune homme, n’étaient sa crinière blanche et les rides assumées ?  Ce n’est pas la peine d’aller lui poser la question, car la star y a déjà répondu il y a 10 ans,  dans un livre intitulé « La jeunesse n’a pas d’âge ». Publié chez Michel Lafon, cet ouvrage avait précisément pour objet de partager les secrets de sa forme et  de révéler ses remèdes de jouvence.  Je me le suis acheté d’occasion l’été dernier et je l’ai lu la semaine dernière en vacances.

Sur le plan littéraire, il faut bien dire que ce bouquin est un peu décevant. On sent bien que le poète-musicien, tout bon cavalier qu’il soit, n’est pas seul en selle et  ne tient pas les rênes. C’est « avec la collaboration » d’une plume professionnelle que ce livre a été écrit, et ça lui enlève quelque chose. Ce que le texte gagne en propreté, il le perd en  spontanéité. L’écriture manque furieusement de naturel.   Mais ce n’est pas ça qui est important. Sur le fond, l’œuvre répond aux attentes car on y apprend vraiment comment Hugues Aufray s‘est bâti  cette belle santé qui semble défier le temps. Dès l’avant-propos, le chanteur vend la mèche et dévoile ce qui est, à mon avis, sa principale recette de longévité : « J’ai toujours été très actif et je ne me souviens pas m’être jamais ennuyé, tout simplement parce qu’il est dans ma nature de vivre mes passions à fond. Je me dis souvent que j’aurais pu faire n’importe quoi, vu toutes les envies que j’ai, dont j’ai réalisé certaines : la course automobile, le cheval, le ski, la peinture, la sculpture, l’agriculture, le chant, la guitare… sans compter toutes les formes de complicité, ainsi que le plaisir sans cesse renouvelé d’être entouré de mes proches ». Tout est déjà dit, il me semble, dans ce paragraphe. Il attribue sa grande vitalité à sa passion de vivre et à une existence bien remplie, tant sur le  plan professionnel que privé.  Il le dit textuellement : il est et a toujours été  guidé par ses nombreuses envies. Or, comme le souligne volontiers un de mes amis médecins, il n’y rien de tel que les « en-vies » pour se protéger des « tu-meurs ». Être animé de désirs est à coup sûr le meilleur moyen de  bien vieillir et de repousser l’heure de mourir.

À condition, bien sûr, que la fureur de vivre reste compatible avec une existence équilibrée. Hugue Aufray confie qu’il a longtemps fumé, et même beaucoup, mais qu’il n’a jamais été gros buveur et gros sorteur. Les  virées en boîtes de nuit, très peu pour lui ! Ses trucs de santé ?  Hugues Aufray prévient d’emblée : « Je ne possède pas de recette miracle, seulement quelques fruits secrets de mon attachement aux traditions. Fruits également de mes rencontres, de mes découvertes et de mes expérimentations. Le tout étant toujours frappé au coin du bon sens ». Dans le premier chapitre, le Bod Dylan français dévoile  cependant une chose très importante : on peut construire du solide sur des fondations qui le sont beaucoup moins. Bébé, il n‘a pas pu être allaité par sa maman, et il ne supportait ni le lait de vache ni le lait de chèvre. Il dépérissait à vue d’œil quand le médecin de famille eut l’idée de lui donner du babeurre, autrement dit du petit-lait.  C’est ce qui l’a sauvé de la dénutrition, de même que la vitamine D a enrayé un début de rachitisme.   Â l’âge de 7 ans, on lui a diagnostiqué une hyperthyroïdie qui a été soignée par des piqûres d’iode. Un peu plus tard,  on découvre également que cet enfant fragile est asthmatique,  gaucher et dyslexique.  « Les tracas de santé m’ont appris un chose, confie-il septante ans plus tard : il ne faut pas se comparer aux autres, ni se tourner vers son passé, ni penser à l’injustice, sous peine d’aller un peu plus vers les ennuis. Ce qu’il faut faire, (…), c’est prendre la maladie comme un défi ». Non sans sagesse,  le chanteur diminue toutefois ses propres mérites dans l’édification de son corps robuste : « Je reste persuadé qu’à capital santé égal, un enfant issu d’une famille respectueuse de l’individu, à même de lui donner tout ce dont il a besoin pour grandir, aimer et se sentir bien dans la vie, aura beaucoup plus de chances d’avoir une santé florissante qu’un gamin maltraité, désorienté, triste ou stressé ». Autrement dit, selon lui,  il récolte aujourd’hui les fruits de son enfance heureuse.

Le chapitre qui suit est beaucoup moins intéressant car il aborde l’alimentation. Relevant de la diététique la plus classique, les conseils sont  dépassés et d’une consternante banalité. J’ai cependant retenu deux confidences dissonantes, et non des moindres. La première, c’est qu’Hugues Aufray est sobre comme un chameau.  Malgré ses efforts, il boit très peu d’eau et ne parvient pas à respecter la consigne des deux litres par jour.  Pour compenser, il s’efforce de consommer  une boisson drainante dont il ne révèle malheureusement pas la composition. La deuxième, c’est qu’il a guéri son asthme infantile en arrêtant complètement le lait. Dès le jour où il a stoppé les produits laitiers, ses crises ont disparu.  En revanche, l’artiste se plie quotidiennement à la consommation d’un jus de citron dans un verre d’eau tiède, avalé avant le petit-déjeuner. S’étant informé, il en loue les vertus antioxydantes et  l’action dépurative pour le foie. Pour le reste,  il suggère de « ne consommer que ce qui est nécessaire à l’équilibre du corps, afin de rester sain et de vivre plus longtemps. » Et si on tombe malade ? Voici son judicieux conseil : « avant d’aller chez le médecin, réfléchissez à ce que vous avez vécu récemment et repassez-vous le film de vos émotions, vos repas, vos déplacements, vos contacts avec les autres, un changement dans votre vie… Et suivez la piste qui vous paraît la plus plausible ». Je ne vais pas vous résumer le reste du livre, mais épingler quelques astuces de santé originales et méconnues.

Dans le chapitre sur la respiration, Hugues Aufray insiste sur l’importance de débloquer le diaphragme et de l’ouvrir au maximum. Pour ce faire, il a  notamment recours à la méthode Salmanoff, laquelle consiste à chauffer le foie par l’application  d’une compresse ou d’une bouillotte. L’idée est d’activer la circulation des vaisseaux capillaires hépatiques et de favoriser ainsi le relâchement du muscle voisin. Si vous ne connaissez pas cette technique, voici un lien  qui vous permettra de la découvrir et de vous l’approprier. Mais pour se décontracter les viscères et relaxer les tissus musculaires qui les entourent, le chanteur pratique aussi  régulièrement un exercice qu’il qualifie d’extraordinaire et qu’il appelle le « barattage ». Selon lui, cet exercice procure un état de détente et de bien-être proche du Nirvana, rien que ça !  En voici la description précise :

L’ami Aufray confie qu’une des amies a soigné sa dépression de cette manière, tant cet exercice lui procurait du bonheur !

Dans le chapitre  suivant,  l’artiste raconte un tournant très important dans sa vie : en 1955, en  l’espace de quelques mois, son frère se suicide et son meilleur copain se tue accidentellement. Après ce double choc émotionnel, il reste littéralement sans voix, ne parvient plus à chanter et est viré du cabaret qui l’employait.  Heureusement, il fait la connaissance d’un musicien américain qui l’envoie chez une enseignante d’art vocal, une certaine Mme Sandra. Il va suivre son enseignement durant deux ans, en travaillant sa respiration, son maintien, la fréquence, le ton et le volume d’une voix qu’il retrouve peu à peu. Il découvre que l’appareil phonatoire mobilise pas moins de  300 muscles et que leur entraînement le remet complètement d’aplomb sur tous les plans.  Moral retrouvé et santé restaurée,  il gagne deux ans plus tard le radio-crochet qui va lancer sa carrière et le propulser en tête des hit-parades. C’est en retrouvant sa voix, dit-il, qu’il  a véritablement trouvé sa voie.  Plus tard, il expérimentera également les bienfaits de la musicothérapie et  la  psychophonie,  une méthode d’exercice vocal destinée à rétablir l’harmonie globale chez l’être humain. Sa fondatrice,  Marie-Louise Aucher,  s’était aperçue des correspondances vibratoires existant entre les sons et le corps humain. Elle  les a codifiées de manière à créer un lien entre les différents plans de l’existence (physique, émotionnel, énergétique, mental et même spirituel)  et à les harmoniser.  Pour faire connaissance avec cette approche, cliquez ici .

Curieux et ouvert d’esprit, Hugues Aufray n’hésite pas à expérimenter des thérapies alternatives, et même  des techniques quelque peu ésotériques. Saviez-vous, par exemple, qu’il porte en permanence un bracelet de cuivre ?  C’est un vieux médecin, appelé à son chevet pour une sciatique très douloureuse, qui lui a un jour refilé le truc. Depuis lors, effet placebo ou pas, il n’a plus jamais eu mal au dos ! Il se soigne également avec les bains hyperthermiques d’Alexandre Salmanoff (voir supra), la visualisation créatrice, la pensée positive et l’autosuggestion.  Contrairement à Emile Coué,  il ne répète pas 20 fois de suite 3 fois par jour que « tout les jours et à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ». Pour sa part, tous les matins, il se contente de respirer l’air frais  et de dire « Merci mon Dieu », avant d’aller se poster devant le miroir et de se lancer un grand sourire. Dans la deuxième partie de l’ouvrage, celle consacrée à la santé psychique, l’auteur  de « La jeunesse n’a pas d’âge »  confie également  qu’il est un adepte de la « sweat lodge » (tente de sudation) et de la  « roue de médecine », deux rituels d’origine amérindienne. Par une heureuse coïncidence, cette deuxième technique chamanique fera l’objet d’un article  de Carine Anselme dans le Néosanté du mois d’avril.

Pour expliquer son éclatante santé,  Hugues Aufray confie cependant que son principal secret est le travail de deuil et la gestion des émotions négatives qui ont jalonné sa vie. Pour lui, « faire le deuil » consiste à se tourner vers le Ciel, c’est-à-dire vers les forces spirituelles, vers ce qui est plus grand et plus éternel que soi. Il n’est pas croyant au sens classique du terme, mais il pense que l’homme a naturellement besoin d’élever son esprit vers la nature et d’entrer en communion avec elle. Cet état d’esprit, écrit-il « permet de nous tourner vers nous-mêmes, de comprendre nos blessures intérieures et peut-être même celles de personnes qui nous ont heurté à un moment ou un autre ». S’il avait une devise,  celle du vieux chanteur serait certainement « donner et recevoir » : « En fin de compte, je crois qu’il n’y a pas de plus puissant élixir de bien-être et de longévité que le don. Quoi qu’il arrive, celui qui donne n’est jamais perdant. Il transporte autour de lui une atmosphère bienfaisante pour les autres, et parce qu’il transmet, il reçoit en échange ».  Mais comment vieillir  aussi bien que lui ?  Le but n’est pas de paraître jeune ou de ne pas vieillir, répond-il, mais plutôt de profiter du temps qui passe pour atteindre une certaine harmonie, avec soi et avec les autres. Citant Pablo Picasso (« La vieillesse ne se guérit pas, elle se prépare » »), Hugues Aufray exprime la sensation de récolter aujourd’hui les fruits de ce qu’il a semé : « la vieillesse n’est que le résultat de l’existence qu’on a menée ».

Pour conclure son livre, l’idole de ma jeunesse rappelle ce qu’il a martelé dans son introduction, à savoir que la plus puissante des motivations pour « rester jeune », c’est de créer. Quelle que soit le type de création, « la seule véritable raison de vivre est, pour l’être humain, la possibilité d’être créatif ». Une dernière recette de jouvence ? Laissons-lui la plume et apprécions sa métaphore culinaire : « Pour bien vieillir, prendre une grosse cuillérée de gentillesse et de bon cœur. Une pincée de prévoyance. Une larme de soins corporels. Mettre dans un saladier rempli d’envies, de voyages intérieurs ou extérieurs, et de quelques pousses de nature. Faire cuire avec des tonnes de passion et d’entraide. Servir chaud et souriant, avec un air de guitare ».  Perso, je ne suis pas convaincu par le conseil de cuisson, mais cette  salade me semble  très appétissante. Il n’y a pas d’âge pour commencer à la composer et pour la déguster.

 

Yves Rasir

Les mudras, gestes de santé millénaires

Magie de l’informatique : je suis en escapade familiale à l’occasion des vacances de Carnaval et je vous envoie quand même une infolettre. Non,  je ne suis pas un drogué de travail et je ne bosse pas entre deux champs de bosses sur les pistes. Quand je suis à la montagne, je déconnecte complètement et je profite du moment présent.  J’ai préparé ce Néosanté hebdo avant de partir et l’envoi a été programmé pour ce mercredi. Cette semaine, je vous laisse en compagnie de notre journaliste Carine Anselme, grande découvreuse de méthodes de santé naturelles et surtout de techniques énergétiques orientales.  Dans sa rubrique « Bon plan Bien-être »  du mois de février, elle a publié un article sur les mudras, ces gestes des mains et des doigts que connaissent bien les praticiens de yoga et les amateurs de danses indiennes. Dans la tradition hindoue,  ces postures manuelles et digitales sont reliées aux différents chakras et ont la réputation de favoriser  la santé, chacune d’entre elles ayant le pouvoir d’harmoniser un organe ou un système.  Je vous avoue que je ne connaissais pas du tout. Mais ça m’a beaucoup intéressé et j’ai voulu en savoir en plus sur ces gestes de santé ancestraux. Depuis un mois, je suis même devenu accro  du Mudra Kshepana, un rituel d’éveil spirituel que Carine vous explique ci-dessous. Je reproduis son article afin d’en faire profiter tous les lecteurs de la lettre hebdomadaire qui ne sont pas abonnés au mensuel.  Cela vous intéresse aussi ? Sachez qu’il existe bon nombre de sites internet qui démystifient gratuitement ce « yoga des doigts », images à l’appui.  J’en ai visité plusieurs et je pense pouvoir vous conseiller de suivre ce lien http://yoga-et-vedas.com/mudras/ pour vous initier aux mudras.  Les textes sont brefs mais suffisamment informatifs, et les photos très explicites. Je vous laisse vous amuser en vous faisant du bien, et je vous donne rendez-vous le 8 mars pour de nouvelles aventures.

 

Yves Rasir

LES MUDRAS : faire un geste pour notre santé

Simples et néanmoins puissants, les mudras (1) sont indissociables de la tradition indienne et de pratiques telles que le yoga ou la danse. Accessibles à tous, ces gestes des mains renforcent et purifient l’esprit, le corps et l’âme, en permettant la libre circulation de l’énergie de guérison naturelle, ou prana. Paix, équilibre et concentration… à portée de main !    

Les mudras ou « sceaux » énergétiques présentés dans ce récent ouvrage (1) proviennent de l’héritage indien (notamment du hatha yoga), mais on trouve, de tout temps et dans le monde entier, des traces d’utilisation de gestes rituels des mains : sur les pyramides égyptiennes, les tablettes sumériennes et les statues maya, mais aussi dans les inscriptions hébraïques. Expressives, les mains sont les antennes du cœur.

Des gestes millénaires pour le bien-être actuel

Si l’on dispose de peu de temps pour prendre soin de soi, les mudras sont parfaits : on peut les pratiquer à l’arrêt de bus, devant l’ordinateur ou en regardant la télévision. « Si les mudras sont précieux, c’est qu’ils renforcent le bien-être général et nous permettent de puiser dans des réserves d’énergie cachées. Les pratiquer apporte des bienfaits physiques, tels qu’une plus grande mobilité ou un meilleur équilibre, et des bienfaits mentaux, comme une plus grande concentration. Sur le plan émotionnel, les mudras favorisent le pardon et la compassion », explique l’auteur, Swami Saradananda, qui a découvert les bienfaits des mudras à travers l’enseignement du yoga. Depuis les temps anciens, la philosophie indienne professe que la façon dont les doigts bougent et se touchent a un impact sur le flux de l’énergie vitale qui circule dans notre corps, et les yogis, forts de ce savoir, mettent à profit des gestes précis des mains et des doigts – les fameux mudras – pour canaliser le prana dans un but de guérison physique et psychique, et d’éveil spirituel. La science moderne appuie cette intuition millénaire ; d’après les recherches récentes, bouger différentes parties des mains active diverses aires du cerveau. Si ce livre puise dans la science indienne ancienne, il offre plus de 70 mudras appropriés à la vie d’aujourd’hui. « Vous y trouverez des mudras pour stimuler l’acuité mentale et pour vous apaiser, des mudras pour laisser s’échapper la pression et pour entrer en contact avec les autres, des mudras pour vous dynamiser ou vous détendre, et des mudras pour alléger les symptômes des affections courantes », souligne l’auteure.

L’énergie sur le bout des doigts

Les mudras offrent un moyen simple d’accéder à notre énergie et de la libérer. Pour que corps et esprit soient en équilibre, il est en effet important de décongestionner les « bouchons » qui provoquent des blocages énergétiques et de stimuler le prana pour qu’il puisse circuler librement le long des nadis (méridiens ou canaux d’énergie), diffusant une énergie guérisseuse à chaque région du corps. « Comme la plupart des nadis majeurs démarrent ou aboutissent dans les mains (ou les pieds), pratiquer des mudras est une façon efficace de nettoyer les canaux subtils de leurs impuretés, de résorber ce qui fait obstacle et d’orienter le prana dans des directions plus saines », relève Swami Saradananda. Selon cette approche, chaque doigt de la main est connecté à l’énergie de l’un des cinq éléments de la philosophie indienne :  le pouce correspond au feu (matière sous forme rayonnante), l’index à l’air (matière sous forme gazeuse), le majeur à l’éther (espace), l’annulaire à la terre (matière solide) et l’auriculaire à l’eau (liquides). Alors que la paume, elle, se rapporte à l’esprit. Les mudras qui utilisent principalement certaines parties de la main ont donc des bienfaits physiques, émotionnels et spirituels différents, en fonction des énergies élémentaires et des chakras (2) qui sont le plus impactés par la position spécifique des mains (voir « Pratique »). Contrairement aux sept chakras principaux situés au niveau de la colonne vertébrale, les chakras de la main, bien que considérés comme mineurs, sont des antennes énergétiques essentielles. « Liés au chakra du cœur, ils transmettent un flux d’énergie de guérison en provenance du centre du cœur. Sans les chakras des mains, il nous serait difficile de recevoir les informations du monde et d’envoyer l’énergie vers l’extérieur, en projetant, par exemple, des sentiments de compassion ou en nous tournant vers les autres », précise Swami Saradananda. En stimulant ces chakras spécifiques, nous pouvons mieux ressentir la connexion entre nos mains et notre cœur, et devenir plus sensibles à l’énergie subtile de guérison naturelle de notre chakra du cœur. Ainsi, avoir naturellement le cœur sur la main !  

Carine Anselme

(2)La tradition indienne appelle chakras – mot sanscrit signifiant « roue » – les gros centres d’énergie, points d’intersection où les nadis majeurs se rejoignent.

POUR ALLER PLUS LOIN
(1) Les Mudras en pratique. Des gestes millénaires au service de notre bien-être, Swami Saradananda (Le Courrier du Livre, 2016).

PRATIQUE
Mudra Kshepana pour lâcher prise
Ce mudra aussi appelé Uttarabodhi – le sceau bouddhiste de l’éveil spirituel – nous aide à lâcher tout sentiment de stress et de négativité, ce qui nous rapproche d’un état de joie pure. Si vous maintenez ce mudra pendant 3 à 5 minutes par jour, vous commencerez à sentir un changement d’énergie subtile qui rappelle la liberté allègre ressentie en nature. Sur le plan physique, ce mudra améliore la respiration en renforçant l’expiration, ce qui accroît la capacité à se débarrasser de tout ce dont vous et votre corps n’avez plus besoin. Cela peut être un moyen utile pour relâcher le stress avant une tâche éprouvante ou difficile, ou se débarrasser du trac.
Comment pratiquer ?
Assis, agenouillé ou debout, entrecroisez les doigts des deux mains, puis libérez vos index pour qu’ils soient joints et qu’ils pointent vers le haut. Tenez cette position devant votre cœur ou avec les bras tendus au-dessus de votre tête.
Comment ça marche ?
En combinant l’énergie de vos indes (qui représentent l’air), vous stimulez l’élément air, ce qui crée une douce « brise » intérieure qui emporte la pollution de la vie et les idées rances.

Mollo avec le bio parano

Revenons un instant à ma newsletter de la semaine dernière  et au fameux témoignage provaccinal d’une certaine Amy Parker. J’y ai relevé l’énorme incohérence relative à l’abus d’antibiotiques, mais je n’y avais pas distingué d’autres éléments bizarres. Dans cet article, des lecteurs plus perspicaces (ou moins naïfs) que moi ont repéré des anomalies et des phrases louches qui laissent penser que son auteure est un personnage fictif et que son récit a été fabriqué de toutes pièces, afin de discréditer les parents ne faisant pas vacciner leurs enfants.  Non sans sagacité, une lectrice  m’a glissé que cette madame Parker s’appelle plus probablement   Mme  Glaxo ou Mme Sanofi.  La toile est en effet devenu un champ de bataille où Big Pharma se permet  de plus en plus de coups tordus. Je confesse donc ma candeur et remercie ceux qui m’ont ouvert les yeux sur le caractère éminemment douteux de ce témoignage. Certains d’entre eux m’ont signalé que mon confrère Jean-Marc Dupuis avait déjà fait sa petite enquête à ce sujet.  Cliquez-ci pour lire la lettre où il exprime son scepticisme envers ce qu’il considère comme de la propagande malhabilement déguisée.  Pour ma part, j’ai trouvé une autre analyse qui va dans le même sens et qui  réfute  vigoureusement l’authenticité du texte suivez ce lien pour découvrir d’autres trucs qui clochent dans le témoignage  suspect de l’hypothétique Amy Parker.  

Mais admettons qu’elle existe et que son récit soit, sinon véridique, du moins marqué du sceau de la sincérité. Imaginons qu’elle a vraiment eu l’enfance bio qu’elle a eue et  les parents bio qu’elle s’attribue. Un autre évidence m’a frappé à la lecture et a fait réagir  aussi le lectorat de Néosanté Hebdo : cette pauvre Amy Parker fut une petite fille malheureuse à force d’être frustrée sur le plan alimentaire.  Condamnée aux fruits et légumes, elle en était réduite à jalouser les encas  et les repas de  ses petites camarades. Privée de friandises sucrées et d’aliments farineux, elle a subi le diktat d’une mode de vie écolo-radical dépourvu de saveurs douces, ce qui, chez un enfant, peut se ressentir comme une absence de douceur, voire une carence d’amour. Dans leurs réactions,  plusieurs d’entre vous ont suggéré qu’il ne fallait pas chercher plus loin la raison de ses nombreuses maladies infantiles et de leur sévérité. Par son martyre infectieux, le corps de la petite Amy aurait manifesté  son indicible frustration. En tout cas, ses parents bien intentionnés auraient eu le tort de lui imposer un régime restrictif et de lui communiquer leur paranoïa à l’égard de l’alimentation non naturelle. Je suis assez d’accord avec ça et je l’ai récemment  confié à un lecteur  très bio qui s’étonnait de mon laxisme en la matière. Comment, s’étonnait-il,  quelqu’un comme vous peut-il laisser ses filles se nourrir n’importe comment ?

Dans ma réponse, j’ai expliqué à ce correspondant ma conception de l’éducation : informer, dialoguer, partager mes connaissances et mon expérience,  inspirer par l’exemple,  convaincre (= vaincre avec) mais ne rien imposer.  Par exemple, ce matin, deux de mes filles se sont légèrement querellées parce que la deuxième trouvait anormal que la première ne prenne pas de petit-déjeuner.  Je suis intervenu pour dire à la cadette que l’injonction diététique du petit-déj’ copieux était aujourd’hui battue en brèche  par les recherches scientifiques en nutrition.  Et qu’au contraire, le saut du repas matinal permettait de pratiquer le fasting ou jeûne intermittent, une habitude très favorable à la santé. En conclusion de mon intervention, j’ai exprimé mon opinion que l’abstinence était de loin préférable à une orgie de glucides malmenant la glycémie.  Mais je n’ai pas empêché mon ado glucivore de se préparer trois crêpes et d’avaler deux jus d’oranges même pas frais. Pourquoi ? Précisément parce que je ne tiens pas à priver et frustrer ma progéniture, ce qui à mon sens ne pourrait qu’attiser son attrait pour les denrées prohibées. Durant l’enfance et l’adolescence, les jeunes ont grand besoin de s’identifier  aux autres et de s’imiter les uns les autres. Ils se construisent bien d’avantage avec ce qu’ils échangent entre ami(e)s, en cours de récréation,  qu’avec ce qu’ils entendent à la maison.  Sur le plan alimentaire, cette « éducation par les pairs », comme disent les psychopédagogues,  est bien sûr parasitée par les interférences publicitaires et la malbouffe ubiquitaire. Mais je préfère que mes enfants en soient victimes que de les élever dans le sentiment d’être marginaux et marginalisés. Pour faire aimer le bio, ce n’est pas une bonne idée d’instiller la peur du non bio.

Dans son courriel, le lecteur interrogateur m’avouait d’ailleurs que sa famille à lui était mal vue par les habitants du village, qu’elle se sentait ostracisée et qu’elle manquait de contacts sociaux. Je lui ai alors conseillé d’aller voir le film Captain Fantastic,  qu’a mon avis tous les parents hyper écolos et  limite orthorexiques devraient avoir vu tant il fait réfléchir.  Ce long métrage américain raconte l’histoire d’un couple  retiré en pleine nature, élevant ses trois enfants à la dure  et persuadé de leur offrir  l’environnement le plus propice à leur épanouissement. De fil en aiguille, le père va cependant s’apercevoir qu’il se conduit comme un khmer vert et que tout n’est pas rose dans son petit paradis isolé du monde. La scène la plus emblématique du film, c’est quand la  famille est obligée de retourner brièvement à la civilisation et qu’elle fait étape dans un fast food. N’en déplaise au paternel, sa descendance découvre alors que le Coca-Cola et le Big Mac ne sont pas les poisons mortels qu’il lui a dépeints.  C’est une belle œuvre cinématographique, car elle traduit bien que l’enfer est pavé de bonnes intentions : à trop vouloir inculquer ses idées bio, on finit par tenir un discours parano !  Certes, une alimentation équilibrée est bénéfique pour la santé et la vitalité. Dans Néosanté, nous préconisons même une approche plus pointue, la paléonutrition.  Mais dans le même temps, nous ne souscrivons nullement à la croyance selon laquelle manger sainement protège de toutes les maladies, ni à celle qu’une alimentation peu biologique suffit à les déclencher.  Le dicton stipulant qu’ « on creuse sa tombe avec ses dents » nous semble très exagéré car il pousse à négliger l’indispensable hygiène psycho-émotionnelle.

Pour rappel, le  célèbre régime du  brave Dr Seignalet n’a pas empêché ce dernier d’être emporté en quelques mois d’un cancer du pancréas. J’ai connu aussi bon nombre de naturopathes fauchés prématurément par la camarde.   Au rayon des disparitions précoces, on eut aussi citer Corinne Gouget,  une activiste qui a mené une longue croisade contre les additifs industriels en général et l’aspartame en particulier, mais qui n’a pas réussi à dompter ses démons intérieurs et à surmonter les conflits de sa vie privée. On ne l’a pas fait taire, contrairement à ce qu’ont insinué certains amateurs de complots : elle s’est jetée sous un train en 2015. Dans les discussions autour de l’alimentation, j’aime aussi rappeler le cas de Sigmund Freud et du cancer de la mâchoire  qui a fini par l’emporter. Selon certains de ses biographes, l’inventeur de la psychanalyse a été traumatisé dans son enfance par un père qui l’obligeait à manger des épinards, un plat qu’il détestait. Est-ce un hasard si c’est dans la bouche que ses tourments se sont somatisés ? Ne pas surestimer  le manger sain et ne pas l’imposer à son prochain, ça me semble très sage.  Et ne pas diaboliser l’alimentation moderne, c’est également, à mon avis, une saine attitude de vie.  La viande, c’est pas du cyanure ni de l’acide chlorhydrique. Le gluten ou le lactose, ça ne fait pas du bien aux intestins mais ce n’est pas non plus de la mort-aux-rats. Quant aux résidus de pesticides, et c’est un adepte convaincu du bio qui l’admet,  ils sont généralement inférieurs aux seuls de toxicité. Bref, il faut arrêter de (se) faire (trop) peur avec la bouffe pas très naturelle.  Pour reprendre une formule que j’affectionne, les nourritures affectives conditionnent davantage la santé que la nourriture tout court. S’ils ont existé, les parents dogmatiques d’Amy Parker ont perdu ça de vue et se sont fourvoyés dans un bio beaucoup trop « anti non bio ». Du moins côté assiette.

J’étais en train d’entamer l’écriture de ce billet quand – heureuse syncronicité – j’ai  reçu le mail d’une lectrice épousant complètement mon point de vue. Et en pièce jointe, elle m’a envoyé la copie d’un extrait du livre  d’ Anita Moorjani,  cette jeune femme « revenue guérie de l’au-delà », ou plutôt  sortie du coma mystérieusement  débarrassée d’un  cancer en phase terminale.  Dans cet extrait, la rescapée raconte comment sa NDE a transformé sa vision de l’alimentation  et de son rapport  avec la santé. Contrairement à celui de Mme Parker, je trouve que c’est un témoignage à méditer et à partager :

«  Auparavant,  j’étais paranoïaque sur tout ce que je mangeais.  J’étais strictement végétarienne, je ne mangeais que de la nourriture biologique, tendais vers la macrobiotique, prenais des suppléments de vitamines et de jus d’herbe de blé – ceci avant que je tombe malade. Je pensais que tout provoquait le cancer, des micro-ondes aux conservateurs. J’avais pris l’habitude manger très sainement, mais je le faisais par peur.  Maintenant, je mange tout ce qui m’attire. Je prends plaisir au chocolat et de temps en temps au vin et au champagne. Je m’assure simplement de prendre du bon temps avec la nourriture et avec la vie ! Je pense que le plus important, c’est d’être heureux. »

Et la miraculée ajoute :

« Ce n’est pas amusant de ne manger que des aliments prétendument sains par peur de tomber malade, de s’y sentir obligé et d’en être malheureux. L’anxiété ne fait que provoquer une autre série de problèmes. Notre corps est en fait plus résistant que nous le supposons, particulièrement si nous sommes heureux et libres de stress. Même quand je choisis de manger sainement, je le fais par amour et non par peur. C’est la méthode que j’ai adoptée dans tous les aspects de ma vie et je vous invite à vivre de la même manière »

 

C’est exactement le style d’invitation que je désirais transmettre dans mon  infolettre de cette semaine. Merci à l’univers pour cette belle coïncidence !

Le TOC antibiotique

Vendredi dernier, je me suis laissé embarquer dans une discussion sur Facebook à propos des vaccins. C’était sur le mur d’un homme politique qui avait assisté la veille à la projection du film Vaxxed et avait posté une réflexion pour ouvrir le débat.  Naïvement,  je pensais que mes positions critiques sur la vaccination seraient accueillies avec respect et intérêt sur la page d’un élu écologiste. Erreur ! Dès le début des échanges, on m’a taxé d’irresponsable et d’extrémiste. Après 10 minutes, j’étais déjà traité de criminel pour ne pas avoir vacciné mes trois filles et  qualifié de  « gourou illuminé » pour mes idées psychosomatiques.  C’est dingue que même dans l’entourage des Verts, le dogme vaccinal demeure si  intouchable et la conception de la santé  reste à ce point engluée dans le matérialisme cartésien.  Dans un de ses messages agressifs, un des participants m’a envoyé un lien menant vers un article qui se partage beaucoup sur internet. C’est devenu une référence incontournable des lobbies provaccinaux. Il a été écrit par une Anglaise, une certaine Amy Parker, qui y raconte une enfance sans vaccins et néanmoins gâchée par de multiples maladies. Sans condamner ses parents, cette femme apporte son témoignage pour défendre la vaccination et justifier son choix d’y recourir pour ses enfants.   J’avais déjà lu distraitement  cet article et je l’ai relu un peu plus attentivement.  Je vous laisse à votre tour  le (re)lire en cliquant ici et je vous rejoins tout de suite après.

C’est fait ?  Vous avez bien lu ?  Rien ne vous a sauté aux yeux ?  Moi, en tout cas, j’ai été frappé par un énorme détail : Amy Parker prétend avoir eu « l’enfance la plus bio qu’on puisse imaginer » alors que rien  n’est moins vrai ! Certes, son papa et sa maman « ayatollah » étaient visiblement des écolos convaincus. Pour allaiter son enfant pendant un an,  lui interdire le sucre,  lui imposer des légumes, le rationner en viande et lui faire avaler de l’huile de foie de morue, il faut avoir les convictions « bio » bien accrochées. L’hygiène alimentaire de la famille et sa prédilection pour les médecines douces dénotent clairement d’une volonté de vivre en harmonie avec les lois de la nature.  Le cadre y était propice et la petite Amy  avait aussi de saines habitudes (sport, marche, danse…) favorables à une belle vitalité et à une robuste immunité.  Elle ne comprend donc pas pourquoi elle a contracté tant de maladies infectieuses et en a tant souffert. Sous-entendu : les microbes se fichent du terrain et vous tombent dessus par malchance, il faut donc s’immuniser artificiellement.  Le hic, c’est que Mme Parker dévoile  une information capitale plus loin dans son texte : « J’ai eu tellement de maladies nécessitant un traitement aux antibiotiques que j’ai développé une résistance, ce qui m’a conduit à 21 ans à être hospitalisée pour une amygdalite purulente résistante à la pénicilline ». Très curieusement, cette idyllique « enfance bio » a donc été marquée par un recours systématique  à la médecine classique et à son arsenal antibiotique. Elle a été tellement gavée de médicaments antibactériens que son organisme a fini par épuiser toutes ses capacités de défense et à frôler la mort lors d’une banale  inflammation des amygdales.

Apparemment,  Amy Parker n’est pas consciente de la contradiction flagrante de son récit.  Elle est persuadée d’avoir reçu l’éducation la plus biologique qui soit alors ses géniteurs se précipitaient sur les drogues chimiques à la moindre infection bénigne.  Ils essayaient peut-être les huiles essentielles et les granules dans un premier temps, mais ils se ruaient ensuite chez le médecin et à la pharmacie pour se procurer des traitements conventionnels.  Si ça tombe,  la fillette recevait aussi  de l’aspirine ou du paracétamol pour faire tomber la fièvre, et des anti-inflammatoires pour contrer cette réaction normale du corps. Cette incohérence ahurissante, ce n’est pas la première fois que je la constate.  Je la vois souvent à l’œuvre dans mon entourage et même dans des familles acquises aux médecines alternatives.  Je l’ai observée plusieurs fois chez des écologistes militants qui n’avaient pas du tout l’air de comprendre où était le problème. Ils mangent bio et s’indignent qu’on puisse déverser des pesticides dans les champs, mais ils trouvent normal d’en épandre dans leurs intestins. Car c’est bien là que la passionaria anglaise se fourre complètement le doigt dans l’œil : on ne peut pas à la fois prétendre à la solidité immunitaire et abuser des antibiotiques.  Ceux-ci détruisent rapidement la flore intestinale et en déséquilibrent durablement la composition.  Toutes les recherches récentes sur le microbiote l’ont amplement démontré, et la science a  saisi depuis longtemps  les liens étroits entre le fonctionnement de l’intestin et celui de l’immunité. Le phénomène  de l’antibiorésistance  commence d’ailleurs – il est grand temps ! – à alarmer les autorités  de santé.  De toute évidence, la vulnérabilité infantile de Mme Parker s’explique beaucoup moins par l’absence de vaccins que par l’usage immodéré de substances biocides.  

Sur Facebook, j’ai bien sûr attiré l’attention de mes contradicteurs sur  l’illogisme et l’irrationalité de cette plaidoirie vaccinaliste. Impossible de faire confiance à la vie tout  en arrosant ses organes de produits « antivie ».  Et pour appuyer mon argumentation, j’ai précisé que personnellement, je n’avais pas non plus donné d’antibiotiques à mes enfants. Leurs très rares maladies infectieuses (varicelle, impétigo, otites et autres menues infections ORL), elles les ont surmontées sans  aucun remède « anti », et surtout sans cette classe de médicaments nuisibles au microbiome. Vous pensez que cette confidence fut bien accueillie ?  Au contraire, elle m’a valu une nouvelle volée de bois vert de la part de ces écologistes décidément très conformistes.  Selon eux, j’avais eu énormément de chance et j’étais un parent indigne pour avoir ainsi exposé ses enfants au péril microbien.  En guise de torpille ironique, un interlocuteur  m’a balancé que « les antibiotiques étaient des champignons » et que les partisans des médecines naturelles devraient donc les plébisciter. Là, je vous avoue que j’en suis tombé sur le cul et que j’ai laissé tomber le débat.  En 2017, il y  encore des gens qui ne font pas la différence entre une molécule naturelle et un principe actif isolé et synthétisé en éprouvette !  Il y en a  encore qui pensent qu’une pharmacie est une sorte  d’herboristerie améliorée par la modernité. Certes, la pénicilline est une toxine secrétée par certaines moisissures naturelles, mais son administration massive par voie orale ou transdermique n’a rien de naturel. Et tous les antibiotiques de générations ultérieures doivent encore plus à la  biochimie. Si un antibiotique est un vulgaire  champignon, alors le caoutchouc est du latex, l’aspirine de la poudre de saule  et l’aspartame un sucre comme un autre. Tant qu’on y est, les avions sont des oiseaux et les missiles nucléaires des aiguillons de guêpe. Si Flemming peut être considéré comme un pionnier du biomimétisme,  son invention n’a strictement  rien de biologique car elle attaque la partie  (la flore bactérienne)  en nuisant au tout (l’être humain dans sa globalité). Apparemment, même les défenseurs des écosystèmes sont en train de perdre ça de vue…

À leur décharge, il faut dire que le culte antibiotique, un véritable TOC (trouble obsessionnel compulsif),  se répand absolument partout. Jusque dans les rangs des  plus vibrants avocats des médecines naturelles. J’en ai encore eu l’illustration à  la vision  du film Vaxxed  et à l’issue de la projection. Dans son documentaire, Andrew Wakefield tend le micro à l’illustre professeur  Luc Montagnier. Et dans  le panel de personnalités conviées à s’exprimer sévèrement sur les vaccins,  les organisateurs avaient également cru bon d’inclure le célèbre Prix Nobel de médecine, co-découvreur du HIV. Ça va durer longtemps, cette comédie ?  Depuis qu’il ne traque plus les virus, ce grand prêtre de l’église pasteurienne s’est pris de passion pour les bactéries qu’il accuse de tous les maux.  Il fait notamment partie des médecins menant croisade pour que la maladie de Lyme chronique soit reconnue et combattue  par pilonnage antibactérien.  Dans le dossier de l’autisme, l’inventeur du sida comme maladie infectieuse démontre encore une fois l’étendue de son TOC : il aurait identifié l’ennemi, une bactérie de la famille Sutterella. C’est elle qui serait la cause première de l’affection autistique régressive.  Étrangement, son laboratoire ne cherche pas à mettre au point un vaccin mais il suit des enfants soignés à grand renfort d’antibiotiques à large spectre prescrits pour de longues cures. Les résultats ? « Encourageants », déclare-t-il.  Mais vu le contexte, il ajoute quand même que l’amélioration n’est pas garantie et que la solution n’est sans doute pas idéale à long terme. Il n’a rien contre l’homéopathie et l’aromathérapie. Ouf….

Attention : je ne suis pas un  impitoyable détracteur  de monsieur Montagnier auquel je trouve énormément de qualités. Je trouve très courageux de sa part d’avoir délaissé les honneurs des milieux académiques pour s’aventurer du côté des médecines parallèles et pour  effectuer de passionnantes recherches sur l’empreinte électromagnétiques des molécules. Â l’âge où il pourrait profiter d’une retraite dorée, le savant continue sa quête éperdue de savoir.  Ce que je lui reproche, c’est une certaine inconséquence et une certaine tendance à renier ses  propres propos. Je m’en suis expliqué naguère dans un éditorial du mensuel Néosanté. Au-delà de ça, je ne comprends pas que son acharnement antimicrobien trouve tant d’écho dans les cercles hostiles aux vaccins. La vaccinologie et l’antibothérapie, c’est la même logique myope envers les subtilités de la vie.  Pour moi, ce type est en train de pasteuriser les esprits et de refiler son TOC à autrui. Évidemment, mon jugement est très influencé par ma petite connaissance des travaux d’Antoine Béchamp sur le polymorphisme microbien,  mon adhésion à la vision du Dr Hamer sur le système ontogénétique des microbes et par mon expérience pratique de la naturopathie hippocratique. Au risque de radoter, j’écris encore une fois que TOUTES les maladies  se verront un jour découvrir un germe associé. Aujourd’hui l’autisme, l’obésité et le diabète, demain la dépression, la fatigue chronique et l’éventail complet des pathologies mentales. C’est écrit dans les astres, mais il est également prévisible qu’on fera un jour justice aux découvertes hamériennes et qu’on pigera qu’aucun agent infectieux n’est jamais la cause initiale des solutions de survie appelées « maladies ». Braquer les regards sur ce qui se passe avant les troubles de santé, dans le vécu psycho-émotionnel, c’est mon obsession compulsive à moi. Un TOC toutefois  résolument probiotique.

Nos livres

La vérité sur le cancer une santé vraie
Le sens des maux 01 Le sens des maux 02 Le sens des maux 03
Le sens de la vie tome 1 Le sens de la vie tome 1 Sens de la vie:TOME 3
Psychobiologie Appliquée Tome 1 Psychobiologie Appliquée Tome 2 Psychobiologie Appliquée Tome 3
Et si les maladies étaient des mémoires de l’évolution ?


Dernière parution

Le Biodico


Acheter

- Acheter en Belgique
- Acheter en France (UE+ DOMTOM)
- Acheter en Suisse
- Acheter au Canada (+ Reste du Monde)

À propos

- Dérnières parutions
- Presse

La médiathèque Néosanté

Le sens des maux Le sens des maux Le sens des maux
Le sens des maux Le sens des maux

Affiliation

La revue

couverture néosanté

Infos

- Présentation
- Ligne éditoriale
- Collaborateurs
- Où trouver Néosanté ?

Abonnements

- 7 Formules d'abonnement
- S'abonner en Belgique
- S'abonner en France (UE + DOM-TOM)
- S'abonner en Suisse
- S'abonner au Canada ( reste du monde )

Réabonnement

-se réabonner
- 11 façons de fortifier Néosanté

Rédactionnel

- Sommaires
- Éditoriaux
- Santéchos
- Dossiers
- Interviews
- Extraits
- Articles
- Séries
- Réflexion
- Grand décodage

Cahier décodages

- Décodages
- Le pleins de sens
- Index
- Participants

Chroniques

- Coup de sens
- Sentier de santé
- Sens & vie
- Carte blanche
- Évidence du sens

Cahier ressources

- Actualités
- Naturo pratique
- Les conseils du Furet
- Espace livres
- Paléonutrition
- Nutri-infos
- Outils
- Nutrition saine
- Assiette sauvage
- Coin crusine

Extrarticles

- Articles supplémentaires
- Communiqués de presse
- Interview du Dr Claude Sabbah

Néosanté Hebdo

- Archives 2017
- Archives 2016
- Archives 2015
- Archives 2014
- Archives 2013

Vidéos

- Symposium 2012
- Symposium 2012 (suite)
- Docteur Didier MOULINIER
Néosanté Edition