Voici le cas d’un patient, prénommé Jacques, qui s’est présenté en consultation chez moi en juin 2011. Un homme d’une soixantaine d’années ayant eu plusieurs AVC (le premier en 1992). Celui de 2007 a été plus grave, entraînant une hospitalisation pendant 6 mois. En mai 2007, il est reconnu handicapé à 80% ! En juin 2011, nous nous rencontrons, pour la première fois, au sujet de son problème d’alcoolisme et de ses tendances suicidaires. Parallèlement, il est suivi par un psychiatre, ainsi que par une ergothérapeute. Je travaille son lien à l’alcool qui se manifeste par des pulsions entre 17h00 et 22h00, depuis l’âge de 17 ans ! Il a des difficultés à s’exprimer et à tenir des discussions logiques (suite à ses différents AVC). Il a perdu son autonomie personnelle. Dès lors, sa sœur est sa tutrice et se charge des aspects pratiques journaliers. Nous travaillons par hypnose. Après 2 mois, des améliorations cognitives commencent déjà à apparaitre, objectivées par son psychiatre. Il recommence à prendre des décisions dans sa vie de tous les jours.
Mais suite à des maux de « gorge », il lui est détecté un cancer de l’œsophage (entre le stade 3 et 4 ; 2/3 supérieur, d’origine ectodermique dans ce cas présent). Dès lors, nous travaillons par décodage sur l’origine de son cancer. Il apparait qu’il a eu un « clash » avec sa sœur (élément déclencheur). Étant donné qu’il récupère progressivement ses capacités cognitives, il veut commencer à décider par lui-même, ce qui a entraîné des problèmes avec sa sœur, sa tutrice qui « le gère » depuis des années… En terme de décodage, nous sommes dans le « je dois avaler quelque chose que je voudrais recracher ». Ce « quelque chose » est l’ingérence de sa sœur dans sa vie quotidienne, mais il ne peut pas la rejeter, car il n’est pas encore complètement autonome.
Nous n’avons pas travaillé directement le conflit actif (« ce quelque chose »), car lors des séances d’hypnose, je pourrais dire que son « inconscient » a résolu le conflit, et il est alors passé en phase postconflictuelle, « naturellement ». C’est à ce moment-là que le cancer est détecté par la médecine classique et que nous en parlons.
Comme, dans sa famille, il y a une belle-fille oncologue et une autre infirmière, la pression familiale a été énorme pour lui faire faire une thérapie anticancéreuse, ce qu’il a fait. Son oncologue lui avait parlé de chimiothérapies en alternance : 7 semaines de chimio puis 4 semaines de repos, puis chimio, etc., pendant, 6 mois minimum. En pratique, il a fait la première session de chimio et de radiothérapie (pendant 7 semaines), puis son oncologue a décidé d’arrêter la thérapie anticancéreuse, car le cancer avait disparu, à son grand étonnement ! À ce jour, il est en train d’améliorer ses capacités cognitives, suite à ses AVC. Nous sommes ici dans le modèle de la « plasticité neuronale », où de nouveaux circuits neurologiques se mettent en place. Cela lui permet de retrouver progressivement de l’autonomie, ce qui a été à la source de son conflit avec sa sœur ! Cet exemple nous montre ainsi la souplesse du cerveau et ses potentialités de récupération suite à des accidents cérébraux.

Dan Freeman (Belgique)