Psychanalyste et professeur émérite de l’Université de Nice dont elle a dirigé longtemps le laboratoire de psychologie sociale, Anne Ancelin Schützenberger passera à la postérité comme la découvreuse de la psychogénéalogie, cette discipline qui explore les secrets de famille et examine la transmission inconsciente des maladies par delà les générations. À 95 ans, l’auteure de « Aïe, mes aïeux » et de nombreux autres ouvrages a encore la mémoire vive et n’a pas dit son dernier mot. Avec l’humour et l’humilité qui la caractérisent, cette pionnière du transgénérationnel fouille son passé pour nous en livrer les meilleurs extraits. Portait-interview d’une femme hors normes et admirable à plus d’un titre.

Propos recueillis par Sandra Franrenet

« N’insistez pas, je ne divulguerai ni ma date, ni mon lieu de naissance ! Ce n’est pas contre vous mais je refuse que ces informations soient exploitées par des personnes mal intentionnées. » Malgré son âge vénérable – 95 ans- Anne Ancelin Schützenberger n’a rien d’une petite vieille vulnérable. C’est au contraire une grande dame qui pose un regard lucide sur sa longue vie et le type de thérapie dont elle a accouché quarante ans plus tôt : la psychogénéalogie. Parfois, bien sûr, sa mémoire se fait moins sûre. Quelques « Ah, laissez-moi me souvenir… Non, là vraiment je ne sais plus » ponctuent ses phrases. Difficile de lui en tenir rigueur après une existence aussi mouvementée. Car la plupart des gens l’ignorent mais avant de créer un nouveau courant dans le champ déjà éclectique de la psychothérapie, Mme Ancelin Schützenberger a été résistante dans le sud de la France où elle avait trouvé refuge avec sa mère lors de l’occupation de Paris. Un détail à l’écouter : « Je n’ai pas fait grand chose. C’est d’ailleurs pour cela que je suis toujours en vie. Ceux qui ont vraiment agi sont tous morts. » Sauf que pour cette femme au parcours incroyable, ne pas avoir « fait grand chose » c’est avoir transporté des armes. On a connu action plus insignifiante en ces temps troubles ! À mesure qu’on l’écoute, on comprend qu’en réalité, c’est à sa malice et non à son manque de courage qu’elle doit la vie. Fouillant dans ses innombrables souvenirs, elle relate d’ailleurs un épisode digne de figurer dans Inglourius Basterds, le film déjanté de Quentin Tarentino sur la seconde guerre mondiale : « Un jour, je me suis fait arrêter avec mes faux papiers par un monsieur de la police allemande. Il a commencé à me poser un tas de questions. Je lui ai dit : «Je peux vous répondre mais savez-vous que, sans rien me dire, je peux prédire beaucoup de chose sur vous ? » » Ni une ni deux, la jeune fille qu’elle est alors débite les premiers bobards qui lui passent par la tête : un voyage, une romance avec la fille d’un général, une promotion,… Buvant littéralement ses paroles, le policier veut en savoir plus sur cet avenir prometteur. « Je lui ai expliqué que j’avais besoin qu’il me donne sa main pour en lire les lignes. En me la tendant j’ai repris mes papiers le plus naturellement du monde, les ai rapidement fait disparaître dans ma poche, et lui ai dit la bonne aventure. Il était ravi ! Sauf que le lendemain et le surlendemain, plusieurs Allemands sont venus me trouver pour que je leur lise l’avenir à leur tour ! Il a fallu que je me cache avant qu’ils ne découvrent que je racontais toujours la même chose ! » relate-t-elle avec une simplicité déconcertante. Son aplomb l’a amenée, un autre jour, à choisir de se jeter délibérément dans la gueule du loup alors qu’elle arrivait dans la gare de Marseille bondée d’occupants, la valise pleine d’armes. « Comme j’étais une jolie jeune fille blonde aux yeux bleus, j’ai foncé sur un policier et lui ai demandé de m’aider à porter mon bagage, se souvient-elle. Il m’a aimablement escorté jusqu’à la sortie et m’a mise dans un taxi. J’ai eu beaucoup de chance ! » Beaucoup de sang-froid serait sans doute plus juste !

Aussi passionnantes soient-elles, toutes ces anecdotes n’expliquent pas comment l’auteure du best seller « Aïe mes aïeux ! » en est arrivée à fonder la psychogénéalogie. Là encore, c’est une longue histoire… dont elle avoue ne plus très bien se souvenir ! Ses études l’y ont nécessairement menée mais quand et comment, finalement est-ce si important ? « Rien au départ ne me prédestinait au monde de la psychologie. Ma mère était une originale qui avait des idées très arrêtées sur l’éducation et la santé. Persuadée que j’étais fragile, elle m’a envoyé tous les ans pendant 10 ans, de Pâques à septembre, dans une ferme tenue par une baronne pour que je respire le grand air. À 95 ans, je suis la preuve vivante qu’elle s’est complètement fourvoyée sur la soit-disant fragilité de ma constitution ! Cela dit, je pense que je dois mon immunité à la saleté et à la maladie, à ces séjours dans cet établissement qui était d’une crasse redoutable ! » commente-t-elle. Si elle reconnaît volontiers que ces interruptions récurrentes dans son parcours scolaire l’ont mise au ban des amitiés qui se forment à l’école, elle admet avoir adoré ces parenthèses bucoliques. « Une année, se souvient-elle, un pensionnaire anglais m’a enseigné tout ce qu’une dame doit savoir. » N’en déplaise aux lecteurs aux idées mal placées, c’est au tir à la carabine, à la pêche à l’écrevisse et au charleston qu’Anne Ancelin fait allusion, avant d’ajouter, une pointe d’amusement dans la voix : « Même a 95 ans j’ai toujours les mouvements dans les jambes ! » Ces séjours heureux ont pris fin l’année de son bac. La future psychogénéalogiste commence alors des études scientifiques qu’elle interrompt brutalement au décès de sa sœur alors âgée de 14 ans. « J’ai décidé de changer d’orientation pour que plus personne ne me parle jamais d’elle » confie-t-elle. Elle aurait pu embrasser des études d’histoire (« ma mère était historienne. Le goût de l’histoire est familial chez moi ») mais c’est vers le droit qu’elle décide de se réorienter. Un choix qui ne la passionnera pas. « On disait dans mon temps : il faut faire son droit. C’est bien pour faire autre chose après ! J’ai obtenu une licence puis ai fait un stage dans le cabinet qui a divorcé Sacha Guitry » raconte-t-elle comme s’il s’agissait d’une banale anecdote. Après la mort de sa jeune sœur, c’est au tour de la guerre d’interrompre ses études. « Avec ma mère, nous avons fui Paris pour le sud de la France. Montpellier d’abord puis Marseille ensuite. Papa, qui était ingénieur, est resté à la capitale. » C’est précisément à cette époque qu’elle passe du droit aux lettres, qu’elle trouve un petit boulot dans un service de l’Etat qui s’occupait des sinistres et qu’elle se lance dans la résistance.

Une fois la guerre terminée, la jeune Anne Ancelin Schützenberger revient à Paris. Débute pour elle une carrière internationale (en Suède et en Belgique essentiellement) tournée vers le psychodrame. « Je ne me souviens absolument pas comment j’ai quitté le monde des lettres pour m’intéresser à celui de la psychanalyse et devenir directrice du laboratoire de psychologie sociale et clinique à l’Université de Nice Sophia Antipolis » avoue-t-elle sans rougir. Elle se rappelle en revanche parfaitement de l’événement qui l’a conduite à fonder la psychogénéalogie. « J’ai été appelée au chevet d’une mourante sur la demande d’une amie suédoise. En pénétrant chez elle, j’ai remarqué un superbe tableau accroché sur la cheminée. Je n’ai pas pu m’empêcher de dire : «Ah la jolie femme ! Qui est-ce ?» La patiente m’a répondu que c’était sa mère. Je lui ai alors demandé si elle était toujours vivante mais j’ai appris que non. Je l’ai alors interrogée sur l’âge de son décès et ai appris qu’elle était morte à 36 ans. Sans réfléchir, j’ai alors demandé son âge à la femme que j’avais devant mois. 36 ans aussi ! C’est alors que je lui ai dit : «vous savez, vous n’êtes pas obligée de mourir au même âge que votre mère !» » Le travail entamé avec cette patiente aurait dû la sauver. C’est en tout cas ce que l’amélioration soudaine de son état de santé suggérait. « Malheureusement son médecin, un cancérologue réputé qu’on voyait beaucoup à la télé, a préconisé une fibroscopie. Elle lui a fait confiance, ça l’a tuée. Je ne lui ai jamais pardonné » raconte-t-elle avec de la rage dans la voix. Une rage amplifiée alors que le spécialiste savait pertinemment que cet examen n’avait aucun intérêt médical. « Je me suis retrouvée à ses côté lors d’un dîner, narre-t-elle avec irritation. Je lui ai demandé si cet examen était vraiment nécessaire. Il m’a répondu que non mais qu’il voulait savoir pourquoi elle allait bien. Je l’aurais haché en petits morceaux… » Malgré ce dénouement macabre, Mme Schützenberger décide de fouiller le passé de ses patients au moyen d’un génosociogramme, c’est-à-dire un arbre qui indique en plus de ses protagonistes, les liens qui les unissent et les informations biomédicales et psychosociales qui s’y rattachent. « Je leur demandais de dessiner leur arbre généalogique et de remonter jusqu’à la révolution française » commente la psychothérapeute. Pourquoi cette période précisément ? « Parce que la Grande Terreur qui a suivi la Révolution a profondément clivé la France. Je me suis rendu compte que beaucoup de schémas répétitifs ont débuté durant cette période terrible » répond-elle. Une chose est sûre, c’est depuis cette période que l’alternance politique entre la droite et la gauche s’effectue à une très faible majorité, les indécis faisant pencher la balance d’un côté ou de l’autre en fonction du contexte politique. « Les indécis d’aujourd’hui sont les représentants du Marais d’hier, ceux qui soutenaient à tour de rôle la bourgeoisie ou le peuple selon les circonstances, illustre cette passionnée d’Histoire. Il y a plus de deux siècles que ça dure et je ne vois pas comment ni pourquoi, ça changerait ! » Le résultat des dernières élections présidentielles (51,63 % pour Hollande contre 48,37 % pour Sarkozy) plaide en faveur de ce décryptage. Mais revenons-en aux patients. « Le génosociogramme permet de faire apparaître toutes les informations sur un même tableau. Du coup, la plupart des choses deviennent visibles… pour ne pas dire qu’elles crèvent les yeux, insiste la spécialiste. ça peut être très brutal. Ces mises en évidence supposent ensuite un travail d’approfondissement psychanalytique, raison pour laquelle il faut se faire accompagner par quelqu’un qui maîtrise cette discipline. » Or, c’est souvent là que le bât blesse. Devenue très à la mode, la psychogénéalogie est un domaine qui attire de plus en plus d’âmes en quête de développement personnel… Et donc de soi-disant experts ! « Il faut être extrêmement vigilant car le transgénérationnel draine beaucoup de charlatans et d’autodidactes qui peuvent faire plus de mal que de bien » alerte cette experte. Puisqu’à ce jour il n’existe toujours pas de formation universitaire en psychogénéalogie, cette psychologue psychanalyste préconise de faire appel à un spécialiste ayant au moins l’équivalent d’un bac + 3 et possédant une formation dans un domaine touchant aux maladies mentales et à l’histoire. Posée sur la plupart des lèvres, une question demeure : « la psychogénéalogie est-elle l’unique voie pour casser les schémas qui nous encombrent ? » « Je n’en sais rien, répond humblement cette grande dame, mais je n’en connais pas d’autres. » À écouter les vers d’un célèbre poète, il semblerait en effet qu’ « on ne chante juste que dans son arbre généalogique »…

Vous cumulez un nombre impressionnant de casquettes. Quels sont tous vos titres ?

Anne Ancelin Schützenberger : Je suis psychanalyste, psychodramatiste, Professeur émérite d’Université, ancienne directrice du laboratoire de psychologie sociale et clinique à l’université de Nice Sophia Antipolis, et bien sûr psychogénéalogiste !

Vous êtes la mère de la psychogénéalogie. Quelle définition en donnez-vous ?

C’est à la fois un art et une science. J’ai créé ce courant à partir d’une foultitude de cas cliniques. Je peux d’ailleurs dire que j’ai une « casothèque » dans la tête !

Dans vos travaux en psychogénéalogie, vous parlez de « loyauté invisible » Qu’entendez-vous par là ?

La loyauté invisible consiste à répéter les schémas du passé pour rester fidèle au comportement de ses ancêtres. Comme cette répétition est inconsciente, on peut dire qu’elle est invisible.

Avons- nous tous hérité de dettes venues du passé ?

Oui ! Pour commencer, nous avons tous « une dette de vie » que nous devons à nos parents. Ensuite, en creusant, on voit bien qu’il y a des drames dans toutes les familles. Lorsqu’il n’y en a pas, c’est que l’histoire a été cassée. Si je prends l’exemple de ma généalogie, je n’ai trouvé aucune trace de meurtre ni d’inceste. Mais ce n’est pas parce que je n’ai pas trouvé cette information qu’elle n’existe pas. Pourquoi ma famille aurait-elle échappée par miracle à cela alors qu’il s’agit statistiquement d’événements récurrents ? Je sais bien que toute règle a ses exceptions mais tout de même…

Quels éléments doivent nous mettre la puce à l’oreille pour démasquer ces dettes ?

La répétition. Mais cela suppose de faire un génosociogramme. Une fois inscrit sur un tableau, les schémas sautent aux yeux. Cela peut d’ailleurs être assez violent.

Le génosociogramme est-il suffisant pour rompre les schémas qui nous parasitent ?

Non, c’est le point de départ. En général il faut poursuivre avec une psychothérapie à soubassement psychanalytique qui permet d’aller plus loin, mais aussi de gérer la violence de certaines découvertes. Imaginez une femme qui se rend compte que son troisième fils est mort noyé à l’instar de tous les troisièmes fils de sa branche paternelle ! Ce type d’informations ne se digère pas comme ça. D’où l’importance de travailler avec un spécialiste aguerri et non un charlatan ou un autodidacte sans méthodologie.

Pour faire un vrai travail de fond en psychogénéalogie, jusqu’où faut-il remonter ?

Idéalement, jusqu’aux grands-parents des grands-parents de ses grands-parents, c’est-à-dire jusqu’à la révolution française. Avec le génosociogramme, on arrive à voir qui, lors de la Grande Terreur, avait des ancêtres du côté de ceux qui tuaient et qui avait des ancêtres du côté de ceux qui se faisait tuer. Le plus incroyable, c’est qu’en effectuant ce travail, certains patients ont des images qui leur arrivent directement du passé. Je pense néanmoins qu’il faudra quelques dizaines d’années avant de comprendre d’où viennent ces flash-back.

On assiste aujourd’hui à un véritable engouement pour la psychogénéalogie et, de manière générale, pour la généalogie. Pourquoi nous accrochons nous à nos aïeux ?

Parce qu’en ces temps difficiles où tout craque, les gens se raccrochent à leur entourage. La famille est le dernier rempart derrière lequel s’abriter, quand bien même il y aurait des chamailleries ou des réminiscences de drames. On y trouve une aide et une solidarité qui font désormais défaut partout ailleurs. C’est aujourd’hui la seule valeur sûre.

A côté de la psychogénéalogie, vous avez également beaucoup travaillé dans le domaine du psychodrame. Vos travaux et enseignement vous ont d’ailleurs emmenée à beaucoup voyager, essentiellement en Belgique et en Suède. Etes-vous polyglotte ?

J’ai eu beau travaillé 20 ans en Suède, je ne sais dire qu’une chose : « tak », ce qui signifie merci ! Enfin ce n’est pas tout à fait exact. Je sais dire « tak tak », c’est-à-dire « merci beaucoup » ! En revanche, je parle l’anglais et le russe couramment. Lorsque j’étais petite et que j’habitais Paris, j’ai eu une gouvernante russe pendant trois ans. Elle avait auparavant été dame d’atours auprès de la Tsarine. Du coup, je parle un russe de cour, ce qui surprend toujours mon auditoire !

Vous avez aujourd’hui 95 ans. Un âge vénérable auquel on aspire généralement à se reposer. Visiblement, ce n’est pas votre cas. Quelles sont vos activités ?

Je reçois toujours des patients mais je ne m’engage pas sur des thérapies longues. Vu mon âge, ça ne serait pas honnête ! Je continue également d’écrire des livres. En moyenne j’en publie un par an. Mais comme je suis devenue malvoyante, j’ai une secrétaire qui s’occupe de gérer mes affaires et je reçois régulièrement la visite de mon éditeur (Payot ndla). Nous discutons, il prend des notes qu’il remet ensuite en ordre puis revient me les lire. Nous avançons ainsi jusqu’à la publication. Je passe encore parfois à la télévision ou à la radio. La retraite est un mot que je ne connais pas vraiment !

A quoi ressemble une journée-type d’Anne Ancelin Schützenberger ?

Je me réveille, je petit-déjeune dans ma cuisine que j’adore car elle est très ensoleillée. Il n’est d’ailleurs pas rare que j’invite ma voisine de pallier à se joindre à moi. Ensuite ma secrétaire arrive. Elle me lit mon planning de la journée et m’aide à répondre à mes courriers. Comme je vous l’ai dit, je continue de consulter mais en ce moment c’est un peu compliqué car j’ai une belle bronchite…

Bibliographie

À lire : ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (1993 et 2007), Aïe, mes aïeux ! Editions Desclée de Brouwer.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2005) et DEVROED Ghislain, Ces enfants malades de leurs parents. Editions Payot.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2007), Psychogénéalogie : guérir les blessures familiales et se retrouver soi. Editions Payot.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne et BISSONE JEUFROY Evelyne (2008), Sortir du deuil. Editions Payot.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2008), Le psychodrame. Editions Payot.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2009), Le plaisir de vivre. Editions Payot.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2009), Vouloir guérir : l’aide au malade atteint d’un cancer. Editions Desclée de Brouwer.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2012), Psychogénéalogie. Editions Payot.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2013), Exercices pratiques de psychogénéalogie. Editions Payot.
ANCELIN SCHÜTZENBERGER Anne (2013), Ici et maintenant. Editions Payot.