ARTICLE N° 68 Par Henri Inoudjal

Cet article présente une réflexion et une proposition stratégique de thérapie qui pourrait influencer, de façon positive, la biologie. Elle pourrait s’avérer une aide précieuse aux personnes atteintes d’un cancer, ainsi qu’à celles qui voudraient s’en prémunir.

La symptomatologie du cancer, relève, en principe, exclusivement du domaine médical et de ses moyens diagnostiques et thérapeutiques. Cependant, cette approche nécessaire et indispensable, paraît, aujourd’hui, devoir être soutenue par des outils de compréhension et de facilitation biologique de la guérison. Ces outils sont nés de diverses recherches sur le stress, l’épigénétique et la question du sens de notre présence sur la terre. L’épigénétique est la science qui étudie l’impact de l’environnement sur l’expression des gènes. Rappelons l’importance, connue depuis longtemps, de l’alimentation, de la respiration et de l’exercice musculaire en matière de santé physiologique. Cet article a vocation à unifier des courants de pensée légitimes qui doivent s’intégrer afin d’offrir aux malades un accompagnement respectueux des lois de la vie et qui favorise l’auto guérison.

À quoi sert le cancer ?

Le cancer est une maladie caractérisée généralement par l’apparition d’une tumeur qui est une prolifération cellulaire d’un tissu déterminé. Le mot cancer, bi-syllabique (can-cer), appelle deux questions : quand survient le cancer et à quoi sert-il ? S’agissant des tumeurs qui sont indissociables du cancer, le découpage syllabique (tu-meurs) indique que la personne et pas une autre, dans son intimité profonde, se meure, à l’instant présent. Peut-on, alors, imaginer, que le cancer apparaisse lorsque l’organisme est confronté à des processus le conduisant, inéluctablement, à la mort ? Le cancer, dans cette perspective, serait un sursaut biologique de maintien de la vie et aurait une valeur hautement symbolique, de par sa localisation et ses caractéristiques. Il représenterait un transposé biologique des phénomènes qui l’induisent. Ces phénomènes semblent relever de la gestion, par le cerveau, d’une réalité imperceptible par le conscient. Cette réalité paraît multifactorielle, incluant le stress induit et les émotions simultanées de la séquence de vie actuelle, l’histoire de la personne et la mémoire des faits douloureux, la lecture inconsciente de certains stress marquants, personnels ou généalogiques, l’interaction présent-passé, l’état physiologique et, en particulier, le niveau de stress assumé, à l’instant T, par l’organisme, et enfin les capacités de faire face au processus qui en résulte.

Une réalité psychobiologique

L’incapacité de gérer ce processus ou l’irruption inattendue, dans la psyché, d’un ressenti particulièrement intense ou la réactivation inconsciente d’un souvenir douloureux par un événement déclenchant, pas forcément stressant, semblent déterminants dans l’apparition de nombreux cancers. L’organisme ne peut supporter, dans la durée, des intensités élevées de stress, que celui-ci soit conscient ou inconscient. Une telle réalité le conduirait, rappelons-le, inéluctablement à la mort par épuisement. C’est la raison pour laquelle apparaît un transposé biologique qui libère le cerveau de la charge mémorielle ou du ressassement et du ressenti douloureux s’il s’agit d’un fait actuel. Ce transposé se substitue aux mécanismes physiologiques et énergétiques de la réaction excessive de stress. Le stress est consommateur d’énergie. Lorsque son intensité augmente, la vitesse de réaction du corps augmente également. Une forte intensité engendre un fonctionnement à haut régime, intolérable dans la durée. Une voiture a besoin de carburant (énergie) pour rouler : plus sa vitesse augmente, plus son besoin en carburant s’élève. Quand cette voiture roule à 220 km/h, son régime de fonctionnement est élevé. Le maintien de cette vitesse, dans la durée, est impossible. Le carburant viendra à manquer et les pièces mécaniques vont se détériorer de manière irréversible. Ainsi, la maladie (le mal-a- dit) exprime une douleur non formulée par les mots, car inconsciente ou trop forte pour être assumée, dans l’instant, dans toutes ses composantes. La maladie semble diminuer la pression interne exercée par les événements de la vie et leurs émotions associées, que ceux-ci soient présents ou passés. Les processus homéostasiques (maintien de l’équilibre interne du corps) entrent en jeu, dès lors qu’un débordement apparaît. La maladie est un processus inconscient qui représente une réalité psychobiologique. Cette réalité est complexe et interactive, associant le psychisme et le physiologique, le présent et le passé, l’individuel et le collectif au sens de clan familial, la répétition des épreuves aux fins de résolution et d’évolution de la personne. S’agissant des cancers, la tumeur apparaît soit en phase active de conflit, soit en phase de résolution. C’est l’origine embryologique des tissus qui détermine cette différence. Nous devons au Dr Hamer d’avoir mis en évidence, entre autres, 1) la loi biphasique des maladies à la condition que la difficulté existentielle soit résolue 2) la loi ontogénétique des tumeurs. Ces travaux méritent une attention respectueuse. Sa position envers le corps médical, dont il fut jadis un membre éminent , est compréhensible mais préjudiciable.

Une réponse adaptative

La loi biphasique des maladies signifie que le processus présente deux phases. Une première phase associée à une période de souffrance, et une deuxième phase associée à la libération de cette souffrance. Un couple se dispute fortement jusqu’à vouloir se séparer (1re phase). La muqueuse bronchique se nécrose (réduction cellulaire sans symptôme). Le couple se réconcilie en mettant à plat leurs différends. Le conflit est résolu, le stress de la séparation et des disputes s’évanouit. La deuxième phase survient et la muqueuse bronchique se répare au cours d’un processus inflammatoire. Les symptômes apparaissent et, bien souvent, un état de fatigue. La bronchite est alors diagnostiquée.
À chaque phase correspond une symptomatologie décelable ou non, en fonction du temps écoulé entre le début de la phase et l’examen clinique ou radiographique.
La loi ontogénétique des tumeurs signifie, quant à elle, que chaque tissu dérive d’un feuillet embryologique (il en existe trois) et, qu’en fonction de cette origine, il présente un comportement déterminé lorsqu’un signal cérébral impose une réponse biologique d’adaptation au stress vécu, conscient ou inconscient. Ce stress peut être actuel ou mémorisé. Les capacités de gestion du stress ne font, d’ordinaire, pas appel aux ressources issues de l’évolution et inscrites dans le patrimoine génétique. Les comportements biologiques adaptatifs dont il est question sont la prolifération cellulaire, la réduction cellulaire ou nécrose, l’hyperfonction ou l’hypofonction cellulaire. En d’autres termes, l’organisme crée davantage de cellules, réduit le nombre de cellules disponibles dans un tissu, favorise ou inhibe une fonction particulière (exemple : la sécrétion hormonale). Cette réponse biologique adaptative est dépendante de l’origine embryologique du tissu supportant la biologisation. L’organe atteint, modifié dans sa structure ou sa fonction, dépend de l’origine psychologique du stress. En résumé, de très nombreux cancers apparaissent lorsque l’organisme doit faire appel à des mécanismes archaïques de traitement du stress et d’adaptation biologique.

La dimension transgfénérationnelle

Rappelons que ces stress peuvent être actuels, mémorisés, ou appartenant à la mémoire du clan familial. Mon grand-père s’est pendu après avoir commis l’irréparable (meurtre, viol, spoliations diverses). Mon père a perdu son entreprise alors que ma mère était enceinte. J’ai été maltraité dans mon enfance et, adulte, je suis agressé par des voyous. J’assiste, dans l’impuissance, à la noyade de mon fils. Les traumatismes peuvent être divers, plus ou moins intenses, durer plus ou moins longtemps, s’accumuler, être actifs, être en sommeil (oubliés par le conscient), être réactivés par un événement déclenchant, parfois banal ; ainsi une date anniversaire, un événement particulier. Citons quelques traumatismes “usuels” : le divorce, l’adultère, les naissances difficiles, la violence éducative, la perte brutale de biens (incendie, inondation), les décès, la faillite, l’alcoolisme dans une famille, la trahison, l’inceste, l’humiliation répétée, l’emprisonnement, les accidents, la maladie dont le pronostic vital est engagé, etc. Nous devons à la psychologue Anne Ancelin Schützenberger la découverte du syndrome d’anniversaire et la conception de la psychogénéalogie. Nous conseillons vivement ses ouvrages. En matière de cancer, elle a constaté ce syndrome d’anniversaire chez près de 30 % des malades. Ce syndrome indique une répétition, à une date précise, d’un événement traumatique. “Ma mère est morte d’un cancer à 35 ans ; lorsque j’ai, moi aussi, 35 ans, on me découvre un cancer”.

La relaxation peut freiner le cancer

Stress, mémoires, cerveau, séquences de vie, stratégies adaptatives, évolution de vie, état physiologique, capacité actuelle de gestion d’une réalité complexe interactive paraissent les facteurs sous-tendant la majorité des cancers. Nous savons que le stress modifie l’expression des gènes, à savoir leur capacité à permettre la production de molécules dont le corps a besoin pour son fonctionnement normal. Une étude récente semble montrer, également, que la cellule cancéreuse possède des récepteurs à l’adrénaline qui est, entre autres, une hormone du stress. Cette étude met, aussi, en évidence, que le stress accélère, de façon très significative, le processus tumoral. Nous savons aussi que la réponse de relaxation (pratique de techniques relaxologiques) a des effets bénéfiques pour l’organisme. La psychothérapie, soit le travail sur soi et le soutien thérapeutique, augmente la capacité de la personne, à assumer sa maladie, à renforcer son système immunitaire et à favoriser les processus de guérison. Ces constatations incitent à proposer une stratégie qui limite les effets négatifs du stress, qu’il soit psychologique (conscient et inconscient), physique en raison du traitement médical ou du contexte de vie, familial ou social.

Le choc du diagnostic

Nous voudrions, ci-après, aborder la question, génératrice de stress, de l’annonce du diagnostic et du prononcé de pronostics. Manifestement, l’annonce même du diagnostic de cancer provoque un choc profond. Les pronostics pessimistes, lorsqu’ils sont prononcés, induisent le même résultat. C’est dire l’importance de cet événement, en termes de répercussions immédiates et à venir. Les représentations et les croyances relatives au cancer, ainsi que l’expérience des traitements, parfois difficiles à vivre, fournissent le socle sur lequel la peur s’appuiera pour contrecarrer les processus salvateurs. C’est la raison pour laquelle une action de dédramatisation et de modification desdites représentations et croyances s’avère nécessaire. Par ailleurs, le concept de réalisation automatique des prédictions et sa réalité clinique ( la prédiction possède une force intrinsèque qui conduit à sa réalisation) invite à la prudence, eu égard à l’énoncé des pronostics. L’expérience montre que l’avenir n’est pas forcément celui qui est attendu. Le malade a le droit de savoir mais doit, également, bénéficier de tous les savoirs. Il est fondamental d’avoir conscience de l’implicite lors de l’annonce d’un diagnostic de cancer. En effet, cet implicite influence l’avenir et conditionne le rapport à l’Autre et à la maladie. L’annonceur croit-il ou non à la guérison de sa patiente ou patient ? Se fie-t-il qu’aux seules statistiques ? Est-il ouvert à une démarche complémentaire aux traitements protocolisés ? Laisse t-il un espace de liberté et de choix ?.Est-il à l’écoute des besoins profonds de ses clients ?
A-t-il une vision globale ou partielle du cancer ? Est-il conscient des processus internes mobilisés face à cette personne et cette situation particulière ? Etc.
L’approche du cancer et de la personne qui exprime cette maladie requiert un multiple savoir, un savoir-être et une volonté d’accompagner un chemin de vie dans tous ses aspects et, en particulier, la dynamique spirituelle. Le terme « spirituel » est relatif, ici, à l’âme humaine et à sa destinée terrestre, à l’âme de l’univers et à son histoire indissociable d’une mémoire. L’âme humaine est, selon moi, cette instance qui ne meurt pas à la mort physique et qui expérimente la confrontation entre matière et énergie créatrice afin de devenir pure conscience, à savoir une conscience qui a parcouru un chemin et rejoint sa source créative. La mémoire de l’âme conditionne les épreuves vécues sur la terre. Ces épreuves pourraient être le résultat des actes, pensées et paroles d’antan qui traduiraient l’écart entre Conscience d’Être et le libre arbitre de l’homme séparé de ses fondements lumineux par l’illusion d’être due à toutes les lois qui régissent la matière.

Mécanisme de survie

Le cancer est, selon notre approche, un mécanisme de survie biologique et un appel à prendre conscience de la réalité ultime et des causes mémorielles de l’infortune terrestre. Le contenu mémoriel forme un écran entre le créateur et la création (l’énergie originelle et la matière) et semble être la source de la survenue d’événements particuliers. Chaque événement qui se produit au sein de la matière semble être mémorisé. La mémoire, attribut universel et inscription du vécu de la matière, est l’interface qui sépare l’homme de “ Dieu ” et donne, par ses implications, l’illusion d’être séparé. En effet, son apparition est concomitante à la naissance de l’univers. Nous pensons que le champ particulaire d’une réalité induit, ipso facto, sa mémorisation, par le biais du champ magnétique créé. Dans ces conditions, la mémoire sépare de l’origine, est un support à l’inscription des événements apparus dans l’univers et unit énergie et matière. Cette union, dont la mémoire est le reflet, implique une séparation, nous venons de le dire, une dualité en raison de leur nature différente et génère un dessein, à savoir le retour de la matière (l’Homme) vers l’incréé énergétique (champ d’énergie initial). L’union se transformant alors en fusion après l’accomplissement du cycle évolutif. Cette interface conditionne aussi, selon nous, les événements futurs. En effet, elle contient un contenu passé qui a une incidence sur le futur. Le passé, en s’exécutant, crée une vibration qui produira, à terme, des effets tangibles sous forme d’événements résonants. La douleur engendre la douleur, la joie engendre la joie. Le cerveau, interface entre le monde ondulatoire et le monde particulaire, est susceptible de capter l’onde informationnelle issue de la réalité vibratoire et d’engendrer un réel manifesté. L’objectif, à mon sens, est de résoudre l’énigme de la mémoire, de la souffrance, des répétitions et d’accéder, à terme, à une Conscience libérée du carcan de la matière et unie à sa source énergétique.
Le cancer invite, me semble-t-il, à modifier son rapport au monde et à l’Autre afin de recouvrer la santé. C’est également une invitation à pénétrer sur le chemin de la vie spirituelle consciente. Je voudrais clore ce chapitre en disant que la peur de la mort et la mort sont une réalité trompeuse au regard de la vie transcendantale et des mécanismes présidant à la vie sur terre.
Le cancer produit une peur de la mort alors qu’il est un sursaut vital. C’est la peur de la mort qui la convoque, ainsi que la lutte désespérée. La mort est un passage vers d’autres cieux. Les expériences de mort imminente semblent accréditer cette thèse. Dans ces conditions, elle n’existe que sur un plan relatif, celui de la personnalité et du corps physique. La mémoire de ce que nous étions semble subsister, nous l’avons appelée l’âme humaine. Dans cette hypothèse, le cycle de la vie sur terre a forcément un sens.
Je voudrais maintenant présenter, sans l’approfondir dans ses aspects pratiques, une stratégie qui découle des informations transmises précédemment. Le cancer, en définitive, est un indicateur psychobiologique et spirituel. Il indique à la personne malade, qu’elle doit tourner son regard à l’intérieur
d’elle-même afin d’en saisir le sens sur tous les plans.

Approche plurielle

Le traitement rationnel du cancer devrait, me semble-t-il, tenir compte de tous les particularismes : état physiologique, âge, date de début du cancer, localisation de la tumeur, étendue de la tumeur, niveau de conscience de la personne, attentes, croyances, développement personnel et spirituel, histoire de vie, inconscient, stress vécus, environnement familial, milieu social et professionnel, moyens financiers, connaissances en matière de santé, soutien amical, traitements disponibles, etc. Il serait possible d’accompagner le contrôle médical et le traitement des effets tumoraux compressifs, envahissants ou empêchant une fonction vitale de s’exercer, par :
L’homéopathie qui permet une gestion intéressante des effets secondaires des traitements conventionnels.
La psychothérapie en profondeur et de soutien qui accroît les capacités personnelles de gestion de la maladie.
Les techniques qui favorisent la réponse de relaxation (méditation, yoga, massages, relaxation etc).
L’exercice physique raisonné et adapté aux ressources vitales, ainsi que les exercices respiratoires.
Le rire et les plaisirs octroyés au quotidien.
La formulation de projets, à moyen et long terme, qui projettent la personne dans l’avenir.
La recherche pertinente des stress vécus, actuels et passés, ainsi qu’une analyse généalogique.
La mise en place d’un réseau amical et familial solide et dénué d’influences négatives, respectant la stratégie contrôlée du malade.
La prise de vitamine C à haute dose.
Une alimentation hypotoxique et un drainage émonctoriel afin de faciliter le nettoyage de l’organisme des toxines alimentaires et médicamenteuses. Les émonctoires sont le foie, les reins, les intestins, les poumons et la peau.
L’écoute de soi et de sa dynamique spirituelle.

Conclusion

En conclusion, le cancer interpelle dans sa dimension « vie contre mort ». Ce processus biologique doit être compris afin de pouvoir accompagner la personne qui l’exprime. Le cancer requiert une approche intégrative, multidimensionnelle, qui épouse les méandres de l’inconscient et du conscient dans leur réalité psychobiologique, qui se réfère strictement à la réalité biologique, qui s’articule autour des fondements sociaux de la vérité scientifique incluant tous les travaux de recherche, qui s’exonère de la pression institutionnelle afin de permettre aux patients de choisir la ou les voies qui leur conviennent tout en vérifiant, par le contrôle médical, le bien-fondé de ces choix. La vérité absolue semble une et indivisible ; en revanche, les vérités relatives sont multiples et leur inclusion permet d’appréhender, de la meilleure façon, le vivant et sa dynamique de vie.

Remerciements
Je voudrais remercier de tout coeur tous ces médecins et chercheurs qui, par leurs écrits et leurs connaissances, ont permis à cet article de voir le jour. Ils sont trop nombreux pour les citer tous. Cependant, j’aimerais remercier particulièrement la psychologue Anne Ancelin Schützenberger, ainsi que les Dr Hamer et Thomas-Lamotte.